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Artisans des studios japonais

Toru hara – Topcraft studios

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Tōru Hara (1935-2021) — Le producteur fondateur de Topcraft et premier manager de Ghibli · SAKUGAART
Portrait créateur · Producteur exécutif

Tōru Hara, le producteur invisible de l'âge d'or japonais

原 徹 ・ 一九三五 ― 二〇二一

De Kitakyushu à Tokyo, du Toei Dōga de la fin des années 1950 au Studio Ghibli de Hayao Miyazaki, Tōru Hara a porté pendant trente-cinq ans une responsabilité que peu d'historiens occidentaux ont jamais nommée : celle de transformer en films viables les ambitions démesurées des plus grands réalisateurs japonais. Co-organisateur de Hols, Prince du Soleil (1968), fondateur du studio Topcraft (1972) qui animera Le Hobbit pour Rankin/Bass puis Nausicaä de la Vallée du Vent pour Miyazaki, premier manager du Studio Ghibli de 1985 à 1991, il a produit Le Château dans le ciel, Mon voisin Totoro, Le Tombeau des lucioles, Kiki la petite sorcière et Souvenirs goutte à goutte avant de claquer la porte de Ghibli sur un désaccord stratégique avec Yasuyoshi Tokuma et Toshio Suzuki. Sans Hara, l'écosystème Ghibli n'aurait probablement jamais pris la forme qu'on lui connaît.

Né le 26 décembre 1935 Kitakyushu, Fukuoka Décédé le 14 décembre 2021 85 ans
Date de naissance
26 décembre 1935
Kitakyushu · préfecture de Fukuoka
Date de décès
14 décembre 2021
85 ans · Tokyo
Formation
Université Waseda
Fondateur du club manga Waseda
Entrée à Toei Dōga
1959
après l'abandon du projet mangaka
Œuvre Toei pivot
Hols, Prince du Soleil
1968 · Takahata · Miyazaki
Sortie de Toei
1971
après l'échec commercial de Hols
Fondation Topcraft
1er février 1972
président du studio
Œuvre Topcraft pivot
The Hobbit · 1977
Rankin/Bass · NBC
Tournant Nausicaä
1984
Miyazaki · Tokuma Shoten
Faillite Topcraft
15 juin 1985
scission Ghibli / PAC
Premier manager Ghibli
1985 - 1991
5 films produits
Carrière totale
32 années
1959 - 1991
— I —

Kitakyushu, Waseda — le mangaka qui n'a jamais existé

Tōru Hara (原 徹) naît le 26 décembre 1935 à Kitakyushu, ville industrielle du nord du Kyūshū, dans la préfecture de Fukuoka. Cette zone de hauts-fourneaux et de chantiers navals, alors en pleine croissance avant la Seconde Guerre mondiale, ne prédispose en rien un enfant aux carrières artistiques. Mais Hara nourrit dès l'enfance une passion pour le manga — passion qu'il poursuivra dans ses études supérieures jusqu'à en faire son premier projet professionnel.

Au début des années 1950, il rejoint l'Université Waseda, l'une des institutions privées les plus prestigieuses du Japon, située à Tokyo dans le quartier de Shinjuku. C'est là qu'il fonde la Waseda University Manga Research Association (早稲田大学漫画研究会, Waseda Daigaku Manga Kenkyūkai), club universitaire qui deviendra, dans les décennies suivantes, un véritable vivier de l'industrie du manga et de l'animation japonaise. Plusieurs membres de ce club deviendront mangakas professionnels ou animateurs.

Hara y développe son propre style, principalement orienté vers le yonkoma (manga en quatre cases, équivalent du comic strip en presse occidentale). Il publie à plusieurs reprises dans Manga Sunday (漫画サンデー), magazine hebdomadaire fondé en 1959 par Jitsugyō no Nihon Sha, qui restera en activité jusqu'en 2013. Le yonkoma est une discipline exigeante : tout doit se résoudre en quatre cases, avec une chute efficace. Cette école de la concision narrative imprégnera durablement la sensibilité de production qu'il développera plus tard.

« Né à Kitakyushu, préfecture de Fukuoka, en 1935, Hara étudia à l'Université Waseda. En raison de son intérêt pour le manga, il fonda la Waseda University Manga Research Association sur le campus. (Plusieurs membres deviendront plus tard mangakas et animateurs professionnels.) À cette époque, Hara était principalement engagé dans la création de manga en quatre cases, et il contribua plusieurs fois au magazine hebdomadaire "Manga Sunday". »

Ghibli Fandom · article Toru Hara
ghibli.fandom.com/wiki/Toru_Hara

À la sortie de Waseda, vers 1958-1959, Hara constate la difficulté de vivre du yonkoma. Le marché du manga japonais explose dans la même décennie avec l'irruption de Tezuka Osamu et des magazines hebdomadaires shōnen (Shōnen Magazine, Shōnen Sunday), mais le yonkoma reste un format de niche, peu valorisé par les éditeurs. Plutôt que de s'acharner dans une carrière incertaine, Hara accepte un compromis : il abandonne le manga pour rejoindre une industrie voisine qui commence à recruter massivement — l'animation.

