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Topcraft, le chaînon manquant entre Toei et Ghibli – トップクラフト ・ 一九七二 ― 一九八五

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Topcraft (1972-1985) — Le studio qui produit Le Hobbit puis Nausicaä, avant de devenir Ghibli · SAKUGAART
Portrait studio · 1972 - 1985

Topcraft, le chaînon manquant entre Toei et Ghibli

トップクラフト ・ 一九七二 ― 一九八五

Treize années d'existence, à peine quelques dizaines d'animateurs permanents, et pourtant Topcraft figure parmi les studios les plus structurants de l'histoire de l'animation japonaise. Fondé le 1er février 1972 par Tōru Hara, ancien producteur de Toei Dōga, le studio livre à Rankin/Bass les versions animées des classiques de Tolkien (Le Hobbit, Le Retour du Roi) et le long-métrage culte The Last Unicorn (1982), tout en assurant en parallèle la sous-traitance domestique pour Tatsunoko (Gatchaman, Time Bokan) et TMS (Lupin III Part II). Mais son fait d'arme historique reste l'animation de Nausicaä de la Vallée du Vent (1984) pour Hayao Miyazaki. Quinze mois après cette sortie, Topcraft fait faillite. Le 15 juin 1985, le studio se scinde : une moitié de l'équipe fonde Studio Ghibli sous Miyazaki, Takahata et Suzuki ; l'autre fonde Pacific Animation Corporation ; quelques-uns rejoignent la future Gainax. Trois écosystèmes majeurs de l'animation japonaise sont nés du même studio mort.

Fondé le 1er février 1972 Tokyo Dissout le 15 juin 1985 13 années d'existence
Fondation
1er février 1972
Tokyo · Japon
Fondateur · président
Tōru Hara
ex-Toei Dōga
Dissolution
15 juin 1985
faillite après Nausicaä
Modèle économique
Sous-traitance
internationale + domestique
Commanditaire principal
Rankin/Bass
New York · USA
Effectif type
~ 40 permanents
+ free-lance ponctuels
Œuvre pivot internationale
The Hobbit · 1977
The Last Unicorn · 1982
Œuvre pivot japonaise
Nausicaä de la Vallée du Vent
1984 · Miyazaki
Successeurs directs
Studio Ghibli · 1985
Pacific Animation Corp · 1985
— I —

Genèse — l'après-Hols et la fondation de 1972

L'histoire de Topcraft commence par un échec — celui d'un long-métrage qui aura bouleversé l'industrie de l'animation japonaise tout en bombant au box-office. En 1968, Toei Dōga sort Hols, Prince du Soleil, premier long-métrage d'Isao Takahata, avec Hayao Miyazaki en key animator. Le film, brillant artistiquement, dépasse son budget de production (¥130 millions) et ne tient l'affiche que dix jours. Les sanctions internes s'abattent sur l'équipe : Yasuo Ōtsuka voit son contrat réduit, Takahata est rétrogradé, et plusieurs cadres quittent l'entreprise — dont le chef de la planification Seki, et le producteur Tōru Hara.

Hara, alors âgé de 33 ans, tire de cette expérience une conclusion structurelle : les grands studios industriels japonais (Toei, Mushi, TMS) ne peuvent pas accueillir des projets d'auteur sans broyer leurs créateurs sous la pression du planning. Il faut une structure plus petite, plus souple, et surtout un modèle économique différent. Pendant les trois années suivantes, il prépare son projet et constitue son réseau, tout en travaillant comme producteur indépendant.

Le 1er février 1972, il enregistre officiellement Topcraft Co., Ltd. (株式会社トップクラフト, Kabushiki-gaisha Toppukurafuto) à Tokyo. Le statut est celui d'une société à actions, dont Hara assume la présidence. L'objet social, déposé au registre, mentionne explicitement : « Planification et production de films d'animation, de programmes télévisuels, de films publicitaires et de vidéos commerciales ; ainsi que la vente desdites productions. »

« Topcraft Co., Ltd. (株式会社トップクラフト, également écrit "Top Craft") fut un studio d'animation établi le 1er février 1972 par l'ancien producteur de Toei Animation Tōru Hara, situé à Tokyo, Japon. »

Time Bokan Wiki · article Topcraft
timebokan.fandom.com/wiki/Topcraft

Le studio s'installe dans des locaux modestes de Tokyo. L'équipe fondatrice est composée de transfuges de Toei Dōga déçus par la dérive du studio vers la télévision à bas coût, et d'animateurs de Tatsunoko qui suivent Tsuguyuki Kubo — character designer-vedette du jeune studio, ancien membre fondateur de Tatsunoko et animateur du générique d'ouverture de Mach GoGoGo (1967). Kubo devient membre du conseil d'administration et responsable principal du character design.

