Série TV · 1971-1972 · TMS (Tokyo Movie) · Yomiuri TV · 23 épisodes
Lupin
III
ルパン三世 · Monkey Punch · TMS · Yomiuri TV · 24 oct. 1971
La série qui a mis Miyazaki et Takahata à la réalisation pour la première fois. La série qui a défini le ton de toute la franchise Lupin. Commencée par Masaaki Ôsumi, reprise par deux futurs fondateurs de Ghibli après l’épisode 2. Une production chaotique dont est née une icône.
Ôsumi — la vision adulte originelle
Le 24 octobre 1971, Yomiuri TV diffuse le premier épisode de Lupin III, adapté du manga de Monkey Punch publié dans Weekly Manga Action depuis 1967. Le réalisateur est Masaaki Ôsumi. Sa vision est fidèle au manga original — adulte, érotique, violent, avec un Lupin manipulateur et sans scrupule. Les audiences décollent mal. Après la diffusion du deuxième épisode, le commanditaire demande des changements. Ôsumi refuse. Il est renvoyé.
La série est la première de l’histoire de l’animation japonaise conçue explicitement pour un public adulte — avec des thèmes de violence et de sexualité inhabituels dans l’anime TV de l’époque. Ce positionnement avant-gardiste est à la fois sa force et sa faiblesse commerciale.
Miyazaki & Takahata — le virage lumineux
Hayao Miyazaki et Isao Takahata venaient de rejoindre A-Production pour adapter Fifi Brindacier (Pippi Longstocking) — projet annulé après que Miyazaki s’était rendu en Suède pour négocier les droits, en vain. Disponibles, ils sont choisis pour remplacer Ôsumi à partir de l’épisode 8. Ils ne briguaient pas le poste — Takahata se souvient qu’ils étaient « franchement négatifs » face à la série, détestant le thème du voleur et son « charme bon marché ».
Ils acceptent cependant et opèrent une transformation radicale : Lupin devient « joyeux et positif », Jigen « aimable et amusant », le côté érotique de Fujiko est supprimé. La série prend un ton d’aventure comique qui deviendra le registre canonique de la franchise. Miyazaki travaille à un « rythme frénétique » — storyboards, designs, key animation — imprimant ses obsessions visuelles (voitures, avions, mécanismes) dès ces tout premiers travaux.
L’épisode 10, le premier vrai épisode du duo, est plein de miyazakismes. Le scénario, impliquant un faussaire, rappelle déjà Le Château de Cagliostro dans certaines scènes, comme Lupin coincé sur une grande horloge. La scène finale, une bagarre dans la neige, ressemble à la propre bagarre de Porco Rosso.
— Animetudes.com — The History of TMS Part 6: Lupin the Third · animetudes.com
Dezaki sous pseudonyme — quatre épisodes fondateurs
Osamu Dezaki storyboarde 4 épisodes de la série (n° 3, 7, 13, 17) sous le pseudonyme Sai Kuyo — parce qu’il est encore employé chez Mushi Production et ne peut pas signer officiellement pour un studio concurrent. Ces épisodes portent déjà l’empreinte stylistique de Dezaki : sensibilité aux éclairages, superimpositions de couleurs, images fixes dramatiques. L’épisode 13 en particulier est considéré comme l’un des sommets de la série — et préfigure un film Lupin ultérieur (le voyage dans le temps de Mamo).
La franchise Lupin — une architecture de 60 ans
| Année | Titre | Note |
|---|---|---|
| 1971-72 | Lupin III Part I — Veste verte (23 éps.) | ★ Ôsumi → Miyazaki / Takahata |
| 1977-80 | Lupin III Part II — Veste rouge (155 éps.) | Succès massif — TMS / Shin-Ei |
| 1978 | Le Mystère de Mamo (film) | 1er film — budget record pour l’époque |
| 1979 | Le Château de Cagliostro (film) | ★★ Miyazaki 1er long-métrage |
| 1984-85 | Lupin III Part III — Veste rose (50 éps.) | |
| 1989+ | Série de spéciaux TV annuels | Dezaki réalisateur des premières |
| 2015-16 | Lupin III Part IV (26 éps.) | Set en Italie — réédition internationale |
| 2023 | City Hunter: Angel Dust | Crossover Lupin III x City Hunter |
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