Princesse Saphir — le premier shōjo de l'histoire
En 1967, Osamu Tezuka — qui avait déjà inventé l'animation télévisée japonaise avec Astro Boy en 1963 — produit avec Mushi Production la première série animée shōjo de l'histoire : Ribon no Kishi, connue en France sous le titre Princesse Saphir. En 52 épisodes couleur, Tezuka y pose les fondations visuelles et narratives de tout un genre — le conte fantastique au féminin, la héroïne déguisée, le double cœur comme métaphore de l'identité — qui influencera des décennies d'animation japonaise et occidentale.
Ribon no Kishi
aussi : Prince Saphir
虫プロダクション
2 avril 1967 → 7 avril 1968
23 minutes · couleur
Katsui Chikao · Akabori Kanji
冨田 勲
Emission Guy Lux · 1973-1976
4 sérialisations
Contexte — Tezuka en 1967
En 1967, Osamu Tezuka a 39 ans et il a déjà changé le monde deux fois. En 1963, avec Astro Boy, il a inventé l'animation télévisée japonaise hebdomadaire et le modèle du limited animation industriel. En 1965, avec Jungle Taitei, il a produit la première série couleur de l'histoire de l'animation télévisée japonaise. Mushi Production, le studio qu'il a fondé en 1961, est à son apogée créatif — une usine à talents qui forme la génération qui fondera Madhouse, que dirige déjà Dezaki et dont sortira toute une génération de réalisateurs.
C'est dans ce contexte de maîtrise totale du médium télévisuel que Tezuka se retourne vers l'un de ses manga les plus anciens et les plus chers : Ribon no Kishi, publié pour la première fois en 1953 dans le magazine shōjo Shōjo Club. L'adaptation anime est pour lui l'occasion de porter à l'écran, en couleur et en mouvement, une œuvre qu'il considère comme fondatrice de sa vision du manga pour jeunes filles — et de démontrer que l'animation télévisée japonaise peut s'adresser au public féminin avec la même ambition narrative que les séries pour garçons.
La décision est aussi stratégique. Astro Boy et Jungle Taitei ont conquis le marché masculin. Ribon no Kishi ouvre une deuxième ligne éditoriale — le shōjo animé — dont Mushi Production entend être le créateur et le leader. Ce pari définit l'histoire de l'animation japonaise pour les décennies suivantes.
Le manga — 1953 à 1968
Ribon no Kishi (リボンの騎士, « Le Chevalier au ruban ») est publié pour la première fois en janvier 1953 dans Shōjo Club, le magazine shōjo mensuel de Kodansha. C'est une œuvre fondatrice à plusieurs titres : elle est le premier manga long de Tezuka destiné explicitement à un public de jeunes filles, et elle établit plusieurs conventions narratives et graphiques qui deviendront des constantes du shōjo manga pendant des décennies.
L'histoire est celle de la princesse Saphir, héritière du royaume de Silverland, qui doit se déguiser en prince pour pouvoir un jour accéder au trône — car seul un fils peut régner. Sa particularité est d'avoir deux cœurs : un cœur bleu de garçon et un cœur rose de fille, reçus par erreur à sa naissance par la faute d'un ange espiègle nommé Tink. Cette double nature — brave et sensible, guerrière et douce — est le moteur dramatique de toute l'œuvre.
Les quatre sérialisations
La particularité éditoriale de Ribon no Kishi est d'avoir connu quatre sérialisations distinctes entre 1953 et 1968, chacune avec ses propres caractéristiques graphiques et narratives.
| Période | Magazine | Caractéristiques |
|---|---|---|
| 1953–1956 | Shōjo Club (Kodansha) | Version originale · 3 volumes · style précoce · première publication shōjo de Tezuka |
| 1958 | Nakayoshi (Kodansha) | Les Chevaliers jumeaux · spin-off court · 1 volume |
| 1963–1966 | Nakayoshi (Kodansha) | Version canonique · 5 volumes · redessin complet · base esthétique de l'anime · publiée en FR et EN |
| 1967–1968 | Shōjo Friend (Kodansha) | Spin-off SF · dessin par l'assistant Hideaki Kitano · scénario Tezuka · lié à la sortie de l'anime |
La version de 1963-1966, publiée dans Nakayoshi, est considérée comme la version définitive — celle qui a constitué la base esthétique pour l'adaptation anime et qui est généralement publiée à l'étranger, notamment en français par les éditions Soleil et en anglais par Vertical. C'est dans cette version que Tezuka affine le character design de Saphir vers les grands yeux expressifs et les lignes fluides qui deviendront sa signature graphique et un standard du shōjo manga.