— II —

Le modèle Rankin/Bass — la sous-traitance américaine

Le pari économique de Hara repose sur une décision atypique pour l'époque : tourner le studio vers le marché américain plutôt que vers le marché domestique japonais. Cette orientation s'explique par une relation préexistante avec Rankin/Bass Animated Entertainment, société américaine fondée en 1960 par Arthur Rankin Jr. et Jules Bass.

Rankin/Bass est alors célèbre pour ses spéciaux télévisuels de Noël en stop-motion (Rudolph the Red-Nosed Reindeer, 1964 ; Frosty the Snowman, 1969) produits en sous-traitance au Japon par MOM Production puis par Tadahito Mochinaga. Mais le studio américain souhaite désormais diversifier vers l'animation traditionnelle dessin animé, et cherche une équipe japonaise compétente. Topcraft devient cette équipe dès sa première année d'existence, avec la production de Kid Power (1972), série télévisée animée pour ABC dont le character design est confié à Tsuguyuki Kubo.

Le workflow s'établit selon un modèle stable qui restera en place pendant treize ans :

  1. États-Unis : Rankin/Bass écrit le scénario, fait dessiner les concept arts par des illustrateurs occidentaux (notamment Lester Abrams pour les projets Tolkien), enregistre les voix avec des acteurs américains.
  2. Tokyo : Topcraft traduit le scénario, développe les character designs définitifs, crée les storyboards, anime intégralement le film.
  3. États-Unis : Rankin/Bass assure le montage final, la post-production sonore et la distribution.

Le studio japonais opère ainsi comme un sous-traitant complet d'animation, à la différence des sous-traitances ponctuelles (key animation isolée, ink and paint) qui dominent alors le marché. Cette intégration verticale donne à Topcraft une expertise unique au Japon en matière de production conforme aux standards américains : lip-sync précis, animation de personnages occidentaux, palette de couleurs adaptée au goût américain.

« Topcraft fut le studio non stop-motion de Rankin/Bass au Japon. Le studio produisit principalement des téléspéciaux, des séries et quelques longs-métrages pour Rankin/Bass, dont The Last Unicorn, The Flight of Dragons, et The Hobbit. Ils animèrent aussi la version animée de 1982 du Wizard of Oz et contribuèrent à la version originale de Barbapapa (avec Tama Productions) et Doctor Snuggles (avec DePatie-Freleng Enterprises). »

TV Tropes · article Topcraft
tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Creator/Topcraft

La période 1972-1976 voit Topcraft accumuler les commandes Rankin/Bass de format court : 'Twas the Night Before Christmas (1974), Frosty's Winter Wonderland (1976), The Leprechauns' Christmas Gold (1981), The Stingiest Man in Town (1978). Ces spéciaux de fin d'année, diffusés par NBC, CBS et ABC en programmation jeunesse de saison, deviennent rapidement des classiques de la télévision américaine — et constituent l'essentiel du chiffre d'affaires du studio japonais pendant la première moitié de son existence.

— III —

Les productions phares — Le Hobbit, The Last Unicorn

Le 27 novembre 1977, NBC diffuse aux États-Unis un téléspécial qui marquera durablement la mémoire visuelle de l'animation occidentale : The Hobbit, adaptation du roman de J.R.R. Tolkien produite par Rankin/Bass et intégralement animée à Tokyo par Topcraft. Le film de 78 minutes mobilise la quasi-totalité des animateurs permanents du studio japonais sur plusieurs mois.

