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OVA anthologique · A.P.P.P. · 1987 · huit signatures
Robot
Carnival
Titre japonais : ロボットカーニバル (Robotto Kānibaru) · OVA omnibus produit par A.P.P.P. · sortie vidéo le 21 juillet 1987
Un dessinateur de manga, huit animateurs et une seule règle : un robot doit apparaître quelque part. De cette consigne naît, en 1987, une anthologie où chacun signe son propre court métrage, d'Ōtomo à Morimoto, de Nakamura à Umetsu. Ce dossier reprend segment par segment qui a fait quoi, ce que les sources permettent d'affirmer et ce qu'elles laissent dans l'ombre.
Une idée de producteur
Tout commence par une question de producteur. D'après la Wikipédia japonaise, Kazushi Nomura (野村和史), producteur chez A.P.P.P., demande à Hiroyuki Kitakubo s'il n'aurait pas envie de monter un nouveau projet. La notice japonaise de Kitakubo décrit la même scène : Nomura, producteur de POP CHASER, lui propose de soumettre une idée, et Kitakubo devient ainsi l'un des initiateurs de l'anthologie.1, 2 Yūichirō Oguro (小黒祐一郎), dans sa chronique du site Webアニメスタイル, donne la même origine, tout comme le compte rendu d'une projection-débat tenue en juillet 2026 à Ikebukuro.19, 20
L'idée de départ est celle d'un enchaînement de clips musicaux confiés à plusieurs animateurs. Elle évolue vers un recueil de courts métrages d'auteur, où chaque animateur choisit son sujet et réalise lui-même l'animation de son segment.1, 19 Le projet réunit finalement un dessinateur de manga, Katsuhiro Ōtomo, et huit animateurs : la formule revient telle quelle dans la Wikipédia japonaise et dans la chronique d'Oguro.1, 19 La seule contrainte tient en une ligne, que la Wikipédia japonaise formule ainsi :
「共通するモチーフは『ロボット』であり、何らかのかたちでロボットさえ出せば、あとはそれぞれの監督が何をやっても構わない」« Le motif commun est le robot ; pourvu qu'un robot apparaisse d'une manière ou d'une autre, chaque réalisateur peut faire ce qu'il veut. »
— Wikipédia japonaise, article ロボットカーニバル, traduction de la rédaction · ja.wikipedia.org
Oguro rapporte la règle dans les mêmes termes : tout ce qui comportait un robot était admis, le reste restait libre.19 Le recrutement se fait de proche en proche. Selon la Wikipédia japonaise, Kitakubo et Kōji Morimoto sollicitent les participants, et c'est ainsi que Ōtomo, Yasuomi Umetsu, Hidetoshi Ōmori et Hiroyuki Kitazume rejoignent le projet.1 La notice de Kitakubo précise qu'il joue un rôle de producteur et attire Ōtomo et d'autres animateurs en vue ;2 celle d'Umetsu confirme qu'il est invité par Kitakubo.4, 26
Ōtomo n'a pas le temps de fabriquer lui-même son ouverture et sa fermeture. Il prépare alors AKIRA : il fournit les planches de mise en scène, et l'exécution revient à Atsuko Fukushima et à l'équipe d'animation. Le programme du festival international du film d'animation de Niigata (2023) et la Wikipédia japonaise concordent sur ce point.1, 24
Neuf numéros, huit signatures : la liste exacte
Les décomptes varient, ce qui entretient la confusion. La Wikipédia japonaise et allcinema parlent de sept courts métrages encadrés par une ouverture et une fermeture, tandis qu'Anime News Network, la Wikipédia anglophone et Nautiljon annoncent neuf courts en séparant l'ouverture de la fermeture.1, 18, 25, 30, 44 Il s'agit du même film compté de deux façons : sept courts métrages d'auteur et un cadre signé Ōtomo, soit neuf numéros, ou huit « œuvres » si l'on réunit l'ouverture et la fermeture. Les signatures, elles, sont au nombre de huit : Ōtomo, Morimoto, Ōmori, Umetsu, Kitazume, Ōhashi (sous le nom de Mao Lamdo), Kitakubo et Nakamura, soit la liste des réalisateurs donnée par Anime News Network.1, 30 L'ordre de défilement japonais, tel que le donnent la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglophone, est le suivant : ouverture, Franken's Gears, Deprive, Presence, Star Light Angel, Cloud, le récit de l'ère Meiji, Chicken Man and Red Neck, fermeture.1, 25
Il faut aussi dissiper des doublons de titres. Starlight Angel et Star Light Angel désignent le même segment, simplement orthographié de deux façons. A Tale of Two Robots est le titre sous lequel la version américaine de Streamline Pictures a présenté le récit de l'ère Meiji, et Nightmare celui qu'elle a donné à Chicken Man and Red Neck. Anime News Network et la Wikipédia anglophone s'accordent sur ces équivalences.25, 30 Le tableau ci-dessous suit les intitulés japonais et les crédits relevés dans la Wikipédia japonaise et dans la base 作画@wiki, recoupés avec la Wikipédia anglophone et Anime News Network.
