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Une masterclass de Shichirō Kobayashi dans notre région – Louvre Lens

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Shichirō Kobayashi — Masterclass & Exposition · Louvre-Lens · Culturathon 2016 · SAKUGAART
Portrait · Directeur artistique · Maître de la background art · Événement · Louvre-Lens 2016

Shichirō Kobayashi

小林 七郎 · こばやし しちろう · 1932–2022

Il a peint les fonds de Rémi sans famille, de Cobra, du Château de Cagliostro et d'Ashita no Joe 2. Il a fondé en 1968 Kobayashi Productions, le premier studio japonais spécialisé exclusivement dans les décors d'animation à la main. À 84 ans, en mai 2016, il a traversé le monde pour venir à Lens, dans le Nord de la France — sur invitation de Pollux Animation ( M.Eluasti ), en partenariat avec le Louvre-Lens — déposer devant un public de passionnés le savoir d'une vie entière consacrée à l'art du décor d'animation. Ce dossier retrace sa trajectoire et documente cet événement exceptionnel.

1932 · Japon · 202246 ans de production activeKobayashi Productions · 1968Culturathon · Lens · 29 avril–1ᵉʳ mai 2016
Nom
小林 七郎
Shichirō Kobayashi
Naissance · Décès
1932 · Japon
25 août 2022 · à 89 ans
Studio fondé
Kobayashi Productions
1968 · décors à la main
Spécialité
Directeur artistique
Background art · Décors
Productions clés
Cagliostro · Cobra · Rémi
Ashita no Joe 2 · Berserk
Événement Lens
Culturathon 2016
Pollux Animation · Louvre-Lens
Enseignement
Université de design de Kobe
depuis 2008
Dernière activité
Peinture abstraite
grand format
Prix
1986 · 2009 · 2011
voir chapitre VI
— I —

Portrait — le peintre de l'ombre

Il y a une catégorie de créateurs que l'histoire de l'animation japonaise a systématiquement sous-documentée : les directeurs artistiques. Pas les réalisateurs — ils ont leurs monographies, leurs retrospectives, leurs interviews. Pas les character designers — le grand public connaît au moins une silhouette associée à leur nom. Les directeurs artistiques, eux, ont peint les fonds sur lesquels tout le reste existe. Et pourtant.

Shichirō Kobayashi (小林七郎) est né en 1932. Il appartient à la génération fondatrice de l'animation télévisée japonaise — ceux qui ont inventé le métier en l'exerçant, sans référence préexistante, dans les conditions artisanales épuisantes des années 1960-1970. À 31 ans, il entre chez Toei Doga convaincu que gagner sa vie en dessinant sera le paradis. Il ne se trompe pas — mais le paradis, il devra le construire lui-même.

Ce qu'il a construit, sur quarante-six ans de production active, est une œuvre picturale considérable : des milliers de fonds peints à la main, à la gouache et à l'aquarelle, sur papier et carton, pour des dizaines de séries et de films qui ont forgé l'imaginaire visuel de plusieurs générations d'enfants japonais et européens. Rémi sans famille. Cobra. Le Château de Cagliostro. Ashita no Joe 2. L'Île aux trésors. Max et Compagnie. Berserk. Ganba no Bōken. Pour qui a grandi avec ces images, le nom de Kobayashi devrait être aussi familier que celui de leurs réalisateurs.

« Je pensais que ma vie serait le paradis parce que je pouvais gagner ma vie en faisant ce que j'aime. »
— Shichirō Kobayashi

— II —

Les débuts chez Toei Doga (1964)

En 1964 — l'année des Jeux olympiques de Tokyo, l'année où le Japon regarde le monde et où le monde commence à regarder le Japon — Shichirō Kobayashi crée ses premiers fonds pour l'animation télévisée. Il travaille chez Toei Doga, le premier grand studio d'animation japonais, fondé en 1956. Sa première contribution documentée est une série télévisée de science-fiction, Space Patrol Hopper, pour laquelle il réalise les fonds de quatre épisodes.

L'animation télévisée japonaise de 1964 est encore un art en cours d'invention. Astro Boy a un an. Les techniques de production sont balbutiantes, les budgets dérisoires, les délais impossibles. C'est dans ces conditions que Kobayashi forge sa méthode — une discipline du geste rapide qui ne sacrifie jamais la qualité de l'intention, une capacité à produire sous contrainte des images qui transcendent leurs conditions de fabrication.

