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Dossier · Série TV · Coproduction Espagne et Japon · Décors, fabrication, adaptation · 1980 → 1984
Rody
le petit Cid
Titre japonais : リトル・エル・シドの冒険 (Ritoru Eru Shido no bōken) · Titre espagnol : Ruy, el pequeño Cid · Animation : 日本アニメーション (Nippon Animation) · Coproducteur espagnol : B.R.B. Internacional
En France, Rody, c'est un garçon de onze ans, un âne nommé Filou et une chanson de Thierry Le Luron. Derrière ce petit Cid, la fabrication est moins simple qu'il n'y paraît : une série née en Espagne chez BRB Internacional, réalisée par Nippon Animation, diffusée en Espagne en 1980, en France en 1982, à Tokyo seulement en 1984, et dont les crédits japonais citent aux décors le nom de Shichirō Kobayashi. Ce dossier sépare ce qui est établi du studio, des coproducteurs et des métiers de l'ombre, et renvoie le reste aux zones d'ombre.
Une série espagnole, animée par un studio japonais
Il faut d'abord défaire une évidence : Rody le petit Cid n'est pas, au sens strict, une série japonaise. Les bases françaises s'accordent sur une coproduction entre l'Espagne et le Japon. La Wikipédia française et son miroir, Planète Jeunesse, Animeguides et A suivre nomment BRB Internacional et Nippon Animation ; les Wikipédias espagnole et anglaise ajoutent Televisión Española ; la Wikipédia japonaise parle de son côté d'une coproduction (共同制作) entre l'espagnole B.R.B. Internacional et Nippon Animation, et crédite à la production trois entités, B.R.B. Merchandising Internacional, Nippon Animation et TV Tokyo. La fiche que Nippon Animation consacre à la série ne dit pas autre chose pour la partie japonaise, et la Wikipédia espagnole sur BRB précise que la série a été « réalisée par Nippon Animation » (traduction de la rédaction).
La société espagnole a une histoire courte à cette date. BRB Internacional naît en 1972 à Alcobendas, près de Madrid, comme agence de merchandising ; son nom reprend les initiales de ses trois fondateurs, Títo Basto, José Rodríguez et Claudio Biern Boyd, d'après les Wikipédias anglaise et espagnole, et Radix attribue à Biern la fondation de la société la même année. Biern, né à Palma de Majorque en 1940 et mort en octobre 2022 (El Español, Wikipédia anglaise), voit dans Ruy, el pequeño Cid sa première série d'animation, selon El Español comme selon Radix, qui parle de sa production inaugurale. La Wikipédia espagnole sur BRB écrit qu'à partir de 1980 la société se met à produire et distribuer ses propres séries, la première étant Ruy ; Radix et la Wikipédia anglaise sur BRB la désignent aussi comme le début de l'activité de production originale.
Le rôle de Nippon Animation est celui de l'atelier : ANN et la Wikipédia japonaise lui attribuent l'animation, et la Wikipédia espagnole sur BRB la réalisation. Le rôle de Televisión Española est plus flou : la Wikipédia anglaise et la fiche d'eldoblaje.com la rattachent à la série comme diffuseur espagnol (TVE1), les Wikipédias espagnole et anglaise parlant de collaboration. Quant à TV Tokyo, eldoblaje.com la désigne comme distributeur d'origine et la Wikipédia japonaise la range parmi les entités de production. Nippon Animation, enfin, est la maison que BRB retrouve ensuite pour D'Artacán (1981) et Willy Fog (1983), ce que confirment les Wikipédias anglaise et espagnole sur BRB ainsi que la Wikipédia anglaise sur Nippon Animation.
