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Dossier · Série TV d'animation · Volley-ball, doublage, diffusion européenne · 1984 → 1987
Attacker YOU!
Jeanne et Serge
Titre japonais : アタッカーYOU! (Atakkā YOU!, « Attaquante YOU ! », traduction de la rédaction) · Studio : Nack (Knack Productions, devenu ICHI en 2008) · Auteur du roman d'origine : 小泉志津男 (Shizuo Koizumi) · Titre français : Jeanne et Serge
En France, Attacker YOU! s'appelle Jeanne et Serge : un générique chanté, une case jeunesse de La Cinq à la rentrée 1987, et une vague d'inscriptions dans les clubs de volley que la fédération reconnaît elle-même ne pas avoir été préparée à absorber. Au Japon, la série fut un succès modeste, tirée d'un roman inspiré d'une équipe réelle, mise en musique par un compositeur encore peu connu de l'animation. Entre Tokyo et Paris, il y a Milan : le dessin animé a voyagé par l'Italie, et c'est la version italienne qui a servi de base aux adaptations française et espagnole. Ce dossier remonte cette chaîne et signale, chaque fois, les points où les sources se contredisent.
Du roman au Nakayoshi — la genèse
Attacker YOU! ne naît pas d'un manga mais d'un livre. Le roman de Shizuo Koizumi (小泉志津男) s'intitule いま、白球は生きる (Ima, hakkyū wa ikiru, « Maintenant, la balle blanche vit », traduction de la rédaction) et porte en sous-titre 実録・イトーヨーカドー・バレーボール (Jitsuroku Itō-Yōkadō barēbōru, « Chronique véridique : le volley-ball d'Ito-Yokado », traduction de la rédaction). La Wikipédia japonaise, Pixiv Dic et le wiki collaboratif « chaken_archives » le présentent comme le récit d'une équipe féminine réelle, celle du groupe de distribution Ito-Yokado. Allcinema et Dimension Manga précisent que l'éditeur est Nihon Bunka Publishing ; Dimension Manga et Animeland datent la parution de 1981.
Le manga vient ensuite, ou plutôt à côté. Anime News Network le crédite à Shizuo Koizumi pour l'histoire et à Jun Makimura (牧村ジュン) pour le dessin, trois volumes en tout, et rappelle qu'il dérive du roman ; Nautiljon et Planète Jeunesse donnent la même répartition. Jun Makimura, dessinatrice originaire de Saitama, débute en 1974 avec une récompense de jeunes auteurs du Nakayoshi et du Shōjo Friend (Wikipédia japonaise) : on est dans le shōjo de Kōdansha, non dans la bande dessinée sportive classique. La Wikipédia anglaise situe la prépublication dans Nakayoshi du 13 avril 1984 au 24 juin 1985 ; Animeland parle d'un lancement simultané du manga et de la série le 14 avril 1984.
Le lien entre le manga et l'anime est plus lâche qu'on ne le croit. Un article japonais de Middle Edge Next écrit que l'écart de contenu entre les deux est si grand qu'il en devient « difficile à suivre » (propos résumés par la rédaction) et que l'anime comporte des scènes de bain absentes du manga. Les pages italiennes de Movieplayer, Techprincess et VolleyNews disent la même chose sous un autre angle : dans le manga, les deux héros ne sont qu'amis, et plusieurs personnages de l'anime, dont Sunny (Movieplayer, Techprincess), n'existent pas sur papier. Retenons donc que le manga fournit un visage, celui de Makimura, et que la série suit largement sa propre route.
Le moment compte autant que la source. La victoire des volleyeuses japonaises aux Jeux de Tokyo en 1964 (finale du 23 octobre contre l'URSS, d'après VolleyNews) avait déjà nourri Attack No. 1 : manga de Chikako Urano en 1968, série de 104 épisodes de 1969 à 1971 (Wikipédia anglaise ; Animeland date aussi le manga de 1968). La Wikipédia japonaise écrit que la série fut conçue dans l'attente du tournoi féminin des Jeux de Los Angeles ; Dimension Manga la rattache au succès d'Attack No. 1 et à la fièvre olympique de 1984. L'objectif de l'héroïne, lui, est les Jeux de Séoul de 1988 (Wikipédia anglaise, Wikipédia française, Animeland, VolleyNews).