| N° | Segment | Réalisation | Rôles crédités | Décors |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Ouverture オープニング (Opening) | Katsuhiro Ōtomo (大友克洋) | Planches de mise en scène Ōtomo · Personnages, animation Atsuko Fukushima | Nizō Yamamoto (山本二三) |
| 2 | Franken's Gears フランケンの歯車 (Franken no haguruma) | Kōji Morimoto (森本晃司) | Réalisation, scénario, personnages | Yūji Ikehata (池畑祐治) |
| 3 | Deprive DEPRIVE | Hidetoshi Ōmori (大森英敏) | Réalisation, scénario, personnages | Kenji Matsumoto (松本健治) |
| 4 | Presence プレゼンス (Purezensu) | Yasuomi Umetsu (梅津泰臣) | Réalisation, scénario, personnages, direction de l'animation | Yamakawa (山川晃) |
| 5 | Star Light Angel STARLIGHT ANGEL | Hiroyuki Kitazume (北爪宏幸) | Original, réalisation, personnages, direction de l'animation | Yui Shimazaki (島崎唯) |
| 6 | Cloud CLOUD | Mao Lamdo (マオラムド), pseudonyme de Manabu Ōhashi (大橋学) | Réalisation, scénario, personnages, animation, décors | Manabu Ōhashi |
| 7 | Récit de l'ère Meiji (version Streamline : A Tale of Two Robots) 明治からくり文明奇譚 〜紅毛人襲来之巻〜 (Meiji karakuri bunmei kitan : Kōmōjin shūrai no maki) | Hiroyuki Kitakubo (北久保弘之) | Réalisation, scénario, mise en scène · Personnages Yoshiyuki Sadamoto · Mécaniques Mahiro Maeda | Non documentés de façon recoupée |
| 8 | Chicken Man and Red Neck (version Streamline : Nightmare) ニワトリ男と赤い首 (Niwatori otoko to akai kubi) | Takashi Nakamura (なかむらたかし) | Réalisation, personnages | Hiroshige Sawai (沢井裕滋) |
| 9 | Fermeture エンディング (Ending) | Katsuhiro Ōtomo | Mêmes crédits que l'ouverture | Nizō Yamamoto |
Les crédits de ce tableau sont recoupés ainsi. Les décors de l'ouverture et de la fermeture : Wikipédia japonaise, 作画@wiki et notice de Yamamoto.1, 11, 16 Ceux de Deprive, de Star Light Angel et de Chicken Man and Red Neck : Wikipédia japonaise, 作画@wiki et Wikipédia anglophone.1, 16, 25 Ceux de Franken's Gears et de Presence : 作画@wiki et Wikipédia anglophone.16, 25 Les rôles de Kitakubo, d'Umetsu, de Kitazume, de Morimoto et d'Ōmori sont tirés de leurs notices japonaises respectives.2, 3, 4, 5, 6 Le rôle de Sadamoto est confirmé par sa propre notice et par 作画@wiki ; celui de Maeda par 作画@wiki et par la Wikipédia anglophone.9, 16, 25
Les segments, premier acte : la caravane, le réveil, le héros, la fillette
Ouverture · Katsuhiro Ōtomo
Dans un village du désert, on annonce l'arrivée du Robot Carnival. Une immense machine à l'enseigne du spectacle traverse le village comme une troupe de cirque et le détruit. La Wikipédia anglophone et le programme de Niigata décrivent la scène en termes proches, et le critique Mike Crandol y voit un chapiteau monstrueux qui écrase tout sur son passage.24, 25, 32 Ōtomo signe la réalisation et les planches ; Atsuko Fukushima, dont la notice japonaise note le travail de personnages et d'animation clefs sur ce titre, dessine les personnages et les animations clefs ; les décors sont de Nizō Yamamoto.1, 10, 16 Ce dernier a rejoint le studio Ghibli en 1985 à l'invitation de Hayao Miyazaki, selon sa notice japonaise, et le site Review NE le présente lui aussi comme un nom associé à Ghibli.11, 46
Franken's Gears · Kōji Morimoto
Morimoto fait ici ses débuts de réalisateur, ce que disent à la fois sa notice japonaise et sa notice anglophone.3, 27 Le sujet tient en une phrase : un robot allongé se redresse. La Wikipédia japonaise insiste sur ce parti pris minimal, que Crandol résume comme un récit à la Frankenstein porté par une animation exceptionnelle.1, 32 Morimoto réalise, écrit et dessine les personnages ; Yūji Ikehata signe les décors.3, 16, 25 Comme la plupart des numéros, il se passe de dialogue intelligible : tout passe par le mouvement.25, 32
Deprive · Hidetoshi Ōmori
