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Dossier · Série télévisée · NHK · 1987 → 1989
Les Trois
Mousquetaires
Titre japonais : アニメ三銃士 (Anime Sanjūshi) · titre français de diffusion : Sous le signe des Mousquetaires · NHK · Studio Gallop · Gakken · Sei Young
En octobre 1987, la NHK lance une adaptation animée de Dumas où Aramis devient une femme et où un enfant aux pieds nus s'invite dans la bande. Près de quarante ans plus tard, la série reste mal identifiée en France, où plusieurs dessins animés partagent le même titre. Voici ce que les sources permettent d'établir sur son studio, ses auteurs, ses décors et sa diffusion, et ce qu'elles laissent dans l'ombre.
Une commande de la NHK
Il faut commencer par une précaution de vocabulaire. En France, « Les Trois Mousquetaires » désigne plusieurs dessins animés distincts, et celui dont il est question ici n'a jamais été diffusé sous ce titre : la chaîne française l'a programmé sous le nom de Sous le signe des Mousquetaires. Au Japon, il s'appelle Anime Sanjūshi (アニメ三銃士), littéralement « les trois mousquetaires en anime ». Cinquante-deux épisodes ont été diffusés par la NHK entre le 9 octobre 1987 et le 17 février 1989, d'abord sur la chaîne générale puis sur Satellite 2 (総合・衛星第2), selon la Wikipédia japonaise, dont les dates sont reprises par la Wikipédia anglaise et par la fiche d'AniSearch.
La question « quel studio l'a produite ? » n'a pas de réponse unique, parce que plusieurs niveaux de production se superposent, et les sources ne les distinguent pas toujours. La Wikipédia japonaise en décrit trois. La production (製作) revient à la NHK et à NHK Enterprises. La production d'animation (アニメーション製作) est attribuée au groupe japonais Gakken et à KORAD, une agence de publicité coréenne, ce que confirment Weblio, AniSearch et la fiche DVD de Manga-news. Enfin, la réalisation effective (実制作) est confiée au Studio Gallop (スタジオぎゃろっぷ) et au studio coréen Sei Young (世映動画).
Ce dernier étage est le plus important pour qui s'intéresse à la fabrication. Eiga.com, Icotaku, Nautiljon et la fiche du film de 1989 chez Shochiku désignent Gallop comme studio. Planète Jeunesse cite Gallop (orthographié « Galop ») et Sei Young. L'article anglais de Wikipédia consacré à Gallop range la série parmi les productions réalisées « avec la coopération » de Sei Young, et celui qui est consacré au studio coréen la décrit comme une coproduction coréano-japonaise avec Gallop. La rédaction retient donc que le studio qui a fabriqué la série est Gallop, épaulé en Corée par Sei Young, pour le compte de la NHK, de NHK Enterprises, de Gakken et de KORAD.
Avant la série, la NHK a diffusé un essai. Le 5 mai 1987, la chaîne générale a présenté un pilote de vingt-cinq minutes, À la poursuite du Masque de fer (鉄仮面を追え), d'après la Wikipédia japonaise. L'existence de ce pilote est confirmée par le dictionnaire Pixiv et par la notice de l'éditeur NHK Enterprises, qui l'a inclus dans le coffret DVD de 2024. Le blog de fan Le Premier rapporte que le producteur de la NHK le décrivait comme une version d'essai destinée à explorer l'orientation de la série, avec des réglages assez différents de ceux de la série finale.
Qui a fait quoi : le générique reconstitué
La rédaction n'a pas pu consulter le générique d'origine image par image. Elle reconstitue ici l'équipe à partir des fiches de la Wikipédia japonaise, d'Eiga.com, de Planète Jeunesse, de Nautiljon, de la notice DVD de NHK Enterprises et des blogs spécialisés. Chaque rôle ci-dessous est attesté par au moins deux sources consultées ; les écarts de titre sont signalés en note.
Le réalisateur
Kunihiko Yuyama est né le 15 octobre 1952 à Tokyo. Les Wikipédias japonaise et anglaise s'accordent sur son parcours : intercalaire puis storyboarder, il fait ses débuts de réalisateur en 1978 sur un épisode de Galaxy Express 999, signe Magical Princess Minky Momo en 1982, et deviendra beaucoup plus tard le réalisateur général de la franchise Pokémon. Anime Sanjūshi se situe entre ces deux jalons. Selon le blog Le Premier, qui reproduit des entretiens parus dans Animedia et Animage, il décrivait son travail comme le tissage d'une trame mêlant drame historique, action, sentiment et intrigue politique.