Nack, TV Tokyo, Shaft — fabriquer la série
Nack s'écrit aussi Knack. La Wikipédia anglaise (Knack Productions) et la Wikipédia japonaise (ICHI) s'accordent sur la fondation, le 25 septembre 1967, et sur le changement de nom en ICHI en 2008 (août, précise la version anglaise). Les deux désignent Attacker YOU! comme l'une de ses exportations les plus fameuses, vers l'Italie et la France. Elles divergent sur la fin de l'activité d'animation : 1996 pour la version japonaise, 1997 pour l'anglaise, qui évoque ensuite une reconversion vers l'OAV.
Qui produit exactement ? Planète Jeunesse parle de « Knack Company » et de TV Tokyo ; la Wikipédia japonaise cite TV Tokyo, Nack et Shaft ; Nautiljon cite KnacK Productions et SHAFT ; Dimension Manga ne retient que SHAFT ; AniSearch ne donne qu'ICHI. Aucune source consultée ne dit ce que Shaft a réellement fait sur la série (animation, finition, sous-traitance ?). Pixiv Dic ajoute que la série clôt la période où Nack occupait des créneaux de grande écoute sur TV Tokyo, « un tournant » dans l'histoire du studio ; ce point n'a qu'une source.
Côté équipe, la Wikipédia japonaise et Planète Jeunesse (staff étendu) permettent de reconstituer l'essentiel. La réalisation générale revient à Kazuyuki Okasako (岡迫和之), ainsi orthographié par Nautiljon, allcinema, eiga.com et la Wikipédia japonaise ; la Wikipédia anglaise et Planète Jeunesse écrivent « Okaseko ». Hideki Sonoda (園田英樹) signe la composition de la série ; les scénarios sont partagés avec Yoshihisa Araki et Susumu Yoshida, auxquels Nautiljon ajoute Ayuko Anzai et Planète Jeunesse sept autres noms. Les producteurs sont Hyōta Ezu, côté TV Tokyo, et Hiroshi Toida (« Toita » chez Planète Jeunesse), côté Nack.
| Fonction | Nom | Rôle dans la série | Recoupé par |
|---|---|---|---|
| Réalisation | Kazuyuki Okasako 岡迫和之 | Réalisation générale | Wikipédia JA, Nautiljon, allcinema, eiga.com, Planète Jeunesse |
| Scénario | Hideki Sonoda 園田英樹 | Composition de la série | Wikipédia JA, Nautiljon, Planète Jeunesse |
| Scénario | Yoshihisa Araki, Susumu Yoshida | Scénaristes | Nautiljon, Wikipédia EN, Planète Jeunesse |
| Personnages | Kiyomu Fukuda, Teruo Kogure | Character design, direction de l'animation | Nautiljon, Planète Jeunesse, Wikipédia EN (graphies « Kyomu », « Kigure ») |
| Animation | Kōji Katō | Direction de l'animation | Nautiljon, Planète Jeunesse (« Kyôji ») |
| Décors | Ken Kawai, puis Kazuhiro Arai | Direction artistique | Wikipédia JA, Planète Jeunesse, Manga-news |
| Musique | Shirō Sagisu 鷺巣詩郎 | Musique de la série | Toutes les fiches consultées |
| Production | Hyōta Ezu (TV Tokyo), Hiroshi Toida (Nack) | Producteurs | Wikipédia JA, Planète Jeunesse |
Ce que disent les sources de la fabrication reste maigre. Un blog japonais de rétrospective des années 1980 (80s anime) parle d'une série soignée sur le plan narratif malgré les contraintes budgétaires du studio ; le wiki « chaken_archives » ajoute que le dessin de Jun Makimura, dessinatrice de shōjo, donnait à la série un aspect différent des productions antérieures de Nack. Ces deux remarques n'ont chacune qu'une source ; elles posent néanmoins la question qui traverse ce dossier : une série à petit budget, au graphisme shōjo, portée par un thème de sport collectif, et que son pays d'origine n'a pas particulièrement célébrée.