The Hobbit (1977) — l'adoubement Tolkien

Le casting technique de The Hobbit illustre la maturité du studio japonais cinq ans après sa fondation :

Production exécutive
Tōru Hara
coordinating animator
Character design
Tsuguyuki Kubo
supervising animator
Animateurs effets
Hidetoshi Kaneko · Kazuko Itō
animateurs principaux
Direction artistique
Minoru Nishida
décors inspirés d'Arthur Rackham
Animation
Kazuyuki Kobayashi
futur Nausicaä et Laputa
Concept artist USA
Lester Abrams
illustrateur Rhode Island

Le visuel de The Hobbit s'inspire explicitement des illustrations d'Arthur Rackham (1867-1939), illustrateur britannique des contes victoriens. Topcraft traduit cette palette occidentale dans la grammaire de l'animation japonaise des années 1970 : visages aux grands yeux, expressions exagérées, mais conservation du grain organique des décors à l'aquarelle. Le résultat est singulier — un film qui ne ressemble ni totalement à un anime ni à un dessin animé américain.

Le succès critique et public est tel que Rankin/Bass commande immédiatement la suite : The Return of the King (1980), adaptation du dernier volume du Seigneur des Anneaux, animée par la même équipe. Cette continuité atypique pour une coproduction transpacifique montre la fidélité de Rankin/Bass à son sous-traitant japonais.

The Last Unicorn (1982) — le premier long-métrage cinéma

En 1979, Rankin/Bass franchit un palier en confiant à Topcraft son premier long-métrage de cinéma : The Last Unicorn, adapté du roman de Peter S. Beagle. Le budget — environ 3,5 millions de dollars selon Animation Obsessive — reste modeste pour un long d'animation, mais constitue le plus grand projet jamais entrepris par le studio japonais.

La production démarre en décembre 1979 et s'achève en septembre 1981. Tōru Hara y est producteur exécutif. Tsuguyuki Kubo co-storyboarde le film avec le directeur technique Katsuhisa Yamada, et co-dessine les personnages avec Lester Abrams. Le film sort en salles aux États-Unis fin 1982 sous distribution Jensen Farley Pictures (Utah), après le désintérêt d'Universal pour la production finale.

« Il y avait au studio un certain sentiment que le travail de Topcraft surpassait celui de ses concurrents au Japon. Une partie de cette assurance venait d'un artiste légendaire nommé Tsuguyuki Kubo, qui était une force directrice chez Topcraft — et sur The Last Unicorn. »

Animation Obsessive · The Making of The Last Unicorn
animationobsessive.substack.com/p/the-making-of-the-last-unicorn

The Last Unicorn ne réalise qu'un box-office décevant à sa sortie américaine, mais devient un succès commercial massif en Allemagne et développe en Amérique du Nord un fandom culte qui perdure quarante ans plus tard. Le film fait toujours l'objet de rééditions Blu-ray régulières.

The Flight of Dragons (1982) et The Wizard of Oz (1982)

La même année 1982, Topcraft livre The Flight of Dragons, second long fantasy pour Rankin/Bass d'après le livre de Peter Dickinson, ainsi qu'une version japonaise animée de The Wizard of Oz. L'année 1982 marque ainsi l'apogée productive du studio.

— IV —

La sous-traitance domestique japonaise

Parallèlement aux productions Rankin/Bass, Topcraft maintient une activité de sous-traitance domestique qui assure la trésorerie du studio entre les grandes commandes américaines. Cette double activité est un choix prudent de Hara : elle évite la dépendance totale à un commanditaire unique, ce qui se révélera providentiel lorsque Rankin/Bass ralentira ses commandes à partir de 1984.

Le studio anime ainsi, en sous-traitance partielle, plusieurs séries-piliers des années 1970-1980 :

AnnéeSérieCommanditaireContribution Topcraft
1972-74Mazinger ZToeiépisodes 55, 60, 64, 70, 76, 82, 84, 87, 89
1972-74Science Ninja Team GatchamanTatsunokointervalles · key animation
1974-75Barbapapa (FR-USA-JP)animation (avec Tama Productions)
1975-76Time BokanTatsunokoépisodes 3, 8, 24, 28, 31, 34, 37, 42
1977-80Lupin III Part II (Edgar de la Cambriole)TMS Entertainmentépisodes 24, 109, 114, 119, 122, 124, 128
1979-80Doctor SnugglesDePatie-Freleng (USA)animation
1984Macross: Do You Remember Love? (film)Big West / Tatsunokoanimation
1984Paul's Miraculous Adventuresanimation
1984-85Adventures of the Little Koalaanimation
Note technique. La participation de Topcraft sur Lupin III Part II est particulièrement notable : le studio anime sept épisodes en sous-traitance pour TMS Entertainment. Cette série télévisée diffusée au Japon de 1977 à 1980 sera ensuite localisée en France sous le titre Edgar, détective cambrioleur (Antenne 2, à partir de 1985). Le contraste entre cette sous-traitance discrète et les grandes productions Rankin/Bass illustre la flexibilité économique du studio : aucune commande n'est refusée tant qu'elle remplit le calendrier des animateurs sans déranger les projets prioritaires.

