Directeur artistique · Fondateur Kobayashi Production · Portrait
Kobayashi
Shichirō
小林 七郎 · 1932 — 2022
Tokoro-gun, Hokkaidō · 30 août 1932 → 25 août 2022
Pendant 47 ans, un instituteur d'art devenu peintre de fonds a façonné en silence l'arrière-plan visuel de l'anime japonais. De Ashita no Joe à Berserk, du Château de Cagliostro à Utena, en passant par L'Œuf de l'ange et Akira, Kobayashi Shichirō et son studio ont engendré la quasi-totalité des chefs-décorateurs majeurs de l'industrie contemporaine. Sans jamais se montrer.
L'instituteur d'Hokkaidō — genèse d'un maître
Kobayashi Shichirō naît le 30 août 1932 dans le district de Tokoro, sur l'île d'Hokkaidō. Origine cruciale : il grandit dans une nature brute, climat continental rigoureux, paysages de forêts boréales et de littoraux découpés. Toute sa carrière sera marquée par cette mémoire des grands espaces du Nord — une luminosité particulière, une densité atmosphérique, un rapport au silence que l'on retrouvera quarante ans plus tard dans les fonds spectraux de L'Œuf de l'ange ou de Berserk.
Il intègre la prestigieuse Université des Arts Musashino (武蔵野美術大学), l'une des écoles d'art les plus exigeantes du Japon. Sa formation : peinture occidentale classique — aquarelle, gouache, huile, anatomie du dessin, perspective architecturale. Son goût pour les grands maîtres européens (Dürer, Friedrich, Turner) l'éloigne d'emblée de l'esthétique manga dominante. Il lit l'espace comme un peintre du nord : lumière latérale, ombres longues, surfaces qui absorbent la couleur plutôt que de la réfléchir.
Instituteur avant l'animation
Détail biographique souvent omis : avant de rejoindre l'industrie de l'animation, Kobayashi exerce comme professeur d'arts plastiques dans une école primaire. Ce n'est pas anecdotique. Cette formation pédagogique structurera sa pratique tout au long de sa carrière. Kobayashi sera un transmetteur compulsif — formant des disciples sans relâche, finissant sa vie comme professeur invité à la Kobe Design University. Il restera fidèle à une éthique de l'instituteur : montrer pour transmettre, expliquer pourquoi on change un trait plutôt que de le changer en silence.
Toei Dōga, 1964 — l'entrée dans l'animation à 32 ans
En 1964, à 32 ans — âge tardif pour entrer dans le métier — Kobayashi rejoint Toei Dōga (東映動画, aujourd'hui Toei Animation). Il y travaille comme peintre de fonds (haikei, 背景), apprend les contraintes techniques du cellulo, le rythme industriel, la coordination avec les directeurs artistiques. Puis quitte Toei à la suite d'un conflit syndical — les grèves Toei du milieu des années 60 qui agitèrent toute une génération (Takahata, Miyazaki, Ōtsuka y participent). Il rejoint alors A Production (Aプロダクション, aujourd'hui Shin-Ei Animation), studio fondé par d'anciens cadres de Toei. C'est là qu'il rencontre l'homme qui va définir sa première décennie : Osamu Dezaki.
La rencontre Dezaki — un binôme fondateur
Sur Dokonjō Gaeru (ど根性ガエル, Gutsy Frog, 1972), série culte d'A Pro, Kobayashi est nommé directeur artistique pour la première fois. Dezaki dirige certains épisodes. Le binôme se forme : Kobayashi a 40 ans, Dezaki 29. Ce qui naît de leur rencontre est l'une des collaborations les plus fructueuses de l'histoire de l'anime télé japonais.
Dezaki repère chez Kobayashi quelque chose qu'aucun autre directeur artistique n'a : la capacité de comprendre intuitivement ce qu'il appelle ses postcard memories — les freeze-frames peints en gouache qu'il insère dans ses séries pour figer un moment dramatique. Kobayashi ne se contente pas d'exécuter la commande : il comprend l'intention. Il sait exactement quel poids de couleur, quelle texture de papier, quelle densité de pigment transformera un instant banal en tableaux mémorables.