Deprive est le numéro le plus proche de l'animation d'action traditionnelle. Des robots hostiles attaquent une ville, un androïde se bat pour sauver une jeune fille : le résumé de la Wikipédia anglophone et celui de la Wikipédia japonaise concordent.1, 25 Ōmori réalise, écrit et dessine les personnages ; Kenji Matsumoto signe les décors.5, 16, 25 Les sources japonaises s'accordent sur l'esprit, de l'action héroïque assumée, mais divergent sur les modèles : la Wikipédia japonaise évoque l'hommage à l'héritage de Tatsunoko, Aniota rapporte qu'Ōmori voulait faire son Streets of Fire.1, 20 Chronic'art trouve à ce numéro et à Star Light Angel un charme délicieusement daté des années 1980.42
Presence · Yasuomi Umetsu
Presence est le numéro que la critique retient le plus volontiers. C'est la première réalisation d'Umetsu, qui en est aussi le scénariste, le dessinateur des personnages et le directeur de l'animation.4, 26 Le récit suit un homme et une androïde à l'apparence d'une jeune fille, sur plusieurs décennies. Lynzee Loveridge décrit pour Anime News Network un homme profondément défaillant qui cherche une forme précise de compagnie auprès d'une robote qui finit par remettre en cause le rôle qu'on lui assigne ; la Wikipédia japonaise parle d'un motif « homme d'âge mûr et jeune fille » délibérément choisi.1, 31 Mike Crandol note que c'est le plus long du film et celui que l'on juge le plus fort, et la critique du Fandom Post le range parmi ses préférés.32, 37
La distribution japonaise fait appel à Kōji Moritsugu (森次晃嗣), que la Wikipédia japonaise du film et la notice de l'acteur associent à son rôle de Dan Moroboshi dans Ultraseven, ainsi qu'à Junko Machida (町田淳子) et à Keiko Hanagata (花形恵子).1, 14, 18, 25 Il s'agit, avec le récit de l'ère Meiji, du numéro où la parole joue un rôle, l'essentiel du film passant par l'image et la musique.25, 32
Les segments, second acte : le parc, le nuage, l'ère Meiji, la nuit des machines
Star Light Angel · Hiroyuki Kitazume
Deux adolescentes passent la journée dans un parc d'attractions. L'une d'elles, bouleversée, fuit dans une zone onirique du parc où un jeune homme costumé en robot vient à son aide : la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglophone concordent sur ce canevas.1, 25 Kitazume signe l'original, la réalisation, les personnages et la direction de l'animation ; Yui Shimazaki dessine les décors.1, 6, 16, 25 La Wikipédia japonaise décrit un numéro à l'esthétique de vidéo promotionnelle, destiné à un public d'adolescentes.1 C'est aussi le segment qui divise : Crandol le juge le plus faible de l'ensemble, tandis que le Fandom Post en fait l'un de ses préférés.32, 37
Cloud · Mao Lamdo (Manabu Ōhashi)
Derrière le pseudonyme de Mao Lamdo se trouve l'animateur Manabu Ōhashi : sa notice japonaise et son site officiel le disent sans ambiguïté.8, 23 Né en 1949, entré à Toei Animation à quinze ans, réputé pour sa façon d'animer les nuages, les vagues et les phénomènes naturels, il est mort en 2022.8, 23 Cloud s'appuie sur un livre d'images qu'il avait publié lui-même, Kumo to shōnen (雲と少年), « Le Nuage et le garçon », selon la Wikipédia japonaise du film et son site officiel.1, 23 Un jeune robot avance à travers des nuages qui se transforment ; la Wikipédia anglophone y voit un voyage dans le temps, Crandol un conte abstrait de persévérance.1, 25, 32 Ōhashi dirige, écrit, dessine les personnages, anime et peint lui-même les décors ; la musique est d'Isaku Fujita.8, 22, 25 Chronic'art y voit un objet à part dans l'anthologie.42
Meiji karakuri bunmei kitan · Hiroyuki Kitakubo
