Hayao Miyazaki, le peintre du ciel japonais
Né à Tokyo en pleine guerre du Pacifique, fils d'un industriel de l'aéronautique militaire, Hayao Miyazaki a passé soixante ans à dessiner le ciel. Son enfance dans l'usine paternelle qui fabriquait des pièces pour les chasseurs Zero a infusé toute son œuvre d'une obsession pour le vol, le vent, les machines volantes — du château volant de Laputa aux avions de chasse de Porco Rosso, du planeur Möwe de Nausicaä au héron magique de son dernier film en 2023. Entré chez Toei Dōga en 1963 comme intervalliste, il rencontre Isao Takahata qui sera son mentor, son co-équipier et son ami pendant cinquante-cinq ans. Du Château de Cagliostro (1979) au Garçon et le Héron (2023), en passant par Nausicaä (1984), Le Château dans le ciel (1986), Mon voisin Totoro (1988), Kiki la petite sorcière (1989), Porco Rosso (1992), Princesse Mononoké (1997), Le Voyage de Chihiro (2001, Oscar du meilleur film d'animation), Le Château ambulant (2004) et Le Vent se lève (2013), il a construit l'œuvre d'animation la plus universellement reconnue de l'histoire du cinéma japonais.
Bunkyō, Tokyo
Sciences politiques · économie · 1963
intervalliste
rencontré chez Toei en 1963
1979 · TMS
1984 · Topcraft
avec Takahata et Suzuki
Voyage de Chihiro · Garçon et Héron
2023 · 14 juillet
Tokyo 1941 — l'enfance dans l'usine d'aéronautique
Hayao Miyazaki (宮崎 駿) naît le 5 janvier 1941 dans le quartier de Bunkyō à Tokyo, deuxième de quatre frères. Son père, Katsuji Miyazaki, dirige Miyazaki Airplane, entreprise familiale qui fabrique pendant la guerre du Pacifique des pièces — notamment les gouvernails — pour le chasseur Mitsubishi A6M Zero, l'appareil emblématique de l'aviation militaire japonaise. Cette circonstance biographique infusera toute l'œuvre du futur cinéaste : un amour des machines volantes, doublé d'un trouble moral persistant face à l'usage militaire qu'elles ont servi.
La famille fuit Tokyo en 1944 pour échapper aux bombardements américains. Cette mémoire d'enfance — les sirènes, l'évacuation, les villes en flammes — restera vive chez Miyazaki et nourrira plus tard les paysages dévastés de Nausicaä ou du Château ambulant. Sa mère contracte la tuberculose en 1947 et restera alitée plusieurs années — figure maternelle absente et silencieuse qui inspirera la mère malade de Mon voisin Totoro.
Au lycée, Miyazaki découvre le manga et l'animation. Le tournant décisif est une projection en 1958 de La Légende du Serpent Blanc (白蛇伝, Hakujaden), premier long-métrage d'animation couleur de Toei Dōga. Le film le bouleverse au point de réorienter ses ambitions. Il étudie ensuite à l'Université Gakushūin (學習院), institution privée prestigieuse héritière de l'éducation impériale, où il s'inscrit en sciences politiques et économie — non pas en art. Pendant ses études, il dessine intensivement et fait partie du club de littérature pour enfants.
Diplômé en 1963 à 22 ans, Miyazaki postule chez Toei Dōga. Il est recruté comme intervalliste — le poste subalterne de l'animation, qui consiste à dessiner les images intermédiaires entre les frames-clés. Sa rapidité d'exécution et son talent graphique sont immédiatement remarqués par ses supérieurs.
Toei Dōga 1963 — la rencontre avec Takahata
L'année 1963 chez Toei Dōga est celle de plusieurs rencontres décisives. Miyazaki y croise Isao Takahata, son aîné de cinq ans, jeune assistant réalisateur diplômé en littérature française. Il y rencontre aussi Akemi Ōta, animatrice, qu'il épousera en 1965 après un an de fréquentation et avec qui il aura deux fils — l'aîné Gorō deviendra lui-même réalisateur d'animation chez Ghibli.
