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Artisans des studios japonais

Osamu Tezuka – 手塚 治虫

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手塚治虫
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Dossier créateur · 1928-1989 · Mangaka · Réalisateur d'animation · Docteur en médecine

Osamu
Tezuka

手塚 治虫 · てづか おさむ · 鉄腕アトム · ジャングル大帝 · 火の鳥 · ブラック・ジャック

Un étudiant en médecine d'Osaka, collectionneur d'insectes et lecteur de Disney, a posé entre 1946 et 1989 les fondations du manga narratif moderne et de la série d'animation télévisée japonaise. D'Astro le petit robot au chirurgien Black Jack, du Roi Léo au Phénix, Osamu Tezuka a dessiné plus de cent cinquante mille pages, fondé deux studios, connu la faillite, puis signé ses œuvres les plus ambitieuses dans la seconde moitié de sa vie. Ce dossier retrace son parcours, ses studios, ses films d'auteur, sa réception en France et dans le monde, et l'héritage que le Japon s'apprête à célébrer pour son centenaire, en 2028.

Nom (nom civil : , Tezuka Osamu)
Naissance3 novembre 1928 · Toyonaka, préfecture d'Osaka · aîné de trois enfants
Décès9 février 1989 · cancer de l'estomac · 60 ans
EnfanceTakarazuka (Hyōgo), de 5 ans à son départ pour Tokyo
DébutsMā-chan no nikkichō · Shōkokumin Shinbun, 1er janvier 1946
MédecineDiplômé en 1951 · examen national en 1952 · docteur en médecine (Nara, 1961)
Œuvres majeuresAstro · Le Roi Léo · Phénix · Black Jack · Bouddha · L'Histoire des 3 Adolf
StudiosMushi Production (1961-1973) · Tezuka Productions (depuis 1968)
Télévision1er janvier 1963 · Tetsuwan Atom, première série d'animation japonaise de 30 minutes · 193 épisodes
Animation d'auteurGrand Prix à Zagreb (1984) et Hiroshima (1985) · quatre prix Ōfuji
Œuvre complèteTezuka Osamu Manga Zenshū · Kōdansha · 400 volumes
FranceLe Roi Léo sur l'ORTF en 1972 · rencontre avec Mœbius à Angoulême en 1982

— I —

Takarazuka : l'enfant des insectes (1928-1945)

Osamu Tezuka naît le 3 novembre 1928 à Toyonaka, dans la préfecture d'Osaka, aîné d'une fratrie de trois. Son prénom civil, Osamu , est un écho à la fête de l'empereur Meiji, le Meiji-setsu, tombant ce jour-là. À cinq ans, la famille s'installe dans le village d'Obama, district de Kawabe, dans la préfecture de Hyōgo, qui deviendra en 1954 la ville de Takarazuka ; il y vivra jusqu'à son départ pour Tokyo. Le site officiel décrit un foyer ouvert, où l'on lit des mangas et où l'on regarde des dessins animés : sa mère lui en achetait en guise de jouets et les lui lisait à voix haute, et la maison en comptait jusqu'à deux cents, selon ses mémoires.

Takarazuka, ville de la revue féminine du même nom, de ses fastes et de ses rôles travestis, laisse une trace durable : Princesse Saphir en sera le fruit le plus direct. Mais la passion qui structure l'enfance est entomologique. Le jeune Tezuka chasse les insectes dans les collines et ajoute à son prénom le caractère , « insecte », qui donne la signature « Osamu » . Entré en avril 1941 au collège préfectoral de Kitano, à Osaka, il rejoint les cercles d'arts plastiques et d'histoire naturelle et dessine des mangas, ce qui lui vaut l'hostilité de l'instructeur militaire ; son professeur de dessin, M. Okajima , prend souvent sa défense. Il fonde un cercle zoologique, réalise à la main des bulletins illustrés, puis, en janvier 1943, le premier volume d'un atlas en couleurs des coléoptères .

La guerre rattrape l'adolescent. En août 1944, il est envoyé dans un centre d'entraînement physique, d'où une mycose aux bras le fait renvoyer ; en septembre, la mobilisation ouvrière l'affecte à une usine d'amiante des bords de la Yodo. Le 12 avril 1945, il voit au Shōchiku-za d'Osaka Momotarō, le divin soldat de la mer, premier long métrage d'animation japonais, et en ressort, a-t-il souvent raconté, résolu à faire un jour de l'animation. Il quitte le collège le 28 mars 1945. Le site officiel résume ce que les bombardements lui ont appris.