La fondation de Kobayashi Production (1968)
À 36 ans, fort de la confiance de Dezaki et conscient qu'il a atteint un plafond chez A Pro, Kobayashi prend une décision rare à l'époque : il fonde son propre studio. Kobayashi Production (小林プロダクション) naît en 1968. Modèle économique : un studio de fonds spécialisé, qui sous-traite aux grands studios (Tokyo Movie Shinsha, Madhouse, Mushi Pro, plus tard JC Staff). Kobayashi en sera le directeur représentatif jusqu'à la dissolution en 2011 — soit 43 ans à la barre.
La technique Harmony — ce que tout le monde confond
Il existe une subtilité que la quasi-totalité des analyses occidentales confondent. Ce qu'on appelle couramment « harmony » dans l'anime recouvre en réalité trois techniques différentes, dont une seule est le domaine exclusif de Kobayashi.
Tome-e (止め絵) — Image arrêtée générique
Terme japonais générique pour toute image non animée, fixe, dans une séquence d'animation. Simple arrêt sur image — un cellulo figé sans traitement particulier. Utilisé pour des raisons budgétaires ou dramatiques. Aucune intervention du peintre de fonds.
Postcard Memory (絵葉書記憶) — Invention de Dezaki
Terme inventé par Osamu Dezaki pour ses freeze-frames émotionnels. L'image d'animation se transforme progressivement en une peinture à la gouache, style gravure ou carte postale ancienne. C'est une intention dramatique — figer le moment, le sacraliser.
Harmony Cel (ハーモニー処理) — Le domaine de Kobayashi
Technique précise : le cellulo n'est plus peint à l'arrière comme un cel standard, mais à l'avant, en gouache et avec des détails picturaux poussés, par un peintre de fonds — et non par un coloriste. C'est un renversement complet du processus normal de production d'un cellulo.
Quand Dezaki décide d'un tome-e dramatique, il confie le cellulo à Kobayashi, qui le traite comme un tableau à l'huile. Le résultat : ces images devenues iconiques dans Ashita no Joe 2, Takarajima, La Rose de Versailles, Cobra, où l'image d'animation se transforme soudain en illustration peinte. Dezaki disait qu'il pouvait distinguer un harmony de Kobayashi entre dix — la touche, la palette, la densité matérielle. Une exposition d'art au Japon a présenté ses harmony cels comme des œuvres plastiques autonomes.
— KOBAYASHI SHICHIRŌ
La décennie Dezaki — l'âge d'or (1972-1982)
Sous l'impulsion du binôme, Kobayashi Pro signe les fonds de la quasi-totalité des chefs-d'œuvre de Dezaki :
| Année | Titre | Type | Note |
|---|---|---|---|
| 1972 | Dokonjō Gaeru | TV | Première direction artistique. Naissance du binôme |
| 1973 | Aim for the Ace ! | TV | Postcard memories formalisées. Sport drama |
| 1975 | Gamba no Bōken (Les Aventures de Gamba) | TV | Œuvre-pivot. Lumières crépusculaires, intérieurs gothiques |
| 1977 | Nobody's Boy Remi (Rémi sans famille) | TV | Debut d'Ogura et Oga dans le studio |
| 1978 | Takarajima (L'Île au trésor) | TV | Virtuosité architecturale. Fonds multi-couches |
| 1979-80 | Aim for the Ace ! Movie | Film | Condensé du style à maturité |
| 1980 | Ashita no Joe 2 | TV | Apogée du binôme. Image finale mythique |
| 1982 | Space Adventure Cobra | TV | Direction sous Mizutani. Space opera luxueux |
Gamba no Bōken — son œuvre la plus dure
Kobayashi a confié dans plusieurs interviews que Les Aventures de Gamba (1975) est l'œuvre sur laquelle il a le plus durement travaillé pour faire évoluer la perception des peintres de fonds dans l'industrie. Avant Gamba, les fonds étaient considérés comme un travail technique subordonné. Après Gamba, où Kobayashi impose des cadrages picturaux ambitieux — lumières crépusculaires sur la mer, intérieurs gothiques de manoirs, paysages d'orage — les directeurs comprennent que le fond n'est pas un décor mais un personnage.
