Home anime 80's Captain Tsubasa – Olive et Tom – キャプテン翼
anime 80's

Captain Tsubasa – Olive et Tom – キャプテン翼

Share
キャプテン翼
Copyright Tsuchida Production (土田プロダクション )
Share

Une erreur à signaler ? Vous avez participé à cette œuvre, ou vous en conservez un souvenir ou un document ? Nous serions heureux de vous lire.

Captain Tsubasa — Olive et Tom — SAKUGAART

Dossier · Série TV · Genèse, production, doublage, influence · 1983 → 1986

Captain Tsubasa
Olive et Tom

Titre japonais : キャプテン翼 (« Captain Tsubasa ») · Studio : 土田プロダクション (Tsuchida Production) · Auteur : 高橋陽一 (Yōichi Takahashi)

En France, Captain Tsubasa est devenu « Olive et Tom », avec des noms arrivés d'Italie, un générique recyclé et une première diffusion sur La Cinq, non sur le Club Dorothée. Au Japon, c'est d'abord une commande de TV Tokyo confiée à un petit studio, Tsuchida Production, qui ne survivra pas à son succès. Ce dossier remonte du manga de 1981 à la série de 1983-1986, suit la fabrication, le casting, le détour italien et le doublage français, puis éprouve, témoignage par témoignage, la légende d'une série qui aurait fait des footballeurs.

Œuvre d'origineManga de Yōichi Takahashi (Weekly Shōnen Jump, 1981-1988, 37 volumes)
Série TV128 épisodes · TV Tokyo · 13 octobre 1983 – 27 mars 1986
FilmsQuatre films · du 13 juillet 1985 au 12 juillet 1986
ProductionTsuchida Production (en faillite en 1986 selon deux sources)
RéalisationHiroyoshi Mitsunobu (chef réalisateur)
Personnages · musiqueNobuhiro Okaseko · Hiromoto Tobisawa
Doublage françaisStudio Unité 2 · Mathias Kozlowski (Olivier Atton)
Débuts en France5 septembre 1988 · La Cinq (« Youpi ! L'école est finie »)
Club DorothéeTF1 · à partir du 20 avril 1991

— I —

Un Mondial vu à la télévision — genèse du manga

Captain Tsubasa naît d'un match regardé sur un écran. Yōichi Takahashi (), né le 28 juillet 1960 à Katsushika, dans l'est de Tokyo (Wikipédia anglaise et japonaise), situe le déclic dans la Coupe du monde 1978, en Argentine, qu'il suit durant sa dernière année de lycée d'après la Wikipédia japonaise. Le site MELOS (mars 2022), le site Nino Miya Sports (février 2013), Manga-news (janvier 2022) et CNews (mars 2023) rapportent le même épisode. Selon MELOS, Takahashi dit que ce Mondial fut sa première rencontre avec un football « de niveau mondial » (). CNews rapporte qu'il appréciait la « liberté » plus grande du football par rapport au baseball.

Le choix du sport n'allait pas de soi. Takahashi est alors, selon le site note.com qui s'appuie sur un documentaire de la NHK, plus proche du baseball que du football, et la Wikipédia japonaise énumère l'athlétisme, le tennis de table et le softball comme les sports qu'il a pratiqués, sans mentionner le football. Nino Miya Sports précise qu'il envoyait alternativement des manuscrits de baseball et de football aux concours de jeunes auteurs, et que le football fut retenu en premier. Son premier éditeur, Haruhiko Suzuki, lui conseille de laisser de côté la science-fiction et de se tourner vers le sport ; selon Nino Miya Sports, il lui fait valoir qu'un manga de football, sujet que personne ne traitait, serait préférable à un manga de baseball (). La Wikipédia japonaise, ddnavi (septembre 2018) et note.com concordent sur le rôle de cet éditeur, la Wikipédia japonaise et Nino Miya Sports sur l'argument du baseball déjà saturé par les maîtres du genre.

« Tiens, le football, c'est vraiment passionnant. » (traduction de la rédaction)

— Yōichi Takahashi, évoquant son impression devant la Coupe du monde 1978, Nino Miya Sports, 14 février 2013 · ninomiyasports.com

Le manga a deux naissances. Le premier état est une histoire courte de 1980, récompensée dans le cadre du concours « Fresh Jump » du Weekly Shōnen Jump (Wikipédia japonaise, Nino Miya Sports). Selon ddnavi, on y voyait Tsubasa et Genzō Wakabayashi s'affronter en finale régionale de collège ; la Wikipédia japonaise décrit un Tsubasa, alors nommé « Tsubasatarō », face à un gardien rival. MELOS ajoute un détail de conception : entre l'acceptation et la prépublication régulière, un an s'écoule, et Takahashi décide de faire débuter son héros à l'école primaire, pour mieux coller au lectorat du Jump. La série qui commence en 1981 s'ouvre donc, comme l'anime plus tard, sur le cycle élémentaire.

La date de ce début est l'un des points où les sources se contredisent. La Wikipédia anglaise donne le 31 mars 1981 pour le lancement dans le Weekly Shōnen Jump et le 9 mai 1988 pour la fin ; ddnavi parle du 18 avril 1981. Le résumé de la Wikipédia japonaise que nous avons pu lire mêle, pour sa part, un « numéro 18 » et une date de novembre 1980 sans qu'on puisse démêler ce qui relève du one-shot et ce qui relève de la série. L'âge de l'auteur au lancement varie aussi : 20 ans pour ddnavi, 21 ans dans la traduction française de l'entretien publié par Manga-news ; la date de naissance, 28 juillet 1960, donne 20 ans en avril 1981.

Un sport que personne ne dessinait, découvert à la télévision en 1978.

Reste le démarrage commercial. Selon ddnavi, le quatrième épisode, où Roberto Hongo exécute un retourné acrobatique que Tsubasa copie, aurait tiré la série d'une position précaire dans le classement de popularité du magazine, de la douzième place à une place stable, et l'aurait sauvée de l'arrêt. Nous n'avons trouvé aucune seconde source sur ce point (voir la note ci-dessous), mais le geste compte pour la suite de ce dossier : c'est le retourné que Hidetoshi Nakata invoquera en 2017 (chapitre VI). L'adaptation télévisée est décidée environ deux ans après le début de la prépublication, d'après note.com.