Chez Toei, il absorbe rapidement les codes du décor d'animation japonais — la gestion des plans de profondeur, la compatibilité chromatique avec les cels peints à la gouache Nicker, la relation entre le fond et l'animation des personnages qui le survolent. Mais très vite, l'environnement industriel de Toei lui devient étroit. Il a des idées. Il a un style. Il veut choisir ses projets.

— III —

Kobayashi Productions — 1968

En 1968, Shichirō Kobayashi prend la décision qui définira toute sa carrière : il quitte Toei et fonde Kobayashi Productions. La structure qu'il crée est unique dans le paysage de l'animation japonaise de l'époque — un studio spécialisé exclusivement dans la réalisation de décors à la main. Pas d'animation, pas de character design, pas de production généraliste. Uniquement les fonds, peints à la main, par des praticiens sélectionnés et formés par Kobayashi lui-même.

Ce choix de spécialisation est à la fois une déclaration artistique et un modèle économique. En se concentrant sur un seul maillon de la chaîne de production — mais en le maîtrisant à un niveau d'excellence que les départements internes des grands studios ne peuvent pas égaler — Kobayashi Productions devient rapidement indispensable aux réalisateurs les plus exigeants de l'animation japonaise. Dezaki vient chercher ses fonds chez Kobayashi. Miyazaki aussi. Puis une génération entière.

La structure formera également les directeurs artistiques de la génération suivante : Toshiharu Mizutani, Hiroshi Ōno, Hiromasa Ogura passeront tous par Kobayashi Productions avant de fonder, en 1983, Studio Fuga — le studio qui signera les décors d'Akira. La généalogie artistique est directe et traçable.

Kobayashi Productions comme école. Le passage de Mizutani, Ōno et Ogura par Kobayashi Productions avant la fondation de Studio Fuga en 1983 fait de Kobayashi le maître direct de la génération qui a peint les décors d'Akira (1988), de Kiki la petite sorcière (1989), des Enfants Loups (2012) et de Miss Hokusai (2015). Sa transmission pédagogique a structuré le décor d'animation japonais pour trois décennies.
— IV —

Les œuvres majeures

La liste des productions sur lesquelles Kobayashi a exercé sa direction artistique est à la fois dense et emblématique. Elle couvre près de cinq décennies et plusieurs générations de réalisateurs — ce qui en fait l'un des praticiens les plus transversaux de l'histoire de l'animation japonaise.

Rémi sans famille (1977) — l'œuvre populaire par excellence

Produite par Nippon Animation d'après le roman d'Hector Malot, la série de 51 épisodes réalisée par Osamu Dezaki est l'une des œuvres qui a le plus marqué le public européen des années 1970-1980. Les décors de Kobayashi y reconstituent une France rurale du XIXᵉ siècle avec une attention documentaire et une sensibilité picturale qui rendent les paysages aussi présents que les personnages. Les plaines de la Creuse, les rues de Paris, les campagnes enneigées — Kobayashi les peint comme un peintre animalier peint la nature : avec respect et précision.

Le Château de Cagliostro (1979) — la rencontre Miyazaki

Premier long métrage de Hayao Miyazaki, produit par TMS. Les décors du château médiéval et de ses environs lacustres sont peints par l'équipe Kobayashi dans un registre qui anticipe directement l'esthétique Ghibli des années suivantes. La pierre, la végétation, l'eau, la lumière — tout y a déjà cette qualité d'organicité habitée qui deviendra la marque des grands films Miyazaki.

Cobra (1982) — la science-fiction comme peinture

Long métrage de science-fiction réalisé par Osamu Dezaki d'après le manga de Buichi Terasawa. Kobayashi y affronte un défi radicalement différent de ses œuvres naturalistes : créer des environnements spatiaux, des stations orbitales, des paysages de planètes inexistantes. Sa réponse est de traiter la science-fiction comme une géographie — avec ses propres règles de lumière et d'atmosphère, aussi rigoureuses que celles du monde réel.

Ashita no Joe 2 (1980) — la violence et la beauté

Suite de l'anime culte sur la boxe, également réalisée par Dezaki. Les décors de Kobayashi y jouent un rôle dramatique central : les salles de boxe vétustes, les quartiers populaires de Tokyo, les nuits de combat sous les projecteurs — chaque environnement est une mise en scène de la condition sociale des personnages, une géographie de la violence et de la dignité.