C'est dans cette série que la signature Kobayashi cristallise : lumières dramatiques, palettes désaturées, textures matiéristes, perspectives architecturales virtuoses. Et cette plasticité lui permettra d'aller partout — des fonds nostalgiques de Rémi aux ambiances violentes de Ashita no Joe 2, des galaxies psychédéliques de Cobra aux paysages mentaux d'Angel's Egg. Yamamoto Nizō lui-même, autre grand chef-décorateur, le considérait comme « senpai aux compétences très supérieures aux miennes ».
Les œuvres-monuments hors Dezaki
Lupin III — Le Château de Cagliostro (1979) — Hayao Miyazaki
Pour son premier long-métrage, Miyazaki ne fait pas appel à un studio Tōei — il fait appel à Kobayashi Production. Le Château de Cagliostro doit sa palette automnale, ses architectures gothiques d'Europe centrale fictive et ses lumières crépusculaires à l'équipe Kobayashi. Détail capital : un jeune peintre de 25 ans, entré au studio seulement deux ans plus tôt, peint les fonds de ce film. Son nom : Hiromasa Ogura. Il deviendra le directeur artistique de Ghost in the Shell. La filiation est directe : sans Kobayashi Pro 1979, pas de Ghost in the Shell 1995.
Beautiful Dreamer (1984) — Mamoru Oshii
Premier travail majeur d'Oshii comme réalisateur libéré des contraintes commerciales, Beautiful Dreamer repose entièrement sur l'ambiance onirique créée par Kobayashi : Tomobiki sous brumes, ciels à l'envers, architecture qui se déforme. Oshii dira plus tard qu'il a appris l'importance du décor en regardant Kobayashi peindre.
L'Œuf de l'ange (1985) — l'anecdote ultime
C'est la collaboration la plus intense de la carrière de Kobayashi. Oshii lui confie non seulement la direction artistique mais aussi le crédit de « Layout Supervisor » (レイアウト監修, layout kanshū) — première occurrence de ce crédit dans l'histoire de l'anime japonais comme poste officiel. Oshii s'explique :
Le processus habituel : chaque key animator fait son cut et son layout, puis je vérifie. Ensuite on montrait tout à Shichirō-san — mais il refaisait absolument tout. Ou plutôt : il effaçait tout. (rires) Au final, c'est essentiellement Shichirō-san qui a dessiné tous les cuts et tous les layouts du film lui-même. Ce qui m'a vraiment marqué, c'est qu'il ne se contentait pas de changer les choses — il expliquait pourquoi il les changeait. Il m'a appris à penser le layout.
— Mamoru Oshii, entretien pour la restauration 4K, 2024
L'Œuf de l'ange n'est pas seulement un film d'Oshii. C'est structurellement aussi un film de Kobayashi. Chaque cadrage, chaque composition, chaque profondeur de champ porte sa main. Pendant la post-production de la restauration 4K en 2024, Kobayashi — 90 ans — est revenu travailler sur le film : ajoutant un cellulo supplémentaire par-dessus les fonds, redessinant à la main des touches de plume sur l'ensemble. Travail d'un homme de 90 ans sur un film qu'il avait peint à 53 ans.
Berserk (TV, 1997-1998) — la consécration tardive
À 65 ans, Kobayashi prend la direction artistique de la première adaptation TV de Berserk. Les fonds matiéristes, les châteaux médiévaux à la Friedrich, les couchers de soleil sanglants sont aussi importants dans l'identité visuelle de la série que le character design de Naoyuki Onda. Une génération entière de fans européens découvre Kobayashi sans le savoir.
Revolutionary Girl Utena (1997) — le génie absolu
Même année que Berserk, style radicalement opposé : pour Utena de Kunihiko Ikuhara, Kobayashi conçoit les architectures théâtrales surréalistes d'Ohtori Academy — escaliers infinis, jardins suspendus, château symbolique flottant à l'envers. Ikuhara révèle que Kobayashi a proposé lui-même la palette pastel surréaliste, à rebours de l'esthétique sombre que voulait initialement le studio. En 2022, pour ses fonds d'Utena comme pour ses fonds de Berserk sortis la même année, Kobayashi reçoit le prix de la critique NHK « Contraste de la décennie ».
