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Lady Oscar, la Rose de Versailles – ベルサイユのばら ・ 一九七九 ― 一九八〇

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Copyright Tokyo Movie Shinsha (TMS)
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Lady Oscar — La Rose de Versailles — SAKUGAART

Dossier · Manga, série TV et adaptations · Mise en scène, voix, diffusion · 1972 → 2025

Lady Oscar
La Rose de Versailles

(Berusaiyu no bara, « La Rose de Versailles ») · Studio : (Tokyo Movie Shinsha) · Auteure : (Riyoko Ikeda)

Au Japon, c'est d'abord un manga de 1972 pour les lectrices de Margaret, puis une revue du Takarazuka, puis une série télévisée de 1979 dont la réalisation change en cours de route. En France, c'est Lady Oscar : un narrateur à la voix grave, un générique chanté sur Antenne 2 et, pour une génération, une première leçon de Révolution française. Ce dossier remonte la chaîne de fabrication, vérifie ce qui se dit sur elle et signale chaque point où les sources se contredisent.

Œuvre d'origineManga de Riyoko Ikeda (Margaret, Shueisha, 1972-1973, dix volumes)
Série TV40 épisodes + un récapitulatif · Nippon Television · 10 octobre 1979 – 3 septembre 1980
StudioTokyo Movie Shinsha (aujourd'hui TMS Entertainment)
RéalisationTadao Nagahama (ép. 1 à 13 selon TMS) · Osamu Dezaki (à partir de l'ép. 19)
Character design · animationShingo Araki · Michi Himeno
MusiqueKōji Makaino (générique : Hiroko Suzuki)
Voix japonaisesReiko Tajima (Oscar) · Taro Shigaki (André) · Miyuki Ueda (Marie-Antoinette)
Débuts en Italie1er mars 1982 · Italia 1
Débuts en France8 septembre 1986 · Antenne 2 (Récré A2)

— I —

Genèse du manga, shôjo et politique

Zweig, Margaret et un capitaine secondaire

Riyoko Ikeda () naît le 18 décembre 1947 à Osaka, étudie la philosophie à l'Université d'éducation de Tokyo et débute en 1967 avec Bara Yashiki no shōjo : la Wikipédia anglaise et le dossier de Manga-news s'accordent sur la naissance et les débuts. Lycéenne, elle se passionne pour la biographie de Marie-Antoinette de Stefan Zweig. Shueisha, qui publie Margaret, situe cette lecture en seconde année de lycée, et la Wikipédia anglaise parle de l'époque du lycée. Le livre de Zweig paraît en allemand en 1932 chez Insel-Verlag sous le titre Marie Antoinette. Bildnis eines mittleren Charakters (« portrait d'un caractère moyen », traduction de la rédaction) ; la traduction anglaise de 1933 est publiée par Viking Press, et la notice anglaise de l'ouvrage range le manga d'Ikeda parmi les œuvres qu'il a influencées.

La prépublication a lieu dans l'hebdomadaire Margaret de Shueisha, destiné aux adolescentes. Les dates varient selon la source : du 21 mai 1972 au 23 décembre 1973 pour la Wikipédia anglaise, d'avril 1972 à décembre 1973 pour Shueisha, « du printemps 1972 à l'automne 1973 », soit 82 semaines, pour Kana et pour le site Le Monde de Lady Oscar. L'ensemble forme dix volumes dans l'édition japonaise. Ikeda a 24 ans quand elle commence ; lors de la remise de la Légion d'honneur, en 2009, elle dira avoir consacré toute sa vie à ce manga entre 24 et 26 ans, d'après Anime News Network.

Note de la rédaction : les débuts de la prépublication ne sont pas datés de la même façon. Une différence d'un mois (avril ou 21 mai 1972) peut venir d'une confusion entre le mois d'annonce, la date de couverture et la date de vente du numéro ; nous ne disposons d'aucune source qui l'explique. Nous retenons « 1972-1973 », sans plus de précision.

L'entrée en matière n'a rien d'évident. Selon Shueisha, l'éditeur de l'époque avertit Ikeda que les récits historiques ne plaisaient pas ; elle répond qu'elle promet un succès, et consacre deux années aux recherches avant de lancer la série. Nippon.com, dans un article tiré d'une analyse japonaise du cinquantenaire, rapporte une version un peu différente : le comité éditorial, entièrement masculin, doutait que des adolescentes s'intéressent à l'histoire, et Ikeda aurait promis de démissionner en cas d'échec. Les deux récits sont compatibles ; aucun n'est accompagné d'un témoin tiers. À Angoulême en 2011, selon ActuaBD, elle explique qu'elle avait conscience, dès le départ, de faire un manga qui dépassait les conventions du shôjo, et qu'elle préfère les livres à Internet pour ses recherches.

Marie-Antoinette devait être l'héroïne. Hypercritic résume ainsi le renversement : Oscar est plus froide, moins en prise avec ses sentiments, peu intéressée par la romance, mais c'est elle qui a capté le public. La Wikipédia anglaise consacrée au personnage précise qu'Oscar est d'abord conçue comme un rôle secondaire, que l'enthousiasme des lecteurs la porte au rang de co-protagoniste, qu'elle s'inspire du révolutionnaire Pierre-Augustin Hulin et qu'Ikeda a choisi un personnage féminin parce qu'elle doutait de pouvoir décrire un soldat. Sky TG24 reprend l'inspiration Hulin ; ActuaBD ajoute le chevalier d'Éon, aux côtés de Zweig, parmi les figures citées par Ikeda à Angoulême. Pour Marie-Antoinette elle-même, la Wikipédia anglaise indique que le manga suit largement Zweig sur ses relations, sur l'affaire du collier et sur la liaison avec Axel de Fersen.

Oscar François de Jarjayes naît le 25 décembre 1755 (date donnée par la Wikipédia anglaise et par le site JC Satanas), dernière de six filles du général de Jarjayes. Élevée en garçon pour hériter du commandement de la garde royale, elle reste, dans le manga, ouvertement une femme : cette précision compte pour la version française de l'anime, où ce n'est pas le cas (chapitre VIII).

Note de la rédaction : la base de départ affirme qu'Ikeda était « très attentive au courrier de ses lecteurs ». Nous n'avons trouvé aucune source qui le dise ; seule la montée de popularité d'Oscar auprès des lecteurs est documentée (Wikipédia anglaise, Hypercritic). Cette phrase n'est pas reprise.

Un succès difficile à chiffrer

Les chiffres de vente se contredisent. Shueisha parle d'un tirage cumulé de vingt millions d'exemplaires ; la Wikipédia anglaise donne plus de vingt-trois millions en 2022 ; Nippon.com évoque un record de quinze millions de volumes ; la préface d'Ikeda, citée par Le Monde de Lady Oscar, mentionne douze millions pour l'édition de poche. Ces nombres ne mesurent pas les mêmes formats, et aucun n'est accompagné d'une méthode de comptage.

Shôjo et politique

Le manga est aussi un objet politique. D'après la Wikipédia anglaise, Ikeda a rejoint la Ligue de la jeunesse démocratique du Japon, organisation de jeunesse du Parti communiste japonais, dans le sillage des mouvements étudiants des années 1960. L'article de Mehitabel Glenhaber pour Anime Feminist (1er septembre 2023) la présente comme socialiste et féministe, engagée dans la Nouvelle Gauche, et reprend la formule de « révolution intérieure des femmes japonaises » pour décrire l'ambition du manga. Oscar y est lue comme un personnage inventé pour combler une absence : celle des femmes dans les institutions, la garde royale en premier lieu.

Deux études universitaires structurent ce débat : Nobuko Anan, « The Rose of Versailles: Women and Revolution in Girls' Manga and the Socialist Movement in Japan », Journal of Popular Culture, 47, 2014, p. 41-63 ; et Deborah Shamoon, « Revolutionary Romance: The Rose of Versailles and the Transformation of Shojo Manga », Mechademia, 2, 2007, p. 3-17. La Wikipédia anglaise s'appuie sur elles pour dire que l'œuvre traite de révolution, de conscience de classe, d'inégalités, de subordination des femmes et d'insurrection, et qu'elle porte une tension entre culture de masse consumériste et idéaux féministes socialistes.

Note de la rédaction : nous n'avons pas pu lire ces deux articles : la page de l'éditeur de la revue de Wiley a refusé l'accès (erreur 403), Project MUSE a exigé une vérification, et le dépôt de l'Université nationale de Singapour ne donne que les références. Les arguments ci-dessus sont ceux que relaie la Wikipédia anglaise ; ils ne sont pas vérifiés à la source.

La même Wikipédia attribue au manga un effet plus large : faire passer le shôjo d'un public d'enfants à un public d'adolescentes et de jeunes femmes, installer la mort définitive de personnages principaux comme ressort narratif, et accompagner l'adoption du format tankōbon. Elle cite le critique Jason Thompson, pour qui la création d'Oscar est « un coup de génie », archétype de la femme qui joue un rôle d'homme, et Danica Davidson, qui juge le dessin « élégant, détaillé et nourri de rococo », celui qui a « contribué à révolutionner le shôjo ». Hypercritic voit dans la série un geste fort pour l'époque : socio-politique, du point de vue des femmes et des pauvres. Ces avis relèvent de l'appréciation critique, pas du constat.