Hikawa, Seven Fighters, équipe nationale — le récit
Yū Hazuki a treize ans. Élevée à la campagne par ses grands-parents (Wikipédia japonaise, reprise par Weblio), elle retrouve son père, photographe (eiga.com, allcinema), et s'installe à Tokyo, où elle entre au collège Hikawa (Wikipédia anglaise, eiga.com). Elle y découvre le volley-ball, se heurte à la capitaine Nami Hayase, subit l'entraîneur Daimon, et se prend d'affection pour le capitaine de l'équipe masculine, Sō Tachiki (« Sho Takiki » dans la Wikipédia anglaise). Son rêve est l'équipe nationale et les Jeux de Séoul de 1988. Le blog 80s anime découpe le récit en trois arcs : le collège Hikawa, l'équipe Seven Fighters, puis la sélection nationale ; la Wikipédia japonaise cite aussi les équipes Unicorn, Sunlight et Orient.
La série porte la marque de son époque sportive. La Wikipédia japonaise (reprise par Weblio) la présente comme la dernière série d'animation à appliquer l'ancienne règle du « side-out », où seule l'équipe qui sert peut marquer, avant le décompte à chaque échange ; Weblio mentionne aussi un format de duel appelé « Serve 10 Match ». La Wikipédia japonaise ajoute que le fabricant de ballons Molten parrainait la série (source unique). Le côté shōjo, lui, se voit dans le dessin, mais pas dans la dureté : l'entraîneur Daimon est un tyran qui frappe ses joueuses, et la Wikipédia anglaise comme la Wikipédia française notent que cette violence, avec des scènes de douche dénudées, fut précisément ce que l'Italie coupa.
Le contraste est relevé par les sources japonaises : la Wikipédia japonaise note, malgré le dessin shōjo, des scènes à caractère érotique, et Middle Edge Next mentionne les scènes de bain. Pour les Européens, la série est donc d'abord un récit de discipline et de rivalité ; ce sont les adaptations qui en font une histoire d'amour.
| Personnage japonais | Italie | France | Espagne · Portugal | Recoupé par |
|---|---|---|---|---|
| Yū Hazuki 葉月優 | Mila | Jeanne | Juana · Joana | Wikipédia EN, Movieplayer, Planète Jeunesse, Dimension Manga |
| Sō Tachiki 立樹爽 | Shiro | Serge | Sergio · Sérgio | Wikipédia EN, Movieplayer, Planète Jeunesse, Dimension Manga |
| Nami Hayase 早瀬奈美 | Nami (nom conservé) | Peggy | Peggy · Nádia | Movieplayer, Wikipédia EN, Dimension Manga |
| Eri Takigawa | Kaori | Marie | Marie | Movieplayer, Wikipédia FR, Dimension Manga |
| Shingo Mitamura 三田村慎吾 | Dani | Danny | — | Movieplayer, Wikipédia FR |
| Sani | Sunny | Sunny | — | Movieplayer, Wikipédia FR |
Ce tableau dit quelque chose d'important : les noms français ne sont pas les noms italiens. L'Italie garde Nami et transforme Eri en Kaori ; la France invente Peggy et Marie ; l'Espagne reprend les noms français (Wikipédia anglaise, Dimension Manga). Autrement dit, si la version française est bien « adaptée de la version italienne », comme l'écrit la Wikipédia française, cette filiation ne vaut pas pour les noms, ni, on le verra, pour la chanson.