Le scénariste et l'adaptateur
Le scénario est crédité à Yasuo Tanami (1933-2000), scénariste entré à la Toho en 1957, connu pour la série Wakadaishō et pour des comédies des années 1960, qui avait cofondé vers 1968 la société Jack Production, selon sa fiche japonaise. Planète Jeunesse mentionne justement « Yasuo Tanami, Jack Production », et Nautiljon ajoute un certain Kaoru Umeno : c'est l'un des pseudonymes de Tanami, d'après sa Wikipédia japonaise, ce qui explique cette apparente seconde signature.
Le crédit d'adaptation (翻案) revient à Monkey Punch (Kazuhiko Katō, 1937-2019), le créateur de Lupin III. Il figure sous cette forme sur la Wikipédia japonaise, sur Eiga.com, sur la notice DVD de NHK Enterprises et sur l'annonce de la nouvelle diffusion en 4K. Le terme désigne une adaptation libre : l'auteur reprend l'ossature d'une œuvre en y ajoutant ses propres idées.
Les décors : Mitsuki Nakamura et Kazuhiro Kinoshita
Le département des décors (美術) est confié à deux personnes, ce que confirment Planète Jeunesse, Nautiljon et le blog Le Premier. Mitsuki Nakamura, né à Tokyo le 7 avril 1944 et mort le 16 mai 2011, fait partie des grands noms du métier : entré chez Tatsunoko Production en 1964, il y reste une douzaine d'années, puis fonde en 1976 le Design Office Mechaman avec le concepteur Kunio Ōkawara, d'après sa Wikipédia japonaise, qui cite parmi ses directions artistiques Mobile Suit Gundam, Urusei Yatsura, Ken le Survivant et Nausicaä de la Vallée du Vent. Weblio reprend l'essentiel de cette liste.
Kazuhiro Kinoshita, lui, est un nom beaucoup plus discret. La rédaction n'a trouvé aucune notice biographique à son sujet ; on sait seulement qu'il partageait le poste avec Nakamura sur cette série.
Musique, production et son
La musique est de Kōhei Tanaka, crédité à la direction musicale (音楽監督) par la Wikipédia japonaise et comme compositeur par Planète Jeunesse et NHK Enterprises. Le générique d'ouverture, « Yume Bōken » (夢冒険), est chanté par Noriko Sakai (酒井法子), tandis que le groupe PumpKin interprète les chansons de fin, selon Eiga.com et Nautiljon. Côté NHK, la Wikipédia japonaise cite comme producteurs Hiroshi Kubota (久保田弘) et Yasuo Kaneko (金子泰生), alors que Planète Jeunesse donne « Hiroyuki Kurita et Hiroshi Kubota ». Le nom de Kubota est le seul commun aux deux fiches. Le son enfin est confié à Shigeharu Shiba, dont la Wikipédia japonaise indique qu'il est crédité à l'enregistrement (録音) de la série, tandis que le blog Le Premier consacre une chronique à un « légendaire directeur du son » de la série, dont le résumé consulté nomme Shiba.
Les voix japonaises
La distribution vocale japonaise réunit Tatsuya Matsuda (d'Artagnan), Akira Kamiya (Athos), Eiko Yamada (Aramis), Masamichi Satō (佐藤政道) (Porthos), Noriko Hidaka (Constance), Fumi Hirano (Milady) et Nobuo Tanaka (le cardinal de Richelieu), selon les Wikipédias japonaise et anglaise, Eiga.com et la notice DVD de NHK Enterprises. Le rôle de l'enfant Jean, créé pour la série, est tenu par Mayumi Tanaka d'après la Wikipédia japonaise.
Dumas à la japonaise
Le roman d'Alexandre Dumas paraît en feuilleton dans le quotidien Le Siècle de mars à juillet 1844, puis en volume la même année, selon la Wikipédia française ; la Wikipédia japonaise confirme la publication dans Le Siècle en 1844. Il est le premier volet d'un cycle qui comprend Vingt ans après (1845) et Le Vicomte de Bragelonne (1847). Au Japon, l'ensemble porte le titre de Dartagnan monogatari (ダルタニャン物語), littéralement « récit de d'Artagnan ». Le communiqué de 2024 sur l'édition DVD et l'annonce de la diffusion en 4K présentent précisément la série comme une adaptation libre de ce cycle par Monkey Punch, et non du seul premier roman.