| Date | Événement | Recoupé par |
|---|---|---|
| 1972 | Espagne Création de BRB Internacional à Alcobendas | Wikipédia EN (BRB), Wikipédia ES (BRB), Radix |
| 10 sept. 1980 | Espagne Premier épisode sur TVE1 (La 1) | Wikipédia EN (série), Wikipédia EN (télévision espagnole 1980), Planète Jeunesse |
| 1981 | France Année de production retenue par les bases françaises | Planète Jeunesse, Animeka, Manga Sanctuary, Animeguides |
| 13 oct. 1982 | France Premier passage sur TF1, Mer-cre-dis-moi tout | Planète Jeunesse, Animeguides, Superloustic, anisong.fr, A suivre |
| 1983 | Italie Début sur Italia 1 | Wikiital, Techprincess |
| 6 fév. – 12 mars 1984 | Japon Diffusion sur TV Tokyo, 26 épisodes | Nippon Animation, ANN, Wikipédia JA, Planète Jeunesse |
Ce tableau explique l'écart de dates qui trouble les fiches. Il n'y a pas là de contradiction réelle : 1980 est l'année de la diffusion espagnole, 1981 celle que retiennent les bases françaises pour la production, 1984 celle de la première diffusion japonaise. La Wikipédia anglaise de Fumio Kurokawa range la série à 1980 dans sa filmographie, la Wikipédia japonaise du même réalisateur à 1984 : chacune suit son pays de référence. Le titre lui-même change avec la frontière. L'Espagne dit Ruy, el pequeño Cid ; la France Rody le petit Cid ; le Japon リトル・エル・シドの冒険, que la fiche de Nippon Animation fait jouer à un héros nommé ルイ ; l'Italie Ruy, il piccolo Cid. Rody, Ruy, Rui : un seul enfant, trois transcriptions.
Qui a fait quoi — Espagne, Japon, Europe
Dans une coproduction, la même fonction n'a pas le même sens selon l'endroit où on la lit. Pour Rody, le tableau ci-dessous sépare ce qui est crédité côté japonais, ce qui relève de la partie espagnole, et ce qui vient d'ailleurs en Europe. On y retrouve d'abord la chaîne de commandement japonaise : Fumio Kurokawa à la réalisation (監督), Toshiyuki Kashikura au scénario (脚本), Shūichi Seki au dessin des personnages, Junzō Nakajima à la production. Les crédits de Nippon Animation, de la Wikipédia japonaise et de Planète Jeunesse concordent sur l'essentiel.
| Fonction | Nom | Côté | Recoupé par |
|---|---|---|---|
| Réalisation | Fumio Kurokawa 黒川文男 | Japon | Nippon Animation, Wikipédia JA, Wikipédia FR, Planète Jeunesse, Animeguides |
| Scénario | Toshiyuki Kashikura 柏倉敏之 | Japon | Nippon Animation, Wikipédia JA, Planète Jeunesse, Animate Times, Wikipédia EN (graphie Kushikura) |
| Adaptation espagnole des scripts | Joaquín Amichartis | Espagne | Wikipédia EN, Wikipédia FR |
| Dessin des personnages | Shūichi Seki 関修一 | Japon | Nippon Animation, Wikipédia JA, Planète Jeunesse, Animate Times |
| Mise en scène et storyboards | Yasuo Kageyama 蔭山康生, Seiji Okuda 奥田誠治, Mitsuo Kusakabe 日下部光雄, 楠葉宏三, Fumio Kurokawa | Japon | Nippon Animation, Wikipédia JA, Planète Jeunesse (staff étendu) |
| Direction artistique | Satoshi Oyama 大山哲文, Shichirō Kobayashi 小林七郎 (美術ボード) | Japon | Nippon Animation, Wikipédia JA, Planète Jeunesse (fiche et staff étendu) |
| Fonds (背景) | 潤成実業 (« Yoon Sung » chez ANN), Satoshi Oyama | Japon | Nippon Animation, Wikipédia JA, ANN |
| Développement (現像) | 東京現像所 (Tokyo Laboratory) | Japon | Nippon Animation, ANN |
| Production | Junzō Nakajima 中島順三 | Japon | Nippon Animation, Planète Jeunesse, Wikipédia EN |
| Musique | Guido et Maurizio De Angelis | Italie | Wikipédia FR, Wikipédia JA, Planète Jeunesse, ANN, Discogs |
| Doublage espagnol | Manuel Peiró (direction et ajustement), studio Cineson, Madrid | Espagne | eldoblaje.com, ANN |
| Doublage français | Studio SOFI | France | Planète Jeunesse (fiche et distribution), Animeguides, Wikipédia FR (SOFI) |
La répartition géographique des fonctions est lisible mais incomplète. Les noms japonais portent ce qu'on appellerait ailleurs la fabrication : dessin des personnages, mise en scène, décors, développement de la pellicule. La partie espagnole se lit dans les adaptations : la Wikipédia anglaise parle d'une « adaptation espagnole » confiée à Joaquín Amichartis, et la Wikipédia française range Amichartis et Manuel Peiró parmi les scénaristes aux côtés de Kashikura. Peiró est par ailleurs, selon eldoblaje.com et ANN, le directeur du doublage espagnol, ce qui invite à ne pas lui prêter un rôle d'auteur d'origine.