Les influences — Disney et le théâtre de Takarazuka
Tezuka lui-même a documenté les deux influences majeures qui ont façonné Ribon no Kishi. La première est l'animation Disney des années 1940 — notamment Blanche-Neige et Cendrillon — dont il emprunte les grands yeux lumineux, la palette chromatique, la douceur des lignes. La seconde, moins connue en Occident mais essentielle, est la Revue Takarazuka (宝塚歌劇団) — le célèbre théâtre musical japonais où tous les rôles, y compris masculins, sont joués par des femmes. Cette inversion des genres, centrale dans la Takarazuka, est directement transposée dans Ribon no Kishi : une princesse joue un prince, adopte ses codes et ses postures, tout en conservant sa sensibilité féminine.
Le film pilote de novembre 1966
Avant la diffusion de la série, Mushi Production produit en novembre 1966 un film pilote de 28 minutes 40 secondes en couleur. Ce pilote, réalisé par Tezuka lui-même avec les animateurs Sadao Tsukioka et Kazuko Nakamura et la direction artistique de Takao Kodama, n'est pas destiné à la diffusion télévisée — il est conçu comme démonstrateur pour les discussions avec les diffuseurs et les partenaires américains.
Le pilote de Ribon no Kishi avait initialement été envisagé pour le projet Mushi Pro Land — un parc d'attraction ou complexe culturel lié aux personnages de Tezuka. Ce projet n'ayant pas abouti, le film pilote a été repris dans l'optique d'une diffusion aux États-Unis par NBC — le même diffuseur qui avait acheté Astro Boy en 1963. La structure narrative du pilote est restée très fidèle au manga original, commençant par la malice de l'ange Tink et la naissance de Saphir avec ses deux cœurs.
Le pilote n'a pas été diffusé à la télévision japonaise. Il a été découvert par le grand public lors de la sortie en LaserDisc de la série en 1997 au Japon, édité par Pioneer comme supplément aux 52 épisodes.
La série animée — 2 avril 1967
La série animée débute le 2 avril 1967 sur Fuji TV, dans le créneau du dimanche soir. Elle comprend 52 épisodes de 23 minutes en couleur, produits par Mushi Production sous la supervision créative d'Osamu Tezuka, avec Chikao Katsui et Kanji Akabori comme réalisateurs en chef. La musique est composée par Isao Tomita — qui deviendra quelques années plus tard l'un des pionniers mondiaux de la musique électronique avec son album Snowflakes Are Dancing (1974).
La diffusion s'organise en deux temps. Du 2 avril au 25 juin 1967, la série occupe le créneau du dimanche de 18h30 à 20h00 — format long qui correspond aux émissions de variétés familiales japonaises de l'époque. À partir du 2 juillet 1967, elle bascule dans un format plus classique de 30 minutes (18h00-18h30) jusqu'à la fin de la série le 7 avril 1968.
La voix de Saphir
La comédienne Yumi Tōma prête sa voix à la princesse Saphir dans les deux registres qu'impose le personnage — sa voix de princesse déguisée en prince et sa voix véritable de jeune femme. Ce double casting vocal confié à une seule interprète est une décision artistique cohérente avec le cœur thématique de l'œuvre : Saphir est une, même si elle joue deux rôles.
L'adaptation du manga à l'écran
La transposition du manga à la série animée opère plusieurs ajustements. L'univers graphique évolue vers une palette plus lumineuse et des décors plus élaborés, tirant parti des possibilités techniques de la production couleur que Jungle Taitei avait ouverte en 1965. Le rythme narratif est adapté au format hebdomadaire de 23 minutes — chaque épisode constitue une aventure autonome tout en faisant avancer la trame de fond (la menace du duc de Duralumin sur le trône de Silverland).
La série introduit également des personnages secondaires et des situations non présents dans le manga, pour alimenter le volume d'une production de 52 épisodes. Cette liberté prise avec le matériau source est caractéristique de la production anime de l'époque — et de la méthode Tezuka, qui n'hésitait jamais à réinventer ses propres œuvres lors de leurs adaptations.
Les personnages
L'onomastique — métaux nobles contre alliages vils
Tezuka a construit son système de nommage autour d'une opposition symbolique : les personnages positifs portent des noms de métaux précieux et de pierres gemmes — Saphir, Franz, le roi — tandis que les antagonistes portent des noms de matériaux de synthèse ou d'alliages industriels. Le duc de Duralumin (alliage d'aluminium) et le baron Nylon (matière plastique) voient leur médiocrité morale inscrite dans leur nom.
Thèmes — le double cœur et l'identité
Le thème central de Ribon no Kishi — une princesse qui possède deux cœurs, l'un de garçon et l'un de fille, et qui doit naviguer entre les deux pour survivre dans un monde qui ne lui reconnaît pas le droit d'être les deux à la fois — est d'une richesse thématique qui explique la durabilité de l'œuvre et la profondeur de son influence.