Voix japonaises et musique de 1984
Au Japon, la distribution est dominée par Yūko Kobayashi (小林優子) dans le rôle de Yū Hazuki et par Naoko Matsui (松井菜桜子) dans celui de Nami Hayase : la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglaise, allcinema, eiga.com et Nautiljon s'accordent. Kazuyuki Sogabe (曽我部和行) prête sa voix à Shingo Mitamura selon la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglaise. Pour le reste, les sources ne se recoupent plus : la Wikipédia japonaise donne Sō Tachiki à 堀内賢雄 (Kenyū Horiuchi) et Daimon à 笹岡繁蔵 ; la Wikipédia anglaise attribue Toshihiko Hazuki, le père, à Michihiro Ikemizu, Eri Takigawa à Yumi Takada et Kanako Tajima à Kumiko Takizawa ; eiga.com et allcinema ajoutent, sans préciser leurs rôles, Keaton Yamada, Eriko Hara et Hiroko Nishi.
| Rôle | Comédien | Statut | Recoupé par |
|---|---|---|---|
| Yū Hazuki | Yūko Kobayashi | Établi | Wikipédia JA, Wikipédia EN, allcinema, eiga.com, Nautiljon |
| Nami Hayase | Naoko Matsui | Établi | Wikipédia JA, Wikipédia EN, allcinema, eiga.com, Nautiljon |
| Shingo Mitamura | Kazuyuki Sogabe | Établi | Wikipédia JA, Wikipédia EN |
| Sō Tachiki | Kenyū Horiuchi 堀内賢雄 | Source unique | Wikipédia JA |
| Daimon | 笹岡繁蔵 | Source unique | Wikipédia JA |
| Eri Takigawa | Yumi Takada | Source unique | Wikipédia EN |
La musique est l'autre pilier. Shirō Sagisu (鷺巣詩郎), né à Tokyo le 29 août 1957 selon la Wikipédia japonaise, signe la bande originale, ce que confirment toutes les fiches. La Wikipédia japonaise et le blog 80s anime la situent à ses débuts dans l'animation, avant sa collaboration avec Hideaki Anno sur Evangelion ; Animeland va plus loin et en fait sa toute première composition pour un dessin animé, ce que rien d'autre ne confirme. Un album 33 tours de la série paraît chez Victor (référence JBX-25044) le 5 juin 1984, avec quatorze plages, dont l'ouverture et la fermeture, selon Discogs.
L'ouverture s'intitule Seishun Prelude (青春プレリュード, Seishun purelūdo, « Prélude de jeunesse », traduction de la rédaction) et la fermeture Twinkle, Twinkle, toutes deux chantées par Harumi Kamo (Wikipédia anglaise, eiga.com, Discogs). La chanson d'ouverture a pour parolière Noriko Miura et pour compositeur Toshio Kamei, avec un arrangement de Sagisu (animesongz) ; Discogs attribue elle aussi à Toshio Kamei la composition de deux plages, Seishun Prelude et Twinkle, Twinkle, la plupart des autres étant de Sagisu. Le crédit « musique : Shirō Sagisu » désigne donc la partition et les arrangements, non toutes les chansons.
L'Italie, première étape — Mila e Shiro
La série quitte le Japon par Milan. Elle est diffusée en Italie à partir du 25 février 1986 sur Italia 1, sous le titre Mila e Shiro – Due cuori nella pallavolo (« Mila et Shiro, deux cœurs dans le volley », traduction de la rédaction) : la Wikipédia italienne, Movieplayer, VolleyNews (deux articles) et AniSearch s'accordent sur la date ; Ildenaro et AniSearch indiquent une diffusion jusqu'en janvier 1987, et VolleyNews place la série dans le bloc jeunesse « Bim Bum Bam ». Techprincess écrit seul que la série fut diffusée par Rete 4, une erreur probable.