Cette bascule est symptomatique d'une génération entière. Plusieurs futurs maîtres de l'animation japonaise — Yasuo Ōtsuka, Hayao Miyazaki lui-même, plus tard Isao Takahata — partagent ce profil de mangaka frustré ou de littéraire reconverti. Ce qu'ils apportent à l'animation, c'est précisément ce que les animateurs purs n'ont pas : un sens du récit, une culture cinématographique, une capacité à structurer une narration longue.

— II —

Toei Dōga 1959-1967 — l'apprentissage de la production

Tōru Hara rejoint Toei Dōga (東映動画) en 1959, la même année où Isao Takahata y est embauché à la sortie de l'Université de Tokyo en littérature française. Toei Dōga — qui deviendra Toei Animation en 1998 — est alors le studio dominant de l'animation japonaise. Fondé en 1956 sur le rachat de Nichidō Eiga par Toei, il est conçu comme le « Disney japonais » : long-métrages prestigieux annuels, animation pleine, formation interne d'animateurs.

Hara n'entre pas par la porte des artistes mais par celle de la planification générale (企画 kikaku). Cette voie, peu glorieuse en apparence, recouvre en réalité l'épine dorsale du studio : prévisions de production, articulation des plannings, négociation avec les distributeurs et chaînes de télévision, suivi budgétaire. Pour un jeune diplômé de Waseda formé au yonkoma, c'est une école rigoureuse — Toei opère alors selon des standards quasi industriels hérités du modèle hollywoodien.

Dans les années 1960, Hara monte progressivement dans la hiérarchie. Il prend en charge la production de séries télévisuelles destinées aux jeunes filles, segment alors en pleine croissance avec l'émergence du genre mahō shōjo (magical girl). On le retrouve crédité sur plusieurs productions telles que Sally la sorcière (1966), Mahō Tsukai Chappy (1972), ou la première version de Gegege no Kitarō (1968). Il y apprend la mécanique brutale de la production hebdomadaire : un épisode de 22-25 minutes par semaine, soit environ 5 000 cellulos à produire en sept jours avec un effectif limité.

À la fin des années 1960, Hara accède au poste de chef de la section production (制作担当課長 seisaku tantō kachō). C'est dans cette fonction qu'il sera affecté en 1965 à un projet promis à un destin singulier : le premier long-métrage d'Isao Takahata, qui s'appellera finalement La Grande Aventure de Hols, Prince du Soleil.

« La carrière de Hara commença à la fin des années 1950 chez Toei Animation, où il affûta ses compétences en production et animation avant de co-fonder Topcraft en 1972, studio qui devint un acteur-clé des collaborations internationales d'anime. (...) Hara avança à la gestion de production, occupant le poste de chef de section production du studio, supervisant la coordination et la planification de projets majeurs. »

Grokipedia · article Toru Hara
grokipedia.com/page/toru_hara
— III —

Hols, Prince du Soleil — la cassure de 1968

À l'automne 1965, la production démarre sur Taiyō no Ōji: Horusu no Daibōken (太陽の王子 ホルスの大冒険), premier long-métrage d'Isao Takahata, alors âgé de 30 ans. Le projet doit constituer le grand long-métrage Toei de l'année 1966. Adapté d'une pièce de marionnettes inspirée d'un mythe Aïnou, transposé en Scandinavie de l'âge de fer pour des raisons commerciales, le film raconte le combat d'un jeune garçon contre le démon de glace Grunwald, avec un sous-texte politique sur la résistance collective qui sera abondamment lu, à la sortie, comme un manifeste syndical déguisé.

Hara est crédité comme planner du film — fonction de planification générale, équivalent du superviseur de production exécutif. Son rôle : coordonner les ressources humaines et financières du studio pour permettre à Takahata de livrer dans les délais et le budget impartis. Mais l'équipe créative dirigée par Takahata refuse les compromis. Yasuo Ōtsuka, directeur d'animation, et Hayao Miyazaki, jeune animateur-clé alors âgé de 25 ans, alignent leurs exigences sur celles de Takahata.

Le résultat est artistiquement révolutionnaire — Hols est aujourd'hui considéré comme le premier film d'anime moderne — mais désastreux du point de vue de la gestion :

  • Durée de production explosée : prévue pour 8-10 mois (norme Toei), la production s'étend de l'automne 1965 à mars 1968, soit près de trois ans.
  • Budget pulvérisé : ¥130 millions de coût final, faisant de Hols le film d'animation japonais le plus cher de l'époque jusqu'à Adieu Yamato en 1977.
  • Échec commercial : Toei limite la programmation à dix jours seulement, dans le cadre du Toei Manga Festival. Le film bombe au box-office.