La question de l'identité de genre
Dans le Japon de 1953, puis de 1963 et de 1967, le thème du travestissement et de la double identité était loin d'être anodin. Tezuka y aborde, dans le cadre du conte fantastique médiéval européen, une réflexion sur ce que signifie être une femme dans une société qui impose des rôles — et sur la possibilité de les transgresser sans les nier. Saphir ne choisit pas d'être un garçon : elle choisit d'être elle-même, avec ses deux cœurs, dans un monde qui ne lui offre pas d'autre option que le déguisement.
Cette réflexion — habillée dans les codes du conte d'aventure pour enfants — a résonné de façon durable avec des générations de lectrices et de téléspectatrices. Elle préfigure des thématiques qui seront reprises et amplifiées par des œuvres ultérieures majeures, de Lady Oscar / La Rose de Versailles (1979) à Sailor Moon (1992), en passant par Revolutionary Girl Utena (1997).
Le shōjo comme reflet — la Takarazuka dans l'animation
L'influence de la Revue Takarazuka est ici fondamentale. Dans la Takarazuka, les femmes jouent les hommes et y excellent — la otokoyaku (rôle masculin) est le rôle le plus prestigieux de la troupe. Tezuka a grandi en voyant la Takarazuka avec sa mère. Ribon no Kishi transpose cet idéal dans l'animation : Saphir/prince est plus belle, plus courageuse et plus accomplie que les vrais garçons qui l'entourent. Le déguisement n'est pas une trahison de soi — c'est une surpuissance.
Saphir n'est pas une fille qui joue un garçon. Elle est un être qui contient les deux — et qui prouve que les deux ensemble valent plus que l'un ou l'autre séparément.
Le fantastique européen comme cadre
Le choix d'un décor de conte fantastique médiéval européen — châteaux, chevaliers, royaumes imaginaires — n'est pas innocent. Tezuka a été profondément marqué par l'animation Disney et par la culture européenne de l'illustration fantastique. Ce cadre lui permet de créer une distance qui libère le récit des contraintes réalistes japonaises contemporaines — tout en le rendant universellement lisible par le public international qu'il visait.
Production — Mushi Production et le color anime
Ribon no Kishi est la troisième grande série couleur de Mushi Production, après Jungle Taitei (1965) et W3 (1965). La maîtrise technique de la production couleur accumulée sur ces deux séries permet à Mushi de proposer pour Ribon no Kishi une qualité visuelle supérieure aux productions contemporaines.
Isao Tomita — la musique
La bande originale composée par Isao Tomita (冨田勲) mérite une attention particulière. Tomita, qui avait déjà signé la musique de Jungle Taitei (1965), compose pour Ribon no Kishi un score orchestral romantique et aventureux qui contraste délibérément avec les trames sonores plus simples de l'animation télévisée contemporaine. Ce soin apporté à la musique reflète l'ambition de Tezuka pour la série. Tomita deviendra quelques années plus tard l'un des pionniers mondiaux de la musique électronique synthétique, mais c'est dans le registre orchestral classique qu'il officie ici avec une grande maîtrise.
La direction artistique — Minoru Nishida
La direction artistique de Ribon no Kishi est officiellement confiée à Minoru Nishida (西田稔) en 1967 — sa première nomination officielle à ce poste après ses débuts chez Mushi Production sur Astro Boy et W3. Cette désignation, pour un praticien de vingt-trois ans environ, témoigne de la rapidité avec laquelle ses capacités avaient été reconnues dans l'environnement exigeant de Mushi. Les décors de la série — châteaux, forêts enchantées, intérieurs royaux — portent la marque de sa sensibilité picturale naissante, déjà orientée vers la lumière atmosphérique et la profondeur des espaces naturels.
Diffusion internationale
Comme Astro Boy avant elle, Ribon no Kishi a bénéficié d'une diffusion internationale importante — le signe que Tezuka et Mushi Production avaient délibérément conçu leurs productions pour dépasser les frontières japonaises.
| Marché | Titre | Date · Diffuseur | Notes |
|---|---|---|---|
| Japon | リボンの騎士 | 1967-1968 · Fuji TV | 52 épisodes · version originale |
| États-Unis | Choppy and the Princess | 1970 · Joe Oriolo | Doublage anglais · conflits de droits · diffusion limitée |
| Brésil | — | 1973 · doublage portugais | Audience fidèle jusqu'à aujourd'hui |
| France | Prince Saphir / Princesse Saphir | 1973-1976 · TF1 | Émission Guy Lux · 27 sept. 1973 → 16 oct. 1976 |
| Amérique latine | — | 1972-1992 · doublage espagnol | Diffusion de deux décennies · très forte notoriété |
| Australie | — | — | Seven Network |
| Inde | — | — | StarPlus |
La réception française
En France, la série est diffusée pour la première fois le 27 septembre 1973 sous le titre Le Prince Saphir, dans l'émission de variétés de Guy Lux sur TF1 (La Une est à vous, puis Samedi est à vous). La diffusion se poursuit jusqu'au 16 octobre 1976 sous le titre Princesse Saphir. Le changement de titre entre Prince et Princesse Saphir reflète l'ambiguïté fondamentale du personnage et les hésitations des diffuseurs français face à cette ambivalence de genre.