L'œuvre compte 37 volumes reliés pour la première série, publiés de janvier 1982 à mars 1989 selon la Wikipédia anglaise, qui adapte, pour l'anime de 1983, les vingt-cinq premiers volumes (Wikipédia anglaise et française). Les chiffres de diffusion varient selon la méthode de comptage : plus de 90 millions d'exemplaires en circulation dans le monde en mars 2023 (Wikipédia japonaise, qui inclut éditions poche, traductions et dérivés), 82 millions en 2018 et 70 millions au Japon en 2008 (Wikipédia anglaise), « plus de 70 millions au Japon et plus de 10 millions à l'étranger » selon l'AFP en janvier 2024 (Malay Mail). Ces chiffres ne sont pas comparables entre eux et nous ne les additionnons pas.

Note de la rédaction : trois points reposent sur une seule source ou sur des sources discordantes. (1) L'épisode 4 comme sauveur de la série : ddnavi seul. (2) La date de lancement : 31 mars 1981 (Wikipédia anglaise) contre 18 avril 1981 (ddnavi) ; une différence entre date de couverture et date de mise en vente est possible, mais aucune source lue ne le dit. (3) Les propos de Takahashi sont cités d'après des articles de presse ; nous n'avons pas eu accès aux magazines d'origine. Le prénom de l'éditeur est écrit « Haruhiko » dans toutes les sources qui le citent.

— II —

TV Tokyo et Tsuchida Production — la commande de 1983

La première série animée est diffusée du 13 octobre 1983 au 27 mars 1986 sur le réseau TV Tokyo, soit 128 épisodes : la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglaise et MyAnimeList donnent ces dates, que Manga-news et Planète Jeunesse confirment pour le nombre d'épisodes. Les deux dates extrêmes tombent un jeudi, ce qui s'accorde avec le créneau hebdomadaire du jeudi soir que mentionne l'encyclopédie en ligne de Pixiv (19 h 30, source unique pour l'horaire). Le récit couvre l'école primaire puis le collège, jusqu'à la finale du championnat national.

Le studio est Tsuchida Production (). La Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglaise, MyAnimeList, Planète Jeunesse, Manga-news, Pixiv et la fiche d'Anime News Network (qui lui attribue la série TV et les quatre films) concordent. Deux sites français, Animeka et le miroir d'une ancienne version de la Wikipédia française, parlent en revanche de Toei Animation (Animeka ajoute Group TAC), et un blog de souvenirs, Mes années 80-90, écrit aussi « Toei ». L'hypothèse la plus économique est une confusion avec le distributeur des films, Toei, que Pixiv et MOVIE WALKER relient aux projections « Toei Manga Matsuri » ; elle n'est pas attestée par une source qui l'énoncerait.

Tsuchida Production a été fondée par Osamu Tsuchida, passé par le studio Uni (« Office Uni » pour la Wikipédia japonaise, « Studio Yuni » pour l'anglaise). La date varie : « vers 1974 » pour la Wikipédia japonaise et Pixiv, 1976 pour la Wikipédia anglaise. Sous-traitant d'animation au départ, notamment pour Nippon Animation, le studio passe à la production directe avec Ganbare Gonbe en 1980. Anime News Network lui attribue aussi la finition d'Urusei Yatsura (1981) et des travaux sur High School! Kimengumi et Maya l'abeille. Captain Tsubasa en fait, selon la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglaise, un studio connu ; ces deux sources, comme Pixiv, notent aussi que le succès n'a pas réglé ses difficultés financières.

« Le sport-spectacle à la sauce héroïque, ça ne marche plus aujourd'hui. » (traduction de la rédaction, le terme désignant le genre sportif fondé sur l'effort et l'endurance)

— Opinion dominante au sein de TV Tokyo avant la diffusion, telle que la rapporte la Wikipédia japonaise · ja.wikipedia.org

Toujours d'après la Wikipédia japonaise, c'est le directeur de la programmation de TV Tokyo, Akio Kaneko (), qui impose la série en demandant d'interrompre la production d'un autre projet, Ranpō (, titre transcrit tel que lu), pourtant déjà lancée sur ce créneau. Le résultat est un succès d'audience : un pic de 21,2 % sur la région du Kantō (Video Research, selon la Wikipédia japonaise), et, d'après Pixiv, la meilleure audience jamais enregistrée par un dessin animé de TV Tokyo, record « jamais battu » à la date de rédaction de la page. La Wikipédia japonaise parle du plus grand succès de la chaîne depuis son ouverture.

L'histoire de la production est ensuite celle d'un rattrapage. Pixiv indique qu'en 1985 l'anime a rejoint le manga, ce qui impose des épisodes originaux, puis la fin de la série en mars 1986. Pixiv relève aussi que des uniformes ont été redessinés pour tenir compte des contraintes du cel, et que les films sont l'occasion de présenter des personnages comme Schneider, Pierre ou Diaz avant leur apparition dans le manga. Ces trois affirmations n'ont chacune qu'une source.

La chronologie de la fin du studio mérite d'être posée à plat. La Wikipédia anglaise (qui cite la dette envers des investisseurs et des fabricants de jouets) et Pixiv situent la faillite en juillet 1986, quatre mois après la dernière diffusion ; la Wikipédia japonaise ne donne pas de date et parle de « difficultés de gestion ». Or Studio Comet a été fondé le 21 janvier 1986, selon la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglaise, par d'anciens de Tsuchida (Hiromichi Shigegaki, écrit aussi Mogaki, en représentant, Shin Misawa, Hiroshi Kanazawa, Kazuo Harada, d'après la Wikipédia japonaise) qui reprennent notamment High School! Kimengumi. La formule de la Wikipédia anglaise selon laquelle des employés fonderont Studio Comet « après » la faillite est donc chronologiquement fausse ou imprécise : la scission précède de six mois la faillite supposée.

Le fil se prolonge. Studio Comet produira Captain Tsubasa J en 1994-1995 (Wikipédia anglaise et japonaise). Le producteur crédité sur la série de 1983 sous le nom de Hiromichi Mogaki (Wikipédia anglaise) ou Shigegaki (miroir de la Wikipédia française) porte le même nom que le représentant de Comet ; l'identité des deux personnes est probable mais n'est établie par aucune source lue.

Note de la rédaction : l'intervention d'Akio Kaneko et l'abandon de Ranpō reposent uniquement sur la Wikipédia japonaise, dont nous n'avons lu que des extraits. Le site Anime News Network, dont la fiche principale de la série aurait pu servir de recoupement, a refusé l'accès (erreur 403) lors de nos consultations ; Nautiljon, notre point de départ, a fait de même. Les crédits ci-dessous sont recoupés avec d'autres bases.