Au début de l'ère Meiji, un étranger, Jean-Jacques Vockerson III, lance contre Edo un automate géant à moteur électrique, « Ma bien-aimée Tinker Bell » (我が愛しのティンカーベル号) (traduction de la rédaction), et les habitants lui opposent leurs propres machines de bois. Le synopsis d'allcinema et la Wikipédia anglophone concordent, et Chronic'art le décrit comme une farce réjouissante située dans le Japon du XIXe siècle.18, 25, 42 Kitakubo réalise, écrit, storyboarde, met en scène et dirige l'animation de son segment ;2 il confie les personnages à Yoshiyuki Sadamoto et les mécaniques à Mahiro Maeda.9, 16, 25 Kazuaki Mōri, Yūji Moriyama et Kumiko Kawana sont crédités à la collaboration à l'animation.16, 25 Parmi les voix, Kaneto Shiozawa joue Denjirō et Toku Nishio joue Daimaru.12, 13, 25 La Wikipédia japonaise voit dans ce numéro le seul résolument tourné vers le divertissement, tandis que Crandol le juge le plus impressionnant de l'ensemble.1, 32
Chicken Man and Red Neck · Takashi Nakamura
Une métropole nocturne et déserte, des machines qui s'animent et mènent une fête monstrueuse, un seul témoin humain, et l'aube qui laisse les machines incrustées dans les gratte-ciel : c'est le résumé de la Wikipédia anglophone, et Chronic'art parle d'un cauchemar mécanique envahissant Tokyo.25, 42 Nakamura réalise et dessine les personnages ; Hiroshige Sawai signe les décors.1, 16, 25 Sa notice et la Wikipédia japonaise du film relèvent l'empreinte du dessin animé américain classique, Disney et Fleischer, dans les personnages et le mouvement.1, 7 Nakamura sera ensuite directeur de l'animation d'AKIRA : il a notamment pris en charge la séquence de Shinjuku au temps suspendu, selon sa notice japonaise, et Anime News Network le cite parmi les artisans d'AKIRA présents dans l'anthologie.7, 31
Fermeture · Katsuhiro Ōtomo
La fermeture reprend la caravane : la machine finit ruinée dans le désert, puis un petit automate danseur apparaît. Cette trame est commune aux résumés consultés.1, 25
Fabrication, musique et voix du sakuga
La fabrication de Robot Carnival repose sur un principe inhabituel : chaque réalisateur anime aussi son segment, d'où des mains et des styles qui restent lisibles à l'écran.1, 19 Ōtomo, lui, ne livre que des planches. La Wikipédia japonaise, le programme de Niigata et le site Pixiv Encyclopédie rappellent qu'il est alors absorbé par AKIRA.1, 24, 47 La direction d'ensemble, au sens de la mise en scène générale, est attribuée à Yukio Suzuki (鈴木幸雄) et Hideki Tono (殿勝秀樹) par la Wikipédia japonaise, 作画@wiki et Stereo Sound.1, 16, 21
Ce qu'on peut appeler les voix du sakuga, ce sont d'abord ces signatures de mouvement. Morimoto mise sur la dynamique d'un corps de machine qui se redresse ; Nakamura prolonge le dessin animé américain classique ; Ōhashi se consacre aux nuages et aux phénomènes naturels ; Umetsu vise une construction de film ; Kitakubo choisit la comédie d'animation populaire.1, 7, 8, 23 Les critiques ont comparé l'ensemble à Fantasia, comme Crandol et le synopsis d'AlloCiné, et y ont vu un film fait par des animateurs, comme Chronic'art.32, 42, 43
Musique
La musique est créditée à Joe Hisaishi, Isaku Fujita et Masahisa Takeichi par la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglophone précisant que les deux premiers composent et que le troisième participe aux arrangements.1, 25 La fiche de l'album, publiée par le site Hibiki Hajime (discographie de Joe Hisaishi), précise la répartition : Hisaishi compose la majeure partie des plages et Fujita en compose quelques-unes ; Takeichi n'y figure qu'à l'arrangement de trois plages.22 Une bande originale est parue en 1987 : la Wikipédia anglophone consacrée à la discographie de Hisaishi la date du 21 mars 1987, soit avant la sortie vidéo, ce que confirme la fiche d'Hibiki Hajime ; nous ne l'expliquons pas.22, 29
Voix
Le film parle peu. Dans la version japonaise, on retient la distribution de Presence (Moritsugu, Machida, Hanagata) et celle du récit de l'ère Meiji, où Shiozawa et Nishio sont crédités.12, 13, 18, 25 La version américaine de Streamline Pictures a fait doubler ces deux numéros en anglais, avec notamment Michael McConnohie, Lisa Michelson, Bob Bergen, Kerrigan Mahan, Tom Wyner et Steve Kramer, d'après Anime News Network et la Wikipédia anglophone ; la critique du Fandom Post ajoute que Carl Macek et Jerry Beck ont supervisé ce doublage et que Discotek a conservé cette piste.25, 30, 37