Cette double activité — productions complètes pour Rankin/Bass d'un côté, sous-traitance épisodique domestique de l'autre — confère à Topcraft une stabilité économique relative pendant douze ans. Le studio évite la dépendance, mais maintient des effectifs modestes (jamais plus de 40-50 animateurs permanents) qui limitent sa capacité à absorber un projet exceptionnel sans tension. C'est précisément cette tension qui craquera en 1984.

— V —

Nausicaä — la production-événement de 1984

Fin 1983, Tokuma Shoten — maison d'édition propriétaire du magazine d'animation Animage — souhaite financer un long-métrage adapté du manga d'Hayao Miyazaki Nausicaä de la Vallée du Vent, publié dans le magazine depuis 1981. Tokuma Shoten n'est pas un studio d'animation ; il faut une structure technique. Miyazaki et son producteur associé Isao Takahata cherchent un studio à taille humaine, capable d'absorber leurs ambitions sans les broyer. Le choix de Topcraft ne doit rien au hasard : Hara connaît Takahata depuis Toei Dōga en 1959 ; leur confiance remonte à l'aventure Hols quinze ans plus tôt.

La production de Nausicaä démarre fin 1983 dans les locaux de Topcraft. L'équipe est composite : noyau permanent de Topcraft (Kubo, Kobayashi, Kaneko, Itō), animateurs free-lance recrutés spécifiquement pour le projet, et plusieurs jeunes talents qui marqueront l'histoire de l'animation japonaise. Parmi eux, un jeune homme de 23 ans nommé Hideaki Anno, alors étudiant en animation, est crédité comme key animator sur les scènes apocalyptiques du God Warrior (神兵) — séquence qui définira durablement sa réputation visuelle et préfigurera Neon Genesis Evangelion onze ans plus tard.

Pour Hara, c'est la première production de long-métrage d'auteur depuis son traumatisme Hols en 1968. Il en assure la production exécutive avec une rigueur de gestionnaire formé à la dure. Le budget est tenu — environ 1 milliard de yens selon les estimations consolidées —, les délais sont respectés. Le film sort au Japon le 11 mars 1984, distribué par Toei Yōga.

Recettes : 740 millions de yens au box-office japonais, succès modeste à l'échelle des superproductions de l'époque mais considérable pour un long d'animation auteur. La critique est unanimement positive. Le Grand Prix Anime du magazine Animage est décerné à Nausicaä en 1984. Plus important encore : le film démontre qu'il existe un public japonais pour des longs-métrages d'animation d'auteur ambitieux.

« Topcraft était déjà en difficulté financière au moment où Nausicaä de la Vallée du Vent arriva, et en 1985, Miyazaki, Takahata et Suzuki acquirent le studio et l'intégrèrent dans le nouvellement formé Studio Ghibli. Mais cela vint plus tard. Nausicaä de la Vallée du Vent fut fait avant la fondation de Studio Ghibli, et le studio n'existerait probablement pas si le film n'avait pas eu de succès. Il a été rétroactivement intégré à la bibliothèque Ghibli, c'est pourquoi beaucoup de gens y font référence comme à un film Ghibli, alors que techniquement ce n'en est pas un. »

Reactor Magazine · Nausicaä of the Valley of the Wind
reactormag.com/nausicaa-of-the-valley-of-the-wind

Mais le succès cache la fragilité économique du studio. Nausicaä a mobilisé presque toute la capacité productive de Topcraft pendant plus d'un an, au détriment des contrats Rankin/Bass qui ralentissent simultanément (Rankin/Bass se rapproche de sa fermeture, qui surviendra en 1987). Les fonds nécessaires au paiement de l'équipe sur les mois suivants ne sont pas réunis. Topcraft entame 1985 en grave difficulté de trésorerie.