— III —

Direction, voix, chansons — l'équipe japonaise

La série a un chef réalisateur, Hiroyoshi Mitsunobu () : la Wikipédia japonaise, MOVIE WALKER, Manga-news, Planète Jeunesse, la Wikipédia anglaise et le site mau2 le citent. Selon le site thetv.jp, il est né le 1er avril 1937 dans la préfecture de Fukuoka et compte à son actif Ojamanga Yamada-kun (1981), titre que la Wikipédia anglaise range aussi dans le catalogue de Tsuchida Production pour 1980-1982. Le détail de la répartition des épisodes entre réalisateurs n'est pas donné dans les pages lues.

Chef réalisateur
Hiroyoshi Mitsunobu
光延博愛 · Tsuchida Production
Personnages
Nobuhiro Okaseko
graphie « Okasako » dans une fiche d'Anime News Network
Musique
Hiromoto Tobisawa
飛沢宏元 ou 飛澤宏元 · aussi « Tobizawa »
Direction du son
Hiroshi Yamazaki
山崎宏
Direction artistique
Ichirō Nakano
forme romanisée seule, une seule source pour le kanji
Scénario
Yoshiyuki Suga
菅良幸 · autres : N. Miyake, S. Ebinuma, H. Sonoda, R. Yagi
Production
TV Tokyo · Tsuchida
producteurs : H. Mogaki, H. Ezu, M. Kodaira
Œuvre originale
Yōichi Takahashi
高橋陽一

Autour de lui, les crédits sont recoupés ainsi. La musique est de Hiromoto Tobisawa : Planète Jeunesse la romanise « Tobizawa » et MOVIE WALKER l'écrit avec un autre caractère pour le « sawa » ( contre chez mau2 et la Wikipédia japonaise), variante graphique d'une même personne. Le dessin des personnages revient à Nobuhiro Okaseko, que Planète Jeunesse et mau2 créditent et dont Anime News Network orthographie le nom « Okasako ». La direction du son est de Hiroshi Yamazaki, la direction artistique d'Ichirō Nakano selon la Wikipédia japonaise et Planète Jeunesse. Pour les scénarios, Planète Jeunesse aligne six noms (Naoko Miyake, Yoshiyuki Suga, Yasushi Hirano, Saburō Ebinuma, Hideki Sonoda, Ryōichi Yagi) ; la Wikipédia japonaise précise que le premier épisode est de Naoko Miyake.

FonctionNomStatutRecoupé par
TV · filmsHiroyoshi Mitsunobu Chef réalisateurWikipédia JA et EN, MOVIE WALKER, Manga-news, Planète Jeunesse, mau2
TV · filmsNobuhiro OkasekoPersonnagesPlanète Jeunesse, mau2 (graphie variante : ANN)
TV · filmsHiromoto Tobisawa MusiqueWikipédia JA et EN, mau2, MOVIE WALKER, Planète Jeunesse
TV · film 4Hiroshi Yamazaki Direction du sonWikipédia JA, mau2, ANN (film 4)
TVIchirō NakanoDirection artistiqueWikipédia JA, Planète Jeunesse
TV · filmsYoshiyuki Suga ScénarioWikipédia JA, MOVIE WALKER, Planète Jeunesse
FilmsTatsuya Okamoto, Norio Yazawa, Noriyoshi NakamuraRéalisation (selon le film)Wikipédia EN, ANN, Planète Jeunesse (attributions discordantes, voir note)
TVHiromichi Mogaki / Shigegaki, Hyōta Ezu, Masao KodairaProducteursWikipédia EN, miroir de la Wikipédia FR (graphie variable)
Note de la rédaction : les attributions de réalisation des films ne concordent pas. Pour le premier, MOVIE WALKER crédite Mitsunobu comme réalisateur ; Planète Jeunesse écrit Okamoto à la réalisation et Mitsunobu comme réalisateur en chef. Le deuxième film est attribué à Yazawa par Planète Jeunesse, le troisième à Nakamura par la même source, le quatrième à Okamoto par Planète Jeunesse, Anime News Network et la Wikipédia anglaise. La fiche allcinema de la série, telle que lue, mentionne Yazawa pour la télévision, sans autre précision, ainsi que 56 épisodes, ce qui correspond à la seule partie « école primaire » (épisodes 1-56 selon le miroir de la Wikipédia française et Animeka). Nous suivons la majorité des sources pour la télévision et signalons le reste.

Les voix japonaises

Le casting principal est stable d'une source à l'autre. Tsubasa Ōzora est joué par Yōko Kogai (), comédienne que la Wikipédia japonaise et MOVIE WALKER écrivent « Kogai » et qu'Anime News Network romanise « Ogai » : nous ne tranchons pas la lecture du nom de famille. Genzō Wakabayashi est joué par Kōichi Hashimoto (), Kojirō Hyūga par Hirotaka Suzuoki (), Tarō Misaki par Eiko Yamada (), selon la Wikipédia japonaise, mau2, MOVIE WALKER et la fiche d'Anime News Network consacrée au quatrième film. Dans la même distribution, mau2 et la Wikipédia japonaise créditent des comédiennes pour d'autres joueurs : Yūko Maruyama () pour Ryō Ishizaki, Mie Suzuki () pour Hikaru Matsuyama, Aya Mizoguchi () pour Atsushi Misugi. Les sources lues donnent encore Hideyuki Tanaka pour Roberto Hongo et Keiichi Nanba pour Karl Heinz Schneider, noms que nous ne donnons qu'en romaji faute de seconde source pour les caractères.

Les chansons

Le premier générique, « Moete Hero » (), est interprété par Hiroyuki Okita et par Yōko Kogai, voix de Tsubasa, du premier au quatre-vingt-septième épisode ; une seconde version, « Moete Hero '85 », est chantée par Takayuki Takemoto à partir de l'épisode 88 (Wikipédia japonaise). MyAnimeList confirme l'existence de deux versions du générique d'ouverture et cite parmi les génériques de fin « Fuyu no Lion » et « Tsubasa yo Hashire ! ». La Wikipédia japonaise précise que les génériques de fin changent selon les épisodes.


— IV —

De Tokyo à Paris par Milan — l'arrivée en France

Le titre « Olive et Tom » ne vient pas du Japon, et pas vraiment de France. D'après le blog La boîte de mangas, les noms occidentaux furent introduits en Italie à la demande de Reteitalia, la société de doublage du groupe de Silvio Berlusconi, qui voulait italianiser ou angliciser les prénoms des séries japonaises ; la Wikipédia italienne confirme que l'adaptation italienne, réalisée par CAR Film (Centro Artistico Romano) pour Reteitalia, appliquait cette politique. Holly e Benji, due fuoriclasse débute en Italie le 19 juillet 1986 sur Italia 1, selon Corriere Nerd (la Wikipédia italienne dit « juillet 1986 »). La série arrive en France en 1988 sur La Cinq, également liée à Fininvest : La boîte de mangas fait le rapprochement, et la Wikipédia anglaise sur La Cinq donne Fininvest comme actionnaire de la chaîne de 1985 à 1992.