La musique vient d'Italie. Les frères Guido et Maurizio De Angelis sont desmusiciens italiens que la Wikipédia anglaise relie aussi aux thèmes de D'Artacán et de Willy Fog. Leur nom est crédité pour Rody par cinq sources. Dans une coproduction « Espagne et Japon » comme l'annoncent les fiches, l'Europe comprend donc aussi l'Italie, par la musique, puis par sa propre diffusion de la série sur Italia 1.
Les décors — Kobayashi, Oyama et les fonds sous-traités
C'est ici que la fiche japonaise devient singulière. Nippon Animation, la Wikipédia japonaise et Planète Jeunesse (sur sa fiche comme sur son staff étendu) créditent la rubrique 美術ボード à deux noms : Satoshi Oyama (大山哲文) et Shichirō Kobayashi (小林七郎). L'intitulé n'est pas le 美術監督 (« directeur artistique ») habituel ; on peut le rendre par « planches de conception des décors » (traduction de la rédaction), mais aucune source consultée n'en précise la portée. Planète Jeunesse range simplement les deux noms sous la direction artistique.
Le nom de Kobayashi surprend. Les deux sources japonaises écrivent le même nom en caractères, et Planète Jeunesse romanise « Shichirô Kobayashi ». Il s'agit donc, selon toute apparence, du peintre de fonds dont la Wikipédia japonaise raconte la carrière : né le 30 août 1932, mort le 25 août 2022. Sa notice dresse la liste de ses travaux de la période, parmi lesquels Ashita no Joe 2 (1981), SPACE ADVENTURE コブラ (1982), Creamy Mami (1983) et Gamba (1984), mais ne cite pas Rody. Le lien est donc probable sans être démontré : la présence d'un maître du décor sur une série ibéro-japonaise de 1980-1984 ne se lit que dans les crédits de la série.
Les fonds eux-mêmes sont attribués à deux entités. La Wikipédia japonaise et Nippon Animation créditent 潤成実業 et Oyama ; ANN, qui parle de « Backgrounds : Yoon Sung », semble recouvrir la même société sous une transcription, ce que la rédaction n'a pu vérifier. La Wikipédia japonaise ajoute トランスアーツ (« Trans Arts »), crédité pour des arrière-plans et des dessins originaux ; cette dernière entrée est isolée. Il est précieux de noter que le décor d'une série pour enfants est donc une chaîne de sous-traitance : une maison de fonds, des responsables artistiques, puis un laboratoire, 東京現像所 (Tokyo Laboratory), qui traite la pellicule, selon Nippon Animation et ANN.
Ce qu'on peut dire de l'œil de la série reste mince. Les sources textuelles ne décrivent ni la palette, ni les références picturales de la Castille imaginaire, ni la manière dont les planches de Kobayashi ont été traduites en fonds peints. Les critiques et blogs espagnols consultés parlent de l'histoire et des personnages, non des décors. Le portrait de la série est celui de ses crédits.
Fabriquer le petit Cid — télex, storyboards, voix
Comment fabrique-t-on, en 1980, une série à cheval sur Madrid et Tokyo ? L'entretien accordé par Claudio Biern Boyd au blog El Rincón del Taradete en donne l'ordre de grandeur, à propos du travail avec le studio japonais. Résumé : la production était très difficile faute de moyens de communication, sans télécopie, sans internet, sans mobile, avec le seul télex, incapable de transmettre une image.
Biern raconte avoir créé en Espagne l'ensemble des matériaux de départ (personnages, dessins, fonds, documentation, scénarios, storyboards), avant de détacher du personnel sur place dans le pays de production, puis de rapatrier le travail pour la postproduction en Espagne. Il estime l'équipe à environ trois cent cinquante professionnels, pour deux ans de travail au minimum par série.