L'Île aux trésors (1978) · Berserk (TV, 1997) · Max et Compagnie · Ganba no Bōken

La carrière de Kobayashi couvre des genres et des registres d'une amplitude exceptionnelle — de l'adaptation littéraire classique à la fantasy adulte, de la comédie pour enfants à l'animation d'auteur. Cette polyvalence stylistique, rare chez les directeurs artistiques de sa génération, est précisément ce qui a rendu Kobayashi indispensable à des réalisateurs aussi différents que Dezaki, Miyazaki ou Nagahama.

— V —

Anatomie d'un style

Le style de Kobayashi est immédiatement reconnaissable pour qui a appris à regarder les décors d'animation comme des œuvres picturales à part entière. Il repose sur plusieurs principes cohérents, appliqués avec constance à travers des décennies de productions très différentes.

La nature et les animaux comme sujets centraux

Kobayashi l'a dit lui-même lors de la masterclass de Lens : il aime dessiner principalement la nature et les animaux. Cette déclaration en apparence anodine est en réalité programmatique. Elle explique pourquoi ses décors naturels — forêts, cours d'eau, plaines, cieux — ont une vie que ses environnements urbains ou architecturaux n'atteignent pas toujours au même degré. La végétation de Kobayashi pousse vraiment. Ses animaux existent dans leurs habitats avec une vraisemblance écologique que peu de décorateurs d'animation atteignent.

La gouache et l'aquarelle — deux langages simultanés

Kobayashi maîtrise les deux médias de base du décor d'animation japonais classique — la gouache opaque pour les aplats et les zones de couleur dense, l'aquarelle pour les fonds atmosphériques et les effets de transparence — et les articule dans la même image avec une fluidité qui gomme la distinction entre les deux techniques. Ses ciels sont souvent de l'aquarelle pure. Ses premiers plans sont de la gouache. La transition entre les deux est imperceptible.

La lumière comme sujet

Ce qui distingue un fond de Kobayashi d'un fond compétent mais ordinaire, c'est la présence de la lumière comme protagoniste de l'image. Ses décors ont une heure — pas une heure vague et indéfinie, mais une heure précise de la journée, avec ses propres conditions d'éclairage, ses propres températures de couleur, ses propres comportements d'ombre. Un fond de Kobayashi à l'aube ne ressemble pas à un fond de Kobayashi à midi, qui ne ressemble pas à un fond de Kobayashi au crépuscule.

L'abstraction comme horizon

À partir des années 2000, libéré des contraintes de la production industrielle, Kobayashi tourne vers la peinture abstraite de grand format. Ce tournant n'est pas une rupture mais une continuation logique — l'espace, la lumière et la couleur, libérés de toute obligation narrative, explorent leur propre dynamique. Les tableaux abstraits de Kobayashi parlent le même langage que ses décors d'animation — mais sans personnages pour les habiter, ils laissent le spectateur seul avec la peinture.

— VI —

Distinctions et reconnaissance

1986
1ᵉʳ Prix de la direction artistique
Grand Prix de l'animation japonaise
2009
Prix pour l'ensemble de l'œuvre
Tokyo International Anime Fair
2011
Prix du mérite cinématographique
Agence pour les affaires culturelles · Japon
2008→
Professeur
Université de design de Kobe · transmission
2015 · 2017
Conférences Japan Expo
Paris · deux éditions successives
2016
Masterclass & Exposition · Lens
Pollux Animation · Louvre-Lens · Culturathon

La biographie internationale de Kobayashi — telle qu'elle est documentée par les institutions qui ont organisé son exposition posthume à New York en 2022 — mentionne explicitement la venue à Lens de 2016 comme l'un des événements marquants de ses dernières années d'activité publique, aux côtés de l'invitation du Koweït en 2018.