Personnage japonaisItalieFranceRecoupé par
Tsubasa ŌzoraOliver « Holly » HuttonOlivier AttonLa boîte de mangas, Corriere Nerd, Planète Jeunesse ; en Espagne : Oliver Atom (Infobae, EFE)
Genzō WakabayashiBenjamin « Benji » PriceThomas PriceLa boîte de mangas, Corriere Nerd, Planète Jeunesse
Tarō MisakiTom BeckerBen BeckerLa boîte de mangas, Corriere Nerd, Planète Jeunesse
Kojirō HyūgaMark LendersMark LandersLa boîte de mangas, Corriere Nerd, Planète Jeunesse

Le tableau montre un croisement : le « Tom » du titre français est le gardien, Thomas Price, et non le « Tom » italien, qui est Misaki, devenu « Ben » en France. Planète Jeunesse et Manga-news (qui évoque un gardien « Tom Price ») le confirment. La Wikipédia italienne note que l'adaptation italienne a promu Wakabayashi au titre, inversant la hiérarchie originelle ; la France a conservé cette logique du duo attaquant-gardien, avec ses propres prénoms. L'adaptation italienne a aussi déplacé Nankatsu, ville fictive, vers Fujisawa, ville réelle, et uniformisé la durée des matchs à quatre-vingt-dix minutes. La synopsis de Manga-news, qui place le héros à Fujisawa, montre que cette localisation a survécu en France ; les sources lues ne disent pas si le doublage français est parti d'un script italien ou d'une traduction du japonais. La conservation de Fujisawa et la proximité des noms plaident pour une dépendance, sans la prouver.

DateSupportProgrammeSource
5 sept. 1988La Cinq« Youpi ! L'école est finie »Planète Jeunesse, Alf.fr, Génériques Télé, Mes années 80-90
5 mars 1990La CinqrediffusionPlanète Jeunesse
20 avril 1991TF1Club DorothéePlanète Jeunesse, Alf.fr, Puremédias
5 mars 1993TF1Club Dorothée Avant l'écolePlanète Jeunesse
23 mars 1994TMCRécré Kids (première diffusion câble et satellite)Planète Jeunesse
23 oct. 1995 → févr. 1997TF1Club Dorothée VacancesPlanète Jeunesse
1997, 1999, 2005AB Cartoons, MangasrediffusionsPlanète Jeunesse
2002, 2003, 2005France 5Midi les ZouzousPlanète Jeunesse
8 nov. 2011 → 20 janv. 2012France 5ZouzousAlf.fr (début : Planète Jeunesse)
20 juin 2014WAT.tvpremière diffusion en lignePlanète Jeunesse
Sept. 2024Pluto TVmise en ligneWikipédia FR, Génériques Télé

Contrairement à une idée courante, qui associe Olive et Tom au Club Dorothée dès l'origine, la série n'est pas arrivée par TF1. Japanim rappelle qu'Olive et Tom faisait partie des séries de La Cinq, chaîne concurrente, tandis que le Club Dorothée, lancé sur TF1 en 1987 par Jean-Luc Azoulay, n'avait d'abord accès qu'à des séries plus anciennes. La Cinq a commencé à émettre le 20 février 1986 et a cessé le 12 avril 1992 (Wikipédia anglaise) ; le bloc « Youpi ! L'école est finie » y est lancé le 2 mars 1987 selon cette même page, et en 1988 d'après Bruce Tringale, un écart d'un an que nous ne résolvons pas, la série n'ayant de toute façon commencé qu'à la rentrée 1988. Planète Jeunesse la décrit comme le « programme phare » de la case, avec des matchs étalés sur plusieurs épisodes et des « coups spéciaux » distinctifs. Le passage au Club Dorothée date, selon Planète Jeunesse, Alf.fr et Puremédias, du 20 avril 1991, soit quelques mois avant la disparition de La Cinq ; Mes années 80-90 écrit « 1993-1997 », ce qui correspond aux cases de matin et de vacances décrites par Planète Jeunesse mais ignore 1991.

Le contexte politique est celui de 1989. Dans Le ras-le-bol des bébés zappeurs (Robert Laffont, 1989), Ségolène Royal critique violemment les dessins animés japonais (ActuaBD, Hitek) ; selon ActuaBD, Olive et Tom n'est cité que dans les commentaires de lecteurs de l'article, non dans le livre tel que reproduit. Un règlement du CNCL impose en 1989 des quotas de 60 % de programmes français ou européens (japanim). Hitek rappelle que plusieurs séries japonaises ont été censurées à l'époque, Ken le Survivant étant l'exemple le plus connu ; nous n'avons trouvé aucune source solide qui rapporte des coupes sur Olive et Tom sur La Cinq.

La série voyage ailleurs par le même canal. L'Espagne la reçoit en 1990 sur Telecinco sous le titre Oliver y Benji (Al Jazeera, La boîte de mangas) ; Al Jazeera ajoute une part d'audience de 26,3 % en deux mois, chiffre à source unique. Aux États-Unis, Enoki Films a produit un doublage anglais sous le titre Flash Kicker (Captain Tsubasa Wiki, MyAnimeList). Dans les pays arabophones, le titre devient Captain Majid et le héros un garçon arabe nommé Majid (Wikipédia anglaise et japonaise).

Note de la rédaction : la date d'arrivée en France est établie par au moins quatre sources pour le 5 septembre 1988. Mangaseries.fr écrit « 1987 » pour la version française, ce qui est contredit par toutes les autres sources et par le lancement du bloc « Youpi ! » (mars 1987 ou 1988) ; nous le tenons pour une erreur. Mes années 80-90 (qui attribue aussi la série à Toei Animation) est à manier avec précaution. L'idée que Reteitalia ait demandé les noms occidentaux repose sur deux sources, La boîte de mangas et la Wikipédia italienne ; le rôle de Floriana Pompili, cité par La boîte de mangas comme superviseuse de doublage ayant créé les noms, n'a qu'une source.