— VI —

La dissolution — la triple sécession de juin 1985

Le 15 juin 1985, Topcraft Co., Ltd. est officiellement dissout. La structure ne survit pas à l'effort exceptionnel consenti pour Nausicaä, conjugué à la disparition progressive des commandes Rankin/Bass. Mais paradoxalement, cette mort déclenche trois naissances simultanées qui structureront durablement l'industrie japonaise.

Sécession 1 — Studio Ghibli

Tokuma Shoten finance le rachat de l'essentiel des actifs Topcraft (locaux, équipement, marques commerciales) au profit d'une nouvelle structure créée le même jour : Studio Ghibli (スタジオジブリ). Le nom — emprunté au vent saharien que Miyazaki admirait via les avions Caproni — exprime le projet de « souffler un vent nouveau » sur l'animation japonaise. Hayao Miyazaki, Isao Takahata et Toshio Suzuki en sont les co-fondateurs créatifs. Tōru Hara est confirmé comme premier head manager. Une partie de l'équipe Topcraft suit : Kazuyuki Kobayashi et d'autres key animators rejoignent Ghibli pour animer Le Château dans le ciel (1986).

Sécession 2 — Pacific Animation Corporation

Une autre fraction de l'équipe, dirigée par Masaki Iizuka et explicitement orientée vers la continuité du contrat Rankin/Bass, fonde Pacific Animation Corporation (PAC). Tsuguyuki Kubo y rejoint son rôle de character designer principal. PAC produit ThunderCats (1985-1989), SilverHawks (1986), The Comic Strip (1987). En 1988, PAC est rachetée par Walt Disney Pictures et devient Walt Disney Animation Japan (DTVA Japan), qui produit notamment Darkwing Duck, TaleSpin et The Adventures of the Gummi Bears.

Sécession 3 — Vers Gainax

Plusieurs animateurs-clés formés sur Nausicaä, dont Hideaki Anno, rejoignent en partie le groupe Toshio Okada qui structure depuis décembre 1984 la future Gainax. Le studio produira en 1987 son premier long-métrage Royal Space Force: The Wings of Honnêamise, puis Top wo Nerae! Gunbuster (1988) et plus tard Neon Genesis Evangelion (1995-1996).

« Le studio évidemment ne dura pas longtemps, alors qu'ils entamèrent une spirale descendante en 1984 lorsque Miyazaki prit 70% de son personnel (aux côtés de Tōru Hara) et co-fonda Studio Ghibli après la sortie de Nausicaä. Encore 10% partirent peu après, dont Hideaki Anno, qui avait déjà organisé le noyau de ce qui allait devenir Studio Gainax. »

TV Tropes · article Topcraft
tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Creator/Topcraft

Trois studios majeurs — Ghibli, PAC, Gainax — sont nés du même studio mort. Aucune génération de l'animation japonaise n'a connu redistribution structurelle aussi dense en un seul point.

— VII —

Filmographie complète

Productions Rankin/Bass (USA)

AnnéeTitreFormatDiffusion
1972Kid PowerSérie TVABC
1974'Twas the Night Before ChristmasTV SpecialCBS
1976Frosty's Winter WonderlandTV SpecialABC
1977The HobbitTV SpecialNBC · 27 novembre 1977
1977The ConeheadsTV SpecialNBC
1978The Stingiest Man in TownTV SpecialNBC
1980The Return of the KingTV SpecialABC
1981The Leprechauns' Christmas GoldTV SpecialCBS
1982The Last UnicornLong-métrage cinémaJensen Farley Pictures (USA)
1982The Flight of DragonsLong-métrage TVABC

Productions domestiques et coproductions

AnnéeTitreStudio commanditaireContribution Topcraft
1972-74Mazinger ZToeianimation 9 épisodes
1972-74GatchamanTatsunokoanimation
1974-75BarbapapaTama Productions (coproduction)animation
1975-76Time BokanTatsunokoanimation 8 épisodes
1977-80Lupin III Part IITMS Entertainmentanimation 7 épisodes
1979-80Doctor SnugglesDePatie-Frelenganimation
1982The Wizard of Ozlong-métrage anime
1983The Dragon That Wasn't (Or Was He?)Rob Houwer Filmanimation cooperation
1984Nausicaä de la Vallée du VentTokuma Shoten · HakuhōdōProduction complète
1984Macross: Do You Remember Love? (film)Big West · Tatsunokoanimation
1984-85Adventures of the Little Koalaanimation
— VIII —