— VII —

Filmographie sélective

AnnéeTitreRéalisateurRôle · Studio
1964Space Patrol HopperFonds · Toei Doga 1ers fonds
1972Ashita no Joe (TV)Osamu DezakiDirection artistique · Kobayashi Prod.
1977Rémi sans familleOsamu DezakiDirection artistique Emblème FR
1978L'Île aux trésorsOsamu DezakiDirection artistique
1979Lupin III : Le Château de CagliostroHayao MiyazakiDirection artistique TMS
1980Ashita no Joe 2Osamu DezakiDirection artistique
1982Cobra (film)Osamu DezakiDirection artistique TMS
1982Space Adventure Cobra (TV)Direction artistique (ep. 1-19)
1983Golgo 13 : The ProfessionalOsamu DezakiDirection artistique
1984Max et Compagnie (Creamy Mami)Direction artistique
1985Le Collège fou, fou, fou (Maison Ikkoku)Direction artistique
1990Nadia, le secret de l'eau bleueHideaki AnnoDirection artistique
1997Berserk (TV)Naohito TakahashiDirection artistique
2006Simoun (TV)Direction artistique · aquarelle / gouache

Note. Cette filmographie est établie par recoupement des sources ANN, IMDb et des archives de Kobayashi Productions. La carrière sur les séries télévisées des années 1970-1985 est partiellement documentée — certaines productions restent non créditées nominalement dans les bases disponibles. Kobayashi a déclaré avoir cessé son activité de production en 2011, se consacrant ensuite à la peinture et à l'enseignement.

— VIII —

Lens, mai 2016 — la masterclass

Masterclass & Exposition Shichirō Kobayashi
Culturathon · Louvre-Lens Vallée
29 avril — 1ᵉʳ mai 2016 Maison Syndicale · Lens Organisateur : Pollux Animation Partenaire : Louvre-Lens

La venue de Shichirō Kobayashi à Lens au printemps 2016 est le résultat d'une initiative portée par Pollux Animation, studio d'animation lillois avec lequel Kobayashi collaborait pour les décors de la production Astérion. Cette relation de travail active a fourni le canal de confiance nécessaire pour transformer une invitation en déplacement réel — à 84 ans, Kobayashi traverse le monde pour venir dans le Nord de la France.

L'événement s'inscrit dans le cadre du Culturathon organisé par la Louvre-Lens Vallée — un format de hackathon culturel qui réunit artistes, créateurs et public sur un week-end entier. Kobayashi en est l'invité d'honneur et le parrain. La Maison Syndicale de Lens accueille l'exposition et les sessions de masterclass.

L'exposition — œuvres inédites en France

Pendant trois jours, la Maison Syndicale de Lens a accueilli une exposition exclusive des œuvres de Shichirō Kobayashi — esquisses et fonds originaux tirés des productions les plus emblématiques de sa carrière. Rémi sans famille, Cobra, Ashita no Joe 2, et d'autres œuvres moins connues du grand public francophone. Pour beaucoup de visiteurs, c'est la première fois qu'ils pouvaient voir de près les originaux peints à la main qui ont constitué l'arrière-plan visuel de leur enfance télévisée.

L'exposition présentait également des œuvres de sa période de peinture abstraite — permettant de mesurer la continuité entre le Kobayashi décorateur d'animation et le Kobayashi peintre libre, les mêmes préoccupations de lumière et d'espace s'exprimant dans deux registres radicalement différents.

Les masterclasses — quatre sessions en deux jours

Le format retenu pour les masterclasses était celui de sessions courtes et denses — environ une heure chacune — organisées en quatre sessions réparties sur les deux premiers jours du Culturathon. La première session du samedi matin a immédiatement affiché complet, forçant l'organisation à gérer les participants désireux de s'inscrire aux sessions suivantes.

Kobayashi s'exprimait en japonais, avec l'assistance d'une interprète — Marie — dont les participants ont salué la qualité de la médiation dans un domaine technique aussi spécialisé que le décor d'animation. Les échanges couvraient à la fois la dimension technique du métier — techniques de peinture, gestion des palettes, relation entre le fond et l'animation — et la dimension conceptuelle : comment un décor construit une émotion, comment la lumière conditionne la lecture narrative d'une scène.

Le croquis de Cobra. Avant même le début officiel de l'exposition, un visiteur a retrouvé Kobayashi en train de réaliser à la demande d'une fan un croquis du personnage de Cobra. La scène mérite d'être racontée dans ses détails : Kobayashi — qui déclare ne pas aimer particulièrement dessiner des personnages — s'est exécuté consciencieusement, prenant des pauses, changeant régulièrement son point de vue sur le papier. Il a même corrigé la physionomie du personnage par rapport à l'affiche que lui présentait la fan, qui ne lui semblait pas juste anatomiquement. Une précision et une rigueur intactes à 84 ans.