Note de la rédaction : la base de départ présente Oscar comme « bien en avance sur son époque ». C'est un jugement d'interprétation, pas un fait vérifiable. Il est soutenu en substance par les critiques ci-dessus ; nous le formulons comme tel.

Le « groupe de l'An 24 » : une étiquette à manier avec prudence

Ikeda est souvent rangée parmi le « groupe de l'An 24 », du nom de l'année Shōwa 24 (1949) où seraient nées plusieurs autrices qui ont renouvelé le shôjo à partir de 1970. La Wikipédia anglaise insiste sur le caractère rétrospectif de la désignation, qui n'est pas « un nom propre pour un collectif précis » ; elle cite Moto Hagio, Keiko Takemiya, Yumiko Ōshima, Riyoko Ikeda, Yasuko Aoike, Ryōko Yamagishi et d'autres, rappelle que certains limitent le groupe à Hagio, Ōshima et Takemiya, et que l'appartenance d'Ikeda est débattue, certains la plaçant du côté d'un « style de roman populaire ». La notice anglaise d'Ikeda ajoute que ses détracteurs soulignent chez elle le goût du récit épique plutôt que de la psychologie. Le texte de Julia Popek (octobre 2025) va plus loin : l'idée d'un groupe serait « une supercherie », les innovations attribuées aux autrices datant des années 1960, et peu d'entre elles étant nées en 1949.

La rédaction n'emploie donc l'étiquette que comme repère de chronologie : Ikeda publie La Rose de Versailles au moment où le shôjo change de visage, sans que son appartenance à un « groupe » soit acquise.


— II —

Takarazuka 1974 : la scène avant l'écran

La première adaptation précède l'anime de cinq ans. Elle est jouée du 29 août au 26 septembre 1974 au Grand Théâtre de Takarazuka (), selon la fiche japonaise de la revue, sous la direction de Kazuo Hasegawa, dans une adaptation de Shinji Ueda ; le spectacle, présenté comme un « Takarazuka Grand Roman », compte trois parties et trente scènes. La même fiche relève une opposition initiale de lecteurs du manga, qui doutaient que des comédiennes japonaises puissent incarner Oscar ; l'équipe aurait étudié le dessin d'origine et travaillé l'éclairage pour grandir les interprètes. Nippon.com confirme la date, le qualifie de plus grand succès de l'histoire de la revue et précise que Ueda a adapté le manga fidèlement.

Le contexte rend le succès plus net. En 1970, d'après l'article du Japan Times consacré à l'émission « Project X » de la NHK, la revue passait pour démodée à l'ère de la télévision. Le spectacle devient un tournant. Les chiffres sont toutefois contradictoires : 560 représentations pour 1,4 million de spectateurs en deux ans (Nippon.com), plus d'un million en deux ans (Japan Times), 1,6 million entre 1974 et 1976 pour les quatre troupes (Wikipédia anglaise). La même Wikipédia donne 2,1 millions de spectateurs pour la seule production de 1986 et environ 2 100 représentations pour plus de cinq millions de spectateurs en 2014, tandis que la fiche japonaise date le cap des cinq millions du 27 juin 2014 et la 1 500e représentation du 9 janvier 2006. Quatre vedettes, Yuri Haruna, Jun Anna, Natsuko Migiwa et Ran Ōtori, deviennent, selon Nippon.com, les « quatre rois célestes » de la troupe.

Note de la rédaction : les trois estimations de fréquentation à deux ans ne concordent pas (un million, 1,4 million, 1,6 million), et nous ne savons pas si elles comptent les mêmes troupes et les mêmes lieux. La base de départ parle de « Berubara Gran Roman » ; nous n'avons trouvé que « Takarazuka Grand Roman » dans les sources lues, « Berubara » (ou « Bel-Bara ») étant le diminutif japonais courant de l'œuvre dans les titres de presse consultés.

Ikeda a raconté, dans un entretien accordé à Oricon, qu'elle était tendue jusqu'à la chute du rideau le soir de la première, et qu'elle a mesuré l'ampleur du phénomène en trouvant des journalistes à l'aéroport de Narita à son retour d'un voyage à l'étranger.

Quelle influence sur l'anime ? Les sources consultées ne décrivent aucune filiation directe entre la production de 1974 et celle de TMS : allcinema se borne à situer l'anime après le succès scénique. Les liens documentés sont d'une autre nature. La Wikipédia anglaise sur Oscar rattache son allure androgyne aux comédiennes de Takarazuka et à Princess Knight de Tezuka, ce qui concerne le manga de 1972, donc avant la revue. Plus tard, la mémoire de la scène revient par le film de 2025, dont les passages chantés s'inspirent de la tradition de la revue d'après UK Anime Network, et par Utena, dont le réalisateur Kunihiko Ikuhara et la mangaka Chiho Saito ont assisté ensemble à des spectacles de Takarazuka pendant la production, selon Anime Feminist (mai 2024).


— III —

Tokyo Movie Shinsha en 1979 : studio, équipe, calendrier

Tokyo Movie est fondé en 1964 par Yutaka Fujioka avec l'investissement de Tokyo Broadcasting System ; il devient « Tokyo Movie Shinsha » en juin 1976 lors du détachement de sa branche commerciale, puis, après son rattachement à Kyokuichi (groupe Sega) en 1995, TMS Entertainment le 1er janvier 2000, d'après la Wikipédia anglaise. En 1979, le studio mène plusieurs projets en même temps : Le Château de Cagliostro sort la même année, ce que relève Ryūsuke Hikawa, qui rapproche Gundam, Cagliostro et La Rose de Versailles pour qualifier cette période de particulièrement remarquable dans l'histoire de l'anime.

La série est diffusée par Nippon Television du 10 octobre 1979 au 3 septembre 1980, le mercredi de 19 h à 19 h 30 selon allcinema ; TMS compte quarante épisodes. Un calcul de la rédaction : entre ces deux dates, on compte quarante-huit mercredis, soit huit semaines sans épisode inédit ; les sources consultées ne disent pas s'il s'agit d'arrêts d'antenne, de reprises ou de décalages (voir aussi l'épisode régional du chapitre VII). TMS indique trente minutes par épisode, alors que les bases de données donnent 24 ou 25 minutes ; la différence correspond sans doute au créneau d'antenne, mais aucune source ne le précise.

Œuvre originale
Riyoko Ikeda
Margaret, Shueisha
Réalisation
Tadao Nagahama
ép. 1 à 13 (TMS) ; autres bornes : chapitre IV
Chef réalisateur
Osamu Dezaki
à partir de l'ép. 19 (TMS, ANN)
Character design · direction de l'animation
Shingo Araki · Michi Himeno
TMS, ANN
Musique
Kōji Makaino
chansons : Hiroko Suzuki
Direction artistique
Ken Kawai, Tadao Kubota · Toshiharu Mizutani
ép. 1 à 18, puis ép. 19 à 40 (ANN)
Direction du son
Jōhei Kawamura · Etsuji Yamada
ép. 1 à 15, puis ép. 12 à 40 (ANN)
Responsable littéraire
Kazuyuki Honma
ANN ; scénaristes : voir ci-dessous
Réalisateurs d'épisode (ANN)
Yasuo Yamayoshi, Akinori Nagaoka, Minoru Okazaki, Satoshi Dezaki, Shunji Ōga, Tetsuo Imazawa, Mizuho Nishikubo, Yoshio Takeuchi
répartition par épisode non obtenue

Shingo Araki (1938-2011) et Michi Himeno (née le 16 août 1956) travaillent ensemble depuis Cutie Honey en 1973 et fondent Araki Production en 1975 ; la Wikipédia anglaise précise que Himeno dessine d'ordinaire les personnages féminins et Araki les masculins, et que tous deux sont crédités ici au character design et à la direction de l'animation. Dans la suite de leur carrière, la même source cite Saint Seiya (1986). Hikawa souligne qu'Araki assure une continuité visuelle d'un réalisateur à l'autre. Kōji Makaino, né le 26 janvier 1948 à Toyohashi, arrangeur et compositeur depuis 1972, voit sa partition de La Rose de Versailles citée comme son œuvre la plus célèbre par la Wikipédia anglaise.

La répartition des postes d'après Anime News Network laisse voir des coïncidences de calendrier. La direction artistique change à l'épisode 19 : Ken Kawai et Tadao Kubota jusqu'à l'épisode 18, Toshiharu Mizutani ensuite, soit au moment où Dezaki prend la tête de la série. Aucune source ne dit si cela relève d'un choix de Dezaki ou d'un simple roulement. La direction du son est fragmentée : Jōhei Kawamura aux épisodes 1 à 15, Etsuji Yamada aux épisodes 12 à 40 (13 à 40 selon le blog de Gudachin), et Nagahama lui-même est crédité à la direction du son pour les épisodes 2 à 10, ce qui s'accorde avec ce que Hikawa dit de son insistance sur l'interprétation vocale.