Décors et métiers invisibles
Les décors de Robot Carnival sont confiés à des peintres différents pour chaque numéro, ce qui ajoute au contraste des univers. Nizō Yamamoto peint le désert et la machine de l'ouverture et de la fermeture ; Yūji Ikehata, l'espace nu de Franken's Gears ; Kenji Matsumoto, les villes de Deprive ; un peintre crédité Yamakawa, Presence ; Yui Shimazaki, le parc de Star Light Angel ; Hiroshige Sawai, la nuit des machines.1, 16, 25 Pour Cloud, Ōhashi peint lui-même : les nuages sont à la fois son sujet, son personnage et son décor.8, 25
Dans un film presque sans parole, les décors portent une grande part de l'atmosphère. Cette lecture est la nôtre : elle s'appuie sur les crédits et les résumés cités plus haut, non sur un entretien avec les peintres, qu'aucune source consultée ne rapporte. On peut seulement constater que les huit univers visuels du film sont chacun confiés à un peintre différent, et que le désert de l'ouverture et de la fermeture, la ville nocturne de Nakamura ou les nuages d'Ōhashi n'ont presque rien en commun.
Les métiers invisibles
Le film compte aussi des métiers que l'affiche ne cite jamais. Le chef de la photographie est Toshiaki Morita, la direction du son est de Yasunori Honda, d'après 作画@wiki et Anime News Network.16, 30 Les couleurs sont confiées à Kazuko Murakami et Sachihiro Maehara, nommées par la Wikipédia japonaise, 作画@wiki et la base de données du staff.1, 16, 17 Les effets sonores sont crédités à Jun'ichi Sasaki, de l'Animation Sound Production, par la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglophone.1, 25 La base de données du staff recense en outre des équipes d'intervallistes, de finition et d'effets spéciaux dont la liste complète dépasse le cadre de ce dossier.17
Sorties : Japon, États-Unis, France
Au Japon
L'OVA sort en vidéo le 21 juillet 1987, date donnée par la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglophone, allcinema et la chronique d'Oguro.1, 18, 19, 25 Une édition DVD paraît en 2000, chez Beam Entertainment selon la Wikipédia anglophone, ce que la fiche d'un revendeur français de l'importation confirme à une date proche mais non identique.1, 25, 45
Aux États-Unis
La première hors du Japon a lieu au Cinema 21 de Portland, dans l'Oregon, du 25 au 31 janvier 1991, par Streamline Pictures : le récit de Fred Patten pour Cartoon Research, Anime News Network et la Wikipédia anglophone le disent de concert.25, 30, 35 La sortie vidéo suit en décembre 1991, dans la collection « Video Comics », selon Patten et la Wikipédia anglophone.25, 35 Streamline a retitré deux numéros (A Tale of Two Robots et Nightmare) et réorganisé l'ordre de défilement ; Crandol relève ce réagencement dans la version américaine, que la Wikipédia anglophone explique par la commodité de bobines de 2 000 pieds, alors que Crandol y voit un souci de rythme.25, 32 Discotek reprend ensuite le film en DVD le 1er septembre 2015, avec l'essai de Mike Toole « Automata Saturnalia », puis en Blu-ray le 27 mars 2018.25, 31, 33, 37
En France
Nous n'avons trouvé aucune trace d'une exploitation en salles en France : AlloCiné ne donne pas de date de sortie.43 L'édition de référence est le DVD de Pathé, dans la collection « Asian Star », paru le 19 septembre 2006 : Nautiljon et Manga-news concordent sur l'éditeur et la date, et Manga-news précise la collection.40, 41 Le disque est en 16/9 et propose une version japonaise et une version française, avec sous-titres français selon Nautiljon ; Manga-news indique une VF et une VOSTF.40, 41 La critique de Julien Bastide pour Chronic'art, datée du 14 octobre 2006, voit dans le film une œuvre d'animateurs, où la variété formelle l'emporte sur la portée conceptuelle.42 Pour les titres, AlloCiné et Nautiljon emploient ceux de la version américaine (Nightmare, A Tale of Two Robots) ; nous n'avons relevé aucune traduction française des titres de segments.43, 44
