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Takarazuka, la maison du Dieu du manga – 宝塚市立手塚治虫記念館 ・ 一九九四

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Le Musée Osamu Tezuka de Takarazuka (手塚治虫記念館) — la maison-mère du Dieu du manga · SAKUGAART
Dossier · Musée · Auteur · Patrimoine fondateur

Takarazuka, la maison du Dieu du manga

宝塚市立手塚治虫記念館 ・ 一九九四

Le 9 février 1989, Osamu Tezuka — surnommé de son vivant le « Dieu du manga » et le « Walt Disney du Japon » — s'éteint à Tokyo après avoir laissé derrière lui plus de cent cinquante mille pages dessinées, des centaines d'épisodes animés et la quasi-totalité de la grammaire du manga moderne. Cinq ans plus tard, sa ville d'enfance ouvre un musée à sa mémoire. Pas Tokyo, où il a vécu et travaillé adulte. Pas Osaka, où il est né. Takarazuka, où il a grandi de cinq à vingt-quatre ans, et dont l'univers du Takarazuka Revue a profondément marqué son œuvre. SAKUGAART propose un dossier complet sur cette maison-mère.

Ouvert le 25 avril 1994Takarazuka, Hyōgo3 étages · 1400 m²Voisin Takarazuka Revue
Nom officiel
宝塚市立手塚治虫記念館
Takarazuka shiritsu Tezuka Osamu kinenkan
Inauguration
25 avril 1994
5 ans après sa mort
Localisation
7-65 Mukogawa-chō
Takarazuka, Hyōgo
Architecte
Atelier municipal
3 niveaux
Symbole d'entrée
Statue du Phénix
火の鳥 Hi no Tori
Œuvres exposées
Astro Boy · Phénix
Black Jack · Princesse Saphir
Bibliothèque
500+ ouvrages Tezuka
+ éditions étrangères
Tezuka à Takarazuka
5 → 24 ans
1929-1948
— I —

Pourquoi Takarazuka ?

Osamu Tezuka naît à Toyonaka, Osaka, le 3 novembre 1928. Mais c'est à Takarazuka, dans la préfecture voisine de Hyōgo, qu'il grandit — entre 5 et 24 ans, soit de 1933 à 1948. Cette ville thermale a été transformée à partir de 1914 par Kobayashi Ichizō, propriétaire d'une compagnie ferroviaire, en station de loisirs dotée d'un théâtre singulier : le Takarazuka Revue, troupe entièrement féminine spécialisée dans des revues musicales à grand spectacle inspirées du music-hall parisien.

Tezuka a grandi en assistant à ces spectacles. L'esthétique en redondance — costumes scintillants, héroïnes androgynes, dramaturgie chevaleresque — irrigue toute son œuvre, en particulier Princesse Saphir (1953-1956), prototype du shōjo manga moderne dont l'héroïne porte le costume des « otoko-yaku » du Takarazuka Revue. Lorsque sa famille endeuillée hésite sur l'implantation d'un musée, c'est elle qui tranche : Tezuka, disait-elle, aurait choisi Takarazuka — sa vraie ville. La municipalité accepte et le musée ouvre le 25 avril 1994.

— II —

L'architecture et le Phénix

Le bâtiment se déploie sur trois niveaux (environ 1 400 m² au total). L'entrée est annoncée par une statue du Phénix (火の鳥 Hi no Tori), créature centrale de l'œuvre magnum opus de Tezuka — fresque inachevée à laquelle il a travaillé toute sa vie. Au sol, devant l'entrée, des moulages de mains et de pieds de personnages Tezuka — Astro Boy, Black Jack, Kimba le Lion blanc, Princesse Saphir — composent un « walk of fame » à la mémoire de l'auteur.

L'intérieur joue le décalage entre rigueur muséale (vitrines climatisées, éclairages contrôlés, archives) et clins d'œil enfantins. Le hall d'entrée présente une reconstitution des meubles de Princesse Saphir. Les couloirs sont peuplés de personnages Tezuka grandeur nature. Le mélange est volontaire : Tezuka avait conçu son œuvre pour parler simultanément aux enfants et aux adultes, et son musée s'efforce de respecter cette dualité.

— III —

Le parcours muséographique

L'exposition permanente se structure en deux grands axes thématiques : « Osamu Tezuka et la ville de Takarazuka » (biographie, enfance, influence locale, lien avec le Revue) et « Osamu Tezuka, l'auteur » (œuvre, méthode de travail, postérité). Documents originaux, planches manuscrites, settei, settei de couleur, brouillons.