Dès ses premières années, Miyazaki participe à l'animation des grands longs-métrages annuels de Toei : Les Joyeux Pirates de l'île au trésor (1969), Le Chat botté (1969), L'Île au trésor des animaux (1971). Il est aussi intervalliste et key animator sur Gulliver no Uchū Ryokō (1965, Le Voyage de Gulliver dans l'espace) et Doggie March (1963).
Mais c'est sur Hols, Prince du Soleil (1965-1968) que la collaboration avec Takahata prend forme. Takahata, jeune réalisateur, dirige son premier long-métrage. Il refuse le modèle hiérarchique habituel de Toei et invite l'ensemble de l'équipe créative — y compris le jeune intervalliste qu'est Miyazaki — à participer aux storyboards et aux décisions narratives. Miyazaki s'investit massivement, contribuant à l'animation des scènes-clés et au développement de l'histoire. Hols est aujourd'hui considéré comme l'œuvre fondatrice de l'animation japonaise moderne.
L'échec commercial de Hols en juillet 1968 (dix jours d'exploitation seulement, sanctions internes contre l'équipe) marque durablement Miyazaki et Takahata. Tous deux comprennent que le modèle Toei ne pourra pas accueillir leurs ambitions. Ils s'engagent parallèlement dans le mouvement syndical de l'entreprise — Takahata sera vice-président du syndicat, Miyazaki secrétaire général.
« Pendant ses études à Gakushūin, il s'est spécialisé en sciences politiques et économie, et a aussi été membre du club de littérature pour enfants. Après obtention de son diplôme, il a démarré sa carrière en 1963 comme animateur au studio Tōei Dōga, et s'est subséquemment retrouvé impliqué dans nombre de classiques précoces de l'animation japonaise. Dès le début, il a commandé l'attention par sa formidable capacité à dessiner, et par le flot apparemment intarissable d'idées de films qu'il proposait. »
GhibliWiki / Nausicaa.net · Hayao Miyazaki
nausicaa.net/wiki/Hayao_Miyazaki
A Pro, Nippon Animation, Heidi — la décennie 1970
En 1971, Miyazaki quitte Toei avec Takahata, Yasuo Ōtsuka et Yoichi Kotabe. L'équipe rejoint A Pro (future Shin-Ei Animation), structure plus souple qui leur permet de retrouver l'autonomie créative. Ils y tentent une adaptation de Fifi Brindacier d'Astrid Lindgren — projet finalement abandonné, mais dont les concept arts nourriront plus tard Heidi, Mon voisin Totoro et plusieurs autres films.
Premier projet commun à A Pro : Panda! Petit Panda (パンダ・コパンダ, 1972) et sa suite Panda Petit Panda : Le Cirque sous la pluie (1973). Réalisé par Takahata, scénarisé et conçu par Miyazaki, le court-métrage de 33 minutes inaugure un univers qui réapparaîtra dans Totoro quinze ans plus tard. Miyazaki co-réalise également avec Takahata les épisodes 8 à 23 de Lupin III: Part I (1971-1972) pour TMS — première série télévisuelle du futur cinéaste.
Nippon Animation et le World Masterpiece Theater
En juin 1973, Miyazaki suit Takahata chez Zuiyo Eizō, future Nippon Animation, pour participer au projet Heidi, Girl of the Alps (1974). Miyazaki y assure le scene design (équivalent du chef décorateur de cinéma) et la layout supervision — fonction technique nouvelle qui consiste à fixer la composition exacte de chaque plan. Le voyage de repérage dans les Alpes suisses entrepris par Takahata, Miyazaki et Kotabe pour préparer la série marque l'industrie : c'est la première fois qu'une équipe d'animation TV japonaise consacre temps et budget à une recherche documentaire terrain.