— V —

Le doublage français et ses modifications

La version française est enregistrée au studio Unité 2 : Planète Jeunesse et le forum Doublage francophone concordent. La direction du doublage est attribuée à Pierre Fromont par Planète Jeunesse seule ; le forum Doublage francophone le cite comme comédien, notamment pour les commentaires. Planète Jeunesse liste cinq noms pour l'adaptation : Michel Depigny, Pierre Calamel, Martine Yvonnet, Silvio Torrubia et Michel Trouillet. Aucune autre fiche lue ne donne cette équipe d'adaptation ; RS-Doublage et la Wikipédia française se bornent, dans les extraits lus, à la distribution.

Personnage (original)Voix françaiseStatutRecoupé par
Olivier Atton (Tsubasa)Mathias KozlowskiRôle-titre · repris en 2018Planète Jeunesse, Doublage francophone, Wikipédia FR (série et comédien)
Thomas Price (Wakabayashi)Fabrice JossoLe « Tom » du titre · repris en 2018Planète Jeunesse, RS-Doublage, Doublage francophone, Wikipédia FR
Mark Landers (Hyūga)Joëlle GuiguiPuis Catherine Privat sur certains rôlesPlanète Jeunesse, Wikipédia FR, Doublage francophone
Roberto Sedinho (Hongo)Vincent RopionRepris en 2018Planète Jeunesse, RS-Doublage, Doublage francophone
Patty GasbyBarbara TissierAussi Philippe CalahanPlanète Jeunesse, RS-Doublage, Doublage francophone
Karl Heinz SchneiderEmmanuel CurtilAussi Ralph PetersonRS-Doublage, Wikipédia FR (Planète Jeunesse : Ralph Peterson)
Sandy WinterAnneliese FromontPlusieurs rôles fémininsPlanète Jeunesse, RS-Doublage
Ben Becker (Misaki)Fabrice JossoCumul avec Thomas PriceRS-Doublage, Wikipédia FR

Les noms de personnages hésitent selon les sources : « Patty Gasby » pour Planète Jeunesse, « Gadsby » pour le résumé de la Wikipédia française que nous avons lu ; « Sedinho » ou « Sediñho » pour le Brésilien Roberto. Nous les donnons tels qu'ils figurent sur les fiches de doublage et ne les harmonisons pas. Le cumul de Thomas Price et de Ben Becker chez un même comédien est un point notable, que RS-Doublage et la Wikipédia française s'accordent à relever dans leurs listes ; nos sources n'indiquent pas comment les scènes où les deux personnages se parlent ont été enregistrées.

« on s'était mis d'accord sur le fait d'enregistrer le soir. On enregistrait 3 épisodes par soir, 2 soirs par semaine »

— Mathias Kozlowski, voix d'Olivier Atton, entretien du 7 décembre 2003, cité d'après la page Planète Jeunesse (extrait relevé tel quel) · planete-jeunesse.com

Ce rythme (six épisodes par semaine, soit environ vingt-deux semaines pour 128 épisodes si la cadence a été constante, calcul de la rédaction) s'ajoute, dans le récit du comédien, à un lycée le matin et à du piano l'après-midi, avec des séances qui pouvaient durer jusqu'à « 2, 3 h du mat ». Kozlowski décrit une ambiance détendue entre jeunes comédiens, qui alternaient « Olive et Tom » avec une autre série, « Claire et Tipoune ». Il juge avec le recul qu'ils « allaient sûrement un peu trop vite », qu'ils ne lisaient pas, ne relisaient pas et accéléraient dans les scènes où l'on court derrière le ballon, et il attribue cette qualité inégale à la masse de travail et peut-être à une sous-estimation du dessin animé japonais à l'époque. La Wikipédia française précise qu'il reprend le rôle en 2018 pour la nouvelle série.

Trois épisodes par soir, deux soirs par semaine : un doublage de masse, par des comédiens qui découvraient le football.

Ce qui a changé entre le Japon et la France

Le premier changement est l'identité : prénoms occidentaux, ville de Fujisawa et titre à deux héros, hérités d'une adaptation italienne (chapitre IV). Le deuxième est la chanson. Le générique français est chanté par J.-C. Corbel, avec C. Lombard aux chœurs d'après Planète Jeunesse ; selon anisong.fr, il fonctionne sur le modèle des génériques que C. Lombard interprète pour La Cinq. Sa musique n'est pas une création pour la série : AlloCiné et Puremédias l'identifient comme celle du générique italien d'Edgar, le détective cambrioleur, titre français de Lupin III selon Puremédias, et un commentaire publié sous la fiche de Bide et Musique y voit un réemploi au sein du groupe de Silvio Berlusconi, qui possédait la chaîne diffusant Olive et Tom et celle qui diffusait Lupin (hypothèse d'internaute, non sourcée). La Wikipédia française évoque, pour sa part, l'instrumental du générique italien de Lupin III.

Les crédits de la chanson sont contradictoires. La Wikipédia française, telle que résumée, parle d'une composition de J.-C. Corbel, alors que Bide et Musique indique, pour un disque Ades de 1986, Alessandra Valeri-Manera et Carmelo Ninni Carucci pour la musique et Charles Level pour l'adaptation française, J.-C. Corbel étant l'interprète. Nous suivons la fiche de disque, qui est la plus précise, en relevant que son année, 1986, précède de deux ans la diffusion française : elle peut renvoyer à l'enregistrement d'origine de la mélodie ou être une erreur de datation, ce que nous ne savons pas trancher. Le podcast La belle histoire des génériques télé (anisong.fr, première diffusion le 25 juin 2021) propose plusieurs reprises du thème et rappelle la version japonaise « Start Dash ! » du groupe Johnny's WEST pour la série de 2018.

Les modifications de contenu sont mal documentées. Aucune source solide lue ne recense des coupes sur la version diffusée par La Cinq. Deux fils de discussion, l'un sur un forum d'AnimeGuides intitulé « Censure "intelligente" dans Olive et Tom », l'autre sur Animeland à propos d'une « censure sur France 5 », apparaissent dans les moteurs de recherche, mais leurs pages n'ont pas pu être lues ; nous n'en tirons rien. Le contexte de censure d'autres séries à la même période est solide (Hitek, japanim) et ne dit rien d'Olive et Tom en particulier. Une anomalie relevée par la Wikipédia italienne vaut pour l'Italie et peut-être au-delà : l'inversion accidentelle des épisodes 65 et 66, qui « s'est propagée aux éditions étrangères ultérieures » ; nous n'avons pas vérifié la version française, qui n'est pas citée.