Le doublage italien est réalisé au studio MOPS Film, sous la direction de Willy Moser, avec des dialogues de Francesco Vivaldi (Wikipédia italienne, source unique). Surtout, la version italienne transforme le récit. La Wikipédia italienne, la Wikipédia anglaise et Movieplayer relèvent des coupes : les scènes de violence de l'entraîneur et les scènes de nudité sous la douche disparaissent. Le titre met la romance en avant (Wikipédia italienne). Mila devient la cousine de Mimì Ayuhara, héroïne d'Attack No. 1, lien qui n'existe pas en japonais (Wikipédia italienne, Wikipédia anglaise, VolleyNews, Nerdface). Les noms changent : Yū devient Mila, Sō devient Shiro, Eri devient Kaori, Shingo Mitamura devient Dani, seul Nami Hayase restant intact (Movieplayer).
La chanson d'ouverture est restée la plus durable. Chantée par Cristina D'Avena, elle a pour paroles Alessandra Valeri Manera et pour musique Ninni Carucci (Wikipédia italienne, Techprincess) ; la liste des génériques de la chanteuse sur la Wikipédia anglaise la date de 1986, sur l'album Fivelandia 4. Le manga paraît chez Star Comics en 2003 (Wikipédia italienne, Movieplayer, Nerdface), près de vingt ans après la série ; celle-ci ressort en DVD en 2014, avec la Gazzetta dello Sport et le Corriere della Sera, à partir du 23 septembre, dans un ensemble de 110 épisodes qui inclut la suite (Lega Volley Femminile).
« Le dessin animé “Mila e Shiro” m'a inspirée. Je voulais jouer contre l'équipe nationale de Mila, et j'y suis arrivée. »
— Francesca Piccinini, championne du monde italienne, au Festival dello Sport de Trente, 9 octobre 2021, citée par Virgilio Sport (traduction de la rédaction) · sport.virgilio.it
L'effet sur le volley italien est un lieu commun, mais les formes varient. VolleyNews écrit que la série a provoqué un « boom » d'inscriptions de jeunes joueuses (traduction de la rédaction) ; Ildenaro rapporte le même souvenir et cite Francesca Piccinini ; Number, magazine japonais, relaie le témoignage d'une ancienne internationale italienne (née en 1968) pour qui les filles du pays étaient « folles » de l'héroïne (propos résumés par la rédaction). En revanche, l'affirmation, très présente sur les pages japonaises (Wikipédia japonaise, Pixiv Dic, chaken_archives, Weblio), selon laquelle la série aurait provoqué la création d'une ligue professionnelle de volley en Italie, n'est reprise par aucune des pages italiennes que nous avons lues.
La suite de la chaîne passe par la France puis l'Espagne. La Wikipédia espagnole (miroir) et Dimension Manga indiquent que la série arrive sur Telecinco en 1990, le 5 mars dans le bloc « Superguay » selon Dimension Manga ; la version espagnole reprend la chanson italienne de Cristina D'Avena et se fonde sur le doublage français, lui-même dérivé de l'italien (Wikipédia espagnole). Le Portugal la diffuse sous le titre Joana e Sérgio : O Desafio dos Anjos en 1995, d'après Unimado, tandis que la Wikipédia italienne note que la Pologne (Polonia 1) garde la bande-son japonaise sous-titrée. La suite de 2008, New Attacker YOU!, arrive en Italie en 2011 sous le titre Mila e Shiro – Il sogno continua, accueillie avec réserve par les fans de la série d'origine (Wikipédia anglaise, Movieplayer).
Jeanne et Serge sur La Cinq — doublage et générique
La France reçoit la série le 31 août 1987 sur La Cinq, dans le bloc jeunesse « Youpi ! L'école est finie ». Entrevue, Alf.fr, Animeland, Archives 80, Les années récré et le forum Doublage francophone donnent cette date ; Anisong parle d'un début « à la rentrée de septembre 1987 ». L'article de la Wikipédia française que nous avons pu lire ne précise pas le jour, mais confirme La Cinq et « Youpi ! L'école est finie ». La boîte de mangas place la première diffusion d'août 1987 à janvier 1988 et trois rediffusions sur la même chaîne (février-avril 1988, avril-juin 1988, février-avril 1989) ; le registre d'Archives 80 recense vingt-six passages entre octobre 1987 et mars 1989, tous sur La Cinq, avec des créneaux tantôt du matin (7 h 30 à 9 h 05), tantôt de l'après-midi (17 h 20 à 18 h 10).