— Claudio Biern Boyd, entretien publié par El Rincón del Taradete, propos résumés et reformulés · elrincondeltaradete.blogspot.com
Cette description générale doit être maniée avec prudence. L'entretien ne distingue pas Ruy des productions ultérieures, et il ne dit pas de quelle manière les « dessins » espagnols s'articulaient avec les crédits japonais de dessin des personnages et de décors. Une série voisine documente un mécanisme comparable : la Wikipédia anglaise sur D'Artacán explique que la préproduction se faisait en Espagne, sous la direction de Luis Ballester avec Biern aux scénarios, et la postproduction à Tokyo dans les locaux de Nippon Animation, avec des scripts espagnols traduits en japonais par trois traducteurs. Pour Rody, rien de tel n'est documenté ; cette fabrication n'est donc qu'un point de comparaison.
Côté japonais, la direction revient à un vétéran. Fumio Kurokawa figure au générique comme réalisateur, ce que confirment la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglaise, Nippon Animation et Planète Jeunesse ; il est aussi l'un des auteurs des storyboards et de la mise en scène, d'après Nippon Animation et la Wikipédia japonaise. Les Wikipédias japonaise et anglaise rappellent qu'il a réalisé Gatchaman (1972-1974) et Attack No. 1 (1969-1971), et la Wikipédia anglaise cite également Willy Fog, une série ultérieure de BRB, ainsi que Petite Princesse Sarah (Little Princess Sara). Autrement dit, le petit Cid est confié à un cadre de Nippon Animation habitué des adaptations longues et des coproductions.
Shūichi Seki, au dessin des personnages, est l'autre figure du casting japonais. Selon le profil du site Artcafe, il a contribué à la série World Masterpiece Theater de Nippon Animation ; la Wikipédia anglaise sur D'Artacán le crédite aussi du dessin des personnages de cette série. On retrouve donc le même dessinateur sur deux productions BRB.
La série est ensuite portée par des voix. Au Japon, la distribution diffusée par Nippon Animation et Animate Times attribue Rui à Naoko Watanabe (渡辺菜生子), Teresa à Akiko Tsuboi (坪井章子) et le roi Fernando à Kinpei Azusa (あずさ欣平), ce que recoupe la Wikipédia anglaise ; 柴田秀勝 et 八奈見乗児 complètent cette distribution. En Espagne, eldoblaje.com et la Wikipédia espagnole donnent Ana Ángeles García pour Ruy et Matilde Vilariño pour Jimena, le doublage ayant été enregistré chez Cineson, à Madrid.
Le calendrier japonais, enfin, est lisible. La Wikipédia japonaise parle d'une diffusion en semaine sur les stations de TV Tokyo, et Nippon Animation précise du lundi au vendredi à 19 h 00, en tranches de trente minutes. Du 6 février au 12 mars 1984, cela fait vingt-six jours ouvrés : un épisode par jour, et la série entière en cinq semaines. Ce décompte est de la rédaction ; il correspond au chiffre de vingt-six épisodes que donnent toutes les sources.
La légende du Cid, version enfance
Rodrigo Díaz de Vivar, dit le Cid, vit vers 1043-1099 : la Wikipédia anglaise et Planète Jeunesse donnent cette fourchette, la première précisant qu'il naît à Vivar, près de Burgos. Il est le fils de Diego Laínez (Wikipédia anglaise, Wikipédia espagnole sur la pièce de Guillén de Castro) et sert Ferdinand Ier de Castille, que la Wikipédia française met en scène dans la série. Sa légende se nourrit d'une tradition de romances et de chroniques que la Wikipédia espagnole fait remonter au XIIIe siècle, et du Cantar de mio Cid, que la Wikipédia anglaise présente comme le grand poème épique médiéval espagnol.
La série n'adapte pas la geste du chef de guerre mais l'enfance imaginaire. La Wikipédia française, son miroir, Planète Jeunesse et Manga-News s'accordent sur le récit : Rody, onze ans, rêve de devenir chevalier comme son père, est confié à un monastère pour son éducation, y multiplie les facéties, puis quitte les moines pour l'aventure, avec son âne Filou, son cousin Alvar et une jeune fille, Chimène, fille du comte Lozano. La Wikipédia espagnole et Animate Times en donnent le cadre : l'enfance du Cid dans la Castille du XIe siècle. La Wikipédia japonaise résume le projet comme un grand récit d'un garçon qui rêve de devenir un chevalier aussi noble que son père, dans la Castille du XIe siècle (traduction de la rédaction).