Les conséquences pour l'équipe sont sévères. Ōtsuka voit son contrat divisé par deux. Takahata est rétrogradé au rang d'assistant réalisateur et ne dirigera plus jamais de long-métrage chez Toei. Et selon les sources spécialisées, deux figures de la production quittent l'entreprise :

« En raison du dépassement budgétaire et de la sortie retardée, l'équipe sous Takahata fut sanctionnée (la rémunération contractuelle d'Ōtsuka fut divisée par deux), et Seki, le chef de la planification, ainsi que Tōru Hara quittèrent Toei Animation. »

Ghibli Fandom · article Hols: Prince of the Sun
ghibli.fandom.com/wiki/Hols:_Prince_of_the_Sun

Le départ de Hara, situé selon les sources entre 1968 et 1971, est donc directement lié à l'aventure Hols. Mais il en garde quelque chose d'essentiel : la conviction qu'un système de production japonais structuré autour des standards de l'animation industrielle ne peut pas accueillir des œuvres d'auteur ambitieuses. Pour produire un film comme Hols, il faut une structure différente — plus petite, plus souple, capable d'amortir les écarts de planning sans broyer ses créatifs.

Cette intuition deviendra la matrice de Topcraft.

L'échec commercial de Hols a tué une carrière chez Toei. Il a aussi enfanté Topcraft, puis Ghibli — toute la structure industrielle des deux décennies suivantes.

— IV —

Topcraft 1972 — fonder le pont vers Hollywood

Le 1er février 1972, Tōru Hara enregistre officiellement Topcraft Co., Ltd. (株式会社トップクラフト, Kabushiki-gaisha Toppukurafuto), situé à Tokyo. Il en est le président. Le studio est explicitement conçu autour d'un modèle économique singulier : la sous-traitance pour les studios d'animation occidentaux, et notamment américains.

Le choix n'est pas anodin. À cette époque, le marché japonais de l'animation est dominé par quelques studios géants — Toei, Mushi Productions, TMS — qui se partagent la production des séries télévisuelles dominicales et des longs-métrages festivaliers. Pour un studio indépendant naissant, deux stratégies s'offrent : soit accepter la sous-traitance domestique (épisodes individuels, courses-poursuites de cellulos sous pression hebdomadaire), soit chercher un nouveau marché. Hara choisit la seconde voie en s'appuyant sur une relation préexistante avec Rankin/Bass Animated Entertainment, studio américain fondé en 1960 par Arthur Rankin Jr. et Jules Bass.

Rankin/Bass est alors célèbre pour ses spéciaux de Noël en stop-motion produits avec MOM Production au Japon (Rudolph the Red-Nosed Reindeer en 1964, Frosty the Snowman en 1969). Mais le studio commence à diversifier ses techniques vers l'animation traditionnelle dessin animé, et cherche une équipe japonaise capable de produire en sous-traitance. Topcraft devient cette équipe : Rankin/Bass envoie les scénarios, les concept arts et les enregistrements vocaux ; Topcraft anime à Tokyo, puis renvoie les bobines pour le montage et la post-production aux États-Unis.

« Topcraft fut le studio non stop-motion de Rankin/Bass au Japon. Le studio produisit principalement des téléspéciaux, des séries et quelques longs-métrages pour Rankin/Bass, dont La Dernière Licorne, The Flight of Dragons, et Le Hobbit. Ils animèrent aussi la version animée de 1982 du Magicien d'Oz, contribuèrent à la version originale de Barbapapa (avec Tama Productions) et à Docteur Snuggles (avec DePatie-Freleng Enterprises). Entre-temps, ils trouvèrent aussi le temps de travailler sur des séries pour le Japon, comme Adventures of the Little Koala, Nausicaä de la Vallée du Vent de Hayao Miyazaki, et de la sous-traitance pour d'autres studios comme plusieurs épisodes de Lupin III: Part II (pour Tokyo Movie Shinsha), Gatchaman, Time Bokan, Paul's Miraculous Adventures, et Macross: Do You Remember Love?. »

TV Tropes · article Topcraft
tvtropes.org/pmwiki/pmwiki.php/Creator/Topcraft

Une équipe choisie, pas une équipe massive

Hara recrute Topcraft sur un principe distinctif : la qualité technique avant la massification. Il fait venir d'anciens collègues de Toei Dōga déçus par la dérive du studio vers la télévision à bas coût, et débauche dans les studios alentour des animateurs capables d'allier rigueur et fluidité.

Président · fondateur
Tōru Hara
原 徹 · ex-Toei Dōga · production
Character designer principal
Tsuguyuki Kubo
窪 詔之 · ex-Tatsunoko · membre du conseil d'administration
Key animator
Kazuyuki Kobayashi
futur Nausicaä et Laputa
Character & effects
Hidetoshi Kaneko
animateur principal Topcraft
Character & effects
Kazuko Itō
animatrice fondatrice
Background designer
Minoru Nishida
décors style Arthur Rackham

Ce modèle d'équipe restreinte (jamais plus de quelques dizaines de permanents) sera l'une des marques de fabrique de Topcraft. Là où Toei comptait plusieurs centaines d'employés et où Mushi Productions ployait sous la masse salariale, Topcraft peut se permettre une exigence artistique parce que ses charges fixes restent maîtrisables.

— V —

Le Hobbit & La Dernière Licorne — l'âge d'or Rankin/Bass

La production Topcraft pour Rankin/Bass commence dès 1972 avec Kid Power, série télévisée animée diffusée sur ABC, dont Tsuguyuki Kubo signe le character design principal. Suivent les téléspéciaux de fin d'année qui définissent la programmation jeunesse américaine de l'époque : 'Twas the Night Before Christmas (1974), Frosty's Winter Wonderland (1976), The Stingiest Man in Town (1978), The Leprechauns' Christmas Gold (1981).

