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Artisans des studios japonais

Bruno Bianchi, le père de l’Inspecteur Gadget – ブルーノ・ビアンキ ・ 一九五五 ― 二〇一一

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Bruno Bianchi — le créateur de l'Inspecteur Gadget · SAKUGAART
Portrait · Character designer · Réalisateur

Bruno Bianchi, le père de l'Inspecteur Gadget

ブルーノ・ビアンキ ・ 一九五五 ― 二〇一一

Une silhouette d'imperméable beige, un chapeau à hélice, une maladresse universelle : l'Inspecteur Gadget est l'une des créations françaises les plus mondialement diffusées de l'histoire de l'animation. Son créateur s'appelle Bruno Bianchi. Sorti de l'IUT de Tours pour rejoindre l'aventure DIC, il forme avec Jean Chalopin et Bernard Deyriès le trio qui a produit Ulysse 31, les Cités d'Or, Inspecteur Gadget et tant d'autres. Portrait d'un dessinateur disparu trop tôt, dont le personnage le plus célèbre est connu de centaines de millions de spectateurs qui ignorent son nom.

1955 — 2011Créateur de GadgetTrio DICParis · LA · Japon
Nom
Bruno Bianchi
1955 — 2011
Formation
IUT de Tours
puis DIC
Création majeure
Inspecteur Gadget
character design
Trio
Chalopin · Deyriès
· Bianchi
Cités d'Or
1982
artisan DIC
Autres
Minipouss · MASK
Jayce · Bisounours
Vécut
Paris · LA · Japon
carrière internationale
Aussi
Iznogoud · Carlos
réalisation
— I —

De l'IUT de Tours à l'aventure DIC

Bruno Bianchi naît en 1955. Sa trajectoire commence à Tours, berceau de toute l'épopée DIC : c'est en sortant de l'IUT de Tours qu'il rejoint l'équipe que Jean Chalopin est en train de constituer. Autour de Chalopin et Bernard Deyriès gravitent alors quelques « petites mains » appelées à devenir essentielles — Philippe Bouchet (le futur Manchu), Jean Barbaud, Marie-Pierre Journet, et Bianchi.

Ce groupe fondateur, tourangeau, est celui qui transforme DIC d'une société de films publicitaires en producteur de séries. La première grande réussite, Ulysse 31, est un travail collectif : Chalopin au scénario, Manchu aux vaisseaux, et le reste de l'équipe — dont Bianchi — qui dessine et assemble. Bianchi y fait ses armes avant de devenir l'un des piliers créatifs de la maison.

— II —

Le trio Chalopin-Deyriès-Bianchi

Très vite, un trio se distingue au cœur de DIC : Chalopin (le concepteur-producteur), Deyriès (le réalisateur), Bianchi (le character designer-réalisateur). Cette triade va enchaîner les séries qui ont marqué deux générations : Les Mystérieuses Cités d'Or (1982), Les Minipouss, Les Bisounours, Jayce et les Conquérants de la Lumière, MASK.

Sur les Cités d'Or, Bianchi fait partie de l'équipe DIC qui co-construit la série avec la partie japonaise. Comme Deyriès, il appartient à cette école française qui a appris à dialoguer — et parfois à négocier âprement — avec les studios japonais sur le style, les personnages, le ton. Ces séries, diffusées par les grandes chaînes françaises, ont popularisé une certaine forme d'animation « à la japonaise » auprès du public français, au même titre que les Goldorak et Albator des cases concurrentes.

— III —

Inspecteur Gadget — une icône mondiale

La création qui scelle son nom dans l'histoire est Inspecteur Gadget (1983), co-créé avec Jean Chalopin et Andy Heyward. Bianchi en est le character designer : c'est lui qui donne forme à cette silhouette de détective cybernétique maladroit, à la gabardine et au chapeau truffé de gadgets, flanqué de sa nièce Sophie et du chien Finot.

Le personnage devient un phénomène mondial — une franchise déclinée en séries, films, produits dérivés, diffusée sur tous les continents pendant des décennies. Peu de créations françaises d'animation ont atteint cette pénétration planétaire. Gadget est, à lui seul, l'un des plus grands succès d'exportation de l'animation française — et son visage est l'œuvre de Bianchi.

Des centaines de millions de spectateurs connaissent l'Inspecteur Gadget. Presque aucun ne connaît le nom de l'homme qui l'a dessiné.

— IV —

L'homme aux trois continents

La carrière de Bianchi épouse la géographie de DIC : Paris, Los Angeles, et le Japon, où il a longtemps vécu. Cette vie entre trois continents est la marque d'une génération d'artisans français happés par l'industrialisation mondiale de l'animation des années 1980 — produire en France, fabriquer au Japon, distribuer depuis les États-Unis.

Au-delà de Gadget, on lui doit la participation ou la réalisation de nombreux titres, jusqu'à des adaptations comme une version d'Iznogoud ou La Vie de Carlos dans les années 1990. Ceux qui l'ont côtoyé, à Angoulême comme à Japan Expo, décrivent un homme toujours disponible et affable — loin de la distance qu'on prête parfois aux créateurs à succès.

— V —

Un héritage sous-estimé

Bruno Bianchi meurt en 2011, à 56 ans. Sa disparition met en lumière un paradoxe que SAKUGAART s'attache à corriger : l'écart entre la notoriété mondiale d'une création et l'anonymat de son créateur. Gadget est universel ; Bianchi est méconnu.

Son héritage est pourtant considérable : il a co-créé l'un des personnages d'animation français les plus diffusés au monde, il fut l'un des trois piliers de la maison qui a fait exister une industrie française du dessin animé, et il a contribué, sur les Cités d'Or, à l'une des plus belles réussites de la coproduction franco-japonaise. Documenter Bianchi, c'est rendre à un artisan majeur la place que sa discrétion — et la nôtre, spectateurs — lui avait refusée.

Articles connexes dans le corpus SAKUGAART

  • Le dossier Les Mystérieuses Cités d'Or et la fiche Ulysse 31.
  • Les portraits de Jean Chalopin et Bernard Deyriès — le trio DIC.
  • Les portraits de Mitsuru Kaneko, Mitsuki Nakamura, Toshiyasu Okada — la partie japonaise.
  • L'annonce du livre Les séries de notre enfance (Eluasti & Zemrak) — l'ouvrage de référence sur DIC.

Sources & références

Note méthodologique. Dates (1955-2011), formation (IUT de Tours), appartenance au trio DIC, création de l'Inspecteur Gadget (avec Chalopin et Andy Heyward), participation aux Cités d'Or et filmographie : éléments établis par les sources citées (hommage ComixTrip recoupé par notice de médiathèque). La documentation publique sur Bianchi étant plus restreinte que pour ses associés, ce portrait s'en tient strictement aux faits corroborés et signale cette relative rareté documentaire. Article rédigé pour SAKUGAART, site éditorial dédié à l'animation japonaise.

SAKUGAART · PortraitBruno Bianchi · 1955-2011 · créateur de l'Inspecteur Gadget
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