« La guerre lui fit éprouver profondément le prix de la vie ; il choisit la voie de la médecine et devint plus tard docteur en médecine, mais il opta finalement pour le métier qu'il désirait le plus. »

— Biographie officielle, Tezuka Productions, tezukaosamu.net (traduction SAKUGAART)
Note de la rédaction. L'origine du prénom civil, liée au Meiji-setsu, est rapportée par des sources secondaires japonaises et non par le site officiel. Le lien souvent établi entre la signature et la carabe n'est pas formulé ainsi sur le site officiel, qui évoque seulement son amour des insectes. Le nombre de mangas possédés enfant vient de son autobiographie Boku no manga jinsei, citée par President Online.

— II —

Le carabin d'Osaka et la Nouvelle Île au trésor (1945-1952)

Le 1er juillet 1945, Tezuka entre à l'école spéciale de médecine rattachée à l'université impériale d'Osaka. Six mois plus tard, le 1er janvier 1946, paraît dans l'édition d'Osaka du Shōkokumin Shinbun, futur Mainichi Shōgakusei Shinbun, le premier épisode d'un strip en quatre cases, Mā-chan no nikkichō , publié jusqu'au 31 mars. L'étudiant mène alors trois vies : la médecine, le dessin et le théâtre amateur, au sein de la troupe Gakuyū-za, où il joue Dostoïevski et Kingsley et se produit comme pianiste.

Le 20 août 1946, à une réunion d'un club de dessinateurs du Kansai, le dessinateur Shichima Sakai lui propose un livre. En janvier 1947 paraît Shin Takarajima , « la Nouvelle Île au trésor », sur une idée originale de Sakai. Le volume, vendu hors des circuits de presse dans le marché des livres bon marché d'Osaka, les « akahon », atteint selon le site officiel quatre cent mille exemplaires. Son ouverture, une voiture filant vers le lecteur dans une succession de cases au cadrage cinématographique, est devenue un mythe fondateur : de nombreux auteurs de la génération suivante, de Fujiko Fujio à Shōtarō Ishinomori, ont dit avoir décidé de devenir mangakas à sa lecture.

Viennent ensuite, chez les éditeurs d'akahon, une série de récits longs qui imposent la « story manga » : Lost World, Metropolis, Kitarubeki sekai. En 1950, une visite impromptue chez l'éditeur Gakudōsha lui fait rencontrer Ken'ichi Katō, directeur du Manga Shōnen, qui lui confie Jungle Taitei , publié de novembre 1950 à avril 1954. Le 24 mars 1951, il est diplômé en médecine ; le 16 juillet 1952, il réussit l'examen national de médecin. Il ne pratiquera jamais.

Un strip de quatre cases en 1946, un livre de poche vendu à quatre cent mille exemplaires en 1947 : Tezuka est déjà célèbre avant d'être médecin.
Note de la rédaction. President Online date l'entrée en médecine de 1947 ; le site officiel donne le 1er juillet 1945, que nous retenons. Le chiffre de quatre cent mille exemplaires de Shin Takarajima est celui de Tezuka Productions et n'a pas d'équivalent comptable vérifiable pour l'époque. Le rôle exact de Sakai dans la conception de l'ouvrage, longtemps minimisé, fait l'objet de réévaluations chez les historiens.

— III —

Tokyo, la Tokiwa-sō et la story manga (1952-1961)

Son examen en poche, Tezuka s'installe à Tokyo en 1952, au-dessus d'une épicerie de Yotsuya, puis en 1953 dans un immeuble modeste du quartier de Shiinamachi, à Toshima : la Tokiwa-sō . Il n'y reste que jusqu'en octobre 1954, mais la chambre qu'il quitte passe aux deux Fujiko Fujio, et la pension devient, autour de Hiroo Terada, Shōtarō Ishinomori, Fujio Akatsuka et quelques autres, le berceau d'une génération entière. En mars 1954, le classement des revenus du Kansai le place en tête des dessinateurs, avec 2,17 millions de yens ; en 1961, le classement national le donne premier, avec plus de neuf millions.