Mais c'est le 27 novembre 1977 que Topcraft entre véritablement dans l'histoire de l'animation mondiale, avec la diffusion sur NBC du special télévisé The Hobbit, adapté du roman de J.R.R. Tolkien. Le film de 78 minutes est intégralement animé à Tokyo. Hara y est crédité comme coordinating animator, son rôle exécutif sur la production, tandis que Kubo assure la supervision artistique du character design.

Le succès du Hobbit déclenche une suite immédiate : The Return of the King (1980), adaptation du dernier volume du Seigneur des Anneaux, animée par la même équipe. Mais la consécration arrive en 1982 avec The Last Unicorn, premier long-métrage de cinéma intégralement confié à Topcraft.

The Last Unicorn (1982) — l'épure visuelle

Adapté du roman de Peter S. Beagle (1968), The Last Unicorn est produit sur un budget modeste — environ 3,5 millions de dollars selon Animation Obsessive, en deçà des cinq millions visés initialement. La production démarre en décembre 1979 et s'achève en septembre 1981, soit près de deux ans de travail intensif pour la quarantaine d'animateurs permanents de Topcraft.

Hara assure l'interface entre Rankin/Bass à New York et l'équipe à Tokyo. Le processus est itératif : Topcraft traduit le scénario, développe les designs, crée les storyboards ; tout est ensuite envoyé en Amérique pour corrections et ajouts ; les enregistrements vocaux sont supervisés à New York par Jules Bass ; les bandes son et les nouvelles demandes de modifications repartent au Japon. Arthur Rankin se déplace à Tokyo juste avant la phase d'animation pour les briefings finaux.

« Il y avait au studio un certain sentiment que le travail de Topcraft surpassait celui de ses concurrents au Japon. Une partie de cette assurance venait d'un artiste légendaire nommé Tsuguyuki Kubo, qui était une force directrice chez Topcraft — et sur The Last Unicorn. »

Animation Obsessive · The Making of The Last Unicorn
animationobsessive.substack.com/p/the-making-of-the-last-unicorn

The Last Unicorn sort en salles aux États-Unis fin 1982. Le distributeur est une petite société de l'Utah après le désintérêt d'Universal. Le box-office initial est décevant. Mais le film devient un culte aux États-Unis et un succès commercial en Allemagne ; il finance encore aujourd'hui des éditions Blu-ray et DVD régulières.

Topcraft enchaîne avec The Flight of Dragons (1982), second long fantasy pour Rankin/Bass d'après le livre de Peter Dickinson. Cette même année 1982, Topcraft livre aussi un long-métrage d'animation The Wizard of Oz distribué au Japon.

Le portefeuille de sous-traitance japonais

En parallèle des contrats Rankin/Bass, Topcraft maintient un volet de sous-traitance domestique qui assure sa trésorerie. Le studio anime de nombreux épisodes pour les grands diffuseurs :

AnnéeSérieCommanditaireÉpisodes Topcraft
1972-74Mazinger ZToei55, 60, 64, 70, 76, 82, 84, 87, 89
1972-74Gatchaman (La Bataille des Planètes)Tatsunokointervalles · animation
1975-76Time BokanTatsunoko3, 8, 24, 28, 31, 34, 37, 42
1977-80Lupin III Part II (Edgar)TMS24, 109, 114, 119, 122, 124, 128
1984Macross: Do You Remember Love? (film)Big West / Tatsunokoanimation
1984Paul's Miraculous Adventuresanimation
1984-85Adventures of the Little Koalaanimation

Cette double activité — productions complètes pour Rankin/Bass d'un côté, sous-traitance épisodique japonaise de l'autre — donne à Topcraft une stabilité économique relative pendant douze ans. Mais elle masque une fragilité structurelle : la dépendance à un commanditaire principal étranger (Rankin/Bass) qui décide unilatéralement des calendriers et des budgets.

— VI —

Nausicaä de la Vallée du Vent — la rencontre décisive

En 1983, Hara reçoit une proposition qui change tout. Tokuma Shoten, maison d'édition de Tokyo qui possède le magazine d'animation Animage, souhaite financer un long-métrage adapté du manga que dessine pour eux Hayao Miyazaki depuis 1981 : Nausicaä de la Vallée du Vent. Tokuma Shoten n'est pas un studio d'animation ; il leur faut une structure technique pour produire le film. Miyazaki et son producteur associé Isao Takahata cherchent un studio à taille humaine, capable d'absorber leurs ambitions sans les broyer dans le modèle industriel Toei.

Le choix de Topcraft ne doit rien au hasard. Hara et Takahata se connaissent depuis Toei Dōga, depuis l'aventure de Hols quinze ans plus tôt. La confiance professionnelle qui s'est nouée pendant la production éprouvante du Prince du Soleil dans les années 1960 reste intacte. Hara accepte de produire Nausicaä.