Cette différence compte. La série s'organise en deux grands mouvements : une première partie, « l'affaire des ferrets de la reine » (王妃の首飾り編), qui suit l'intrigue du premier roman, et une seconde, l'épisode du Masque de fer (鉄仮面編), selon Weblio. Un blog français consacré aux adaptations japonaises de Dumas précise que cette seconde partie s'inspire du Vicomte de Bragelonne. Le blog Le Premier découpe le tout en cinq arcs, du séjour parisien à la forteresse de Belle-Île. La Wikipédia française note que l'aventure du Masque de fer survient dans la série quelques mois seulement après la fin de la partie précédente, alors que le cycle de Dumas laisse s'écouler de longues années ; le site Le Pays du Manga le confirme.
Ce qui change
Le changement le plus célèbre concerne Aramis. Dans la série, il s'agit d'une femme qui s'habille en homme à la suite du meurtre de son amoureux, et qui, contrairement au personnage du roman, ne bascule jamais du côté des méchants. La Wikipédia japonaise en fait la différence principale d'avec l'original ; Planète Jeunesse, Le Pays du Manga et le blog Mes années 80-90 la relèvent à leur tour. Le choix n'est pas resté sans suite : un long métrage centré sur le personnage, Anime Sanjūshi : Aramis no Bōken, est sorti dans les salles Shochiku le 11 mars 1989.
Deuxième modification, Constance Bonacieux. Épouse de Bonacieux dans le roman, avec qui d'Artagnan entretient une liaison, elle devient dans la série sa fille, d'après la Wikipédia japonaise, la Wikipédia française et le dictionnaire Pixiv. Le « Harukamuseum », un site de critique d'anime, observe plus largement que les relations adultères du roman ont été retirées ou transformées. Troisième changement : un enfant, Jean aux pieds nus (はだしのジャン), que la Wikipédia japonaise décrit comme inspiré d'une personne réelle mais absent du roman, occupe la place que tenait le valet Planchet, remarque la Wikipédia française.
Le public visé explique ces choix. La Wikipédia japonaise précise que l'œuvre s'adresse à un jeune public et comprend de nombreuses créations originales. Selon Weblio, le réalisateur Yuyama a expliqué que le roman, publié en feuilleton, n'était pas destiné aux enfants : l'équipe en a atténué les aspects les plus triviaux pour construire une aventure feuilletonnante. Quant au fameux éléphant, il ouvre le récit : Planète Jeunesse donne pour premier épisode À Paris sur les traces de l'éléphant, et le blog Mes années 80-90 résume l'intrigue de départ comme un voyage à Paris pour retrouver un éléphant afin de gagner un pari.
Le travail de Monkey Punch lui-même est décrit par le blog Le Premier, à partir d'un entretien paru dans la revue Bessatsu Animedia. Il y définit l'adaptation libre comme un exercice de fidélité à l'ossature et d'invention dans l'assaisonnement.
「原作そのものの骨組、時代背景や人物の性格そのものは崩さないで、僕のアイディアで味つけするっていうのが翻案」« Ne pas toucher à l'ossature de l'œuvre, ni au contexte historique, ni au caractère des personnages, et l'assaisonner avec mes propres idées : voilà ce qu'est une adaptation libre. »
— Monkey Punch, entretien de Bessatsu Animedia (PART 1 du hors-série consacré à la série), tel que reproduit par le blog Le Premier · traduction de la rédaction · djpost1987.hatenablog.com
Le blog et les fiches signalent enfin un trait de mise en scène plus discret. Selon la Wikipédia japonaise, les images de fond diffusées jusqu'au 49e épisode sont présentées sous le titre « Chronique de voyage des trois mousquetaires » (三銃士紀行) : des images réelles qui présentent la géographie et l'histoire de Paris. Le dictionnaire Niconico décrit la même rubrique comme un court segment en prises de vues réelles, consacré à des lieux de France évoqués dans le récit, qui concluait les épisodes.
Fabriquer le XVIIe siècle : les métiers invisibles
Adapter Dumas en dessin animé suppose de dessiner un siècle entier : des rues, des intérieurs, des costumes, des chevaux, des voitures. Le producteur Hiroshi Kubota expliquait, dans un article d'Animage de novembre 1987 reproduit par le blog Le Premier, pourquoi personne ne l'avait fait avant : l'œuvre compte beaucoup de personnages et se déroule au XVIIe siècle, une période difficile à documenter. Il ajoutait un obstacle plus concret, celui des chevaux.
