Directeur artistique · Studio Fuga · Atelier Ogura · Portrait
Hiromasa
Ogura
小倉宏昌 · né 1954 · Tōkyō · Kobayashi Pro 1977 · Studio Fuga 1983 · Atelier Ogura 2007
Kobayashi Production 1977 → Studio Fuga 1983 → Atelier Ogura 2007 → aujourd'hui
Mamoru Oshii voulait montrer une ville qui s'effondre sous son propre poids. Il avait besoin de quelqu'un capable de peindre des bâtiments dont les murs transpirent, où chaque signe d'usure raconte une histoire. Hiromasa Ogura est cet homme. Depuis Patlabor jusqu'à Ghost in the Shell et au-delà, il est le directeur artistique de la dystopie urbaine japonaise — et il travaille encore au pinceau.
L'entrée chez Kobayashi — un tableau, et un destin
En 1977, Hiromasa Ogura se présente à Kobayashi Production. Il a 23 ans. Il montre son portfolio. Le même jour, Hiroshi Ono se présente lui aussi. Ogura raconte dans son interview avec Tom's World (2019) :
Quand j'ai vu l'état des lieux à Kobayashi Pro, j'ai pensé que ce serait un endroit agréable où travailler. J'ai montré mon travail, on m'a dit de revenir le lendemain. Ohno était là lui aussi. Alors ce jour-là, nous avons tous les deux intégré la compagnie en même temps.
— Hiromasa Ogura, entretien Tom's World / Karageko.com, 2019
Sa première production : les fonds de Rémi sans famille (1977, Dezaki). Ensuite Takarajima (1978), Le Château de Cagliostro (1979, Miyazaki) — à 25 ans, il peint les décors de l'architecture gothique fictive d'un film de Miyazaki. Aim for the Ace! Movie (1979), Ashita no Joe 2 (1980), Harmagedon (1983, Rintarō). En 1983, il cofonde Studio Fuga avec Mizutani et Ono. En 1987, il signe sa première grande direction artistique : Royal Space Force — The Wings of Honnêamise (Gainax), à 33 ans.
La rencontre Oshii — une collaboration de trente ans
En 1987, Ogura travaille sur Twilight Q: Mystery File 538 de Mamoru Oshii. C'est la rencontre qui définira sa carrière. Oshii a besoin d'un peintre capable de représenter une ville qui se défait — où le futur et le passé coexistent dans le même plan, où les gratte-ciels voisinent avec des quartiers en décrépitude. Ogura possède précisément cette sensibilité héritée de Kobayashi : une attention obsessionnelle aux traces d'usure sur les bâtiments.
Son attention particulière aux signes d'usure sur les bâtiments est un complément parfait aux visions urbaines dystopiques fréquentes d'Oshii.
— Riekeles Gallery, fiche Hiromasa Ogura
Il devient le DA de Patlabor : The Movie (1988), Patlabor 2 (1993), Ghost in the Shell (1995), Jin-Roh (1999), Ghost in the Shell 2 : Innocence (2004). Cette suite forme le corpus visuel le plus cohérent de l'animation cyberpunk mondiale.
Ghost in the Shell (1995) — un système d'éclairage inédit
Sur Ghost in the Shell, Ogura développe une technique d'éclairage entièrement nouvelle pour l'animation. Plutôt que d'utiliser le contraste classique pour contrôler la lumière, il intègre les sources lumineuses directement dans les cellulos, avec une attention aux ombres et contre-jours systématique. Wikipedia EN documente sa description :
Art director Hiromasa Ogura described this as « a very unusual lighting system » — la lumière et l'obscurité étaient intégrées aux cels avec attention aux sources de lumière et d'ombre, plutôt qu'en utilisant le contraste pour contrôler la lumière.
— Wikipedia EN, Ghost in the Shell (1995 film)
Le film est nominé aux Annie Awards 1996 dans la catégorie « Best Achievement in Production Design » — Hiromasa Ogura et Takashi Watabe y sont nommés. Les Wachowski ont montré ce film à leur producteur Joel Silver en disant : « Nous voulons faire ça pour de vrai. » La suite, c'est The Matrix.
Atelier Ogura (2007) — le dernier bastion de l'analogique
En 2007, Ogura fonde son propre studio — Ogura Koubou (Atelier Ogura). Il peut désormais choisir ses projets entièrement. Il choisit systématiquement des œuvres à registre sombre : Ghost Hound (2007), Black Butler (2008), Strike Witches (2008), 91 Days (2016), Junji Ito Collection (2018), The Fire Hunter (2023). En 2021, des photographies prises dans son studio montrent sa table à layout en bois, ses crayons, ses pinceaux, son papier. Riekeles Gallery :
Bien qu'aujourd'hui une jeune génération utilise l'animation numérique dans tous les domaines de la production, les outils les plus importants pour Hiromasa Ogura restent encore la table à layout, le papier, le crayon et le pinceau.
— Riekeles Gallery, fiche Hiromasa Ogura, 2021
En 2026, à 72 ans, Ogura travaille toujours en analogique. C'est le legs vivant de l'école Kobayashi.
Shirobako — une apparition comme lui-même
En 2015, Ogura apparaît en tant que lui-même dans l'épisode 19 de Shirobako, la série méta sur les métiers de la production anime. Ce caméo, rarissime pour un directeur artistique, mesure son statut dans l'industrie : suffisamment emblématique pour être un personnage de fiction dans une œuvre sur les artisans de l'animation. Depuis 2015 également, il conseille la Deho Gallery — un studio fondé par d'anciens peintres de fonds Ghibli qui perpétue la pratique analogique.
Filmographie sélective
| Année | Titre | Rôle |
|---|---|---|
| 1977-83 | Rémi, Takarajima, Cagliostro, Joe 2, Harmagedon | Peintre de fonds |
| 1987 | Royal Space Force — Wings of Honnêamise | DA ★ |
| 1988 | Akira | Fonds (Studio Fuga) |
| 1988-89 | Patlabor OVA | DA |
| 1989 | Patlabor : The Movie | DA ★ |
| 1993 | Patlabor 2 : The Movie | DA ★ |
| 1995 | Ghost in the Shell | DA ★ — Annie Award nomination |
| 1999 | Jin-Roh : The Wolf Brigade | DA |
| 2000 | FLCL | DA |
| 2004 | Ghost in the Shell 2 : Innocence | DA ★ |
| 2006 | The Girl Who Leapt Through Time | DA |
| 2007 | Fondation Atelier Ogura (Ogura Koubou) | Directeur |
| 2009 | Summer Wars | Fonds |
| 2016 | 91 Days | DA + Chief Anim. Director |
| 2018 | Junji Ito Collection | DA |
| 2023 | The Fire Hunter | DA |
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