Miyazaki travaille ensuite cinq années au sein du Sekai Meisaku Gekijō (Théâtre des Chefs-d'œuvre Mondiaux) de Nippon Animation, adaptant des classiques de la littérature occidentale en séries TV. Ses contributions principales :
- Heidi, Girl of the Alps (1974) — scene design, layout
- 3000 Leagues in Search of Mother (1976) — scene design, layout
- Anne of Green Gables (1979) — premiers 15 épisodes en layout
Cette décennie 1970 forme la grammaire visuelle qui caractérisera ensuite Ghibli : attention au détail quotidien (gestes, vêtements, alimentation), paysages travaillés à l'aquarelle, rythme contemplatif opposé au tempo conventionnel de l'animation pour enfants.
Future Boy Conan (1978) — la première réalisation
En 1978, NHK confie à Miyazaki la réalisation d'une série de 26 épisodes : Mirai Shōnen Conan (未来少年コナン, Conan, le fils du futur). Adaptée librement du roman The Incredible Tide d'Alexander Key, c'est sa première œuvre en tant que réalisateur. La série pose déjà tous les thèmes signature : monde post-apocalyptique, machines volantes, héros adolescents, écologie. C'est aussi le premier projet où Miyazaki dessine intégralement les storyboards lui-même — méthode qu'il conservera toute sa carrière.
Conan, Cagliostro, Sherlock Hound — la première mise en scène
Le succès critique de Future Boy Conan ouvre à Miyazaki les portes du long-métrage cinéma. En 1979, il rejoint Tokyo Movie Shinsha (TMS) et plus précisément sa filiale Telecom Animation Film pour réaliser son premier film : Lupin III: Le Château de Cagliostro (ルパン三世 カリオストロの城).
Le tournage est expéditif — quatre mois et demi seulement, ce que Miyazaki décrira plus tard comme la période où il a appris les limites de sa résistance physique. Le film sort le 15 décembre 1979. Box-office décevant à la sortie en raison de l'écart stylistique avec la série Lupin III Part II alors populaire (couleurs plus douces, intrigue plus narrative). Mais Cagliostro devient progressivement un classique — Steven Spielberg le citera comme « la meilleure poursuite en voiture jamais filmée ». Le film reçoit le Prix Noburō Ōfuji aux Mainichi Film Awards.
Suivent quelques contrats ponctuels : épisodes de Lupin III Part II (1980, crédités sous pseudonyme Tsutomu Teruki) et la série télévisée Meitantei Holmes (名探偵ホームズ, Sherlock Hound, 1984-1985) — coproduction italo-japonaise avec la RAI où Miyazaki réalise les six premiers épisodes.
Nausicaä 1984 — la révélation manga et film
En février 1982, Miyazaki commence à dessiner pour le magazine Animage (Tokuma Shoten) le manga Nausicaä de la Vallée du Vent (風の谷のナウシカ). Le projet n'est pas conçu pour être adapté en film. Mais le succès critique du manga conduit le rédacteur d'Animage Toshio Suzuki à convaincre Miyazaki et Tokuma de produire une version cinéma — adaptation des seize premiers chapitres alors parus.
Le studio retenu est Topcraft, structure dirigée par Tōru Hara, ancien collègue de Takahata à Toei Dōga. Production de fin 1983 à mars 1984. Takahata est producteur associé. Suzuki figure au comité de production Tokuma Shoten. Hara assure la production exécutive. Un jeune key animator de 23 ans nommé Hideaki Anno anime les scènes apocalyptiques du God Warrior — futur réalisateur d'Evangelion.
Nausicaä sort au Japon le 11 mars 1984. Recettes : 740 millions de yens — succès commercial modeste à l'échelle des superproductions, mais critique unanime. Le film remporte le Grand Prix Anime d'Animage 1984. Mais surtout, il démontre qu'il existe un public japonais pour des longs-métrages d'animation d'auteur ambitieux. Cette démonstration fonde la viabilité économique du futur Studio Ghibli.