「アニメが最も苦手とする馬が大量に登場することも、製作者に二の足を踏ませた原因のひとつ」« L'apparition massive de chevaux, ce que l'animation fait le plus difficilement, est aussi l'une des raisons qui ont fait hésiter les producteurs. »
— Article d'Animage (novembre 1987) consacré au producteur Hiroshi Kubota, tel que reproduit par le blog Le Premier · traduction de la rédaction · djpost1987.hatenablog.com
Pour tenir cette exigence, l'équipe s'est appuyée sur des spécialistes. D'après le même relais, le producteur a fait appel à un historien et à une spécialiste du costume, et des équipes se sont rendues en France et en Grande-Bretagne. Le réalisateur Yuyama aurait lui-même visité Paris avant la série : dans un entretien d'Animedia de septembre 1987, il rapportait avoir mesuré, sur place, l'échelle des salles du Louvre et la présence des pierres du Marais, des observations qui ont nourri la conception des fonds. Ces informations sont précieuses mais fragiles : elles viennent toutes du blog Le Premier.
Deux peintres pour un même univers
C'est à l'intérieur du département des décors que le blog fournit les témoignages les plus parlants. Il reproduit un entretien de la rubrique « Staff Room » du hors-série Anime Sanjūshi d'Animedia avec Mitsuki Nakamura et Kazuhiro Kinoshita. Le second justifie la présence de deux responsables par le volume de travail.
「設定、背景、レイアウト、とかの量的な問題で二人でやってるんです」« Nous sommes deux à cause de la quantité de travail : les réglages, les fonds, les mises en page… »
— Kazuhiro Kinoshita, rubrique « Staff Room » du hors-série Anime Sanjūshi d'Animedia, tel que reproduit par le blog Le Premier · traduction de la rédaction · djpost1987.hatenablog.com
Selon ce compte rendu, les deux artistes se partageaient chaque épisode scène par scène, se concertant pour décider qui peignait quoi. La documentation sur la France du XVIIe siècle étant limitée, Kinoshita dit s'être appuyé sur des séries historiques françaises, surtout pour les couleurs. Nakamura raconte une anecdote : la maison de Porthos est teintée de rose-rouge, une couleur qu'il justifie par la générosité du personnage. Tous deux disent avoir appris beaucoup sur l'architecture et l'urbanisme médiévaux et souhaitent retravailler dans ce cadre historique.
L'animation, l'équipe coréenne et les voix
Sur le plateau de l'animation, la figure centrale est Hatsuki Tsuji. Le blog Le Premier restitue un entretien dans lequel il explique devoir respecter la recherche historique, y compris dans le détail des vêtements et des accessoires, et reconnaît des difficultés avec certains personnages, dont Bonacieux, dont l'expression est limitée, et avec les animaux. Tsuji poursuivra sa carrière chez Gallop, où il passera à la réalisation, d'après ce même blog. La répartition du travail entre Gallop à Tokyo et Sei Young à Séoul, elle, n'est décrite par aucune des sources consultées, et la rédaction s'interdit de la deviner.
Du côté du son, le blog Le Premier consacre une chronique aux choix de distribution de Shigeharu Shiba, qui aurait confié à plusieurs comédiennes des rôles éloignés de leur emploi habituel. Le fait que Shiba ait travaillé sur la série est confirmé par sa propre fiche japonaise ; les anecdotes de casting, elles, restent du domaine du témoignage rapporté.
Au Japon : diffusion, film et mémoire
La série quitte l'antenne le 17 février 1989, après un peu plus de seize mois. Elle a reçu en 1988 une distinction officielle : la Wikipédia japonaise et Weblio s'accordent pour dire qu'elle a été retenue parmi les œuvres télévisuelles d'excellence pour enfants (13e sélection) de l'Agence pour les affaires culturelles (文化庁こども向けテレビ用優秀映画). Un détail de calendrier a retenu l'attention des fans : le 46e épisode a été diffusé le 6 janvier 1989, la veille de la mort de l'empereur Shōwa, et le blog Le Premier comme le dictionnaire Pixiv y voient le dernier dessin animé diffusé à l'ère Shōwa.