« La société-mère d'Animage, Tokuma Shoten, était un éditeur de magazines, pas un studio d'animation. Miyazaki et le producteur Isao Takahata devaient donc trouver un studio avec qui travailler. Ils choisirent un petit studio appelé Topcraft. Vous avez déjà vu leur travail, même si vous ne reconnaissez pas le nom : Topcraft a travaillé sur plusieurs films Rankin/Bass, dont The Hobbit (1977), The Return of the King (1980), et The Last Unicorn (1982). Topcraft était déjà en difficulté financière au moment où Nausicaä de la Vallée du Vent arriva, et en 1985, Miyazaki, Takahata et Suzuki acquirent le studio et l'intégrèrent dans le nouvellement formé Studio Ghibli. »

Reactor Magazine · Nausicaä of the Valley of the Wind
reactormag.com/nausicaa-of-the-valley-of-the-wind

La production (1983-1984)

La production de Nausicaä démarre fin 1983 dans les locaux de Topcraft. L'équipe est composite : noyau permanent de Topcraft (Kubo, Kobayashi, Kaneko, Itō), animateurs free-lance recrutés pour le projet, et plusieurs jeunes talents qui marqueront l'histoire de l'animation japonaise. Parmi eux, un certain Hideaki Anno, alors âgé de 23 ans, est crédité comme key animator sur les scènes du God Warrior (神兵) — séquence d'apocalypse qui marquera durablement les esprits et fondera la réputation visuelle du futur réalisateur d'Evangelion.

Pour la première fois depuis l'aventure Hols, Hara se retrouve dans la position du producteur exécutif d'un long-métrage d'auteur ambitieux. Il porte la responsabilité financière, l'organisation du planning, la négociation avec Tokuma Shoten et l'arbitrage des dépassements. Le budget est tenu, mais la pression sur le studio est considérable.

Réalisation · scénario · manga
Hayao Miyazaki
宮崎 駿 · première réalisation hors série TV
Producteur associé
Isao Takahata
高畑 勲 · ancien Toei · ami de Hara
Producteur exécutif Topcraft
Tōru Hara
原 徹 · gestion globale
Producteur Tokuma Shoten
Toshio Suzuki
鈴木 敏夫 · rédacteur en chef Animage
Producteur exécutif
Yasuyoshi Tokuma
徳間 康快 · président Tokuma Shoten
Musique
Joe Hisaishi
久石 譲 · première collaboration Miyazaki
Animation key God Warrior
Hideaki Anno
庵野 秀明 · futur réalisateur d'Evangelion
Animateur
Kazuyuki Kobayashi
animateur Topcraft

La sortie

Nausicaä de la Vallée du Vent sort au Japon le 11 mars 1984, distribué par Toei Yōga (la branche distribution de Toei). Le film engrange 740 millions de yens au box-office japonais — succès modeste à l'échelle des superproductions de l'époque mais considérable pour un long d'animation auteur. La critique est unanimement positive, et le film remporte le Grand Prix Anime de Animage en 1984.

Plus important encore : Nausicaä démontre qu'il existe un public pour des longs-métrages d'animation japonais d'auteur ambitieux. Tokuma Shoten, Miyazaki et Takahata commencent à envisager la suite. Mais Topcraft, lui, est exsangue.

— VII —

La faillite de 1985 — naissance de Ghibli

Le 15 juin 1985, Topcraft est officiellement dissout. La cause directe est financière : l'effort exceptionnel consenti pour produire Nausicaä, conjugué à la baisse des commandes Rankin/Bass à partir de 1984 (le studio américain ferme lui-même en 1987), rend la structure non viable. L'équipe se trouve alors face à un choix existentiel.

Trois voies se dessinent :

  1. Suivre Miyazaki, Takahata et Suzuki dans une nouvelle structure créée pour produire les futurs films d'auteur. Tokuma Shoten finance l'opération en rachetant l'essentiel des actifs Topcraft. La nouvelle structure prend le nom de Studio Ghibli (スタジオジブリ), du nom du vent saharien (ghibli) inspiré par les avions Caproni qu'admirait Miyazaki dans son enfance. Hara est confirmé comme premier head manager du studio.
  2. Continuer le modèle Rankin/Bass en fondant une nouvelle structure dédiée. Cette voie est prise par Masaki Iizuka et plusieurs animateurs, dont Tsuguyuki Kubo, qui constituent Pacific Animation Corporation (PAC). PAC poursuivra les contrats américains avec ThunderCats, SilverHawks, et sera rachetée en 1988 par Walt Disney pour devenir Walt Disney Animation Japan.
  3. Fonder ailleurs. Hideaki Anno et plusieurs jeunes talents formés sur Nausicaä rejoignent Toshio Okada pour structurer la future Gainax, fondée en décembre 1984 pour Royal Space Force et qui produira en 1995 Neon Genesis Evangelion.