Plusieurs bases françaises indiquent que l'œuvre est tirée de la pièce de Guillén de Castro : le miroir de la Wikipédia française parle des Enfances du Cid, Animeguides d'un concept original de Guillén de Castro, Planète Jeunesse et Animeka écrivent « Ghilhem de Castro ». La pièce, intitulée en espagnol Las mocedades del Cid, a été composée entre 1605 et 1615 d'après la Wikipédia espagnole, qui indique qu'elle fond au moins douze romances et plusieurs chroniques du XVIe siècle. L'intrigue y oppose l'honneur à l'amour : Diego Laínez est giflé par le comte Lozano, père de Jimena, et Rodrigo doit le venger au prix de son amour.
Le rapprochement saute aux yeux : la série reprend le comte Lozano et sa fille, Chimène (Jimena en espagnol), que le miroir de la Wikipédia française et la Wikipédia espagnole sur la pièce permettent de relier. Mais ce rapprochement est le nôtre : aucune source consultée ne décrit épisode par épisode ce que la série emprunte à la pièce, aux romances ou au Cantar. L'approche relève d'une logique que Biern revendique : El Español comme l'entretien d'El Rincón del Taradete le montrent attaché à adapter de grands classiques de la littérature universelle, connus à l'international et donc plus faciles à vendre.
Rody en France — TF1, SOFI et Thierry Le Luron
La série arrive en France le 13 octobre 1982 sur TF1, dans le magazine jeunesse Mer-cre-dis-moi tout. Cinq sources donnent cette date ou ce mois : Planète Jeunesse, Animeguides, A suivre, Superloustic et anisong.fr, ce dernier précisant « octobre 1982 ». Le magazine du mercredi était, selon la Wikipédia française, une émission de jeunesse mêlant rubriques et dessins animés (voir la note de fin de chapitre).
Le doublage est réalisé par le studio SOFI : Planète Jeunesse (fiche et distribution) et Animeguides l'indiquent, et la Wikipédia française consacrée à SOFI cite la série dans son catalogue. La distribution vocale, rapprochée par Planète Jeunesse et la Wikipédia française, comprend Jackie Berger (Rody), Joëlle Fossier (Chimène), Henri Labussière (le roi et le père supérieur), Roger Carel (Zackarias), Francette Vernillat (Alvar et Aben), Jacques Berthier (Diego, père de Rody) et un narrateur, C. Dasset. Animeguides recoupe les cinq premiers noms de cette liste.
La chanson est restée. Le générique français est interprété par Thierry Le Luron : on le lit sur la Wikipédia française, Planète Jeunesse, Superloustic, anisong.fr et Discogs. Le disque, un 45 tours Philips référencé 6010 607, date de 1982 d'après Discogs, Encyclopédisque et Superloustic ; La musique est celle des frères De Angelis : Superloustic et Discogs la leur attribuent, et anisong.fr précise que le thème français n'est pas une création française mais l'adaptation du générique espagnol de Guido et Maurizio De Angelis. Les Wikipédias française et anglaise de Thierry Le Luron datent de 1981 l'enregistrement du thème.
Les rediffusions se lisent dans les listes : TF1, M6 et France 5 sont cités par Animeka, A suivre et la Wikipédia française.
Hors de France, la série suit sa route : l'Italie la reçoit sur Italia 1 en 1983 (Wikiital, Techprincess), le Japon sur TV Tokyo en 1984 (voir le chapitre I). La réception, elle, reste mal documentée : les sources consultées ne donnent ni audiences ni critiques d'époque.
Éditions et héritages
En vidéo, la série passe d'abord par la cassette. La Wikipédia française et Planète Jeunesse parlent de VHS dans les années 1980 ; seule Planète Jeunesse cite les éditeurs Héméra Vidéo et Gildas Vidéo. Les DVD viennent des années 2000 chez Déclic Images, selon Planète Jeunesse et Manga-News. La Wikipédia française évoque deux coffrets de quatre DVD, et Manga-News décrit une « édition 4 DVD » dont le volume 2 sort le 19 mai 2009, l'ensemble étant doublé en français ; Planète Jeunesse date de novembre 2004 la sortie chez ce même éditeur. Animeka mentionne en outre Kero Vidéo et Manga Distribution parmi les éditeurs de DVD.