Un autre changement est de nature : la même histoire aura plusieurs voix françaises. Pour les films diffusés sur Mangas à partir de 2005 et pour Olive et Tom : Le Retour (2004), le doublage est confié au studio SOFI avec une autre distribution : Antoine Nouel pour Olivier, Sébastien Desjours pour Tom, François Pacôme pour Roberto (Planète Jeunesse). Pour la série de 2018, le studio Chinkel, sous la direction de Stanislas Forlani, avec une adaptation de Laëtitia Benrejdal et Julie Leroy, rappelle des comédiens de 1988 : selon Planète Jeunesse, Kozlowski (Tsubasa), Josso (Genzō Wakabayashi) et Ropion (Roberto Hongo) retrouvent leurs rôles, aux côtés de nouveaux venus (Donald Reignoux pour Kojirō Hyūga, Clément Moreau pour Tarō Misaki). La fiche cite les personnages sous leurs noms japonais ; elle ne dit pas si la version française de 2018 abandonne les noms de 1988. Le spectateur français a donc connu, selon la période, deux Olivier différents : Kozlowski, puis Nouel, le premier revenant en 2018.

Note de la rédaction : la direction de Pierre Fromont, l'équipe d'adaptation et le studio Chinkel pour 2018 n'ont qu'une source, Planète Jeunesse. L'entretien de Kozlowski date de 2003 et ne mentionne pas Pierre Fromont. Le détail du remplacement de Joëlle Guigui par Catherine Privat pour certains rôles à partir d'un certain épisode provient du seul forum Doublage francophone. Les dates d'enregistrement de la série (1987 ? 1988 ?) ne sont documentées nulle part dans les pages lues.

— VI —

Les footballeurs — ce que les sources établissent

L'idée que Captain Tsubasa a fait des footballeurs est partout : « inspiré », « fan », « tatoué ». Elle est rarement documentée. Nous retenons ici la règle d'une double source indépendante par témoignage ; ce qui n'y satisfait pas est écarté ou signalé en note. Trois joueurs passent le test, avec un cas qui se contredit.

JoueurCe que les sources permettent d'écrireStatutSources
Fernando TorresDit avoir commencé à jouer en partie grâce à la série, vue enfant en Espagne (Oliver y Benji), et parce que son frère l'y poussait ; voulait être Oliver, qui jouait sur le terrain, plutôt que Benji, le gardien.Deux sourcesThe42 (déc. 2012, d'après des propos publiés par le site de Chelsea), Al Jazeera (oct. 2022), Slate (2018)
Andrés IniestaParle de « mes dessins préférés depuis tout petit » à Tokyo, le 4 mars 2019, en présence de Takahashi ; il regardait la série avant l'école vers six ou sept ans.Deux sourcesÚltima Hora et Depor (4 mars 2019) ; contexte : Al Jazeera (station de métro à thème)
Hidetoshi NakataDéclare en mai 2017 s'être entraîné au retourné de la série depuis l'enfance et ne pas avoir tenté son geste de Pérouse sans elle ; dit que sans Captain Tsubasa il n'aurait « pas eu de vie de footballeur ».Deux sources Contradictioneiga.com, thetv.jp (événement Hublot, Tokyo) ; contre-propos : Tofugu

« Sans Captain Tsubasa, je ne crois pas que ma vie de footballeur aurait existé. » (traduction de la rédaction)

— Hidetoshi Nakata, présentation du trophée de la Coupe du monde de la FIFA, boutique éphémère Hublot, Tokyo, 24 mai 2017 · thetv.jp

« Depuis tout petit, je m'entraînais au retourné de Captain Tsubasa. » (traduction de la rédaction ; la citation se poursuit sur son geste de Pérouse)

— Hidetoshi Nakata, même événement, compte rendu du 25 mai 2017 · eiga.com

La contradiction concerne Nakata. Le site Tofugu cite, sans date ni origine précise, un propos selon lequel il n'était pas un fan, ne regardait pas la série à la télévision et n'avait pas de vidéos, tout en reconnaissant avoir essayé plusieurs gestes du manga, surtout le retourné ; la bibliographie de Tofugu renvoie à nippon.com, au Daily Mail, à Goal.com et au site de Del Piero, sans qu'on sache laquelle donne la phrase. The New Arab, en novembre 2022, attribue à Nakata une citation « CNN, 2005 » selon laquelle le manga de football très connu l'a inspiré : nous ne l'avons pas retrouvée à la source. Deux lectures sont possibles : un propos de 2017 mûri avec le recul, ou une distinction entre le manga lu et l'anime regardé. Aucune source ne permet de trancher.

Le lien avec le football japonais est affirmé plus qu'il n'est démontré. Comic Natalie écrit que de nombreux professionnels, au Japon comme à l'étranger, se sont passionnés pour le football grâce à la série, sans en donner la liste. La Wikipédia japonaise parle d'un « boom du football » et d'un « boom Captain Tsubasa » au Japon, à une époque où le pays n'avait pas de ligue professionnelle : la J.League ne dispute sa première saison que le 15 mai 1993 (Wikipédia anglaise). Slate rappelle que le Japon se qualifie pour toutes les Coupes du monde depuis 1998 ; c'est une chronologie, non une preuve causale. Takahashi lui-même est réservé : « Je pense que ce n'est pas tant l'influence de Captain Tsubasa que l'attrait du football lui-même » (nippon.com, entretien non daté, traduction de la rédaction). En juin 2023, il est intronisé au Japan Football Hall of Fame, dont le jury, selon la Wikipédia japonaise, souligne une contribution à la diffusion du football au Japon et dans le monde ; la Wikipédia anglaise confirme l'intronisation de 2023. Il dirige par ailleurs le club Nankatsu SC (Wikipédia japonaise et anglaise, Quotidien du Sport).

Un manga qui revendique avoir popularisé le football, et dont l'auteur lui-même s'en défend.

Les inspirations de l'auteur sont elles aussi discordantes. En octobre 2026, au Comic-Con de Málaga, Takahashi cite Zico et Maradona comme références pour Oliver Atom, désigne Lionel Messi comme le joueur qui lui ressemble le plus et Pedri chez les Espagnols, et dit que Mark Lenders n'a pas eu de modèle réel avant que Cristiano Ronaldo n'apparaisse (Infobae et Unitel, d'après l'agence EFE, 4 octobre 2026). Slate, en 2018, parle de Mario Kempes, Diego Maradona et Kazuyoshi Miura, et la Wikipédia française, telle que lue, de Miura seul. Ces versions sont contradictoires, la plus récente étant la seule à citer l'auteur directement. Notons surtout le sens de la comparaison : c'est Takahashi qui compare Messi à son personnage, pas Messi qui se réclame de lui. Le FC Barcelone l'a reçu au Camp Nou le 16 janvier 2016, après que cinq dessins de joueurs du club (Messi, Neymar, Iniesta, Suárez, Piqué) lui eurent été remis à Tokyo lors de la Coupe du monde des clubs (communiqué du club).