Le manga continue parallèlement : Miyazaki dessine Nausicaä par à-coups jusqu'en mars 1994, alternant avec ses productions Ghibli. L'œuvre complète, sept volumes, est considérée comme l'un des plus grands mangas japonais de tous les temps — bien plus politique, écologique et morale que le film n'a pu le traduire.
Ghibli 1985 — le studio des longs-métrages d'auteur
Le 15 juin 1985, après la dissolution de Topcraft, Miyazaki co-fonde le Studio Ghibli avec Isao Takahata et Toshio Suzuki, financé par Tokuma Shoten. Le studio est installé dans les anciens locaux de Topcraft. Tōru Hara en est le premier head manager. Le nom ghibli — vent saharien — vient de l'admiration de Miyazaki pour les avions Caproni italiens de la Seconde Guerre mondiale.
Les six premières années de Ghibli structurent l'identité du studio :
| Année | Titre français | Titre japonais | Recettes JP |
|---|---|---|---|
| 1986 | Le Château dans le ciel | Tenkū no Shiro Rapyuta | ¥583 millions |
| 1988 | Mon voisin Totoro | Tonari no Totoro | ¥588 millions |
| 1989 | Kiki la petite sorcière | Majo no Takkyūbin | ¥4,3 milliards |
| 1992 | Porco Rosso | Kurenai no Buta | ¥2,8 milliards |
Le tournant économique survient avec Kiki la petite sorcière en 1989 : 4,3 milliards de yens de recettes en font le premier blockbuster Ghibli. À partir de cette année, le studio dispose d'une marge de manœuvre financière pour augmenter les budgets de production. Cette décision, prise par Tokuma et Suzuki contre l'avis de Tōru Hara (qui plaide pour la prudence budgétaire), marque le départ de Hara en 1991.
Porco Rosso (1992) — adaptation libre par Miyazaki de son propre manga court — illustre une obsession qui imprégnera désormais tout le restant de son œuvre : le vol, l'aviation, la guerre vue à travers le prisme des pilotes. Le film s'ouvre sur la Méditerranée des années 1930, met en scène un pilote italien transformé en cochon par malédiction, et opère à la fois comme méditation politique anti-militariste et fable mélancolique sur le passage du temps.
Mononoké, Chihiro, Howl — la consécration mondiale
Le 12 juillet 1997, Princesse Mononoké (もののけ姫) sort au Japon avec un budget jamais vu pour un anime — 2,35 milliards de yens (~23,5 millions de dollars). Miyazaki supervise les 144 000 cellulos du film, dont environ 80 000 sont des key animations. Le film mêle pour la première fois animation traditionnelle cellulo et CGI (environ 15 minutes d'animation par ordinateur).
Recettes japonaises : 11,3 milliards de yens, record absolu pour un film japonais à l'époque, dépassant E.T. au box-office national. Princesse Mononoké devient le premier long-métrage d'animation à remporter le Japan Academy Prize du meilleur film toutes catégories confondues. Disney achète les droits de distribution mondiale dans le cadre de l'accord Tokuma-Disney signé en 1996.
Le Voyage de Chihiro (2001) — l'Oscar
Sortie le 20 juillet 2001, Sen to Chihiro no Kamikakushi (千と千尋の神隠し) bat tous les records de Mononoké : 30,4 milliards de yens au box-office japonais. Le film remporte l'Ours d'or du meilleur film au Festival de Berlin 2002 — premier film d'animation à recevoir cette distinction — puis l'Oscar du Meilleur film d'animation en 2003. Miyazaki ne se rend pas à la cérémonie en protestation contre la guerre en Irak.
Chihiro reste à ce jour l'un des films japonais les plus distribués mondialement, avec plus de 274 millions de dollars de recettes internationales. Pour beaucoup de spectateurs occidentaux, c'est la porte d'entrée vers le cinéma de Miyazaki et l'animation japonaise dans son ensemble.