Le doublage est réalisé au studio Unité 2, sous la direction de Pierre Fromont : Planète Jeunesse (fiche, distribution, staff étendu) et le forum Doublage francophone concordent. Fromont (1925-2015), comédien et directeur artistique né à Roubaix, y tient aussi le rôle du commentateur (Wikipédia française). Planète Jeunesse crédite l'adaptation à six personnes, dont Martine Yvonnet et Pierre Calamel. Jeanne a la voix de Jackie Berger (Planète Jeunesse, Wikipédia française, forum Doublage francophone, Trois Couleurs) et Serge celle de Thierry Bourdon, également Danny Mitamura selon la Wikipédia française et Planète Jeunesse (qui parle de « M. Mitamura »). Peggy est Joëlle Guigui, Daimon est Christian Pélissier, Marie est Anne Kerylen ou Hélène David selon les épisodes (Wikipédia française, Planète Jeunesse).
| Personnage | Comédien | Recoupé par |
|---|---|---|
| Jeanne Hazuki | Jackie Berger | Planète Jeunesse, Wikipédia FR, Doublage francophone, Trois Couleurs |
| Serge Takiki | Thierry Bourdon | Planète Jeunesse, Wikipédia FR, Doublage francophone |
| Danny Mitamura | Thierry Bourdon | Planète Jeunesse, Wikipédia FR |
| Peggy Hayase | Joëlle Guigui | Planète Jeunesse, Wikipédia FR |
| Marie Takigawa | Anne Kerylen, Hélène David | Planète Jeunesse, Wikipédia FR |
| M. Daimon | Christian Pélissier | Planète Jeunesse, Wikipédia FR, Doublage francophone |
| Commentateur | Pierre Fromont | Wikipédia FR (article Pierre Fromont), Planète Jeunesse |
Le générique est chanté par Valérie Barouille. La Wikipédia française donne les paroles à Alessandra Valeri-Manera et la musique à Carmelo Carucci ; Bide et Musique crédite les deux de la composition d'un disque de 1987 chez Adès (référence 11.134, 2 minutes 48). Ce sont, à une graphie près, les auteurs de la chanson italienne : le thème français est donc une version de celui de Cristina D'Avena, non du thème japonais de Harumi Kamo (déduction de la rédaction à partir de crédits identiques). Anisong précise que Valérie Barouille avait été recrutée pour interpréter les premiers génériques de La Cinq. Génériques Télé et AlloCiné la désignent aussi comme l'interprète.
La carrière française de la série ne s'arrête pas à La Cinq. Elle passe ensuite par Antenne 2, TF1 et plusieurs chaînes du câble ou du numérique.