Note de la rédaction : témoignages écartés faute de double source. Takashi Inui (propos publiés par Shizuoka Shimbun @S, sur la popularité de la série en Espagne), Lukas Podolski (une phrase d'Al Jazeera), Francesco Totti (une phrase de son autobiographie citée par Il Foglio : il ne connaît pas de joueurs de sa génération qui n'aient pas dévoré ces dessins animés), Shinji Kagawa (ambassadeur d'un projet de ballons en décembre 2023, sans propos sur son parcours, Real Sound). Attributions non étayées : Alessandro Del Piero, Zinédine Zidane, Lionel Messi, Karim Benzema, Neymar. Elles figurent dans des listes (The New Arab, nippon.com, Wikipédia anglaise, Spaia) mais aucune citation d'origine n'a été retrouvée ; le blog Transparent Language l'écrit pour Zidane sans citer aucune source. Nous ne les retenons pas. Les tatouages d'André-Pierre Gignac (Slate) et d'Alejandro Garnacho (The New Arab) attestent un attachement, pas une influence sur une carrière.

— VII —

Films et séries suivantes — repères

La série de 1983 se prolonge au cinéma pendant son propre sillage. Quatre films sortent entre 1985 et 1986 (Wikipédia japonaise et anglaise), distribués par Toei et projetés avec le « Toei Manga Matsuri » selon Pixiv et MOVIE WALKER. Les titres japonais sont, dans l'ordre, Europe Daikessen (), Ayaushi ! Zen Nippon Jr. (), Asu ni mukatte hashire ! () et Sekai Daikessen !! Jr. World Cup. Les trois premiers titres en caractères sont donnés par la Wikipédia japonaise et par MOVIE WALKER ou Planète Jeunesse.

FilmSortie au JaponPremière diffusion en FranceNotes
Europe Daikessen13 juil. 1985 · 41 minMangas, 25 mai 2005FR : « Le défi européen, un match amical » · SOFI · adaptation L. Salva
Ayaushi ! Zen Nippon Jr.21 déc. 1985 · 60 minMangas, 1er juin 2005FR : « Le défi européen, la revanche » · SOFI
Asu ni mukatte hashire !15 mars 1986 · 35 minMangas, 24 oct. 2007FR : « La Coupe du monde, la sélection » · SOFI
Sekai Daikessen !! Jr. World Cup12 juil. 1986 · 57 minMangas, 31 oct. 2007FR : « La Coupe du monde junior » · SOFI

Les dates japonaises sont celles de la Wikipédia japonaise et de la Wikipédia anglaise ; les durées viennent de la Wikipédia anglaise, recoupée par Planète Jeunesse, ANN et MOVIE WALKER pour trois des films (le 60 minutes du deuxième n'a qu'une source). En France, ces films n'ont pas suivi la série sur les chaînes hertziennes : ils passent sur la chaîne câblée Mangas à partir de 2005, avec le doublage SOFI et une autre distribution, ce qui sépare nettement le « Olivier » de 1988 de celui des films (chapitre V). Un cinquième film, Saikyō no Teki ! Holland Youth (6 novembre 1994, J.C.Staff selon la Wikipédia japonaise), relève de la série suivante et n'est qu'évoqué ici.

Les séries suivantes, en simple contexte

Shin Captain Tsubasa est une série de 13 épisodes en vidéo, de 1989 à 1990 (Wikipédia japonaise et anglaise, Génériques Télé), animée par Animate Film et réalisée par Osamu Sekita selon Planète Jeunesse ; elle fait jouer à l'équipe du Japon un tournoi des juniors à Paris. Captain Tsubasa J est diffusé du 21 octobre 1994 au 22 décembre 1995 sur Fuji TV, en 47 épisodes, par Studio Comet (Wikipédia anglaise et japonaise). Captain Tsubasa : Road to 2002 est diffusé du 7 octobre 2001 au 6 octobre 2002 en 52 épisodes sur TV Tokyo (Wikipédia anglaise et japonaise) ; son studio est « Group TAC » pour ces deux sources, « Madhouse » pour Planète Jeunesse. C'est la série que la France connaît comme Olive et Tom : Le Retour : première diffusion le 21 avril 2004 sur France 5 (Midi les Zouzous) selon Planète Jeunesse, contre 2002 dans le résumé de la Wikipédia française que nous avons lu, peut-être par confusion avec la rediffusion de la série de 1983 sur la même case le 29 avril 2002 (hypothèse de la rédaction) ; Mangas la reprend le 1er septembre 2004 (Planète Jeunesse).

La série de 2018, par David Production, compte 52 épisodes : du 3 avril 2018 au 2 avril 2019 pour la Wikipédia japonaise, du 2 avril 2018 au 1er avril 2019 pour la Wikipédia anglaise, un jour d'écart qui s'explique peut-être par un horaire de diffusion nocturne (hypothèse non vérifiée). Sa suite, « Junior Youth » (Studio Kai, réalisée par Katsumi Ono), est diffusée du 1er octobre 2023 au 30 juin 2024 (Wikipédia japonaise et anglaise). En France, la série de 2018 passe en version originale sous-titrée sur ADN le 2 avril 2018, puis sur TF1 le 30 juin 2019 et sur TFX en septembre 2019 (Planète Jeunesse). Le manga Rising Sun s'achève en avril 2024 (Wikipédia anglaise), et Takahashi annonce l'arrêt début janvier 2024 (AFP, Malay Mail), disant n'avoir eu aucune idée que le monde entier la verrait.

Les ordres de grandeur de diffusion à l'étranger divergent : « plus de 50 pays » pour la Wikipédia japonaise, « plus de 100 pays » pour l'AFP en 2024, sans qu'on puisse les départager. Dans les pays arabophones, le titre est devenu Captain Majid, avec un héros arabe (Wikipédia anglaise et japonaise) ; la Wikipédia japonaise ajoute une diffusion sur le réseau Iraq Media Network depuis l'automne 2005, avec le parrainage du ministère japonais des Affaires étrangères, et la Wikipédia anglaise des autocollants à l'effigie des personnages posés en 2004 sur vingt-six citernes à eau par les forces d'autodéfense à Samawah.

