Série TV · 1976-1979 · Toei Animation · NET (TV Asahi) · 115 épisodes
Candy
Candy
キャンディ♡キャンディ · Kyôko Mizuki · Yumiko Igarashi · Toei Animation · 1er oct. 1976
La première adaptation d'un manga shôjo en série TV japonaise. 115 épisodes. 300 pays. 26 langues. Et depuis 1998, une guerre juridique entre deux auteurs qui a rendu la série introuvable légalement — et d'autant plus désirée.
Naissance — de Keiko Nagita à Kyôko Mizuki
Tout commence avec Keiko Nagita — auteure de littérature enfantine japonaise qui publie un roman en prose, Candy Candy, en avril 1975. Le magazine Nakayoshi (Kodansha) — intéressé par une œuvre manga dans l'esprit des grands classiques de littérature pour filles (Heidi, Anne of Green Gables) — propose à Nagita d'associer son récit à une dessinatrice. C'est Yumiko Igarashi qui est choisie. Nagita adopte le pseudonyme Kyôko Mizuki pour la publication manga. La série est serialisée dans Nakayoshi d'avril 1975 à mars 1979.
L'histoire : Candy Neige, orpheline trouvée dans la neige, élevée à la Maison Pony (Indiana, fin XIXe siècle), adoptée par la famille Leagan, envoyée à Londres, étudiante infirmière pendant la Première Guerre mondiale. Le récit s'inspire directement de Daddy-Long-Legs de Jean Webster (1912) — la relation tuteur/protégée, le protecteur mystérieux révélé à la fin. En 1977, le manga remporte le 1er Prix Kodansha manga shôjo à égalité avec Haikara-san ga Tôru.
L'anime — première grande adaptation shôjo de l'histoire
Candy Candy est adaptée par Toei Animation dès octobre 1976 — soit seulement 18 mois après le début du manga. La série dure 115 épisodes de 26 minutes, diffusés jusqu'en février 1979. C'est la première grande adaptation animée d'un manga shôjo à être exportée massivement à l'étranger — avant même la fin de sa diffusion japonaise.
Depuis sa première en 1976, la série a été un succès pour Toei, ce qui a conduit à l'exportation de la série dans plus de 300 pays à travers l'Europe, les Amériques et l'Asie, traduite en 26 langues.
— The Dubbing Database Fandom · dubdb.fandom.com
La série anime introduit plusieurs conventions narratives qui deviendront des standards du shôjo pour les décennies suivantes : le triangle amoureux prolongé, l'héroïne orpheline en quête identitaire, les rivales amoureuses clairement démarquées, les élisodes de deuil prolongés. L'anime ajoute aussi des élisodes et scènes absents du manga — notamment en détaillant les ellipses temporelles que Mizuki/Igarashi avaient laissées implicites.
France — Recré A2 et le générique de Dorothée
En France, Candy Candy est le premier anime shôjo à être diffusé en prime time enfantin. C'est Jacqueline Joubert, responsable de l'unité jeunesse d'Antenne 2, qui décide de le programmer le 18 septembre 1978 — jour du lancement de l'émission Recré A2. Candy Candy est l'une des séries fondatrices de cette émission historique, aux côtés de Goldorak.
Le générique français est chanté par Dorothée — animatrice phare d'Antenne 2 et future présentatrice du Club Dorothée. Cette chanson (« Candy, Candy, Candy, j'aime le candi... ») est mémorisée par des millions d'enfants français. La série est rediffusée sur Antenne 2, TF1, La 5, M6 et plusieurs chaînes câblées jusqu'en 1994 — soit seize ans de diffusion. Aucune autre série shôjo n'atteindra une longevéité comparable en France.
Les procès — l'œuvre la plus bloquée de l'histoire de l'anime
Depuis 1998, Candy Candy est interdit de diffusion dans la quasi-totalité du monde. La cause : trois procès menés simultanément entre Kyôko Mizuki (auteure du scénario), Yumiko Igarashi (dessinatrice) et Toei Animation (producteur de l'anime) sur la propriété des droits. Igarashi refuse de reconnaître les droits d'auteur de Mizuki sur les œuvres qu'elle a dessinées. Ces procès se concluent entre 1998 et 2001, mais la relation entre les deux auteures est durablement dégradée. Toei suspend toutes les diffusions. Tout merchandising cesse.
Entre 1998 et 2001, trois procès ont été règlés entre Kyôko Mizuki, Yumiko Igarashi et Toei Animation sur la propriété des droits de Candy Candy. Ces procès ont conduit Toei à suspendre la diffusion de l'anime Candy Candy, ce dont Mizuki a exprimé sa déception.
— Justapedia · justapedia.org
En 2005, un premier coffret DVD non licencié apparaît en France — le premier DVD illicite de Candy Candy dans le monde, incluant les pistes japonaise et française. Toei attaque la maison d'édition PonyGirl pour contrefaçon et fait retirer le produit. Des coffrets similaires sortent en Corée et en Espagne. En Amérique Latine — seule exception mondiale — la diffusion continue légalement, notamment au Brésil et au Mexique.
Candy Candy Final Story (2010) — la conclusion de Nagita
En 2010, Keiko Nagita — sous son vrai nom, non plus sous le pseudonyme Kyôko Mizuki — publie Candy Candy Final Story (CCFS), un roman en deux volumes. Il s'agit de sa version définitive de l'histoire, telle qu'elle l'avait imaginée depuis le début, sans l'influence du dessin d'Igarashi. Le roman ne donne pas de réponse explicite sur l'identité du Prince de la colline — mais des indices nombreux que la communauté internationale décode en faveur d'Albert. CCFS est traduit intégralement par des fans occidentaux et reste l'objet de débats vifs dans le fandom.
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