| Période | Chaîne et case | Recoupé par |
|---|---|---|
| 1987 – 1989 | La Cinq · « Youpi ! L'école est finie » | Entrevue, Alf.fr, Archives 80, La boîte de mangas |
| 1990 | Antenne 2 · « Éric et Noëlla » (14 février selon Les années récré) | Wikipédia FR, Alf.fr, Planète Jeunesse, Les années récré |
| 1990 – 1997 | TF1 · Club Dorothée (dates divergentes) | Alf.fr, Planète Jeunesse, La boîte de mangas, Les années récré |
| 2000 – 2002 | Mangas (2000) · TMC Monte-Carlo, RTL9, AB Cartoons (2002) | Planète Jeunesse, Wikipédia FR, Les années récré |
| 2003 | France 5 · « Midi les Zouzous » | Wikipédia FR, Alf.fr, Les années récré |
| 2007 – 2010 | Gulli (2007, rediffusée en 2010) | Wikipédia FR, Alf.fr, Les années récré |
Volley, coupes et réception en France
Le succès français est le mieux documenté, et le plus mythifié. La Wikipédia française (et son miroir Fr-academic) écrit que la série suscita « un engouement phénoménal » et fit la couverture de Télé Poche ; le numéro n'est pas identifié. Les chiffres circulent : le blog La boîte de mangas donne, pour la Fédération française de volley-ball, 3 059 jeunes joueuses en 1986-1987 et 11 793 en 1988-1989, soit une hausse de 285,5 % (que l'on retrouve par le calcul) ; chez les garçons, 3 931 puis 6 778. Il cite aussi un relevé de Télé Poche Junior de février 1988 faisant état de 240 % d'augmentation. Animeland, Planète Jeunesse et Génériques Télé reprennent ce « 240 % » ; la Wikipédia française parle d'inscriptions doublées voire triplées selon les catégories et les régions, et La boîte de mangas d'une multiplication par trois en Île-de-France. Cri du troll avance que 70 % des nouvelles inscriptions étaient le fait de filles.
La fédération elle-même confirme la vague, et son revers. Éric Tanguy, son président, évoque la période dans un texte consacré à l'effet de Haikyū!! sur les licences :
« On ne peut que se féliciter que la Fédération, et surtout ses clubs, aient été prêts à accueillir cet afflux important de licenciés, ce qui n'avait pas été forcément le cas à l'époque du succès d'un autre manga, Jeanne et Serge, à la fin des années 80. »
— Éric Tanguy, président de la Fédération française de volley-ball, page d'actualité de la FFVB (date non précisée dans la page lue) · ffvb.org
Le témoignage d'un club confirme l'échelle locale : l'historique du club d'Herbiers et Épesses attribue en partie son essor au dessin animé (« le dessin animé Jeanne et Serge a contribué à cet essor »), avec une école de volley pouvant accueillir jusqu'à cinquante enfants à la fin des années 1980 et environ cent soixante licenciés en 1990. La Wikipédia française explique le reflux par le manque de structures, la difficulté technique du sport et l'écart entre la facilité montrée à l'écran et la réalité ; la Wikipédia française et AlloCiné notent que l'engouement s'est dissipé après la fin de la diffusion.
La censure en question
C'est le point le plus contradictoire. La Wikipédia française écrit que la version française est adaptée de la version italienne, fortement censurée, qui supprimait des scènes jugées trop choquantes, et que les rediffusions du Club Dorothée retirèrent encore des passages montrant les « corrections sévères » de l'entraîneur ; le forum Télé-Visions et Planète Jeunesse (qui cite les gifles de Daimon) disent la même chose pour le Club Dorothée. La Wikipédia anglaise confirme que les coupes italiennes se retrouvent dans le doublage français, et Dimension Manga dresse la liste des coupes européennes : suppression du générique de fin, nudité, jupes soulevées, coups de l'entraîneur et sous-entendus paternels. À l'inverse, Mes années 80-90 écrit que la première diffusion française fut « l'une des rares séries à ne pas subir de censure », avec des noms de villes japonaises conservés, et le miroir Fr-academic, issu d'une version plus ancienne de la Wikipédia, loue la fidélité du doublage aux noms de famille et au décor tokyoïte.
Ces affirmations ne sont pas incompatibles, si l'on distingue les couches : coupes italiennes, adaptation française (les noms japonais de famille comme Hazuki ou Hayase sont conservés, mais Nami devient Peggy), puis remontage pour le Club Dorothée. Mais aucune source consultée ne compare, épisode par épisode, la version de La Cinq, celle de TF1 et l'original.
Héritages et éditions vidéo
Au Japon, la série est éditée en un coffret de DVD intégral de 58 épisodes par Line Communications en 2004 (Wikipédia japonaise) ; la Wikipédia anglaise donne la sortie du DVD au 20 août 2004. Allcinema recense plusieurs éditions DVD et une location. C'est tout ce que la rédaction a pu établir sur l'exploitation vidéo japonaise.