Le scoop industriel — Kobayashi Production a peint Akira
Quand on évoque Akira (1988), on cite toujours Toshiharu Mizutani comme directeur artistique. C'est exact. Mais ce qui est rarement précisé : Mizutani est un ancien de Kobayashi Pro. Il avait quitté le studio en 1983 pour fonder Studio Fuga avec Hiromasa Ogura et Hiroshi Ono, eux-mêmes anciens de Kobayashi Pro.
L'exposition « Akira — The Architecture of Neo Tokyo » (Tchoban Foundation, Berlin, 2022, curatée par Stefan Riekeles) a documenté la liste complète des peintres de fonds du film. Sortis en grande majorité de Kobayashi Pro :
- Toshiharu Mizutani — directeur artistique — ex-Kobayashi Pro
- Hiromasa Ogura — ex-Kobayashi Pro, cofondateur Studio Fuga
- Hiroshi Ono — ex-Kobayashi Pro, cofondateur Studio Fuga
- Shinji Kimura — ex-Kobayashi Pro
- Tsutomu Uchida — ex-Kobayashi Pro
Et Kobayashi Production lui-même est crédité aux fonds d'Akira sur l'Anime News Network.
La mégapole post-apocalyptique de Néo-Tokyo n'aurait pas pu être peinte sans l'école Kobayashi. Tous les chefs-décorateurs majeurs d'Akira sont, directement ou par filiation, des élèves de Shichirō Kobayashi. C'est l'une des transmissions invisibles les plus structurantes de l'animation japonaise.
Pour aller plus loin : notre article complet sur Akira (1988).
La dynastie — 43 ans de transmission
En 43 ans, Kobayashi a formé toute la génération suivante de chefs-décorateurs de l'animation japonaise. Une généalogie qui structure 40 ans d'arrière-plans d'anime depuis un seul studio.
Hiromasa Ogura
小倉宏昌 · né 1954Entré 1977. Fonde Studio Fuga 1983, puis Atelier Ogura 2007. DA de Ghost in the Shell, Innocence, Patlabor 1&2. Travaille encore en analogique. Considéré comme le plus grand chef-décorateur vivant.
Hiroshi Ono
大野広司 · né 1952Entré 1977 — même jour qu'Ogura. Cofonde Studio Fuga 1983 et en devient président. DA sur Tonde Mon Pe, nombreux titres Madhouse.
Toshiharu Mizutani
水谷利春Senior avant Ogura et Ono. Quitte 1983, dirige Studio Fuga jusqu'en 1997. Directeur artistique d'Akira (1988) — apogée de Studio Fuga.
Kazuo Oga
男鹿和雄 · né 1952Passé par Kobayashi Pro avant Ghibli. DA de Totoro, Pompoko, Mononoké, Chihiro. Sans Kobayashi Pro, l'esthétique des fonds Ghibli serait différente. Voir notre article Kazuo Oga.
Shinji Kimura
木村真二Ex-Kobayashi Pro. DA de Steamboy (Otomo, 2004), Tekkonkinkreet (Arias, 2006), Children Who Chase Lost Voices (Shinkai, 2011).
Tsutomu Ishigaki
石垣努Ex-Kobayashi Pro. Fonde Ishigaki Production, l'un des studios de fonds majeurs des années 90-2000.
- Kobayashi Production (1968 — 2011)
- Studio Fuga (1983) — Mizutani, Ogura, Ono
- Akira (1988) — Mizutani DA
- Wings of Honnêamise (1987) — Ogura DA
- Patlabor / Ghost in the Shell — Ogura DA
- Atelier Ogura (2007) — Ogura
- Ghost in the Shell, Innocence, FLCL, Strike Witches
- Kazuo Oga → Studio Ghibli
- Totoro, Pompoko, Mononoké, Chihiro
- Shinji Kimura → Steamboy, Tekkonkinkreet
- Ishigaki Production
- Studio Fuga (1983) — Mizutani, Ogura, Ono
La méthode Kobayashi — la fierté du fond
Kobayashi avait une fierté intransigeante sur ses fonds. Contrairement à la convention industrielle qui veut qu'un directeur artistique se cantonne à son département, il protestait ouvertement contre les directeurs ou les animateurs-clés quand il jugeait qu'ils massacraient son travail. Son autorité artistique était rare dans l'industrie — sa technique et son ancienneté lui permettaient de « traiter » les directeurs, là où d'autres directeurs artistiques étaient condamnés à exécuter sans protester.