« Topcraft fit faillite et fut dissout le 15 juin 1985, divisant essentiellement le studio en deux. Hayao Miyazaki, Toshio Suzuki et Isao Takahata acquirent les actifs et formèrent Studio Ghibli. (...) Les animateurs de Topcraft formèrent plus tard un autre studio, appelé Pacific Animation Corporation, pour continuer à travailler avec Rankin/Bass sur des séries télévisées comme ThunderCats et SilverHawks, mais finirent par rejoindre Ghibli lorsque Pacific Animation fut rachetée par The Walt Disney Company et devint Walt Disney Animation Japan. Le fondateur de Topcraft, Tōru Hara, devint le premier manager de Studio Ghibli. »

Time Bokan Wiki · article Topcraft
timebokan.fandom.com/wiki/Topcraft

La date du 15 juin 1985 est ainsi paradoxale : elle marque à la fois la mort d'un studio et la naissance d'un autre, en parfaite continuité. Les locaux sont les mêmes. Les animateurs sont en partie les mêmes. Le manager est le même — Tōru Hara. Mais le modèle économique change radicalement : Ghibli est conçu non pas comme une structure de sous-traitance mais comme une maison de production d'auteur tournée vers le marché japonais, financée par Tokuma Shoten contre l'exclusivité de distribution des œuvres produites.

— VIII —

Ghibli 1985-1991 — la prudence du gestionnaire

Pendant six années, Tōru Hara assume le rôle de premier manager du Studio Ghibli. C'est lui qui structure quotidiennement les flux de production, négocie avec Tokuma Shoten, arbitre les conflits internes, et produit physiquement cinq des films-piliers du jeune studio. Aucun de ces films ne porte son nom dans la mémoire publique — il est invisible sur les affiches, absent des interviews promotionnelles. Mais sans lui, aucun de ces films n'aurait existé sous la forme qu'on leur connaît.

Castle in the Sky / Le Château dans le ciel (1986)

Premier long-métrage produit sous l'enseigne Studio Ghibli, sorti au Japon le 2 août 1986. Hara y est crédité comme producer. Le film mobilise l'essentiel des anciens animateurs Topcraft. Budget tenu, sortie en temps voulu. Mais le box-office reste modeste — 583 millions de yens, en deçà des espérances. Miyazaki dira plus tard que Castle in the Sky, Nausicaä et Totoro n'ont pas remboursé leurs coûts de production via les seules sorties cinéma.

Le double-feature My Neighbor Totoro / Grave of the Fireflies (1988)

L'épisode le plus risqué de l'histoire du jeune studio. Le directeur de Tokuma Shoten, Yasuyoshi Tokuma, est initialement réticent à produire Mon voisin Totoro — l'argument commercial d'un film sur deux fillettes et un esprit de la forêt dans le Japon des années 1950 lui semble faible. Toshio Suzuki, alors producteur de Tokuma Shoten, a l'idée de présenter le film en double programme avec le projet d'Isao Takahata adapté du roman semi-autobiographique d'Akiyuki Nosaka, Le Tombeau des lucioles. L'argument cette fois est la valeur pédagogique du second film, qui « obligera les écoles à organiser des séances scolaires ».

Le double feature est accepté. Mais cela impose au studio de produire deux longs-métrages simultanément sur douze mois — défi industriel sans précédent pour Ghibli alors âgé de deux ans à peine. Deux options sont envisagées : produire les deux films en deux périodes de six mois (chaque équipe enchaînant), ou diviser le studio en deux équipes parallèles. La seconde solution est retenue. Tōru Hara est rappelé spécifiquement pour gérer cette double production.

« En plus de la brièveté de la période de production, il y eut des problèmes techniques dus au lancement de deux productions simultanées. Les effectifs n'étaient absolument pas suffisants et le studio fit de nouveau appel à Tōru Hara (ancien Toei, président de Topcraft) pour sa longue expérience en management et en production. Hara fut donc le producteur sur les deux films. »

Ghibli Fandom · article Grave of the Fireflies
ghibli.fandom.com/wiki/Grave_of_the_Fireflies

Hara assure donc, à 53 ans, la production exécutive simultanée de Mon voisin Totoro de Miyazaki et du Tombeau des lucioles de Takahata. Les deux films sortent ensemble le 16 avril 1988. Totoro engrange 588 millions de yens, Le Tombeau des lucioles 1,7 milliard. Aucun des deux n'est un succès commercial massif à la sortie, mais Totoro deviendra rapidement l'icône commerciale de Ghibli — sa peluche, autorisée à contrecœur par le conseil d'administration en 1990, sauvera financièrement le studio.

Kiki's Delivery Service / Kiki la petite sorcière (1989)

Cinquième long-métrage du studio, sorti le 29 juillet 1989. Hara y est encore producteur. Cette fois, le succès commercial est massif : 4,3 milliards de yens de recettes au Japon, ce qui en fait le film le plus rentable du studio jusqu'à Princess Mononoké en 1997. Kiki devient le premier vrai blockbuster Ghibli, et change la donne stratégique du studio.

Only Yesterday / Souvenirs goutte à goutte (1991)

Dernier film produit par Hara avant son départ. Réalisé par Isao Takahata, sortie le 20 juillet 1991. Recettes : 3,1 milliards de yens, succès commercial confirmant que Ghibli n'est plus un studio à la marge mais une marque grand public japonaise.