La fabrication est répartie entre de nombreux sous-traitants. Anime News Network cite comme sociétés de production, outre TMS, Araki Production, Madhouse, Magic Bus, Studio Cockpit, Studio Junio, Studio Z, Mukuo Studio, Shin-Ei Animation et Takahashi Production, et la base Anime Staff Database mentionne notamment Araki Production, Studio Junio, Cockpit, Easy World et Group Joy pour l'animation clé et les intercalaires. Parmi les réalisateurs d'épisode figure Satoshi Dezaki, dont la Wikipédia anglaise indique qu'il est le frère d'Osamu.

Les scénaristes sont moins bien documentés. Anime News Network ne crédite que Kazuyuki Honma comme responsable littéraire. La base Anime Staff Database cite Yoshimi Shinozaki, Masahiro Yamada, Hideki Sonoda et une scénariste dont le nom s'écrit Sugie ; le blog de Gudachin évoque Yoshimi Shinozaki et Keiko Sugie comme fil conducteur entre les deux périodes ; Manga-news retient Masahiro Yamada et Yoshimi Shinozaki. Nous n'avons pas obtenu le crédit épisode par épisode.

Note de la rédaction : la demande de départ mentionne un certain « Akio Sakai » parmi l'équipe de 1979. Ce nom n'apparaît dans aucune des fiches consultées (TMS, Anime News Network, bases de personnel japonaises). Nous ne l'avons pas retenu ; si vous disposez d'un crédit, merci de nous le communiquer. De même, le nom de Himeno s'écrit « Michi » (TMS, Wikipédia anglaise) et non « Mitchi » ni « Mizuki » comme on le lit dans certains sites.

Audiences japonaises : ce que l'on ne peut pas dire

Nous n'avons trouvé aucun chiffre d'audience de l'époque. Deux sources parlent d'un démarrage décevant au Japon : Fumettologica évoque une série « interrompue après une quarantaine d'épisodes » avant de devenir culte en Europe, et Sky TG24 écrit qu'elle a moins bien fonctionné au Japon qu'en Italie. En sens inverse, Yumiko Watanabe note que le modèle commercial de TMS reposait sur la cession de droits de diffusion à l'étranger, ce qui a fait de l'exportation un relais décisif. Aucune de ces phrases n'est sourcée par un relevé d'audience ; la rédaction les rapporte sans les valider.

La série reste disponible au Japon : TMS a mis les quarante épisodes en ligne gratuitement sur sa chaîne YouTube, au rythme de cinq par semaine, du 17 janvier au 14 mars 2025, en diffusion limitée au territoire japonais, en accompagnement de la sortie du nouveau film.


— IV —

Nagahama, Dezaki : un relais, des dates, une dispute

Qui est Tadao Nagahama

Tadao Nagahama () est le premier réalisateur de la série. La fiche japonaise de Wikipédia lui attribue sa première mise en scène d'animation en 1965 sur Obake no Q-tarō, le succès de Star of the Giants (1968-1971), un retour en 1975 avec Brave Raideen, puis la trilogie dite « Nagahama Roman Robo » ; la Wikipédia anglaise donne à Star of the Giants environ 20 % d'audience avec un pic à 36,7 % et nomme les trois séries de robots Combattler V, Voltes V et Daimos. En 1979, selon la fiche japonaise, il quitte Daltanious en cours de route pour réaliser La Rose de Versailles et revient à Tokyo Movie.

Pourquoi il part

Les deux Wikipédias donnent la même raison : un désaccord sur la direction d'acteur avec un comédien de doublage. La fiche japonaise écrit que l'opposition à propos de l'interprétation avec une voix « a tourné au départ de Nagahama en cours de route ». La Wikipédia anglaise parle d'un « conflit avec un acteur de doublage sur la politique de jeu ». Le nom de cette personne n'apparaît dans aucune des deux fiches. Le blog (signé Gudachin), qui cite le critique Yūichirō Ōguro, la désigne comme Reiko Tajima, la voix d'Oscar, et une réponse du forum Yahoo Chiebukuro la désigne aussi ; ce sont des sources de blog et de forum, non recoupées par un ouvrage de référence. Hikawa décrit Nagahama comme un réalisateur pour qui la performance vocale est centrale. Nous tenons donc la cause (un désaccord de direction d'acteur) pour établie par deux sources indépendantes, et l'identité de la comédienne pour probable mais non confirmée.

Sa mort : une date qui ne correspond pas à la base de départ

La base de départ écrit que « Nagahama meurt brutalement » avant le changement de réalisateur. C'est inexact. Nagahama quitte la série en 1979 ; il meurt le 4 novembre 1980, à 48 ans, d'une hépatite fulminante, alors qu'il travaillait à Ulysse 31, coproduction franco-japonaise : la fiche japonaise et la Wikipédia anglaise concordent sur la date, la cause, l'âge et le projet. Le décès intervient donc plus d'un an après son départ de La Rose de Versailles, et deux mois après la fin de la diffusion japonaise.

Note de la rédaction (correction) : « Nagahama meurt brutalement » est faux comme explication du changement de réalisateur. Le départ résulte d'un différend de direction d'acteur (Wikipédia japonaise et anglaise) ; la mort, brutale, date du 4 novembre 1980.

Où s'arrête Nagahama, où commence Dezaki

La frontière entre les deux réalisateurs est datée de plusieurs façons. Le tableau ci-dessous consigne ce que chaque source écrit.

SourceNagahamaDezakiRemarque
TMS (fiche officielle)ép. 1 à 13dès l'ép. 19Dezaki « chef réalisateur » ; rien pour 14 à 18
Syoboi Calendar (liste d'épisodes)ép. 1 à 13ép. 19 à 40quarante épisodes listés
Anime Staff Databaseép. 1 à 13dès l'ép. 19—
Wikipédia anglaise (article sur l'œuvre, article Nagahama)ép. 1 à 13ép. 19 à 40—
Hikawa (Anime Anime, anime.eiga)ép. 1 à 12ép. 19 à 40Nagahama « réalisateur général »
Blog de Gudachinép. 1 à 12dès l'ép. 19ép. 13 à 18 : période de transition
Yahoo Chiebukuro (forum)1 à 12 ou 13—le coffret DVD indiquerait 13, Wikipédia 12 (au moment du message)
Anime News Network ; liste d'épisodes de la Wikipédia anglaiseép. 1 à 18ép. 19 à 40borne la plus large
Wiki Aniwota (wiki d'amateurs)ép. 1 à 13dès l'ép. 14seule source à placer Dezaki dès 14
Wikipédia française—ép. 19 à 41compte le récapitulatif comme épisode 41
Note de la rédaction : les bornes 12, 13 et 18 pour Nagahama, 14 ou 19 pour Dezaki ne se concilient pas facilement. L'explication la plus économique, proposée par le blog de Gudachin, est que les épisodes 13 à 18 sont une zone de transition où aucune des deux signatures ne s'impose ; elle n'est pas confirmée par une source de production. Nous écrivons « épisodes 1 à 13 » quand nous suivons TMS, et signalons chaque fois que les autres sources diffèrent. Le nom de Dezaki s'écrit aussi bien (Hikawa) que (TMS, site de Nerima) : le même homme, avec une variante du premier caractère.

Le blog de Gudachin insiste sur la continuité entre les deux périodes : Araki et Himeno restent aux dessins, les scénaristes Yoshimi Shinozaki et Keiko Sugie sont présents des deux côtés, Etsuji Yamada supervise l'enregistrement à partir de l'épisode 13, et le même générique d'ouverture relie le tout. Il emploie pour cela le mot japonais « nori-shiro » (), la marge de collage, que l'on peut traduire ici par « zone de recouvrement ». Pour Dezaki, né en 1943, mort le 17 avril 2011 d'un cancer du poumon à 67 ans, la Wikipédia anglaise rappelle ses débuts chez Mushi Production en 1963, Ashita no Joe en 1970 et la cofondation de Madhouse ; le portrait biographique du site de l'arrondissement de Nerima va dans le même sens.

Un relais n'est pas une coupure : selon les sources, le passage de témoin se joue quelque part entre l'épisode 12 et l'épisode 19.

— V —

Les voix japonaises et la musique

Les rôles principaux sont tenus par des comédiens de doublage et de théâtre de premier plan. La fiche de TMS, la liste d'Anime News Network et les crédits de la base Tendertown se recoupent pour les principaux rôles ; le tableau retient les noms au format « Prénom Nom ».

RôleVoixSources
Oscar François de JarjayesReiko Tajima TMS, ANN, allcinema
André GrandierTaro Shigaki TMS, ANN
Marie-AntoinetteMiyuki Ueda TMS, ANN
Hans Axel von FersenNachi Nozawa, avec Katsunosuke HoriTMS, Tendertown
RosalieRihoko YoshidaTMS
Louis XVI · Louis XVYoshito Yasuhara · Hisashi KatsutaANN
Alain de SoissonKeaton YamadaANN
Robespierre · Saint-JustKatsuji Mori · Toshio FurukawaANN

Pour Fersen, la fiche TMS indique Nachi Nozawa à partir de l'épisode 11 et Katsunosuke Hori aux premiers épisodes ; la base Tendertown répertorie aussi deux interprètes. Nous n'avons pas trouvé de répartition épisode par épisode. Des rumeurs de doublures non créditées pour Oscar et André circulent sur Internet ; elles ne s'appuient sur aucune confirmation officielle et ne sont pas reprises ici.