Les trois séries fondatrices

Dans le mensuel Shōnen de Kōbunsha, le petit robot de Atom Taishi (1951) devient le héros de Tetsuwan Atom , publié de 1952 à 1968. Dans Shōjo Club, de janvier 1953 à janvier 1956, Ribon no kishi , Princesse Saphir en France, raconte une princesse née avec un cœur de garçon et un cœur de fille, qui doit se travestir pour régner : l'œuvre est considérée comme l'une des matrices du shōjo manga moderne. Jungle Taitei poursuit dans le Manga Shōnen l'histoire du lion blanc Léo jusqu'à sa mort.

ŒuvrePrépublicationSupportTitre français
★Shin Takarajima janv. 1947Livre (akahon), avec Shichima SakaiLa Nouvelle Île au trésor
★★Jungle Taitei 1950-1954Manga ShōnenLe Roi Léo
★★Tetsuwan Atom 1952-1968Shōnen (Kōbunsha)Astro Boy / Astro le petit robot
★Ribon no kishi 1953-1956Shōjo Club · nouvelle version dans Nakayoshi (1963)Princesse Saphir
★★Hi no tori 1954-1988Manga Shōnen, puis COM (fin 1966) et autres revuesPhénix, l'oiseau de feu
Dororo 1967-1968Weekly Shōnen SundayDororo
Kirihito sanka 1970-1971Big ComicKirihito
★★Buddha 1972-1983Kibō no tomo, puis Comic TomBouddha
★★Black Jack 1973-1983Weekly Shōnen Champion (Akita Shoten)Black Jack
Mitsume ga tōru 1974-1978Weekly Shōnen MagazineLe Prince aux trois yeux
MW1976-1978Big ComicMW
Hidamari no ki 1981-1986Big ComicL'Arbre au soleil
★★Adolf ni tsugu 1983-1985Shūkan BunshunL'Histoire des 3 Adolf
Ludwig B, Gringo, Neo Faust1987-1989Trois séries interrompues par sa mortGringo (2009)

En 1958, Biiko-chan et Manga seibutsugaku lui valent le troisième prix Shōgakukan du manga. La même année, il devient conseiller de Tōei Dōga, où il conçoit le scénario et la construction de Saiyūki (sorti le 14 août 1960) : c'est son premier travail dans l'animation professionnelle. Le 4 octobre 1959, il épouse Etsuko Okada à l'hôtel Hankyū de Takarazuka. Le 19 janvier 1961, l'université de médecine de la préfecture de Nara lui confère le doctorat pour une étude au microscope électronique de spermatozoïdes atypiques chez un escargot d'eau douce. En août naît son fils, Makoto, futur cinéaste.

Note de la rédaction. Le site officiel ne donne que l'année de l'emménagement à la Tokiwa-sō (1953) ; le mois de janvier, souvent cité, n'y figure pas. Les dates de prépublication du tableau ont été recoupées avec le site officiel et les éditions Kōdansha, à l'exception de celles de Dororo, Kirihito, MW et des séries inachevées, qui reposent sur des sources secondaires. Le premier épisode du Phénix paraît en 1954 ; les versions publiées dans COM à partir du numéro de janvier 1967 (sorti le 25 décembre 1966) forment le cœur du cycle.

— IV —

Mushi Production et la naissance de l'anime télévisé

En juin 1961, Tezuka crée la section animation de sa société, qui prend en janvier 1962 le nom de Mushi Production , s'installe le 10 avril dans un nouveau studio à Nerima et devient société anonyme en décembre. Le 5 novembre 1962, au Yamaha Hall de Ginza, la première présentation publique du studio montre trois films : le court métrage d'auteur Aru machikado no monogatari , un essai intitulé Osu et le premier épisode d'une série dont personne ne sait encore qu'elle va transformer l'industrie.

Le 1er janvier 1963, Fuji TV diffuse Tetsuwan Atom, première série d'animation japonaise au format hebdomadaire de trente minutes. Jusqu'au 31 décembre 1966, 193 épisodes sont produits ; selon Tezuka Productions, l'audience culmine à 40,3 % et s'établit en moyenne à 25 %. Tezuka réalise lui-même plusieurs épisodes, en dessine les storyboards et en écrit d'autres. Pour tenir un rythme hebdomadaire avec une petite équipe, le studio pousse à l'extrême l'animation limitée : réutilisation systématique des dessins, banque de cellulos, plans fixes animés par la caméra.