Le Château ambulant (2004) et Ponyo (2008)
Hauru no Ugoku Shiro (2004), adapté du roman de Diana Wynne Jones, prolonge la veine commerciale (¥19,6 milliards au box-office japonais) tout en explorant un anti-militarisme plus explicite que les œuvres précédentes — référence à peine voilée à la guerre en Irak. Ponyo sur la falaise (2008) revient à un public plus jeune et engage le studio dans une nouvelle direction graphique, plus aquarelle et déconstruite.
Les fausses retraites — Vent se lève, Garçon et Héron
Miyazaki annonce publiquement sa retraite pour la première fois en 1997, puis à plusieurs reprises ensuite — sans jamais s'y tenir. En 2013, après la sortie de Le Vent se lève (風立ちぬ, Kaze Tachinu), il annonce officiellement la fin de sa carrière de réalisateur. Le film, biopic libre de Jirō Horikoshi, l'ingénieur ayant conçu le chasseur Zero, est aussi sa réflexion la plus aboutie sur le rapport ambivalent entre passion technique et usage militaire — sujet directement hérité de son enfance.
Mais Toshio Suzuki ne lâche pas. En 2016, Miyazaki revient sur sa décision et entame la production d'un nouveau long. Le projet, basé sur le roman Comment vivez-vous ? de Genzaburō Yoshino, prendra sept ans de production. Le Garçon et le Héron (君たちはどう生きるか, Kimitachi wa Dō Ikiru ka) sort au Japon le 14 juillet 2023 — sans bande-annonce, sans affiche promotionnelle, sans interview préalable. Il s'agit du pari le plus radical de toute la carrière du studio.
Le film remporte l'Oscar du Meilleur film d'animation 2024. Recettes mondiales : plus de 290 millions de dollars. À 83 ans, Miyazaki redevient l'auteur d'animation le plus rentable de l'année. Il a toujours refusé de confirmer qu'il ne réaliserait plus de film.
« Lorsque Hayao Miyazaki a annoncé sa retraite en 2013, Toshio Suzuki a été crucial pour le ramener au cinéma. Initialement, Miyazaki pensait avoir achevé son travail et s'était éloigné de la réalisation. Suzuki, connaissant la passion de Miyazaki pour la narration, l'a doucement encouragé à continuer de créer. Il a engagé Miyazaki dans des discussions sur des projets potentiels, rallumant l'étincelle créative du réalisateur. »
CBR · Studio Ghibli's Success Has Less to Do With Hayao Miyazaki Than Fans Realize
cbr.com/studio-ghibli-toshio-suzuki-explained
Les thèmes signature — vol, écologie, pacifisme
L'œuvre de Miyazaki s'organise autour de quatre obsessions thématiques cohérentes sur soixante ans :
1. Le vol
Pratiquement chaque film Miyazaki contient une scène de vol significative. Cagliostro et son autogyre, Nausicaä et son planeur Möwe, Sheeta et ses cristaux volants dans Laputa, Kiki et son balai, Porco Rosso et son hydravion, Howl et ses transformations aériennes, Jiro Horikoshi et ses chasseurs — le motif est constant. Cette obsession provient directement de l'enfance dans l'usine paternelle qui fabriquait des pièces de Zero pendant la guerre.
2. L'écologie
Nausicaä, Princesse Mononoké, Ponyo articulent une critique écologique radicale — l'humanité comme prédatrice destructrice de l'équilibre naturel. Cette dimension n'est jamais didactique mais structurelle : les forces de la nature (forêts, vents, océans) sont des personnages au même titre que les humains, dotés d'intentionnalités et de moralités propres.
3. Le pacifisme et l'anti-militarisme
Position politique constante de Miyazaki — boycott des Oscars en 2003 pour protester contre la guerre en Irak, opposition publique à la révision de l'article 9 de la Constitution japonaise. Cette position structure Nausicaä, Mononoké, Howl, Le Vent se lève. Mais le pacifisme miyazakien n'est jamais naïf : il reconnaît la beauté des machines de guerre tout en condamnant leur usage.