La parole des comédiens reste rare dans les sources en ligne. Un ouvrage, le numéro spécial « Berusaiyu no bara Anime Dai Kaibō » (, « Anatomie de l'anime La Rose de Versailles », traduction de la rédaction), publié le 24 août 2020 par Sanei Shobō en 132 pages couleur, contient d'après Real Sound et eiga.com des entretiens avec Reiko Tajima et Taro Shigaki, une discussion avec Sawako Hata et une galerie d'illustrations de Michi Himeno. Nous n'avons pas eu accès au contenu des entretiens.

La chanson d'ouverture, la chanson de fin, la partition

La fiche TMS crédite Hiroko Suzuki () pour les deux chansons : l'ouverture « Bara wa utsukushiku chiru » (, « La rose s'effeuille avec beauté », traduction de la rédaction) et la chanson de fin « Ai no hikari to kage » (, « Lumière et ombre de l'amour », traduction de la rédaction). La musique est de Kōji Makaino (), les paroles de Michio Yamagami. La fiche de Pixiv et la Wikipédia anglaise confirment ces crédits pour l'ouverture ; Pixiv ajoute qu'en 2000 le groupe LAREINE en a enregistré une reprise avec Riyoko Ikeda au chœur et au dessin de la pochette.

L'image d'ouverture a retenu les commentateurs. Real Sound décrit Oscar enlacée par des lianes de roses, signe d'un manque de liberté ; Metropolitan Magazine, à propos de l'ouverture italienne, parle d'Oscar transpercée par de grandes épines, symbole d'un conflit sur son identité de genre. Ce même blog relève que les paroles parlent de Marie-Antoinette tandis que l'image montre Oscar, et voit dans la musique ce qui rattache les deux parties de la série. Ce sont des lectures.

La bande originale a été rééditée en CD par Universal Music le 29 mars 2017 : vingt plages, environ soixante-dix minutes, qui réunissent deux anciens albums, selon la fiche de Tower Records.


— VI —

La mise en scène de Dezaki

Pour décrire ce qui change à l'écran, la rédaction s'en tient aux définitions que donnent des sources spécialisées et aux observations de critiques qui ont vu la série, sans y ajouter de vocabulaire que nous ne pourrions pas vérifier. La lecture la plus citée au Japon est celle de Ryūsuke Hikawa (), historien de l'anime, dans deux articles d'Anime Anime d'octobre 2014, puis dans une chronique d'anime.eiga à l'occasion d'une édition DVD. Elle oppose deux régimes d'image.

« La mise en scène de Nagahama, pleine de passion et de théâtre. » (traduction de la rédaction)

— Ryūsuke Hikawa, titre de la première partie de son article, Anime Anime, 6 octobre 2014 · animeanime.jp

Dans sa chronique pour anime.eiga, Hikawa présente Nagahama comme un réalisateur « théâtral » qui met tout en dehors pour captiver le public par la surface, avec une insistance sur la performance vocale, et Dezaki comme un cinéaste de l'ombre, qui use du contraste entre lumière et ombre et de plans fixes pour suggérer des émotions non dites. Il lit même cette bifurcation comme un écho de la narration : Oscar représenterait la lumière et André l'ombre, et la forme de la série suivrait le mouvement du récit vers la Révolution. Il ne s'agit pas d'un classement de valeur : les deux approches y sont décrites comme complémentaires.

Trois procédés, trois définitions

L'entretien de Dezaki publié sur le site d'animation de l'arrondissement de Nerima (24 mars 2017, partie 3) explique ce que recouvrent les termes les plus employés. La division d'écran (, « gamen bunkatsu ») montre simultanément, sur le même écran, des objets distincts dans un même temps, ou plusieurs angles d'un même objet. L'harmonie () est un traitement pictural substitué au cel classique : un dessin illustré remplace l'image animée. La lumière transmise () et la lumière incidente () désignent deux manières de rendre la lumière à l'image, la première par transparence, la seconde par un éclairage qui frappe la surface. Hikawa reprend ces notions pour la seconde moitié de la série : « harmonie » des cels, avec des touches picturales sur des aplats, lumière transmise comme le miroitement sur l'eau, et une attention particulière à la « respiration », aux intervalles et au flux de l'image.

Parmi les critiques anglophones, la Wikipédia anglaise résume le style de Dezaki par les « cartes postales mémorielles » (postcard memories) : un fondu vers une image peinte, plus détaillée que l'animation de départ, associé à un éclairage contrasté et à des angles obliques, qu'elle appelle « angles hollandais ». Daryl Surat (Otaku USA, 1er septembre 2021) écrit que ces instants intenses deviennent des « cartes postales pastel figées dans le temps », qui se brisent ensuite « comme un miroir ». Rebecca Silverman (Anime News Network, critique de la seconde partie) note que les arrêts sur pastel augmentent nettement après l'épisode vingt, et relève un emploi du rouge dans les scènes d'émeute.

Note de la rédaction : la base de départ citait « angles hollandais, split-screens, utilisation symbolique des couleurs, compositions théâtrales ». Les « angles hollandais » ne sont attestés, dans les sources lues, que par la Wikipédia anglaise à propos du style général de Dezaki, non pour cette série ; la « symbolique des couleurs » n'est documentée que pour le rouge des émeutes (Silverman) ; quant aux « compositions théâtrales », Hikawa applique plutôt ce mot à Nagahama. Nous ne reprenons donc pas cette énumération telle quelle.

Ce qui existe déjà avant Dezaki

Le partage entre une première moitié « théâtrale » et une seconde « cinématographique » est commode, mais il ne résiste pas à tous les épisodes. Le blog de Gudachin, qui revoit les épisodes 1 à 15, attribue au réalisateur d'épisode Yasuo Yamayoshi les épisodes 1, 5, 10, 11, 12 et 14, et décrit chez lui un traitement expressionniste, avec division d'écran et abstraction proche de l'aquarelle, qui « précède » le style que l'on associe à Dezaki. Surat constate de son côté que Nagahama prend des libertés avec la source, en introduisant plus tôt Girodelle et le duc d'Orléans et en créant des scènes inédites qui ne paraissent pas du remplissage. Les procédés visuels que l'on prête à la seconde période n'en sont donc pas l'exclusivité ; ce qui change, selon ces observateurs, c'est leur place dans le récit et leur fréquence.

Un exemple : l'épisode 37

Hikawa choisit comme sommet l'épisode 37, (« Dans la nuit du serment ardent », traduction de la rédaction). Il y voit la scène où André, devenu aveugle, décrit à Oscar un portrait d'elle non par la vue mais par un lien intérieur, et il rattache l'ensemble à l'idée que la lumière et l'ombre sont inséparables. Le blog (« Blog de l'œil sans nuage », traduction de la rédaction), pour son initiation à Dezaki par cette série, avoue avoir été ému d'un saut de qualité « trop brusque » à l'épisode 19. Ces témoignages de spectateurs sont subjectifs.

« Bien supérieure » : un jugement, pas un fait

La base de départ affirme que la seconde moitié est « artistiquement bien supérieure ». Les critiques consultées ne disent pas cela de façon aussi nette.

CritiqueCe qui est dit de la seconde moitié
Ryūsuke Hikawa (Anime Anime, 2014)Deux styles complémentaires, théâtral puis cinématographique ; pas de hiérarchie.
Rebecca Silverman (ANN, partie 2)Note globale A- pour la partie 2 ; les arrêts sur pastel augmentent après l'épisode 20 ; le rouge domine dans les scènes d'émeute.
Neil Lumbard (DVD Talk, partie 2)Parle d'un mélange inégal (« mixed bag ») : Dezaki veut moins de feuilleton et plus de drame, avec plus d'énergie, sans changer radicalement l'approche.
Daryl Surat (Otaku USA, 2021)Série recommandée ; salue aussi les écarts audacieux de Nagahama.
Blog de l'œil sans nuage (2023)Saut de qualité jugé « brusque » à l'épisode 19 ; invite à comparer les deux périodes.
Note de la rédaction (correction) : l'affirmation de la base de départ est une opinion. Elle a des partisans parmi les amateurs japonais et chez certains critiques, mais les avis cités plus haut vont du simple constat de style (Hikawa) à une réserve sur l'inégalité de l'ensemble (Lumbard). Nous écrivons donc que la seconde moitié est souvent jugée plus ambitieuse formellement, non qu'elle est « bien supérieure ».

— VII —

La fin de série et les écarts avec le manga

Les derniers épisodes

Chez Ikeda comme dans la série, Oscar meurt le 14 juillet 1789, lors de la prise de la Bastille, un jour après André (Sky TG24). La liste d'épisodes de Syoboi Calendar donne le titre de l'épisode 40 : (« Adieu, mon Oscar bien-aimée », traduction de la rédaction).