Le mythe des 550 000 yens

Tezuka a affirmé avoir vendu les épisodes à un prix très inférieur à leur coût, autour de 550 000 yens, pour emporter le marché. Ce chiffre a nourri un réquisitoire durable : en vendant l'animation au rabais, il aurait installé les bas salaires et les cadences de l'anime. Hayao Miyazaki l'a formulé avec la plus grande dureté, au lendemain de sa mort.

« Le jour où j'ai vu chez Osamu Tezuka la "main de Dieu", j'ai rompu avec lui. »

— Hayao Miyazaki, titre de son entretien paru dans Comic Box, mai 1989, repris dans Shuppatsuten 1979-1996 (traduction SAKUGAART)

Les historiens nuancent aujourd'hui fortement ce récit. Nobuyuki Tsugata, dans Anime sakka to shite no Tezuka Osamu (2007), a montré que le prix réellement payé était plus élevé que celui que Tezuka annonçait ; Yūsuke Nakagawa, dans Anime taikoku kenkokuki 1963-1973, soutient que Mushi Pro payait relativement bien ses employés. Pour Tsugata, imputer à Tezuka seul les budgets de l'anime d'un demi-siècle relève du raccourci.

Les séries de Mushi Production

SérieDiffusion (Japon)ChaîneParticularité
★★Tetsuwan Atom1963-1966Fuji TV193 épisodes · première série de 30 minutes Officiel
Shin Takarajima3 janv. 1965Fuji TVPremier téléfilm d'animation d'une heure
W31965-1966Fuji TVScience-fiction
★★Jungle Taitei1965-1966Fuji TVPremière série japonaise en couleurs · 52 épisodes
Jungle Taitei, Susume Leo!1966-1967Fuji TVSuite, Léo adulte
★Ribon no kishi1967-1968Fuji TVPremier épisode coréalisé avec Sadao Tsukioka
Dororo1969Fuji TVFantastique historique
Fushigi na Melmo1971-1972Asahi HōsōProduction Tezuka Productions
Wansa-kun1973Kansai TVDernière série de Mushi Pro avant la faillite

Le studio est aussi une école. Rintarō, Gisaburō Sugii, Eiichi Yamamoto et Osamu Dezaki y font leurs armes, et la génération qu'il forme dirigera les studios des décennies suivantes. Le 30 avril 1964 naît sa fille Rumiko ; en 1965, Stanley Kubrick lui écrit pour lui proposer de travailler à la direction artistique de 2001, l'Odyssée de l'espace, offre que Tezuka décline. En 1968, il fonde Tezuka Productions, société consacrée à ses mangas.

Note de la rédaction. Le pic d'audience de Tetsuwan Atom est de 40,3 % selon Tezuka Productions et de 40,7 % selon d'autres sources. Le nombre de 52 épisodes de Jungle Taitei est donné par des sources secondaires. La lettre de Kubrick est attestée par le site officiel (cachet du 9 janvier 1965) ; le refus de Tezuka relève de sa propre version, largement reprise. La liste des anciens de Mushi Pro est indicative.

— V —

Le cinéaste : Animerama et films d'auteur

À côté de la production industrielle, Tezuka n'a jamais cessé de faire des films pour lui. Aru machikado no monogatari reçoit en 1963 le premier prix Ōfuji du concours Mainichi, la principale distinction japonaise pour l'animation. Suivent Memory et Ningyo (1964), Shizuku (1965), puis Tenrankai no e , sur Les Tableaux d'une exposition de Moussorgski (1966), qui obtient en 1967 un nouveau prix Ōfuji et un prix au festival du film d'Asie. Le long métrage Jungle Taitei (1966) reçoit en 1967 le Lion d'argent de Saint-Marc à Venise.

Puis vient Animerama, une trilogie de longs métrages pour adultes produite par Mushi Pro et distribuée par Nippon Herald : Senya ichiya monogatari , Les Mille et Une Nuits, sort le 14 juin 1969 et rencontre un grand succès ; Cleopatra, coréalisé avec Eiichi Yamamoto, suit le 15 septembre 1970. Le troisième volet, Kanashimi no Belladonna (1973), est réalisé par Yamamoto, Tezuka ayant quitté la présidence du studio en juin 1971.