「1987年10月9日から1989年2月17日までNHK総合・衛星第2で全52話が放送された。」« Les 52 épisodes ont été diffusés du 9 octobre 1987 au 17 février 1989 sur NHK Général et Satellite 2. »
— Wikipédia japonaise, article « Anime Sanjūshi », section sur la production · traduction de la rédaction · ja.wikipedia.org
Le film suit presque aussitôt. Anime Sanjūshi : Aramis no Bōken (アニメ三銃士 アラミスの冒険) sort le 11 mars 1989 dans les salles du réseau Shochiku, avec une durée d'environ 46 minutes. Sa fiche chez Shochiku, qui crédite Yuyama à la réalisation, Tanami au scénario et Tanaka à la musique, précise que le Studio Gallop en est l'atelier ; la fiche indique aussi que l'intrigue tourne autour d'un traité secret et d'une femme qui a pris le nom d'Aramis.
Le support vidéo vient tard. La Wikipédia japonaise date le premier coffret DVD du 28 août 2003 et le second du 23 octobre 2003. Une nouvelle édition complète, éditée par NHK Enterprises, est parue le 22 février 2024 (communiqué publié sur PR Times) : elle rassemble les 52 épisodes sur neuf disques et un dixième disque contenant le pilote de 1987 et le film de 1989, d'après la fiche de l'éditeur. Le blog Le Premier la présente comme la première édition commerciale depuis une vingtaine d'années.
La série n'a pas disparu des écrans. Une version remasterisée en 4K a été annoncée pour NHK BS Premium 4K, selon le site Amass ; les grilles de programmes consultées indiquent des épisodes de ce cycle, par exemple le 26e, Le grand bal du Louvre, mais leurs dates et leurs créneaux divergent d'une page à l'autre. Aux États-Unis, la Wikipédia anglaise indique que la série est proposée par RetroCrush, sur le site de la plateforme et sur Prime Video.
En France : La Cinq et le doublage
En France, la série arrive le 12 septembre 1989 sur La Cinq, dans le créneau jeunesse « Youpi ! L'école est finie », d'après Planète Jeunesse, Animeguides, le blog Mes années 80-90 et la Wikipédia française. Ce programme occupait les fins d'après-midi de La Cinq de 1989 à 1991 et faisait une large place aux animes importés, selon l'article que la Wikipédia française lui consacre. La série y a été reprise en 1990-1991 d'après Planète Jeunesse, et Animeguides mentionne des épisodes diffusés jusqu'en janvier 1990.
Le titre français change complètement : Sous le signe des Mousquetaires. Le doublage en français rassemble Thierry Bourdon (d'Artagnan), Maurice Decoster (Athos), Anneliese Fromont (Aramis) et Stéphane Bazin (Porthos), selon la Wikipédia française et Planète Jeunesse ; la base de données RS-Doublage confirme au moins les noms de Fromont et de Bazin. La comédienne Anne Kerylen est créditée comme narratrice et Milady par la Wikipédia française, et comme directrice du doublage par Planète Jeunesse. La chanson du générique, adaptée de la version japonaise, est interprétée par Michel Barouille, ce qu'indiquent la Wikipédia française, Planète Jeunesse et le podcast d'Anisong.fr.
Côté vidéo, la série a été éditée en DVD par IDP Home Video en 2005, ce que confirment Planète Jeunesse et Manga-news, qui répertorie des coffrets avec doublage français et version originale sous-titrée. Nautiljon indique que la licence française est aujourd'hui échue.
Ne pas confondre : Dogtanian et les autres
La confusion vient d'abord des titres français. La série de 1981 que les téléspectateurs ont connue sous le nom Les Trois Mousquetaires est une coproduction hispano-japonaise dont tous les personnages sont des animaux. Elle ne doit être confondue ni avec la série de la NHK, ni avec le téléfilm australien de 1986. Les trois projets n'ont pas la même origine, ni les mêmes équipes.
Dogtanian, 1981
Dogtanian s'appelle en japonais Wan-wan Sanjūshi (ワンワン三銃士), « Les trois mousquetaires chiens ». Il s'agit d'une coproduction de la société espagnole BRB Internacional, fondée en 1972, et du studio japonais Nippon Animation, selon l'article anglais sur BRB, la fiche de Nippon Animation et les blogs français Mes années 80-90 et Fr-Academic. Les 26 épisodes sont diffusés au Japon par MBS du 9 octobre 1981 au 26 mars 1982, et en Espagne sur TVE à partir de 1982, d'après les articles anglais sur la série et sur BRB. Côté japonais, la réalisation est confiée à Taku Sugiyama et Shigeo Koshi, selon Nippon Animation, Animeguides et la Wikipédia anglaise ; le character design est signé Shuichi Seki, selon Nippon Animation et Fr-Academic.