Le récit des derniers instants est lu différemment selon les sources. AlloCiné (16 septembre 2022) écrit qu'Oscar et André meurent lors de la prise de la Bastille. Le blog de Gudachin (billets sur les épisodes 38 à 40) décrit une mort d'André accidentelle, par balle perdue, sans éclat héroïque ; Oscar est touchée alors qu'elle est distraite par une colombe blanche ; un poète, personnage original absent du manga, traverse l'histoire ; Marie-Antoinette y plie une rose en papier. Silverman (Anime News Network) écrit qu'il n'y a pas de fin heureuse, mais de l'espoir.

Note de la rédaction : la mort d'André n'est décrite en détail que par un blog de spectateur (Gudachin) ; AlloCiné se borne à situer les deux morts à la Bastille. Ce ne sont pas des synopsis officiels, et la rédaction n'a pas pu revoir les épisodes. Nous ne tranchons donc pas entre « mort au combat » et « balle perdue » : seule la seconde est décrite, par une source unique.

Les écarts documentés avec le manga

Plusieurs écarts sont décrits par des sources indépendantes. Surat note l'arrivée précoce de Girodelle et du duc d'Orléans et des scènes inédites. Silverman relève que la mort de Jeanne de la Motte est romancée. Coline Lambert (revue Grandes figures historiques dans les lettres et les arts, n° 14, 2025) relève que Saint-Just, androgyne et lumineux dans le manga, devient dans l'anime un assassin masqué, antagoniste du récit. Caroline Cao (Joysauce, 1er mai 2025), en comparant l'anime au film de 2025, estime que la série de 1979 avait davantage « étoffé » l'intérêt d'André pour l'idéologie révolutionnaire. Real Sound (Hotaka Sugimoto, 18 février 2025) compare l'Oscar du générique de 1979, entourée de tiges de rose, à celle du film de 2025, qui garde sa liberté d'action.

Le manga, lui, se prolonge : la Wikipédia anglaise signale une reprise de la prépublication de 2013 à 2018.

Un épisode 24 de remplacement : ce que l'on sait mal

Une curiosité de production circule depuis quelques années : dans certaines régions du Japon, un épisode 24 intitulé (« Le portrait de la rose consumée », traduction de la rédaction) aurait tenu lieu de conclusion hâtive. Trois sources, de fiabilité inégale, donnent des explications qui ne coïncident pas. Magmix (Harara Shobō, 20 mars 2025) affirme que certaines régions n'ont reçu que vingt-quatre épisodes avant l'arrêt de la diffusion, ; le blog Tamagoto (Nagi Tamagoto, 19 avril 2025) avance que les retransmissions de baseball de Nippon Television auraient créé des trous de programmation dans les stations affiliées, et que l'épisode aurait condensé la suite pour éviter les spoilers, dans cinq préfectures nommées ; le Lost Media Wiki parle d'une annulation après l'épisode 23 pour conflit d'horaires, d'une diffusion unique le 26 mars 1980 et d'un épisode fabriqué en une semaine par une petite équipe. Aucun support n'a été retrouvé : seules des captures d'écran sont citées.

Note de la rédaction : cet épisode repose sur des témoignages d'amateurs et sur un wiki collaboratif ; il n'est confirmé par aucun document de TMS ou de Nippon Television que nous ayons pu lire. Les causes avancées (annulation, baseball, conflit d'horaires) sont incompatibles entre elles. Nous le consignons comme une anomalie à vérifier, non comme un fait établi. Il explique peut-être le « interrompu » de Fumettologica, mais rien ne le prouve.

L'épisode 41, ou le récapitulatif

La série compte quarante épisodes réguliers, ce que confirment TMS, Syoboi Calendar, la chaîne YouTube de TMS (quarante épisodes en 2025), AlloCiné et la Wikipédia anglaise. Un récapitulatif a été diffusé après la série : la Wikipédia anglaise donne le 10 septembre 1980, sous le titre « The Rose and Women of Versailles » (traduction anglaise de la page) ; un billet d'Ameblo dit qu'il a été diffusé la semaine suivant l'épisode final et qu'il n'est pas sur les DVD, mais lui attribue une date de 1989 qui ne cadre pas avec ce qui précède. Anime News Network compte quarante et un épisodes, récapitulatif inclus. La Wikipédia française parle de quarante-deux épisodes (quarante plus un récapitulatif) tout en écrivant que Dezaki réalise les épisodes 19 à 41.

Note de la rédaction (correction) : « 40 ou 41 épisodes » : il y a quarante épisodes de fiction, auxquels s'ajoute un récapitulatif parfois compté comme quarante et unième. La mention « quarante-deux » de la Wikipédia française n'est étayée par aucune autre source lue et se contredit elle-même ; nous ne la retenons pas. La date du récapitulatif (10 septembre 1980 ou 1989) reste à confirmer.

— VIII —

La France : Antenne 2, doublage, générique, manga

Première diffusion

La série arrive en France le 8 septembre 1986 sur Antenne 2, dans l'émission pour la jeunesse Récré A2, soit sept ans après la diffusion japonaise. Cette date est donnée par Planète Jeunesse, la Wikipédia française, le site Les Années Récré et la copie ancienne de la Wikipédia française. Récré A2 est lancée le 3 juillet 1978 et prend fin le 29 juin 1988 ; elle est produite par Jacqueline Joubert, et la Wikipédia anglaise la crédite aussi d'avoir programmé La Rose de Versailles. Le titre français est « Lady Oscar » ; Coline Lambert écrit que la série est « renommée Lady Oscar pour le public français qui la découvre en 1986 sur Récré A2 ».

Note de la rédaction : la date de 1986 n'est pas unanime. L'abrégé de l'étude de Cyril Triolaire, publiée chez Classiques Garnier en 2014, dit que la série est diffusée en France « à partir de 1985 » ; la page de Marie Dauphin sur la Wikipédia française regroupe ses génériques de séries sous la mention 1984-1986 ; une fiche DVD de Manga-news et un article de Nippon.com parlent de 1980. Ce dernier cas semble dû à une confusion avec la date du film de Demy ou avec la date japonaise ; nous ne l'avons pas confirmé. Nous retenons 1986, appuyée par au moins cinq sources.

Le doublage français

Les crédits du doublage sont répartis sur plusieurs bases. Planète Jeunesse et Anime News Network indiquent le studio SOFI. Nadine Delanoë double Oscar ; Jean Topart assure la narration (Wikipédia française, Planète Jeunesse, Les Années Récré). André est d'abord interprété par Gérard Lartigau puis par Éric Legrand (Les Années Récré, Anime News Network, Planète Jeunesse) ; Marie-Antoinette est doublée par Amélie Morin ; Louis XVI par Luq Hamet puis Olivier Destrez ; Henri Poirier double Louis XV et le cardinal de Rohan, et Thierry Bourdon Alain (AlloCiné).

Note de la rédaction : un résumé de la fiche Planète Jeunesse mentionnait une direction de doublage ; nous n'avons pas pu le confirmer sur la page elle-même, et nous ne le reprenons pas. La direction artistique du doublage et le nom de l'adaptateur français ne sont établis par aucune source recoupée.

Une adaptation : Oscar n'est plus une femme connue de tous

Un point revient dans plusieurs sources de fans : dans la version française, la féminité d'Oscar est un secret. JC Satanas l'écrit (« la féminité d'Oscar est un secret »), et un fil du forum Doublage francophone ajoute que, dans le japonais, les dames de la cour savaient qu'Oscar était une femme, ce qui n'est pas le cas en français ; le même fil dit que des épisodes ont été redoublés en 1998 (les épisodes 32 et 39, avec notamment Virginie Méry pour Oscar) et que, dans cette nouvelle version, « tout le monde sait qu'Oscar est une femme ». La copie ancienne de la Wikipédia française va dans le même sens sur les épisodes 32 et 39 : leurs doublages d'origine, annoncés sur de nombreux sites, ne se trouvaient pas sur le DVD de 2006.

L'écart n'est pas propre à la France : la Wikipédia italienne écrit qu'en Italie les dialogues ont été réécrits (chapitre IX).

Note de la rédaction : cette adaptation repose sur un forum de passionnés et sur un site de fan ; aucun ouvrage de référence ni témoin de la direction du doublage ne la documente. Le redoublage de 1998 est lui aussi à source unique (le forum), recoupé seulement sur les numéros d'épisodes par la copie ancienne de Wikipédia. Nous ne pouvons pas dire quelles lignes précises ont été modifiées, ni pourquoi.

Le générique français

Le générique est chanté par Marie Dauphin, née le 20 avril 1964, présentatrice de Récré A2 depuis 1983. Les paroles sont de Paul Persavon, pseudonyme d'Antoine de Caunes (Wikipédia française, Les Années Récré). Le disque, un 45 tours des Disques Adès avec la version instrumentale en face B, date de 1986 selon Discogs, qui signale une réédition en 12 pouces en 2022. Le site Génériques Télé parle d'un « petit phénomène télévisuel ». Le compositeur de la musique française n'est pas identifié dans les sources lues. Un test du Blu-ray de 2015 signale que ce générique n'est proposé qu'en bonus, et non intégré à la piste française principale.

Rediffusions : ce que l'on peut dater

La base de départ donne « 1989, 1998 (France 3), 2004 (France 5), 2005 et 2011 (Mangas) ». La Wikipédia française actuelle donne la même liste ; sa copie ancienne ne cite que 1989, 1998 et 2005. D'autres sources divergent.