Crédits producteur de Hara sur les films Ghibli (1986-1991). Les bases de données IMDb et Ghibli Fandom mentionnent uniformément Tōru Hara comme producteur sur les cinq films : Castle in the Sky (1986), My Neighbor Totoro (1988), Grave of the Fireflies (1988), Kiki's Delivery Service (1989), Only Yesterday (1991). Il est également crédité rétrospectivement sur Nausicaä (1984) en tant que producteur Topcraft. Sa contribution sur Hols (1968) était au poste de planner, antérieur à la définition formelle du rôle de producer dans les standards modernes.
— IX —

Le départ de 1991 — désaccord stratégique

Le succès commercial de Kiki la petite sorcière en 1989 marque un tournant économique pour Ghibli. Les recettes de 4,3 milliards de yens donnent au studio, pour la première fois, une marge de manœuvre financière. La question devient : comment l'utiliser ?

Deux philosophies s'affrontent au sein du studio. La première, portée par Yasuyoshi Tokuma (président de Tokuma Shoten et financeur historique) et Toshio Suzuki (producteur monté en puissance depuis Nausicaä), consiste à augmenter significativement les budgets des futurs films Ghibli pour les positionner sur le segment haut de gamme international — qualité d'animation supérieure, marketing massif, partenariats de distribution étrangers. La seconde, portée par Tōru Hara, prône la prudence : ne pas dilapider la marge récemment acquise dans des productions risquées, conserver une structure légère et reproductible, ne pas reproduire l'erreur de Topcraft qui était de dépendre de quelques productions à fort budget.

« En 1989, après le premier succès au box-office de Ghibli avec Kiki la petite sorcière, les dirigeants du studio décidèrent d'augmenter significativement le budget de production pour les œuvres futures. Yasuyoshi Tokuma de Tokuma Shoten, société-mère de Ghibli, ainsi que le producteur Toshio Suzuki, approuvèrent ce plan. Mais Hara ne pouvait être d'accord avec les risques impliqués. Finalement, en 1991, Hara quitta Ghibli, expliquant qu'il était en désaccord avec la philosophie commerciale du studio. »

Ghibli Fandom · article Toru Hara
ghibli.fandom.com/wiki/Toru_Hara

Le débat est philosophique. Hara, marqué à vie par la faillite de Topcraft consécutive à l'effort exceptionnel sur Nausicaä, redoute structurellement les fuites en avant budgétaires. Tokuma et Suzuki, à l'inverse, considèrent que Ghibli ne pourra exister à long terme que si elle se positionne sur le segment des grandes superproductions concurrentes des films Disney à l'international.

L'histoire donnera raison à Tokuma et Suzuki — au moins dans le court terme. Porco Rosso (1992), Pompoko (1994), Murmure du cœur (1995), puis Princess Mononoké (1997) confirment la viabilité du modèle haut de gamme. Mononoké devient le film japonais le plus rentable de l'histoire à sa sortie, et le partenariat Disney-Tokuma signé en 1996 ouvre l'international à Ghibli. Mais le modèle exige des budgets toujours plus élevés (¥2,4 milliards pour Mononoké) et fragilise structurellement Ghibli à chaque nouveau film — exactement ce que Hara redoutait.

Hara quitte donc Ghibli en 1991, à 55 ans, au terme de trente-deux années dans l'industrie. Il ne reprendra plus jamais de rôle de production majeur. Selon les sources publiques disponibles, il se retire largement de la vie publique de l'animation japonaise, sans donner d'interviews substantielles dans la presse occidentale.

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Héritage — Hara, l'architecte invisible

Tōru Hara s'éteint le 14 décembre 2021 à l'âge de 85 ans, douze jours avant son anniversaire. Sa disparition est annoncée discrètement par Studio Ghibli et reprise par les sites spécialisés japonais. La presse francophone n'en parle quasiment pas — aucune nécrologie significative ne paraît dans Le Monde, Libération, Les Cahiers du cinéma, ni dans la presse animation spécialisée. Cette quasi-invisibilité posthume est, à elle seule, une caractérisation de sa carrière.

Trois héritages structurels

L'évaluation rétrospective de la contribution de Hara à l'animation japonaise se structure autour de trois axes :

1. Le modèle Topcraft comme matrice de Ghibli. Sans la décennie 1972-1984 de Topcraft, le Studio Ghibli n'aurait pas eu l'équipe technique, les locaux, les méthodes de production ni le réseau de sous-traitants nécessaires pour exister. Ghibli ne s'est pas créé en 1985 : il s'est reconverti à partir de Topcraft. Les bases industrielles ont été posées par Hara dix ans avant que Miyazaki, Takahata et Suzuki n'en récupèrent les clés.

2. La double culture transpacifique. Pendant que les autres studios japonais des années 1970 (Toei, Mushi, Tatsunoko) restaient tournés vers le marché domestique, Topcraft développait sous la direction de Hara une expertise unique : produire selon les standards Rankin/Bass, c'est-à-dire avec des storyboards américains, des concept arts occidentaux, des enregistrements vocaux pré-faits. Cette compétence transpacifique restera dans l'ADN de Ghibli, qui négociera des accords de distribution mondiale avec Disney dès 1996 — exactement parce que ses cadres avaient l'habitude de travailler avec des partenaires américains.