Les héritages sont en grande partie ceux de BRB. La série est, d'après la Wikipédia espagnole sur BRB et Radix, le premier pas d'une longue trajectoire d'adaptations de classiques ; Nippon Animation et BRB renouvellent leur collaboration pour D'Artacán (1981), Willy Fog (1983) et Fútbol en acción (1981), selon les Wikipédias anglaise et espagnole sur BRB. Du côté de l'Espagne, le blog Cómics Javier recense des produits dérivés (bande dessinée chez Fher, albums de vignettes, jeux de cartes, livres illustrés), qu'aucune autre source ne confirme.
Les sources consultées ne donnent ni chiffres de ventes ni témoignages d'époque sur la place de Rody dans la mémoire des spectateurs. La série demeure, pour le lecteur de SAKUGAART, un cas d'école : une production européenne confiée à un studio japonais, dont les crédits les plus parlants sont ceux des décors.
Zones d'ombre
Un dossier sur les métiers de l'ombre laisse des pièces dans l'ombre. Voici ce que les sources consultées, espagnoles, japonaises, françaises, italiennes, ne permettent pas d'établir, ou seulement à moitié.
Fabrication
La conception des couleurs (色彩設計) et la finition (仕上), c'est-à-dire la mise en couleur des cels, ne figurent dans aucune des fiches consultées : Nippon Animation, la Wikipédia japonaise, Planète Jeunesse et ANN n'en citent aucun responsable. Nous ignorons aussi les animateurs clés, la répartition des épisodes entre les cinq metteurs en scène, la portée exacte de la rubrique 美術ボード, le rôle précis de Satoshi Oyama, la nature de « Trans Arts » dans les crédits, et si le « Yoon Sung » d'ANN est bien le 潤成実業 des fiches japonaises. L'attribution du dessin des personnages à Naomi Miyata, isolée, reste à expliquer.
Production
Le partage réel du travail entre Madrid et Tokyo pour cette série n'est pas documenté : ce que Biern décrit en général (documentation, dessins, fonds, storyboards créés en Espagne) ne se superpose pas aux crédits japonais, et nous ne savons pas où les cels ont été peints. Nous ne savons pas non plus ce que Televisión Española a apporté, ni pourquoi la série n'est parvenue au Japon qu'en 1984, ni si Kobayashi y a travaillé comme consultant, comme chef de projet ou comme concepteur de planches. Le nombre de studios sous-traitants, les budgets, les audiences en Espagne et au Japon ne sont pas chiffrés.
Légende et écriture
Nous n'avons pas pu établir quelle œuvre a réellement servi de matière à Kashikura (pièce de Guillén de Castro, romances, Cantar), ni dans quelle mesure les épisodes s'en écartent. Les noms de personnages varient d'un pays à l'autre (Ruy, Rody, Rui ; Jimena, Chimène ; Laínez, Diego Diaz) et n'ont pas fait l'objet d'étude. Les génériques japonais (ouverture et fermeture) ne figurent sur aucune des pages lues.
France
Nous n'avons pas pu identifier le directeur de doublage de la série (Planète Jeunesse ne cite que l'adaptateur), ni les auteurs des paroles du thème français. Les archives de l'INA n'ont pas pu être exploitées. Nous ignorons les audiences de TF1, la date exacte de fin de la première diffusion, et d'éventuelles coupes. La réception critique de la série, en France comme en Espagne, n'est pas documentée au-delà de quelques souvenirs de blogs.
Témoignages
Aucun entretien d'un membre de l'équipe japonaise, qu'il s'agisse de Kurokawa, de Seki, d'Oyama ou de Kobayashi, n'a été trouvé à propos de cette série ; le seul témoignage de fabrication, celui de Biern, est général. SAKUGAART souhaite documenter ces parcours. Si vous avez travaillé sur Rody le petit Cid au Japon (décors, mise en scène, finition, photographie), en Espagne (adaptation, doublage, production) ou en France (doublage, adaptation, diffusion), ou si vous conservez des documents d'époque (générique, feuilles de route, cels, magazines), la rédaction serait heureuse de recueillir votre témoignage, dans le respect de vos souhaits de confidentialité.