DateDiffuseurCe que disent les sourcesStatut
1986Antenne 2, Récré A2Planète Jeunesse, Wikipédia française, Les Années Récré, AlloCiné, ADN/Manga-newsétabli
1989Antenne 2Wikipédia française (et sa copie ancienne)à source unique
1998France 3, Les MinikeumsWikipédia française, Alf.fr, AlloCiné ; Urbania parle des Minikeums « dans les années 1990 »recoupé
2004 ou 2005France 5, Midi les Zouzous2004 : Wikipédia française, Alf.fr, AlloCiné ; 2005 : L'Éclaireur Fnaccontradictoire
2005, 2011Mangas (chaîne)2005 : Wikipédia française et sa copie ancienne ; 2011 : Wikipédia française seule2011 à confirmer
—AB1, TMC, RTL9, France 2, France 5Animeka seul, sans dateà source unique
Note de la rédaction (correction) : la demande de départ s'interrogeait sur une diffusion par AB ou le Club Dorothée. Aucune des sources lues n'atteste une diffusion dans le Club Dorothée ; Dorothée a présenté Récré A2 avant de rejoindre TF1 (Wikipédia française, article Marie Dauphin), et la série est restée une propriété d'Antenne 2 dans les récits consultés. Animeka cite AB1 parmi des chaînes de diffusion, sans date et sans autre confirmation. Les Minikeums ont été diffusés sur France 3 de 1993 à 2002 selon la Wikipédia française : 1998 entre dans cette fourchette, mais la page des Minikeums ne cite pas Lady Oscar, alors que celle des Zouzous la cite.

La série revient en streaming sur ADN (Animation Digital Network) le 16 novembre 2022, en version française et en version originale sous-titrée, avec quarante épisodes selon la fiche de la plateforme ; Coyote Magazine (19 novembre 2022) et Manga-news (15 novembre 2022) relaient l'annonce.

Centre Pompidou, 3 mars 2012 : une projection, pas une rétrospective

La base de départ affirme que la série a été « présentée au Centre Pompidou dans le cadre d'une rétrospective sur l'animation japonaise ». La page du Centre Pompidou décrit autre chose : une séance le samedi 3 mars 2012 à 15 h, en Cinéma 1, dans le cycle « Planète Manga ! » (11 février – 27 mai 2012), consacrée à trois épisodes de vingt-cinq minutes en version française, présentés par Ilan Nguyên, lecteur à l'Université des arts de Tokyo. Le texte de présentation souligne le rôle de Shingo Araki, disparu fin 2011.

L'animateur Shingo Araki, décédé fin 2011, en a assumé le character design et la direction de l'animation, insufflant à la série un souffle épique demeuré légendaire.

— Centre Pompidou, « Lady Oscar / La Rose de Versailles - d'Osamu Dezaki et Tadao Nagahama », séance du 3 mars 2012 · centrepompidou.fr
Note de la rédaction (correction) : « rétrospective » et « consécration muséale rare » sont inexacts. Il s'agit d'une projection unique de trois épisodes, au sein d'un cycle sur le manga. La citation de la base de départ sur Araki est, en revanche, exacte.

Le manga arrive après l'anime

Le public français a connu La Rose de Versailles par la télévision avant le papier. ActuaLitté (11 février 2019) écrit que les lecteurs la connaissaient surtout par l'anime, le manga n'arrivant en France qu'en 2002. Kana publie alors une première édition en trois tomes, le 14 septembre 2002 selon Mangacollec, en octobre 2002 selon BDtheque ; le troisième tome rassemble des histoires courtes autour d'Oscar. La traduction des deux premiers volumes est de Misato Raillard (2002), celle du troisième de Thibaud Desbief (2005) selon ActuaLitté. Kana propose ensuite une nouvelle édition en quatre volumes, parue le 7 janvier 2011 d'après Manga-news ; la page de la série sur le site de Kana confirme les quatre volumes, les deux traducteurs et la collection « Shojo Kana ». Les chiffres ne coïncident pas partout : Le Monde de Lady Oscar décrit une édition en deux volumes d'environ 960 pages, ce qui renvoie à la maquette de grand format de 2011 ou à une présentation antérieure.

Note de la rédaction : la demande de départ citait « Kana/Éditions Deux ». Nous n'avons trouvé aucune source attribuant une édition française de La Rose de Versailles à « Éditions Deux » ; l'éditeur documenté est Kana (2002, puis 2011). Si une édition antérieure existe, nous n'en avons pas la trace. Le nombre de volumes de la première édition (deux ou trois) et de la seconde (deux ou quatre) varie selon les sources ; nous donnons ici ce que disent Mangacollec, BDtheque, ActuaLitté, Manga-news et Kana.

Ikeda en France

Riyoko Ikeda reçoit la Légion d'honneur au grade de chevalier lors d'une cérémonie à la résidence de l'ambassadeur de France à Tokyo, un mercredi de mars 2009 : Anime News Network date l'article du 12 mars 2009 et cite l'ambassadeur Philippe Faure, selon qui les Japonais doivent à ses œuvres une sensibilité à l'histoire, à la langue et à la cuisine de la France ; Ikeda dit avoir longtemps souhaité cette distinction. En 2011, elle est invitée au Festival d'Angoulême et dialogue avec l'historien Pascal Ory ; elle chante au Petit Théâtre de Marie-Antoinette à Versailles, lieu présenté comme fermé au public (ActuaBD).

Note de la rédaction : la notice anglaise d'Ikeda parle d'une distinction en 2008, alors qu'Anime News Network, ActuaBD, Manga-news et Nippon.com donnent 2009. Nous retenons 2009, mars.

La série comme objet d'étude

Cyril Triolaire consacre à la série un chapitre (« Lady Oscar : Révolution française, manga et série animée de masse », La Révolution française et le monde d'aujourd'hui. Mythologies contemporaines, Classiques Garnier, coll. « Rencontres », n° 74, 2014, p. 415-431) : d'après l'abrégé, il analyse les neuf derniers épisodes, la mise en récit du prélude révolutionnaire, et conclut que Lady Oscar participe à la création d'une véritable culture populaire de la Révolution française, en France et à l'étranger. Coline Lambert (2025) s'y arrête à propos de Saint-Just. La rédaction n'a lu que l'abrégé de Triolaire.


— IX —

Italie, Allemagne, Espagne, Amérique latine

Italie : Italia 1, 1982

En Italie, la série arrive sur Italia 1 le 1er mars 1982 : la date est donnée par la Wikipédia italienne, par Mediaset (anniversaire de 2021), par Sky TG24 (anniversaire de 2022), par Fumettologica et par la fiche d'Anime News Network pour le doublage italien. La première diffusion court jusqu'au 19 avril 1982 pour 37 épisodes, puis le reste passe dans le programme pour enfants Bim Bum Bam jusqu'en décembre de la même année, d'après la Wikipédia italienne, qui est ici la seule à donner ce découpage. Le doublage est réalisé à Rome par CITIEMME, sous la direction d'Isa Barzizza et de Franca Milleri ; la même page précise que les dialogues ont été réécrits. Anime News Network crédite Cinzia De Carolis pour la voix d'Oscar dans la version italienne.

La série italienne est inséparable de son générique. En 1982, I Cavalieri del Re est chanté par Clara Serina et se classe, d'après Metropolitan Magazine, au septième rang des ventes. En 1990, la série reparaît sous le titre Una spada per Lady Oscar avec un nouveau générique, interprété par Cristina D'Avena et Enzo Draghi, musique de Ninni Carucci, texte d'Alessandra Valeri Manera (Metropolitan Magazine). La version remasterisée en haute définition est diffusée sur Sky Atlantic en octobre 2020, puis sur Italia 1 en septembre 2021 (Wikipédia italienne). Le titre italien du film de 1987 (voir le chapitre X) reprend la formule : Una spada per Lady Oscar – Insieme per sempre (Anime News Network).

Note de la rédaction : les sources italiennes se contredisent sur l'interprète du générique de 1982. Metropolitan Magazine l'attribue à Clara Serina ; l'article de Mediaset Infinity, qui célèbre les trente-neuf ans de la série, écrit que I Cavalieri del Re est chanté par Cristina D'Avena. Comme Metropolitan Magazine détaille le partage entre les deux génériques (1982 et 1990), nous retenons Serina pour 1982 et D'Avena pour 1990, sans pouvoir exclure une confusion d'un côté ou de l'autre.

Plusieurs articles italiens avancent que la série a été un demi-succès au Japon et qu'elle y aurait été interrompue après une quarantaine d'épisodes, avant d'être « redécouverte » ailleurs : c'est le propos de Fumettologica (2019), et Sky TG24 (2022) écrit que la série a mal marché au Japon alors que l'Italie l'a rediffusée à de nombreuses reprises. Nous n'avons trouvé aucun chiffre d'audience japonais pour confirmer ou infirmer ce récit (voir le chapitre III) : il circule, mais il n'est pas démontré. Sky TG24 signale par ailleurs que, dans la série, Oscar meurt le 14 juillet 1789, un jour après André.