Restauration, éditions récentes et héritage
L'édition la plus récente est celle de Discotek Media, en 4K Ultra HD, publiée le 28 décembre 2021 : la Wikipédia anglophone, Anime News Network et le site HD Report concordent.25, 34, 38 Elle repose sur une restauration réalisée à partir des négatifs originaux, d'après les fiches d'Anime News Network et de HD Report ; Stereo Sound, qui présente l'importation au public japonais, précise qu'il s'agit du négatif caméra 35 mm, avec un étalonnage HDR.21, 34, 38 Le disque propose le film en 4:3 et en 16:9, un documentaire inédit, « The Memory of Robot Carnival », et des comparaisons entre storyboards et images finales.21, 34, 38, 39
Le critique Tyler Treese, pour ComingSoon, note que cette édition présente le film mieux que jamais et dispense de chercher d'anciennes importations japonaises épuisées.39 Aux États-Unis, l'anthologie est également proposée en ligne : Anime News Network et Anime Backlog citent notamment Crunchyroll.30, 31
L'héritage
La Wikipédia anglophone situe Robot Carnival dans une famille d'anthologies d'auteur qui comprend Neo Tokyo (1987) et Memories (1995), Anime News Network note que Memories suit le film de près d'une décennie, et la notice anglophone d'Ōtomo présente sa participation, deux segments, comme la suite directe de Neo Tokyo.25, 28, 31 Les carrières des participants se lisent a posteriori : Morimoto réalisera Magnetic Rose, premier épisode de Memories, et participera à The Animatrix ;3, 31, 39 Umetsu signera A Kite ;4, 31 Nakamura dirigera l'animation d'AKIRA ;7, 31 Sadamoto concevra les personnages d'Evangelion.31, 46 La Wikipédia japonaise reconnaît au film une influence sur des créateurs venus après lui, au Japon comme à l'étranger.1
Zones d'ombre
Ce dossier s'arrête là où les sources se taisent ou se contredisent. Voici ce que nous ne pouvons pas établir.
Le nombre de segments (sept, huit ou neuf) dépend de la façon de compter l'ouverture et la fermeture. La paternité d'Ōtomo sur ces deux numéros est solide, mais le rôle exact d'Atsuko Fukushima, créditée au personnage et à l'animation par certaines sources et à la réalisation par d'autres, reste à préciser. Hideaki Anno, que l'on pourrait attendre parmi les animateurs de cette génération, n'est crédité nulle part dans les documents consultés.1, 10, 15, 17, 43
Les décors du récit de l'ère Meiji n'ont pas de source recoupée. La lecture de plusieurs noms de peintres (Yamakawa, Sawai) reste incertaine. La répartition précise de la musique entre Hisaishi, Fujita et Takeichi n'est documentée que par la fiche de l'album, et la date de 1987 de cet album précède de quatre mois la sortie vidéo, sans explication.22, 29
En France, nous ignorons si l'ordre des segments du DVD de Pathé suit la version japonaise ou la version de Streamline, et si une exploitation antérieure à 2006 a existé. Les durées publiées (90, 91 ou 93 minutes) ne sont pas réconciliées. Les dates américaines de 1991 et de 1992 s'opposent. Les entretiens d'époque avec les réalisateurs ne sont pas accessibles en ligne, et les chroniques de Webアニメスタイル consacrées à chaque segment n'ont pu être lues que pour la première d'entre elles, la 395e.
SAKUGAART souhaite documenter précisément ces trajectoires. Si vous avez travaillé sur Robot Carnival, chez A.P.P.P. ou chez les studios partenaires, ou si vous conservez des documents, des cellulos ou des souvenirs de la fabrication, la rédaction serait heureuse de recueillir votre témoignage, dans le respect de vos souhaits de confidentialité.