Directeur artistique · Studio Fuga (directeur actuel) · Portrait
Hiroshi
Ono
大野広司 · né 1952 · Aichi · Kobayashi Pro 1977 · Studio Fuga 1983 → directeur depuis 1997
Kobayashi Production 1977 → Studio Fuga 1983 → Directeur Studio Fuga 1997 → aujourd'hui
Il a quitté la production d'Akira à mi-chemin parce que Studio Ghibli l'appelait. On ne refuse pas Miyazaki. C'est ainsi que Hiroshi Ono a raté le film le plus culte de l'histoire de l'anime pour peindre Kiki sur son balai. Et personne ne lui en tient rigueur — Kiki la petite sorcière est aussi un chef-d'œuvre.
Kobayashi Pro — le même jour qu'Ogura
Hiroshi Ono naît en 1952 dans la préfecture d'Aichi. Son entrée dans l'animation se fait à Kobayashi Production en 1977 — le même jour qu'Hiromasa Ogura, détail documenté par Ogura lui-même dans son interview de 2019. Ils commencent ensemble sur Rémi sans famille, apprennent côte à côte sous Kobayashi Shichirō et Toshiharu Mizutani (déjà présent depuis 1972). Ono débute comme directeur artistique en 1982 sur Tonde Mon Pe — sa première grande direction solo.
Sa femme, Yumiko Ohno, est l'une des associées fondatrices de Studio Fuga au moment de la création en mars 1983. Ono rejoint le studio peu après l'acte officiel de fondation, faisant de Studio Fuga une affaire littéralement familiale autant que professionnelle.
L'anecdote Akira-Kiki — un choix impossible
En 1988, Ono commence à travailler avec Mizutani sur les fonds d'Akira (Otomo). Puis le téléphone sonne. C'est Studio Ghibli. Hayao Miyazaki prépare Kiki la petite sorcière et veut Ono comme directeur artistique. L'exposition berlinoise de 2022 documente ce moment avec précision :
En 1988, Ohno a commencé à travailler avec Mizutani sur les fonds d'Akira, mais a ensuite reçu un appel de Studio Ghibli l'invitant à devenir le directeur artistique du film de Hayao Miyazaki, Kiki la petite sorcière (1989), une offre qu'il a estimé ne pas pouvoir refuser. Ohno a quitté Akira en milieu de production.
— ChannelDraw, résumé exposition Akira — The Architecture of Neo Tokyo, Berlin 2022
Ce choix dit beaucoup. Ono aurait pu rester sur Akira — le film qui allait devenir le plus culte de l'animation japonaise. Il choisit Kiki. Ce n'est pas un choix commercial (les deux films sortent la même année, Akira en juillet, Kiki en juillet également). C'est un choix artistique : la douceur contre la violence, la lumière contre la nuit, le voyage initiatique d'une jeune sorcière contre la dystopie post-nucléaire.
Kiki la petite sorcière (1989) — la lumière méridionale
Kiki la petite sorcière est un film de lumière. La ville fictive de Koriko — inspirée de Stockholm et de diverses villes méditerranéennes — doit sa palette particulière à Ono : rues pavées brillantes sous la pluie, toits en ardoise dans les bleus-gris, marchés en bois peints dans les ocres chauds, façades éclairées par un soleil du sud. C'est une luminosité radicalement différente des Ghibli forestiers de Totoro (Oga) ou de Pompoko — Ono apporte une clarté urbaine, presque impressionniste.
Les fonds de Kiki sont réalisés par Studio Fuga (crédité sur l'ANN), sous la direction artistique d'Ono. C'est l'une des premières grandes productions Ghibli après Totoro — et l'une des plus importantes en termes de construction d'identité visuelle pour le studio naissant.
Studio Fuga — quarante ans de permanence
Depuis 1997, Ono dirige Studio Fuga — après le départ de Mizutani vers Moon Flower. Sous sa direction, le studio traverse les décennies avec une régularité remarquable, travaillant pour Ghibli, Madhouse, Production I.G, et de nombreux autres. Studio Fuga déménage de Nakano (1983) à Suginami (2016) puis à Asagaya-Minami (2024) — trois adresses, toujours dans le cluster de l'animation de l'ouest tokyoïte.
Ono publie en 2013 Ohno Hiroshi Background Art (Kosaido), l'un des rares ouvrages dédiés au travail d'un directeur artistique de fonds au Japon. Ce livre de référence circule dans les écoles d'animation du pays comme manuel informel.
Les œuvres de la maturité
Sous la direction d'Ono, Studio Fuga signe des œuvres majeures dans les années 2000-2020. A Letter to Momo (Hiroyuki Okiura, 2011) — production qui a duré onze ans — bénéficie de ses fonds d'une précision obsessionnelle sur l'architecture des îles de la mer Intérieure. Wolf Children (Mamoru Hosoda, 2012) lui demande de peindre à la fois la ville et la forêt — les deux univers visuels du film — avec deux palettes radicalement différentes.
Le couronnement : Miss Hokusai (Keiichi Hara, 2015), grand film sur la fille du peintre Hokusai, qui reçoit le Jury Award au Festival d'Annecy. Les fonds d'Ono — Edo reconstitué au XIXᵉ siècle, brumes sur la rivière Sumida, ateliers d'artisans — sont salués par la critique internationale comme une reconstruction architecturale et atmosphérique d'une précision rarement atteinte.
Filmographie sélective
| Année | Titre | Rôle |
|---|---|---|
| 1977-82 | Rémi sans famille, Takarajima, Ashita no Joe 2 | Peintre de fonds |
| 1982 | Tonde Mon Pe | Première DA ★ |
| 3 mars 1983 | Fondation Studio Fuga | Cofondateur |
| 1988 | Akira | Fonds — mi-production |
| 1989 | Kiki la petite sorcière (Ghibli) | DA ★ |
| 1992+ | Yawara! A Fashionable Judo Girl | DA |
| 1997 | Directeur de Studio Fuga | Direction |
| 2011 | A Letter to Momo (Okiura) | DA ★ |
| 2012 | Wolf Children (Hosoda) | DA ★ |
| 2013 | Ohno Hiroshi Background Art (Kosaido) | Publication |
| 2015 | Miss Hokusai (Hara) — Jury Award Annecy | DA ★★ |
| 2024 | Studio Fuga — Asagaya-Minami | Déménagement |
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