Naohito Takahashi, qui collabora avec lui sur Figure 17 Tsubasa & Hikaru (2001), a raconté que Kobayashi lui avait imposé de faire le compositing en analogique plutôt qu'en digital, parce que selon lui « peindre Kobayashi en numérique, c'est tuer Kobayashi ». Takahashi a accepté : Figure 17 est l'une des dernières grandes séries d'anime tournées en analogique, en grande partie à cause de cette exigence.
La résistance au numérique
Avec l'arrivée du tout-numérique dans les années 2000, la patte Kobayashi s'est progressivement transformée. Les nuances picturales de la gouache, les textures matiéristes, les imperfections volontaires du pinceau — tout cela disparaît dans le composite numérique normalisé. Kobayashi lui-même en avait conscience. C'est l'une des raisons pour lesquelles il ferme son studio en février 2011 : la demande pour des fonds analogiques s'effondrait.
Distinctions et reconnaissance tardive
La fin d'une ère
Le studio ferme en février 2011
Après 43 ans d'activité, Kobayashi Production ferme ses portes en février 2011. Dernier travail crédité : Tantei Opera Milky Holmes (JC Staff). La demande pour des fonds analogiques peints à la main s'est effondrée, tous les disciples majeurs ont fondé leur propre structure, et Kobayashi a 79 ans. Il n'arrête pas pour autant : peintures personnelles, enseignement à la Kobe Design University, conférences.
Le 25 août 2022
Kobayashi Shichirō meurt le 25 août 2022 à 89 ans, d'une insuffisance cardiaque congestive. L'annonce n'est rendue publique que le 9 septembre. Tous les comptes spécialisés anime du monde rendent hommage. Le réalisateur Tomomi Mochizuki, qui avait collaboré avec lui sur Yokohama Kaidashi Kikō: Quiet Country Cafe, écrit :
« Hier soir, nous l'avons pleuré en regardant certaines des plus belles peintures de l'histoire de l'animation, dans son propre travail sur Yokohama Kaidashi Kikō. » — Tomomi Mochizuki, septembre 2022
Filmographie sélective de Kobayashi Production
| Année | Titre | Réalisateur |
|---|---|---|
| 1972 | Dokonjō Gaeru (TV) | Osamu Dezaki |
| 1973 | Aim for the Ace ! (TV) | Osamu Dezaki |
| 1975 | Gamba no Bōken | Osamu Dezaki |
| 1977 | Nobody's Boy Remi (Rémi sans famille) | Osamu Dezaki |
| 1978 | Takarajima (L'Île au trésor) | Osamu Dezaki |
| 1979 | Lupin III — Le Château de Cagliostro | Hayao Miyazaki |
| 1980 | Ashita no Joe 2 | Osamu Dezaki |
| 1982 | Space Adventure Cobra (TV) | Osamu Dezaki |
| 1983 | Golgo 13 : The Professional | Osamu Dezaki |
| 1984 | Urusei Yatsura 2 — Beautiful Dreamer | Mamoru Oshii |
| 1985 | L'Œuf de l'ange | Mamoru Oshii |
| 1987 | Lupin III — The Fuma Conspiracy | Masaji Furukawa |
| 1988 | Akira (fonds, sous Mizutani/Studio Fuga) | Katsuhiro Ôtomo |
| 1989 | Venus Wars | Yoshikazu Yasuhiko |
| 1997 | Berserk (TV) | Naohito Takahashi |
| 1997 | Revolutionary Girl Utena (TV) | Kunihiko Ikuhara |
| 1999 | Revolutionary Girl Utena — The Movie | Kunihiko Ikuhara |
| 2002 | Yokohama Kaidashi Kikō : Quiet Country Cafe | Tomomi Mochizuki |
| 2007-10 | Nodame Cantabile (trilogie) | Kenichi Kasai |
| 2010 | Tantei Opera Milky Holmes — dernier titre | Makoto Moriwaki |
Leave a comment