Film d'animation · Mamoru Hosoda · Studio Chizu · Sony Pictures France · 11 mars 2026
Scarlet
et l'Éternité
果てしなきスカーレット · Hateshinaki Sukāretto · Japon 21 nov. 2025 · France 11 mars 2026
Une princesse médiévale projetée dans le Pays des Morts. Un jeune homme contemporain qui lui enseigne que la haine peut avoir une fin. Hosoda revisite Hamlet — et tente une synthèse entre 3D et sensibilité japonaise que personne n'avait osée avant lui. 111 minutes. Venise. Et une réception qui divise.
Mamoru Hosoda — la trajectoire d'un réalisateur singulier
Mamoru Hosoda (né le 19 septembre 1967 à Kamiichi, Toyama) s'impose progressivement comme l'une des figures majeures de l'animation japonaise contemporaine après une formation chez Toei Animation — où il réalise des épisodes de Digimon et de One Piece. Son premier long-métrage personnel, La Traversée du temps (2006), lui vaut une reconnaissance immédiate. Summer Wars (2009), Les Enfants loups (2012), Le Garçon et la Bête (2015), Miraï (2018) confirment un auteur au style reconnaissable : la famille comme espace de transformation, l'enfance comme point de vue sur un monde adulte défaillant.
Belle (2021) — présenté en compétition officielle à Cannes, ovation dès la première projection — l'installe définitivement dans le panthéon mondial de l'animation. Il y explore le monde virtuel comme espace de révélation identitaire, avec une ambition visuelle 3D qui divise déjà ceux qui étaient attachés à son style dessiné antérieur. Scarlet et l'Éternité pousse cette direction plus loin encore.
Hamlet transposé — l'architecture narrative
Pour la première fois dans sa carrière, Hosoda s'attaque à un matériau universel préexistant : Hamlet de Shakespeare. La transposition est radicale — un monde de fantasy médiévale en collision avec le contemporain — mais la structure reste shakespearienne : la mort du père, la vengeance comme horizon, et la question de savoir si cette vengeance peut être un chemin vers la vie ou seulement vers une mort supplémentaire.
Scarlet, princesse d'un royaume médiéval, formée dès l'enfance à l'art de l'épée, échoue à venger la mort de son père et se retrouve grièvement blessée, projetée dans le Pays des Morts. Elle y rencontre Hijiri — un jeune homme de notre époque contemporaine, dont la bienveillance ébranle ses certitudes. Au fil de son cheminement, elle est conduite à affronter non seulement l'assassin de son père, mais aussi le poids de sa propre colère.
Mamoru Hosoda s'est inspiré d'Hamlet pour concevoir son héroïne, Scarlet. Elle arbore une « armure très sombre » et des couleurs tout aussi sombres, contrastant avec le personnage de Hijiri, inspiré d'Ophélie. Le metteur en scène a voulu souligner les différences entre ces deux personnages issus de « mondes radicalement différents », utilisant le graphisme pour traduire ces nuances.
— Allociné, fiche film · allocine.fr
Le défi technique — ni 2D, ni CGI hollywoodien
Hosoda revendique pour Scarlet et l'Éternité une ambition technique spécifique : créer une troisième voie entre le dessin à la main de la tradition japonaise et la 3D des studios américains. Le film est entièrement écrit et réalisé au sein de son studio Chizu Film, garantissant un contrôle créatif total.
Avec ce nouveau long-métrage, le cinéaste a affirmé vouloir relever de nouveaux défis techniques bien différents de ses précédents travaux, avec un rendu qui ne serait ni de la 2D, ni des CGI dans un style hollywoodien à proprement parler.
— Manga-news.com, 11 mars 2026 · manga-news.com
Réception — Venise, PIFFF, France
Le film est présenté hors compétition à la Mostra de Venise 2025 — reconnaissance institutionnelle forte pour l'animation japonaise dans un festival de cinéma généraliste européen de premier plan. Il est ensuite projeté au PIFFF en décembre 2025, puis au Festival d'Arras dans la section « Toiles de maîtres », avant sa sortie nationale le 11 mars 2026.
Après des œuvres saluées telles que La Traversée du Temps, Les Enfants Loups et Belle, le cinéaste Mamoru Hosoda revient en force avec une œuvre combinant émotion, action, et thèmes shakespeariens de vengeance et rédemption. Et, accessoirement, il est visuellement époustouflant.
— PIFFF (Paris International Fantastic Film Festival), programme 2025 · pifff.fr
Les avis des spectateurs internationaux sont plus partagés. Plusieurs critiques anglophones relèvent des problèmes de rythme, un protagoniste masculin qui prend trop de place aux dépens du personnage éponyme, et une résolution des conflits moraux jugée trop rapide. Ce débat s'inscrit dans une tension plus large sur la trajectoire de Hosoda depuis Belle — dont le virage vers la 3D avait déjà divisé le public fidèle à son style dessiné antérieur.
Filmographie Hosoda — la construction d'une œuvre
| Année | Titre | Note |
|---|---|---|
| 2006 | La Traversée du temps | 1er long-métrage solo |
| 2009 | Summer Wars | Monde virtuel · famille |
| 2012 | Les Enfants Loups, Ame & Yuki | Deuil maternel · hybridité |
| 2015 | Le Garçon et la Bête | Filiation · identité |
| 2018 | Miraï | Oscar du meilleur film d'animation (nommé) |
| 2021 | Belle | Compétition officielle Cannes · ovation |
| 2025-26 | Scarlet et l'Éternité | Venise 2025 hors compét. · France 11 mars 2026 |
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