La réception française est celle d'une œuvre qui arrive dans un contexte déjà familiarisé à l'animation japonaise — Goldorak ne sera lancé qu'en 1978, mais Jungle Taitei était déjà passé en 1972 sur ORTF. Princesse Saphir s'inscrit dans cette vague pionnière et contribue à la familiarisation du public français avec l'esthétique et les conventions narratives de l'animation de Tezuka.
Héritage — fonder un genre
Ribon no Kishi est reconnu par les historiens de l'animation et du manga comme l'œuvre fondatrice du shōjo manga et du shōjo animé — deux genres qui représentent aujourd'hui une part considérable de la production japonaise d'animation. Cette position fondatrice repose sur plusieurs contributions qui méritent d'être distinguées.
L'invention du character design shōjo
Le character design de Saphir — grands yeux en amande chargés d'émotion, silhouette élancée, chevelure expressive, palette de couleurs douces — n'est pas simplement un style graphique. C'est un code visuel complet qui communique immédiatement au lecteur/spectateur : ce personnage est une héroïne shōjo, dotée de complexité émotionnelle, destinée à un regard féminin. Ce code sera repris, modifié et amplifié par tous les grands character designers du shōjo des décennies suivantes.
Les héritières de Saphir
La généalogie de Saphir dans l'animation et le manga japonais est directe et documentée :
- Lady Oscar / La Rose de Versailles (Riyoko Ikeda, 1972 pour le manga · anime 1979) — héroïne élevée comme un garçon dans la France prérévolutionnaire, même tension entre identité féminine et codes masculins.
- Sailor Moon (Naoko Takeuchi, 1992) — héroïne au double statut (lycéenne ordinaire et guerrière cosmique), grande influence de l'esthétique Tezuka.
- Revolutionary Girl Utena (Kunihiko Ikuhara, 1997) — le prince comme modèle féminin, la subversion des codes de genre, la Takarazuka comme référence explicite.
- Cardcaptor Sakura (CLAMP, 1996) — héroïne magique dans un monde fantastique, directement héritière de l'esthétique Tezuka.
L'œuvre et son temps
Il est tentant de lire Ribon no Kishi avec les grilles d'analyse contemporaines sur le genre et l'identité. Ce serait en partie anachronique — Tezuka n'utilisait pas le vocabulaire de la théorie du genre des années 1950, et l'œuvre reste dans le cadre du conte fantastique traditionnel avec toutes ses conventions. Mais ce serait aussi réducteur d'ignorer que l'œuvre a touché, dans des générations de jeunes lectrices et téléspectatrices japonaises et internationales, quelque chose qui dépasse le simple divertissement. La question de Saphir — comment être soi-même dans un monde qui impose des rôles ? — est une question universelle, posée dans un cadre fantastique, à laquelle des millions de personnes ont trouvé une résonance personnelle.
En 1967, Tezuka a inventé la première héroïne animée qui ne choisit pas entre être courageuse et être douce. Elle est les deux. C'est pour ça que Saphir existe encore.
Articles connexes dans le corpus SAKUGAART
- Le portrait Minoru Nishida — directeur artistique de Ribon no Kishi · Top Craft · Ghibli.
- Le dossier Astro Boy (1963) — la première révolution de Tezuka.
- Le dossier Jungle Taitei (1965) — premier anime couleur · deuxième révolution.
- Le dossier Mushi Production (à produire) — le studio de Tezuka et sa génération.
- Le portrait Isao Tomita (à produire) — compositeur de Ribon no Kishi · pionnier de la musique électronique.
Sources & références
- Wikipedia EN — Princess Knight · historique · sérialisations manga · production anime · diffusion internationale.
- Wikipédia FR — Princesse Saphir · diffusion France · sérialisations · reboot 2013.
- Tezuka Osamu Official — Princess Knight · données de production · casting vocal original.
- Tezuka Osamu Official — Pilote novembre 1966 · contexte de production du film pilote.
- Anime News Network — Princess Knight (TV) · crédits de production.
- Maroin Eluasti, Top Craft aux origines du studio Ghibli — portrait de Minoru Nishida, directeur artistique de la série.
Note méthodologique. La diffusion française est documentée par Wikipédia FR comme commençant le 27 septembre 1973. Conformément à la ligne éditoriale du site, aucune indication chiffrée de valeur, de prix ou de cote n'est fournie. Article rédigé pour SAKUGAART, site éditorial dédié à l'animation japonaise et à ses patrimoines matériels.
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