Note de la rédaction : les noms de réalisateurs des films (voir chapitre III), l'identité du studio de Road to 2002 et les dates de diffusion française de ce dernier divergent. Le français « Olive et Tom : Le Retour » n'a pas été diffusé en même temps que la série d'origine ; nous le traitons comme une série distincte.

— VIII —

Éditions vidéo et héritages

Côté édition, les sources distinguent plusieurs époques. D'après Planète Jeunesse, la série existe en VHS dans les années 1990 chez AB Vidéo, en avril 1998 chez Manga Power, à la fin des années 1990 chez Une Vidéo, puis au début des années 2000 chez Mangas ; en DVD en 2002 chez AB Vidéo, puis le 20 juin 2010 chez IDP en édition collector. Manga-news recense AB Vidéo et IDP Home Video, vingt et un volumes standard et des coffrets, et note que la distribution est arrêtée. Le miroir d'une ancienne version de la Wikipédia française ajoute Déclic Images, TF1 Vidéo, PolyGram Vidéo, Manga Distribution et Hachette Collections, sans que nous ayons pu confirmer ces mentions ailleurs. Pour les films 1, 2 et 4, le DVD d'AB Vidéo date du 22 juin 2006 (Planète Jeunesse) ; pour Le Retour, de juillet 2008 chez AB Vidéo, puis de février 2011 chez IDP ; pour la série de 2018, du 5 mai 2020 chez Kaze.

La série est aussi redevenue accessible en ligne : WAT.tv en 2014, YouTube et Dailymotion (octobre 2015 pour Planète Jeunesse), MYTF1, puis Pluto TV depuis septembre 2024 (Wikipédia française). La Wikipédia française résume la série comme un « dessin animé culte » ; les pages lues n'appuient cette formule sur aucune mesure d'audience.

Un doublage rapide et des noms italiens, devenus pour toute une génération le nom même du football à la télévision.

Les héritages sont de plusieurs ordres. Sur le plan des images, la série a imposé un répertoire de gestes : Planète Jeunesse parle de « coups spéciaux » distinctifs, Génériques Télé de techniques imaginaires et de noms de tirs, et Mes années 80-90 rappelle la critique récurrente des terrains « longs d'un kilomètre », que le blog assume comme une part de son charme. Sur le plan sportif, Takahashi est fait citoyen d'honneur de Katsushika en décembre 2018 (Wikipédia japonaise et anglaise) et une statue de Tsubasa est érigée dans cet arrondissement au printemps 2013 (Wikipédia anglaise, MyAnimeList). Il préside Nankatsu SC et, selon Le Quotidien du Sport (février 2023), deux anciens internationaux japonais, Jun'ichi Inamoto et Yasuyuki Kono, y ont rejoint le projet d'un club professionnel.

En France, le retour de 2018 est présenté par la presse comme un événement générationnel : Slate note que l'annonce du 1er avril 2018 a été l'un des articles les plus partagés d'un grand quotidien sportif, et ActuaLitté rapporte, en novembre 2019, des dessins de Takahashi pour l'équipe de France à l'occasion de l'Euro 2020, avec la Fédération française et VIZ Media Europe, où l'auteur dit sa satisfaction d'avoir inspiré des joueurs devenus professionnels (source unique). Ni l'une ni l'autre de ces informations ne mesure la réception de la série d'origine.


— IX —

Zones d'ombre et contradictions

Un dossier sur une série que tout le monde croit connaître doit dire où elle se dérobe. Voici ce que les pages consultées ne permettent pas d'établir, ou ne permettent d'établir que de manière contradictoire.

Genèse et production

La date exacte du début de la prépublication (31 mars ou 18 avril 1981), l'âge de l'auteur (20 ou 21 ans), le rôle de l'épisode 4 dans la survie de la série, l'intervention de la direction de la programmation de TV Tokyo, la fondation de Tsuchida Production (1974 ou 1976), la date et la forme de sa faillite et l'ordre de la scission de Studio Comet n'ont pas de réponse unique. L'allocation des épisodes entre réalisateurs, les crédits d'animation, de finition et de décors ne sont pas dans les pages lues, et les lectures « Kogai / Ogai » et « Shigegaki / Mogaki » restent ouvertes. Les bases Nautiljon, Anime News Network (fiche principale) et AniDB n'ont pas pu être consultées.

France

La date d'enregistrement du doublage, la direction de Pierre Fromont, l'équipe d'adaptation, le script de départ (japonais ou italien), d'éventuelles coupes à la diffusion sur La Cinq ou au Club Dorothée, les audiences françaises et les archives de l'INA ne sont pas recoupés. L'origine exacte du générique (composition ou emprunt) est discordante entre les sources. La Wikipédia française, que nous n'avons lue que par résumé, a pu contenir des précisions que nous n'avons pas vues.

Témoignages et influence

Seuls trois joueurs (Torres, Iniesta, Nakata) satisfont la règle de la double source, et Nakata se contredit entre deux sources. Aucun entretien étayé ne relie Del Piero, Zidane ou Messi à la série. L'effet causal sur le football japonais, sur le nombre de licenciés ou sur la J.League n'est documenté par aucune des pages lues, hormis les déclarations de Nakata en 2017 et la prudence de Takahashi.

SAKUGAART souhaite documenter ces trajectoires. Si vous avez travaillé sur la série au Japon (réalisation, animation, décors, finition) ou en France (doublage à Unité 2, adaptation, diffusion à La Cinq, au Club Dorothée), ou si vous conservez des documents d'époque (générique, feuilles de montage, cels, magazines, cassettes), la rédaction serait heureuse de recueillir votre témoignage, dans le respect de vos souhaits de confidentialité.

SAKUGAART · DossierRédacteur : M. El Uasti
Share
Related Articles
Madame Pepperpote - スプーンおばさん
anime 80's

Madame Pepperpote – スプーンおばさん

Madame Pepperpote — Spoon Oba-san — SAKUGAART Dossier · Série TV d'animation...

北斗の拳
anime 80's

Hokuto no Ken – Ken le survivant – 北斗の拳 

Hokuto no Ken — Ken le survivant — SAKUGAART Dossier · Série...

アタッカーYOU
anime 80's

Attacker YOU! Jeanne et Serge -アタッカーYOU!

Attacker YOU! — Jeanne et Serge — SAKUGAART Dossier · Série TV...

トム・ソーヤーの冒険
anime 80's

Tom Sawyer – トム・ソーヤーの冒険

Tom Sawyer (1980) — SAKUGAART Dossier · Série TV · Équipe, décors,...