Héritage — Topcraft, l'ADN invisible de Ghibli

Quarante ans après sa dissolution, Topcraft reste un studio méconnu du grand public francophone. Pourtant, son rôle dans la généalogie de l'animation japonaise est structurel — au point que certains historiens considèrent que Studio Ghibli ne s'est pas créé en 1985 mais s'est reconverti à partir de Topcraft.

Quatre héritages majeurs structurent l'analyse rétrospective :

1. L'ADN industriel de Ghibli

Sans la décennie 1972-1984 de Topcraft, le Studio Ghibli n'aurait pas eu l'équipe technique, les locaux, les méthodes de production ni le réseau de sous-traitants nécessaires pour exister. Les bases ont été posées par Hara dix ans avant que Miyazaki, Takahata et Suzuki n'en récupèrent les clés. La capacité de Ghibli à produire Le Château dans le ciel dès 1986 — un an après la fondation officielle — n'est compréhensible que comme la continuation directe des méthodes Topcraft.

2. L'expertise transpacifique

Pendant que les autres studios japonais des années 1970 (Toei, Mushi, Tatsunoko) restaient tournés vers le marché domestique, Topcraft développait une expertise unique : produire selon les standards américains. Cette compétence transpacifique restera dans l'ADN de Ghibli, qui négociera dès 1996 un accord de distribution mondiale avec Disney — accord facilité par l'existence de cadres habitués à dialoguer avec des partenaires occidentaux.

3. La filiation Pacific Animation → Walt Disney Animation Japan

L'autre branche issue de Topcraft, Pacific Animation Corporation puis Walt Disney Animation Japan, a structuré pendant trente ans la production d'animation Disney TV des années 1990-2000 (TaleSpin, Darkwing Duck, Gummi Bears, Bonkers, Aladdin: The Series). Cette continuité technique entre Le Hobbit en 1977 et TaleSpin en 1990 passe par l'équipe Topcraft.

4. Une école de production

La méthode Hara — équipes restreintes, exigence artistique, prudence financière — sera la matrice du modèle Ghibli des premières années (1985-1991). Le départ de Hara en 1991, après le succès de Kiki la petite sorcière, marquera la fin de cette école au profit du modèle des superproductions à gros budget. Aujourd'hui encore, lorsque Ghibli rencontre des difficultés financières structurelles avec les budgets dépassant 5 milliards de yens (Kaguya, 2013), c'est le modèle Hara-Topcraft qui apparaît comme l'alternative oubliée.

Articles connexes dans le corpus SAKUGAART

Le portrait de Topcraft s'articule naturellement avec plusieurs trames du corpus éditorial SAKUGAART :

  • Le portrait de Tōru Hara, fondateur et président de Topcraft.
  • Le portrait de Tsuguyuki Kubo, character designer principal du studio.
  • Le portrait de Studio Ghibli, héritier direct des actifs Topcraft.
  • La fiche Tatsunoko Production, partenaire récurrent des sous-traitances Gatchaman / Time Bokan.
  • La fiche TMS Entertainment, partenaire pour la sous-traitance Lupin III Part II.
  • Le portrait Hideaki Anno (à produire) — clé pour comprendre la filiation Topcraft → Gainax.

Sources & références

Note méthodologique. Topcraft n'a jamais fait l'objet d'une étude monographique académique, et ne dispose pas d'archives publiques structurées. Les informations présentées résultent de la convergence des fiches Wikipedia (FR/EN), Ghibli Fandom, TV Tropes, et de l'analyse historique d'Andrew Osmond pour Animation World Network. Les dates précises (fondation 1er février 1972, dissolution 15 juin 1985) sont confirmées par plusieurs sources convergentes. La filmographie sous-traitance reprend les données Grokipedia, à vérifier épisode par épisode si besoin d'usage juridique. Les budgets et chiffres de production restent estimatifs en l'absence de comptabilité publique disponible.

SAKUGAART · Portrait studio Topcraft · Tokyo · 1972 - 1985
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