Allemagne, Catalogne, Pérou, Brésil

En Allemagne, la Wikipédia allemande indique une diffusion sur RTL II à partir du 25 juillet 1994 (les quarante épisodes entre juillet et septembre 1994), une reprise partielle sur Tele 5 en 2003 (dix épisodes, puis un litige de licence) et une édition en DVD par KSM en septembre 2006 ; les paroles du générique allemand sont de Michael Kunze. La fiche d'Anime News Network cite Diana Borgwardt pour la version allemande. En Catalogne, la Wikipédia espagnole situe la diffusion sur Canal 33 en 1998, puis sur K3. Ces deux pages sont les seules à fournir ces dates.

Pour l'Amérique latine, les informations viennent d'un billet de Yumiko Watanabe sur la plateforme note : diffusion au Pérou sur Panamericana TV de juillet à septembre 1989, importance de la version en espagnol latino-américain doublée au Mexique, sortie en vidéo doublée au Brésil entre 1993 et 1995. Anime News Network liste de son côté des doublages en français, italien, allemand, espagnol, coréen, portugais, arabe et suédois, sans les dater.

DatePays, diffuseurSourceStatut
1982Italie, Italia 1 (puis Bim Bum Bam)Wikipédia italienne, Mediaset, Sky TG24, Fumettologica, Anime News Networkrecoupé
1986France, Antenne 2 (Récré A2)voir le chapitre VIIIrecoupé
1989Pérou, Panamericana TVBillet de Y. Watanabeà source unique
1993-1995Brésil, vidéo doubléeBillet de Y. Watanabeà source unique
1994Allemagne, RTL IIWikipédia allemandeà source unique
1998Catalogne, Canal 33Wikipédia espagnoleà source unique
Note de la rédaction : la presse japonaise et les statistiques de plateformes sont plus loquaces sur 2025 que sur 1979 : selon le même billet de Y. Watanabe, le film de 2025 est entré dans le Top 10 de Netflix au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, au Pérou et en Italie. Ce rapprochement entre les marchés où la série de 1979 a laissé le plus de traces et ceux où le film a le mieux fonctionné est une observation de la rédaction, non une conclusion des sources.

— X —

Adaptations et éditions : films, vidéo

Panorama

DateObjetCe que disent les sourcesStatut
1972-1973Manga, MargaretDix volumes ; dates exactes variables (chapitre I)établi
1974Revue du TakarazukaDu 29 août au 26 septembre, Grand Théâtre de Takarazuka (chapitre II)recoupé
1978-1979Film de Jacques DemyTourné en 1978, sorti au Japon en mars 1979recoupé
1979-1980Série télévisée, 40 épisodesNippon Television, TMSétabli
1987Film d'animation ou vidéoNouvelle distribution vocale ; nature et dates discutéescontradictoire
2013-2018Suite du mangaWikipédia anglaise ; Oricon parle de quatre volumes ajoutés en 2014contradictoire
2025Film d'animation MAPPASalles japonaises le 31 janvier ; Netflix le 30 avrilrecoupé

Le film de Jacques Demy (1978-1979)

Entre la série et le grand écran, il existe un film en prises de vues réelles, tourné par Jacques Demy. Ciné-Tamaris, la société de la famille Demy, situe le tournage de juillet à septembre 1978, sur onze semaines, à Senlis, à Jossigny et à Versailles ; le film dure 117 minutes. La production est japonaise : le producteur est Mataichiro Yamamoto, pour Kitty Music Corporation (Tokyo), avec Shiseido, Nippon Television et Toho en coproduction ; la musique est de Michel Legrand. Le scénario est signé de Jacques Demy et de Patricia Louisianna Knop (fiche Unifrance), et la distribution compte notamment Catriona MacColl, Barry Stokes et Christine Böhm. D'après AlloCiné, Demy aurait préféré Dominique Sanda pour Oscar, et ce tournage est le premier à Versailles depuis 1954.

La sortie japonaise a lieu en mars 1979 (Ciné-Tamaris ; la Wikipédia anglaise donne le 3 mars), c'est-à-dire sept mois avant la série. La carrière française est plus tardive : Ciné-Tamaris indique une présentation à la Semaine des Cahiers du cinéma, au Studio Action République, le 26 avril 1980, tandis que la fiche d'Unifrance et AlloCiné parlent d'une sortie en salles le 19 février 1997. Selon AlloCiné, Demy avait demandé que le film ne sorte pas en France de son vivant (il meurt en 1990).

Note de la rédaction (correction) : la base de départ évoque une « production japonaise en anglais » de 1978. C'est à peu près exact, mais deux points demandent à être signalés. D'une part, AlloCiné parle d'une coproduction franco-japonaise et Unifrance de trois pays (Japon, France, Royaume-Uni) ; la production reste menée par un producteur japonais. D'autre part, la langue originale est l'anglais pour Ciné-Tamaris et pour la Wikipédia anglaise, mais « français » dans la fiche d'Unifrance, ce qui est probablement une erreur de saisie. Les dates de sortie française (1980 ou 1997) ne sont pas incompatibles si la première est une projection ponctuelle ; aucune source lue ne le dit explicitement. La demande de Demy de ne pas sortir le film n'a qu'une source (AlloCiné).

Le film de 1987 : I'll Love You As Long As I Live

La base de départ cite « Roses Scatter Beautifully » comme titre d'un OVA de 1987 : c'est en réalité la traduction du titre du générique d'ouverture de la série de 1979 (Bara wa utsukushiku chiru), qui porte le nom de la chanson de Hiroko Suzuki (TMS, Wikipédia anglaise, fiche du morceau sur Pixiv Encyclopedia). Le film de 1987 s'intitule, en anglais, The Rose of Versailles: I'll Love You As Long As I Live, en rōmaji Berusaiyu no bara : Seimei aru kagiri aishite. Anime News Network lui attribue 90 minutes et le décrit comme une sortie vidéo de 1987, avec une première japonaise le 19 mai 1990 ; la Wikipédia anglaise parle d'un OVA du 21 mai 1987 ; Crank-in précise qu'il a été distribué en 1987, avec Keiko Toda pour Oscar, Yū Mizushima pour André, Miyuki Ueda reprenant Marie-Antoinette, Kei Tomiyama pour Fersen et Keaton Yamada pour Alain. Anime-Planet le range parmi les récapitulatifs.

Note de la rédaction : ce film ne reprend donc pas la distribution de la série pour ses rôles principaux. Nous ne savons pas dire s'il s'agit d'un récapitulatif, d'une version retravaillée ou d'un récit nouveau : les sources se contentent de l'étiqueter de façons différentes (OVA, film, récapitulatif). Les deux dates (1987, 1990) peuvent correspondre à la sortie vidéo et à la première projection, mais aucune source ne l'affirme. Le titre japonais en kanji ne figure que dans une page japonaise lue (Crank-in) : conformément à la règle de la maison, nous le donnons en rōmaji.

Le film de 2025

Le film de 2025 est annoncé en 2022, pour le cinquantenaire du manga. Il est réalisé par Ai Yoshimura et produit par le studio MAPPA ; le scénario est de Tomoko Konparu, le character design de Mariko Oka, la musique de Hiroyuki Sawano et Kohta Yamamoto ; la chanson thématique, « Versailles », est chantée par Ayaka (Wikipédia anglaise, eiga.com, site officiel, Anime Anime). Yuki Sawashiro prête sa voix à Oscar, Aya Hirano à Marie-Antoinette, Toshiyuki Toyonaga à André et Kazuki Kato à Fersen ; la narration est assurée par Hitomi Kuroki (eiga.com, site officiel). Le film dure 113 minutes, sort dans les salles japonaises le 31 janvier 2025 chez Toho NEXT et Avex Pictures, puis sur Netflix dans le monde entier le 30 avril 2025, en version originale sous-titrée et en version française (Animotaku, Wikipédia anglaise). Mantan Web le situe à la neuvième place du box-office du premier week-end.

L'accueil est partagé. Anime News Network lui donne B+ et note un format de comédie musicale et une forte compression ; le Japan Times lui reproche de ne pas faire comprendre son intérêt ; Joysauce parle d'un film soigné mais abrégé, qui supprime notamment Rosalie, et rappelle que la série de 1979 avait développé la conscience de classe d'André ; Realsound compare l'Oscar de 1979, enlacée par des tiges de rose dans le générique, à celle de 2025, qui garde la maîtrise de son destin. Quant à la présence du film sur Netflix, le billet de Y. Watanabe indique que la plateforme avait acquis les droits mondiaux exclusifs dès la production.

Note de la rédaction : la lecture du nom de la scénariste n'est pas assurée : les pages japonaises (eiga.com, site officiel) l'écrivent en kanji, et la rédaction a retenu la romanisation « Konparu » de la Wikipédia anglaise et d'Animotaku, sans pouvoir la confirmer par une page en alphabet latin d'une source japonaise. L'article du Japan Times n'identifie pas clairement son auteur dans le texte lu. Enfin, les chiffres d'entrées ne sont volontairement pas repris ici.