3. L'école de la prudence financière. Le désaccord de 1991 entre Hara d'un côté et Tokuma-Suzuki de l'autre n'est pas anodin. Il préfigure les difficultés structurelles que Ghibli rencontrera dans les années 2010, lorsque l'inflation des budgets (Le Conte de la princesse Kaguya, 5 milliards de yens ; Le Vent se lève, 3 milliards de yens) rendra à nouveau le studio dépendant d'un succès commercial massif à chaque film. Hara avait alerté trente ans plus tôt sur ce piège. Son départ marque la fin d'un certain modèle de production japonaise centré sur la maîtrise des coûts.

Hara n'a pas créé Ghibli. Mais Ghibli n'aurait pas existé sans Hara.

Filmographie consolidée de Tōru Hara comme producteur

AnnéeTitreRéalisateurStudioCrédit
1968Hols, Prince du SoleilIsao TakahataToei DōgaPlanner
1972Kid Power (TV)Rankin/BassTopcraftPrésident · producteur exécutif
1977The HobbitArthur Rankin Jr · Jules BassTopcraftCoordinating animator
1980The Return of the KingArthur Rankin Jr · Jules BassTopcraftCoordinating animator
1982The Last UnicornArthur Rankin Jr · Jules BassTopcraftProducteur exécutif
1982The Flight of DragonsJules BassTopcraftProducteur exécutif
1984Nausicaä de la Vallée du VentHayao MiyazakiTopcraftProducteur exécutif
1984Macross: Do You Remember Love? (sous-traitance)Shōji KawamoriTopcraftAnimation
1986Le Château dans le cielHayao MiyazakiGhibliProducer
1988Mon voisin TotoroHayao MiyazakiGhibliProducer
1988Le Tombeau des luciolesIsao TakahataGhibliProducer
1989Kiki la petite sorcièreHayao MiyazakiGhibliProducer
1991Souvenirs goutte à goutteIsao TakahataGhibliProducer

Articles connexes dans le corpus SAKUGAART

Le portrait de Hara s'inscrit naturellement au carrefour de plusieurs trames du corpus éditorial SAKUGAART. Articles déjà publiés à articuler avec celui-ci :

  • Le portrait de Studio Ghibli, dont Hara est le premier manager et qu'il a structuré industriellement.
  • Le portrait de Tezuka Productions et de Mushi Production, écosystème d'animation japonais des années 1960 dont Toei Dōga partageait le marché.
  • Le portrait récent de Tsuguyuki Kubo, son character designer principal chez Topcraft.

Articles à produire qui prolongeraient naturellement ce portrait :

  • Fiche studio Topcraft (1972-1985) — qui mériterait son article dédié, avec la liste exhaustive des productions et la chronologie de la dissolution.
  • Portrait d'Isao Takahata — collègue de Hara depuis Toei Dōga en 1959, ami de toute une vie professionnelle.
  • Portrait de Yasuyoshi Tokuma — fondateur de Tokuma Shoten, financeur de Nausicaä puis de Ghibli, contre-poids économique à la prudence de Hara.
  • Fiche Pacific Animation Corporation / Walt Disney Animation Japan — autre filiation Topcraft, qui prolongera l'arc Tsuguyuki Kubo.
  • Article sur Hols, Prince du Soleil (1968) — œuvre-charnière de l'animation japonaise et événement fondateur de la trajectoire Hara-Takahata-Miyazaki.

Avec ces articles, SAKUGAART disposera d'une couverture éditoriale complète de la généalogie Toei → Topcraft → Ghibli, fil rouge structurant de l'animation japonaise des années 1960-1990. Cet axe distingue clairement la ligne SAKUGAART de la concurrence éditoriale en français — qui traite presque exclusivement les studios par leur succès commercial, jamais par leur filiation industrielle.

Sources & références

Note méthodologique. Aucune interview directe de Tōru Hara en français ou en anglais n'a été identifiée publiquement. Hara s'est tenu à l'écart de la presse occidentale toute sa carrière, et même la presse animation japonaise spécialisée (Animage, Newtype, Animedia) ne lui a consacré que peu de portraits approfondis. La biographie présentée repose sur la convergence des sources secondaires citées ci-dessus, principalement les fiches Ghibli Fandom (qui reproduisent des éléments d'une bio en japonais), Grokipedia (synthèse analytique récente), Animation World Network (Andrew Osmond, spécialiste anglo-saxon de l'animation japonaise), et Animation Obsessive (analyse approfondie de la production Last Unicorn). La date de naissance (26 décembre 1935) et la date de décès (14 décembre 2021) sont confirmées par plusieurs sources Ghibli Fandom. Les détails du désaccord stratégique de 1991 proviennent exclusivement de la fiche Ghibli Fandom, qui les présente sans préciser leur source primaire ; il est possible que cet épisode mériterait une investigation complémentaire dans les sources japonaises de première main (mémoires de Toshio Suzuki, notamment) pour confirmer les termes précis du débat. Les chiffres de box-office japonais sont issus des sources Ghibli Fandom et Wikipedia, qui les reprennent des rapports annuels distributeurs.

SAKUGAART · Portrait créateur Tōru Hara · 1935 - 2021
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