Tezuka est connu pour avoir développé son « Star System » — un répertoire récurrent de personnages-acteurs qui apparaissent dans plusieurs œuvres dans des rôles différents, à la manière d'une troupe théâtrale (clin d'œil direct au système des troupes du Takarazuka Revue). Le musée en présente le répertoire avec les premières et dernières apparitions de chaque personnage — outil précieux pour qui veut comprendre la structure profonde de l'œuvre.

Expositions temporaires régulières consacrées à une œuvre, un personnage, ou un croisement entre Tezuka et un autre créateur (récents : Tezuka et Disney, Tezuka et Naoki Urasawa adaptant Pluto, etc.).

— IV —

L'atelier d'animation au sous-sol

Le sous-sol abrite un « Animation Workshop » où les visiteurs peuvent fabriquer leur propre animation. Bancs de prise de vue simplifiés, supports pour créer des séquences courtes, démonstrations interactives du fonctionnement de l'animation traditionnelle. Geste pédagogique pertinent : Tezuka n'était pas qu'un mangaka, il était également l'un des fondateurs de l'animation télévisée japonaise (Mushi Production, 1962 ; Tetsuwan Atomu, 1963).

L'atelier d'animation est aussi un lieu de transmission : ateliers pour enfants pendant les vacances scolaires, démonstrations par des animateurs invités, conférences. Pour qui s'intéresse au pipeline de production (voir le dossier dédié dans le corpus SAKUGAART), c'est un complément vivant aux explications théoriques.

— V —

Bibliothèque et vidéothèque

Au premier étage, une bibliothèque permet la consultation libre d'environ cinq cents ouvrages de Tezuka, incluant des éditions étrangères (traductions françaises, anglaises, allemandes, etc.). Une vidéothèque permet de visionner sur place les principales œuvres animées de Mushi Production et Tezuka Productions.

Un lounge décoré dans l'esprit Tezuka complète l'offre, avec espace de repos et café. La capacité de consultation rend le musée intéressant pour les chercheurs et les enseignants — au-delà de la seule visite touristique.

— VI —

Le lien Takarazuka Revue

Le musée est situé à dix minutes à pied du Grand Théâtre du Takarazuka Revue, et cette proximité n'est pas anecdotique. La municipalité de Takarazuka a explicitement pensé l'ensemble comme un parcours culturel cohérent : visite du Revue (matin), déjeuner dans le quartier, visite du musée Tezuka (après-midi).

Pour qui veut comprendre l'œuvre de Tezuka à la racine, ce diptyque est précieux. Voir un spectacle du Takarazuka Revue et visiter immédiatement après le musée Tezuka, c'est saisir, en une journée, comment une institution théâtrale locale a façonné le manga moderne — par le truchement d'un enfant qui a passé sa jeunesse devant ses spectacles.

Articles connexes dans le corpus SAKUGAART

  • Le portrait Osamu Tezuka et la fiche Mushi Production.
  • Le dossier Tokiwasō Manga Museum — où Tezuka vécut en 1953.
  • La fiche Astro Boy et la fiche Phénix (Hi no Tori).
  • Pistes : dossier Tezuka et le Takarazuka Revue — généalogie d'une influence.

Sources & références

Note méthodologique. Inauguration le 25 avril 1994 (cinq ans après le décès de Tezuka le 9 février 1989), localisation à 7-65 Mukogawa-chō Takarazuka, 1400 m² sur trois niveaux, statue du Phénix à l'entrée et moulages de personnages, Animation Workshop au sous-sol, bibliothèque de ~500 ouvrages Tezuka, exposition Star System, proximité du Takarazuka Revue : éléments établis par recoupement de sources convergentes citées (site officiel, JNTO, Google Arts & Culture). Les tarifs et horaires actuels sont à vérifier sur le site officiel. Conformément à la ligne éditoriale du site, aucune indication chiffrée de valeur, de prix ou de cote n'est fournie dans cet article ; les sujets relatifs au marché ne sont traités que sous angle culturel, documentaire et patrimonial. Article rédigé pour SAKUGAART, site éditorial dédié à l'animation japonaise.

SAKUGAART · Dossier muséeMusée Tezuka · 手塚治虫記念館 · depuis 1994
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