Éditions vidéo en France

La série paraît en cassettes vidéo à la fin des années 1990 : deux coffrets, en 1998-1999 selon la Wikipédia française (éditeur Dynamic Visions), en décembre 1999 selon le site de fans Lady Oscar (e-monsite). Les DVD arrivent ensuite chez IDP : deux coffrets de vingt épisodes en version française, dont le second a une fiche Manga-news datée du 5 juin 2003 ; la Wikipédia française parle de 2004. Un « Collector » de 2006 propose sept DVD avec les doublages originaux et le doublage de 1998, un entretien avec Dezaki en livret et un artbook consacré aux croquis de Sugino : le livret fait 40 pages pour la Wikipédia française, 128 pour le site de fans. L'édition « Ultimate » en Blu-ray et DVD (quarante épisodes en haute définition) paraît le 2 décembre 2015, après un report depuis septembre selon Manga-news, avec un livre de 128 pages ; le site de fans signale aussi une édition DVD de 2016 (@Anime) avec la version originale du doublage de l'épisode 32.

Note de la rédaction : plusieurs points divergent (2003 ou 2004 pour IDP, 1998-1999 ou décembre 1999 pour les VHS, 40 ou 128 pages pour le livret du Collector). Un test de forum signale, de plus, que la version haute définition surpasse l'édition IDP, au format 4:3, et que le générique français de Marie Dauphin n'y figure qu'en bonus ; cet avis n'est pas recoupé. Le site de fans et la Wikipédia française s'accordent sur le fait que les épisodes 32 et 39 sont sortis dans une version redoublée en 1998 : la Wikipédia ancienne précise que les doublages originaux de ces épisodes, annoncés pour le Collector, ne figuraient finalement pas sur le DVD.

Éditions au Japon et ailleurs

Au Japon, la série existe en coffrets DVD chez Pia, en cinq volumes de quarante épisodes selon Ryūsuke Hikawa (Anime Hack). La bande originale paraît en 2017 : Tower Records indique un disque de Universal Music du 29 mars 2017 qui réunit vingt pièces tirées de deux anciens 33 tours. Un ouvrage de la collection « mook » de Sanei Shobo, Berusaiyu no bara : Anime daikaibō, paraît le 24 août 2020, en 132 pages en couleur, avec des entretiens de Reiko Tajima, de Taro Shigaki et de Sawako Hata, et une galerie de Michi Himeno (Realsound, eiga.com). Du 17 janvier au 14 mars 2025, TMS propose gratuitement les quarante épisodes sur sa chaîne YouTube, réservés au Japon, à raison de cinq épisodes par semaine (communiqué de TMS). Aux États-Unis, la fiche d'Anime News Network cite Nozomi et Discotek comme éditeurs, avec un Blu-ray en 2020, et les comptes rendus de DVD Talk, d'Anime News Network et d'autres sites visent les coffrets de 2013.


— XI —

Réception, héritage, zones d'ombre

Ce que disent les critiques

Le jugement sur La Rose de Versailles animée est rarement unanime, et c'est une bonne raison de ne pas le trancher. Hypercritic qualifie la série de déclaration « énorme pour l'époque » ; Rebecca Silverman, pour Anime News Network, attribue un A- à la seconde partie et note que les arrêts sur pastel se multiplient après l'épisode 20, que le rouge domine pendant les émeutes et que la série ne promet pas de fins heureuses, mais de l'espoir ; Daryl Surat la recommande chez Otaku USA et rappelle que les écarts de Nagahama par rapport au manga ne sont pas du remplissage. Neil Lumbard, pour DVD Talk, parle de la seconde partie comme d'un « mélange inégal ». Pour Ryūsuke Hikawa, enfin, les deux réalisateurs apportent deux styles complémentaires. Cette dispersion est la meilleure réponse à la formule de la base de départ selon laquelle la seconde moitié serait « bien supérieure » : c'est une préférence, que la rédaction ne reprend pas à son compte (voir le chapitre VI).

La recherche universitaire s'est saisie de l'œuvre par le manga et par la série. Parmi les références citées par la Wikipédia anglaise et par les bases bibliographiques : Shamoon (« Networks of Desire », Mechademia 2, 2007, p. 3-17, accessible par la fiche de l'Université nationale de Singapour), Anan (Journal of Popular Culture 47, 2014, p. 41-63), et en français Cyril Triolaire (2014) et Coline Lambert (2025). La rédaction n'a pas eu accès au texte intégral de ces travaux ; elle ne s'appuie sur eux que pour leur existence et leur objet.

Ventes et chiffres : un désaccord

Le nombre d'exemplaires du manga ne fait pas consensus : douze millions pour l'édition de poche selon la préface d'Ikeda citée par Le Monde de Lady Oscar, quinze millions selon Nippon.com, vingt millions selon Shueisha, vingt-trois millions en 2022 selon la Wikipédia anglaise. Ces totaux ne mesurent pas les mêmes périmètres (éditions, années, séries dérivées) et ne sont pas comparables sans les sources primaires. Pour le Takarazuka, la fréquentation est donnée comme 1 million, 1,4 million ou 1,6 million pour les deux premières années selon les pages, et plus de cinq millions de spectateurs cumulés en 2014 (chapitre II).

Héritage : ce que les sources disent, et ce qu'elles ne disent pas

La Wikipédia anglaise range parmi les œuvres marquées par La Rose de Versailles des séries comme Hayate × Blade et Utena, pour leurs héroïnes travesties. Pour Utena, Anime Feminist (2024) rapporte que Kunihiko Ikuhara dit que tout le monde y voyait une parenté avec La Rose de Versailles et que lui et Chiho Saito allaient voir le Takarazuka ; la Wikipédia anglaise sur Osamu Dezaki prête à Dezaki une influence sur Ikuhara et sur Akiyuki Shinbo. Michi Himeno, selon sa notice anglaise, travaille avec Shingo Araki depuis Cutie Honey (1973) et fonde Araki Productions en 1975 ; la filiation visuelle entre la série et leurs travaux ultérieurs est évoquée, mais elle relève d'une lecture de critique, pas d'un énoncé de source.

Il faut distinguer l'héritage esthétique et l'héritage politique. Dans l'optique d'Anime Feminist (2023), le manga relève d'une « révolution intérieure » des Japonaises, Oscar comblant l'exclusion des femmes ; Ikeda a des attaches avec le mouvement de la jeunesse démocratique et la gauche, ce que rappellent la Wikipédia anglaise et Nippon.com. En France, la série est une porte d'entrée vers la Révolution française pour toute une génération, et c'est la thèse de Cyril Triolaire (chapitre VIII).

Zones d'ombre

Voici ce que les sources consultées ne permettent pas d'établir, ou seulement à moitié.

Fabrication

Le nom « Akio Sakai » cité dans la base de départ n'apparaît dans aucun générique ni aucune fiche que nous avons pu lire (TMS, Anime News Network, Planète Jeunesse, bases d'amateurs) ; nous ne savons pas à quel poste il correspondrait. Nous ne savons pas non plus avec certitude où passe la frontière entre Nagahama et Dezaki (épisodes 12, 13, 18 ou 19 selon les sources), ni l'identité exacte de la comédienne dont le désaccord avec Nagahama aurait provoqué son départ : seuls des blogs et des forums nomment Reiko Tajima. La répartition des tâches entre les réalisateurs d'épisode et les animateurs, le détail de la conception des couleurs et de la finition ne sont pas documentés dans les pages lues.

Diffusion

Le calendrier de rediffusion en France (AB1, TMC, RTL9, France 2, France 5), l'éventuel passage de 2011 sur la chaîne Mangas, la date exacte de la rediffusion de 1989 et les audiences ne sont pas recoupés. L'épisode régional de remplacement à la place de l'épisode 24 (« Moetsukita bara no shōzō ») n'est connu que par des amateurs, avec trois explications incompatibles (calendrier du baseball, conflit d'horaires, remplacement pour éviter des révélations) ; la date de son passage à l'antenne (26 mars 1980) vient d'un wiki de fans. Le récapitulatif du 41e épisode est daté du 10 septembre 1980 par la Wikipédia anglaise et du 28 septembre 1989 par un blog. Nous n'avons trouvé aucune audience japonaise chiffrée.

Doublage français

La direction du doublage (Planète Jeunesse avance un nom avec un point d'interrogation, que nous ne reprenons pas), les coupes éventuelles, la discrétion maintenue dans la version française sur la féminité d'Oscar (forum et site de J.-C. Satanas), le contenu précis du doublage de 1998 des épisodes 32 et 39 ne reposent que sur un forum ou sur un seul site. Les archives de l'INA n'ont pas pu être exploitées. La mention d'éditions françaises du manga par « Éditions Deux » n'est confirmée par aucune source.

Témoignages

SAKUGAART souhaite documenter ces trajectoires. Si vous avez travaillé sur la série (au Japon : animation, décors, finition, prise de vues ; en France : doublage, adaptation, diffusion), ou si vous conservez des documents d'époque (feuilles de route, cels, magazines, enregistrements d'antenne, notamment de l'épisode régional de 1980), la rédaction serait heureuse de recueillir votre témoignage, dans le respect de vos souhaits de confidentialité.

SAKUGAART · DossierRédacteur : M. El Uasti
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