En France, la série est d'abord éditée en VHS par AB Vidéo (Nautiljon, Planète Jeunesse), puis en DVD : Planète Jeunesse date de juillet 2003 les premiers disques de Déclic Images, et de mars 2010 le coffret intégral. Ce coffret réunit 9 DVD pour les 58 épisodes, soit environ 23 heures, avec un livret illustré de 28 pages ; il propose la version française et, pour la première fois, la version originale sous-titrée en français, présentée comme non censurée (Génération Souvenirs, Manga-news, Wikipédia française). Manga-news date la sortie du 24 mars 2010 et nomme Déclic Images comme éditeur ; Planète Jeunesse nomme IDP ; Nautiljon cite IDP Home Video et indique que la licence de Déclic Images est expirée ; AniSearch associe Mediawan Thematics, Déclic Images et IDP.
La suite, New Attacker YOU!, est une série de 52 épisodes coproduite avec la Chine : la Wikipédia anglaise la date de 2008, réalisée par Tomoharu Katsumata et diffusée en Chine sous le nom de Darian Cartoon, tandis que Planète Jeunesse et Animeland la datent de 2010. Elle n'a jamais été diffusée en France (Planète Jeunesse, Animeland, Cri du troll) ; elle est sur Prime Video au Japon depuis 2013 (Wikipédia japonaise). Enfin, la Wikipédia anglaise précise qu'à l'été 2020 aucune version de l'anime n'était licenciée en Amérique du Nord.
L'héritage est d'abord un souvenir et un air. La fédération française de volley le rattache aujourd'hui à Haikyū!! (page FFVB), Cri du troll au même courant, et la série reste une référence commune à plusieurs générations (Animeland).
Zones d'ombre
Voici ce que les sources lues ne permettent pas d'établir, ou seulement à moitié.
Japon
Le rôle de Shaft, la répartition entre Nack et TV Tokyo, la liste des animateurs et des peintres de fonds, les audiences japonaises (toutes les sources parlent d'un succès modeste sans le chiffrer) et les titres des épisodes au-delà du premier ne sont pas documentés. L'identité de l'équipe Ito-Yokado qui inspire le roman, le tirage de ce roman et la lecture exacte du prénom de son auteur restent à vérifier. La date de la suite, 2008 ou 2010, n'est pas tranchée.
Italie et Europe
Nous ne savons pas quel texte exact fut traduit à Milan, quelles scènes furent coupées épisode par épisode, ni si Rete 4 a joué un rôle. Le lien entre la série et une ligue professionnelle italienne n'est attesté que par des pages japonaises. Les diffusions portugaise (1995) et polonaise n'ont qu'une source chacune, et le canal portugais n'est pas identifié.
France
Les archives de l'INA, la grille de La Cinq en 1987, le numéro de Télé Poche en couverture, les audiences, la nature exacte de la version diffusée sur TF1 et l'auteur des paroles françaises du générique ne sont pas établis par les sources lues. Les pages suivantes n'ont pas pu être consultées par les outils de lecture : AniDB, AniList, Anime News Network (fiche de la série), Superloustic, Coup-de-vieux, Retropedia, l'archive de France-Soir et le site Jeanne-serge.com ; MyAnimeList n'a pas été ouvert. Leurs informations ne sont pas reprises.
Témoignages
Aucun entretien avec Kazuyuki Okasako, Hideki Sonoda, Kiyomu Fukuda ou Jun Makimura n'a été trouvé. Côté français, l'entretien de Jackie Berger consulté ne donne aucun détail sur la série. SAKUGAART souhaite documenter ces parcours. Si vous avez travaillé sur Attacker YOU! au Japon, à Milan ou en France (adaptation, doublage, programmation, diffusion), ou si vous conservez des documents d'époque (programmes, cassettes, magazines, disques), la rédaction serait heureuse de recueillir votre témoignage, dans le respect de vos souhaits de confidentialité.