Les années 1980 marquent la consécration internationale de ces films courts, réalisés à Tezuka Productions sur ses fonds propres. Jumping, plan-séquence en caméra subjective d'un bond qui ne s'arrête plus, remporte le 15 juin 1984 le Grand Prix et le prix de l'Unesco à Zagreb. Onboro Film, pastiche d'un western muet rayé et abîmé, obtient le 23 août 1985 le Grand Prix du premier festival international d'animation de Hiroshima. Mori no densetsu , achevé en décembre 1987, retrace sur une symphonie de Tchaïkovski l'histoire de l'animation, de Disney à l'ère industrielle, et lui vaut en 1988 son quatrième prix Ōfuji.

FilmAnnéeFormatDistinctions
★Aru machikado no monogatari1962Court métrage1er prix Ōfuji · prix Blue Ribbon · prix d'encouragement du festival des arts
Tenrankai no e1966Court métragePrix Ōfuji 1967 · festival du film d'Asie 1967
Jungle Taitei (film)1966Long métrageLion d'argent de Saint-Marc, Venise 1967
Senya ichiya monogatari1969Long métrage · AnimeramaGrand succès public
Cleopatra1970Long métrage · AnimeramaCoréalisé avec Eiichi Yamamoto
Yasashii Lion1970Moyen métrage (production)Prix Ōfuji
Hi no tori 27721980Long métragePrix Inkpot, San Diego 1980
★★Jumping1984Court métrageGrand Prix et prix de l'Unesco, Zagreb 1984 Officiel
★★Onboro Film1985Court métrageGrand Prix, Hiroshima 1985 · Varna 1985
Push, Muramasa1987Courts métragesPrésentés à Hiroshima 1987
★Mori no densetsu1987Court métragePrix Ōfuji 1988 · prix CIFEJ, Zagreb 1988 · Bourg-en-Bresse 1988
Note de la rédaction. Le crédit de Kanashimi no Belladonna et le départ de Tezuka sont recoupés par la chronologie officielle (démission de la présidence de Mushi Pro en juin 1971), mais le site officiel ne mentionne pas ce film. Mori no densetsu est resté inachevé dans sa forme prévue : seuls le premier et le quatrième mouvement ont été réalisés, d'après des sources secondaires.

— VI —

Faillite et renaissance : Black Jack, Bouddha, Phénix

Le début des années 1970 est le point bas de sa carrière. La critique le juge dépassé par le gekiga, ce manga réaliste et violent porté par une nouvelle génération ; Mushi Production s'endette. La société commerciale du groupe, Mushi Pro Shōji, fait faillite le 22 août 1973, Mushi Production le 1er novembre. Tezuka n'en était plus le président depuis juin 1971, mais il en porte les dettes et le discrédit.

La renaissance vient d'un hebdomadaire pour garçons. À partir de novembre 1973, le Weekly Shōnen Champion d'Akita Shoten publie Black Jack , initialement prévu pour quelques épisodes, en hommage à ses cinquante ans : un chirurgien de génie sans licence, couturé, qui opère à des prix exorbitants. Chaque épisode est une nouvelle complète, une leçon de médecine et un cas de conscience. Le succès est immédiat et durable. En 1975, la série reçoit le prix spécial de l'Association des dessinateurs japonais, et Bouddha, entamé en 1972, le prix du manga Bungeishunjū. En 1977, Black Jack et Mitsume ga tōru reçoivent le tout premier prix du manga Kōdansha.

Le « dieu du manga » était donné pour fini en 1973. Un chirurgien sans licence l'a remis au sommet.

Ces années sont aussi celles d'œuvres sombres et adultes : Kirihito, sur une maladie qui transforme les hommes en bêtes, Ayako, saga familiale de l'après-guerre, MW, sur une arme chimique et un tueur amoral. Le Phénix, cycle de récits répartis du passé lointain au futur ultime, devient son œuvre-somme. Il est adapté au cinéma par Kon Ichikawa en 1978, en prises de vues réelles, puis en animation sous sa direction générale avec Hi no tori 2772 (1980). En 1978, il conçoit aussi pour Nippon Television le premier téléfilm d'animation de deux heures au Japon, Bander Book, qui inaugure une série annuelle de téléfilms. Le 15 juin 1977, Kōdansha lance la publication de ses œuvres complètes en trois cents volumes, achevée le 3 octobre 1984 et portée par la suite à quatre cents volumes.