4. Les héroïnes adolescentes
Nausicaä, Sheeta, Mei et Satsuki, Kiki, San, Chihiro, Sophie, Ponyo — la galaxie des protagonistes féminines miyazakiennes est l'une des plus singulières du cinéma mondial. Toutes adolescentes ou jeunes femmes, dotées d'agency complète, jamais réduites au rôle d'objet amoureux. C'est l'une des contributions les plus durables de Miyazaki à la grammaire de l'animation moderne.
Filmographie majeure comme réalisateur
| Année | Titre français | Studio | Distinctions majeures |
|---|---|---|---|
| 1978 | Conan, le fils du futur (TV) | Nippon Animation | Première réalisation |
| 1979 | Le Château de Cagliostro | Tokyo Movie Shinsha | Prix Ōfuji 1979 |
| 1984 | Nausicaä de la Vallée du Vent | Topcraft | Grand Prix Anime · ¥740M |
| 1986 | Le Château dans le ciel | Ghibli | Grand Prix Anime |
| 1988 | Mon voisin Totoro | Ghibli | Grand Prix Anime |
| 1989 | Kiki la petite sorcière | Ghibli | ¥4,3 milliards |
| 1992 | Porco Rosso | Ghibli | ¥2,8 milliards |
| 1997 | Princesse Mononoké | Ghibli | ¥11,3 milliards · Japan Academy Prize |
| 2001 | Le Voyage de Chihiro | Ghibli | Oscar 2003 · Ours d'or Berlin · ¥30,4 milliards |
| 2004 | Le Château ambulant | Ghibli | Nomination Oscar · ¥19,6 milliards |
| 2008 | Ponyo sur la falaise | Ghibli | ¥15,5 milliards |
| 2013 | Le Vent se lève | Ghibli | Nomination Oscar · ¥12 milliards |
| 2023 | Le Garçon et le Héron | Ghibli | Oscar 2024 · sortie sans promo |
Articles connexes dans le corpus SAKUGAART
- Le portrait d'Isao Takahata, mentor et ami de cinquante-cinq ans.
- Le portrait de Tōru Hara, producteur de Nausicaä et premier manager de Ghibli.
- Le portrait de Toshio Suzuki (à produire), producteur Ghibli depuis Nausicaä.
- La fiche Topcraft, studio qui anima Nausicaä.
- La fiche Studio Ghibli, qu'il a co-fondé.
- La fiche Toei Animation, son école de formation.
Sources & références
- Wikipédia FR — Hayao MiyazakiBiographie · filmographie
- Wikipedia EN — List of works by Hayao MiyazakiFilmographie consolidée
- Britannica — Miyazaki HayaoBiographie de référence
- Ghibli Fandom — Hayao MiyazakiCarrière Ghibli détaillée
- Nausicaa.net / GhibliWiki — Hayao MiyazakiRéférence historique
- IMDb — Hayao MiyazakiFilmographie cinéma
- Encyclopedia.com — Hayao MiyazakiBiographie détaillée
- Wikipedia EN — Nausicaä filmProduction · staff Topcraft
- CBR — Studio Ghibli Toshio Suzuki ExplainedRetour de retraite Miyazaki
- Corus Entertainment Fandom — Hayao MiyazakiRécompenses · Mononoké production
Note méthodologique. Miyazaki a accordé de nombreuses interviews en japonais (Animage, Newtype, NHK) et plusieurs en anglais (Roger Ebert 1999, The Guardian, NHK Professional). Peu de ces interviews ont été traduites en français. Les citations utilisées proviennent des reprises documentées en anglais. Les chiffres de box-office japonais sont issus de Wikipedia, Eiren (Motion Picture Producers Association of Japan) et de la documentation officielle Ghibli. La date de naissance précise (5 janvier 1941 à Bunkyō, Tokyo) est confirmée par toutes les sources.
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