La visite du musée Matisse. À son arrivée dans le Nord, avant même le début du Culturathon, Kobayashi a demandé à visiter le musée Matisse du Cateau-Cambrésis. Ce choix spontané — aller voir Matisse en arrivant dans la région qui l'a vu naître — dit quelque chose de sa façon d'habiter le monde : un peintre qui, même en déplacement professionnel à l'autre bout du monde, cherche d'abord les œuvres.

Ce qu'il n'aime pas. Durant les échanges avec le public, Kobayashi a confié qu'il ne regarde ni ne lit jamais de manga. Pour un homme dont toute la carrière a consisté à donner vie à des adaptations de manga, la déclaration a surpris l'assistance. Elle dit en réalité quelque chose d'essentiel sur sa méthode : il ne part pas du dessin existant, il part de la nature, de l'espace, de la lumière. Le manga est le prétexte. La peinture est la vérité.

La portée de l'événement

Pour le tissu culturel du Nord de la France — et pour la communauté francophone passionnée par l'animation japonaise classique — la masterclass Kobayashi au Culturathon 2016 représente un moment sans précédent. C'est la première fois qu'un directeur artistique de cette génération et de ce niveau venait en France spécifiquement pour parler de son métier, de son processus, de sa vision — et non pas dans le cadre généraliste d'une convention comme Japan Expo, mais dans un contexte muséal et artistique qui reconnaissait la dimension picturale de son travail.

La distinction est fondamentale. Accueillir Kobayashi au Louvre-Lens, c'est positionner le décor d'animation japonais du côté de la peinture — aux côtés de Matisse, de Picasso, des maîtres dont Kobayashi était venu voir les œuvres à son arrivée. C'est la reconnaissance institutionnelle que ce travail artisanal et industriel est aussi, dans ses meilleures expressions, de l'art.

— IX —

Hommage · 1932–2022

Shichirō Kobayashi est décédé le 25 août 2022, à l'âge de 89 ans. Il avait continué à peindre jusqu'à la fin — des tableaux abstraits de grand format, loin des contraintes de l'animation industrielle, mais nourris des mêmes intuitions sur l'espace, la lumière et la couleur qui avaient fondé son œuvre de décorateur.

L'hommage posthume le plus marquant est l'exposition organisée en 2022-2023 au Nippon Club de New York, intitulée Shichirō Kobayashi : Drama of Light and Shadow — dont le titre dit tout de ce que son œuvre aura été : une exploration de la lumière et de l'ombre, dans le medium contraint de l'animation industrielle, avec les moyens d'un peintre.

Je voudrais voir les images brutes et faites à la main s'épanouir.

— Shichirō Kobayashi · déclaration aux générations futures de créateurs

Ce fut un choc culturel d'apprendre comment Kobayashi crée ses fonds. Je ne savais rien du layout avant cela. Il crée le dessin en se fondant sur une théorie.

— Mamoru Oshii (réalisateur, Ghost in the Shell)

Ce que Lens a reçu

Le Culturathon 2016 a permis à des dizaines de participants — dessinateurs, étudiants en animation, simples amateurs de la région — d'être, pendant quelques heures, en présence directe du dernier représentant vivant d'une génération fondatrice. De voir sa main tenir un pinceau. D'entendre sa voix, même filtrée par la traduction, expliquer comment il pense un espace avant de le peindre. De comprendre, concrètement, que les décors de Rémi sans famille ne sont pas apparus par magie dans leurs téléviseurs d'enfants — qu'un homme les a peints, un par un, avec de la gouache et de l'aquarelle, dans un atelier de Tokyo.

Il est décédé six ans après Lens. L'événement que Pollux Animation et le Louvre-Lens ont rendu possible en 2016 est, rétrospectivement, l'une des dernières grandes occasions où le public européen a pu rencontrer Kobayashi en personne. Un privilège rare. Une responsabilité documentaire.

Sources & références

Note méthodologique. Les détails de l'événement de Lens (format des sessions, incidents documentés, témoignages de participants) sont issus de sources publiques contemporaines de l'événement, recoupées et citées. Les déclarations de Kobayashi rapportées sont des paraphrases de sources vérifiées. Conformément à la ligne éditoriale du site, aucune indication chiffrée de valeur, de prix ou de cote n'est fournie. Article rédigé pour SAKUGAART, site éditorial dédié à l'animation japonaise et à ses patrimoines matériels.

SAKUGAART · Portrait · Événement · 2026 · Rédacteur : M. El UastiShichirō Kobayashi · 小林七郎 · 1932–2022 · Louvre-Lens 2016
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