En France, la série passe sur TF1 dans l'émission « Vitamine » à partir de septembre 1984, d'après Animeguides, Mes années 80-90 et Fr-Academic, sous le titre Les Trois Mousquetaires, avec Gérard Hernandez dans le rôle de d'Artagnan et Roger Carel en narrateur et en Porthos. D'Artagnan y est un beagle, Athos un berger allemand et Porthos un saint-bernard ; Planchet est un ours et Milady une chatte blanche. L'article anglais précise que Dogtanian est un beagle en hommage au Snoopy de Charles M. Schulz.
Deux coïncidences entretiennent l'amalgame : les deux séries ont démarré un vendredi 9 octobre, en 1981 et en 1987, et toutes deux impliquent des studios japonais. Mais la Wikipédia anglaise sur Dogtanian ne signale aucun lien avec la série de 1987. Les studios, le diffuseur japonais (MBS pour l'une, la NHK pour l'autre) et les équipes diffèrent.
Le téléfilm australien, 1986
Le téléfilm australien The Three Musketeers est produit par Burbank Films Australia ; il a été écrit par Keith Dewhurst et diffusé en octobre 1986, d'après la Wikipédia anglaise et Planète Jeunesse. Il dure environ 54 minutes selon la Wikipédia anglaise. Planète Jeunesse le range sous le titre Les Trois Mousquetaires (1986) et signale une première diffusion sur Canal+ à la fin des années 1980.
| Année | Titre | Trait distinctif | Production |
|---|---|---|---|
| 1981-1982 | Wan-wan Sanjūshi (Dogtanian · en France : Les Trois Mousquetaires) | Personnages en chiens | BRB Internacional (Espagne) · Nippon Animation (Japon) |
| 1986 | The Three Musketeers (téléfilm) | Durée d'environ 54 min | Burbank Films Australia |
| 1987-1989 | Anime Sanjūshi (en France : Sous le signe des Mousquetaires) | Aramis est une femme | NHK · Gakken · KORAD · Studio Gallop · Sei Young |
Pour distinguer les trois productions d'un coup d'œil, trois critères suffisent. Les personnages sont-ils des animaux (Dogtanian) ou des humains ? La chaîne française était-elle TF1 en 1984 (Dogtanian), Canal+ à la fin des années 1980 (téléfilm australien) ou La Cinq en 1989 (série NHK) ? Et le générique : celui de Michel Barouille appartient à la série de la NHK.
Zones d'ombre
Ce dossier repose sur des fiches de référence, des pages d'éditeurs, des blogs spécialisés et des bases de données collaboratives. Les magazines d'époque (Animage, Animedia), les archives de la NHK et celles de l'INA n'ont pas pu être consultés directement ; ce que l'on sait des propos des artisans de la série passe par un blog de fan qui les cite, et la rédaction a pris soin de le signaler à chaque fois. Plusieurs questions fondamentales restent sans réponse.
La première est la répartition du travail. On ne sait pas quelle part de l'animation a été réalisée par Gallop à Tokyo et quelle part par Sei Young en Corée, ni qui supervisait quoi. On ne connaît pas non plus l'équipe de peintres qui a réalisé les fonds sous la direction de Nakamura et de Kinoshita, ni la répartition épisode par épisode entre les deux directeurs. La Wikipédia japonaise détient un tableau des équipes par épisode que la rédaction n'a pu lire qu'en partie.
La seconde zone d'ombre est la biographie des artisans. Kazuhiro Kinoshita, Shingo Ozaki (à ne pas confondre avec d'éventuels homonymes) et Hatsuki Tsuji sont des noms que le grand public ne connaît pas, et les sources consultées ne disent rien de leurs parcours. Une série qui a marqué toute une génération de spectateurs a été fabriquée par des gens qui n'ont presque jamais raconté leur travail.
La troisième concerne la version française. Le studio de doublage n'est pas établi, la date québécoise n'est pas recoupée, et les dates exactes des DVD de 2005 varient selon les bases.
Ce dernier point est le plus frappant : la série a été rééditée en 2024 et continue d'être rediffusée, mais l'histoire de sa fabrication reste en grande partie à écrire. Les témoignages de ceux qui ont travaillé sur la série sont un pan de mémoire encore à recueillir.
SAKUGAART souhaite précisément documenter ces trajectoires. Si vous avez travaillé chez Gallop, chez Sei Young, à la NHK ou dans l'un des studios de doublage français, ou si vous conservez des documents (générique, fiches de décors, scénarios, notes de production), la rédaction serait heureuse de recueillir votre témoignage, dans le respect de vos souhaits de confidentialité.