Note de la rédaction. Le contexte du lancement de Black Jack (série courte prévue pour l'anniversaire de sa carrière) repose sur les témoignages de l'éditeur Akita Shoten rapportés par des sources secondaires. Le mois de novembre 1973 est la date de prépublication communément admise. En août 1977, Tezuka est hospitalisé pour une hépatite aiguë, première alerte de santé consignée dans sa chronologie officielle.

— VII —

Les dix dernières années (1980-1989)

Les années 1980 sont celles d'un auteur au sommet de son ambition. Hidamari no ki, chronique de la fin du shogunat à travers son propre arrière-grand-père, médecin, reçoit en 1984 le prix Shōgakukan dans la catégorie adulte. Adolf ni tsugu, publié de 1983 à 1985 dans le magazine d'information Shūkan Bunshun, entrelace les destins de trois Adolf, dont Hitler, autour d'un secret sur ses origines ; il reçoit en 1986 le prix du manga Kōdansha. Tezuka retourne aussi à la télévision avec une nouvelle série Tetsuwan Atom, en couleurs, diffusée sur Nippon Television du 1er octobre 1980 au 23 décembre 1981.

Il devient un ambassadeur. En mars 1980, la Fondation du Japon l'envoie aux États-Unis comme « ambassadeur du manga » ; il parle au siège des Nations unies. Il se rend en Chine, au Brésil, au Canada. En 1978, il devient le premier président de l'Association japonaise de l'animation, et préside en 1987 le jury international de Hiroshima, festival dont il a soutenu la création. Il reçoit le prix Asahi le 29 janvier 1988 pour l'ensemble de son œuvre.

Le 15 mars 1988, des douleurs abdominales le conduisent à l'hôpital Hanzōmon de Tokyo ; il est opéré le 17 et sort le 12 mai. Il voyage encore, en novembre, à Shanghai où il préside le jury du premier festival international d'animation, son dernier engagement à l'étranger. Réhospitalisé le 3 octobre, opéré à nouveau le 5 décembre, il travaille depuis sa chambre à trois séries, Ludwig B, Gringo et Neo Faust. Il meurt le 9 février 1989 d'un cancer de l'estomac, à soixante ans, un mois après le début de l'ère Heisei. Ses dernières paroles sont restées célèbres.

« Laissez-moi travailler. »

— Osamu Tezuka, ses dernières paroles selon le Kōbe Shinbun, 5 février 2019 (traduction SAKUGAART)
Note de la rédaction. Les dernières paroles sont rapportées sous diverses formes, dont (« Je vous en prie, laissez-moi travailler »). Le volume total de son œuvre dessinée est estimé à environ 150 000 pages par le Kōbe Shinbun et à 170 000 par le festival d'Angoulême ; d'autres chiffres, plus élevés, circulent sans source. Une décoration posthume (ordre du Trésor sacré) est mentionnée par des sources secondaires, que nous n'avons pas pu vérifier dans une source officielle.

— VIII —

France et francophonie : du Roi Léo à Angoulême

Tezuka est le premier auteur japonais à entrer dans les foyers français. Selon la chronologie officielle, la série Astro Boy est exportée dès les années 1960 vers plusieurs pays, dont la France ; mais la première diffusion documentée est celle du Roi Léo sur l'ORTF en 1972, souvent présentée comme le premier dessin animé japonais à la télévision française. La RTBF y voit la première percée du Japon dans le paysage audiovisuel européen. Il s'agit, selon un relevé de diffusions, de la seconde série, Susume Leo!, à partir du 20 décembre 1972 ; la série originale de 1965 n'arrive qu'en 1990, sous le titre Le Retour du Roi Léo. Princesse Saphir suit sur TF1 en décembre 1974, d'abord sous le titre Prince Saphir.

La génération des années 1980 découvre Astro, le petit robot, la série couleur de 1980, sur TF1 : la Bibliothèque nationale de France conserve la plaquette de présentation éditée par la chaîne en 1985. Le long métrage Léo, roi de la jungle de Yoshio Takeuchi (1997), sur un scénario conçu par Tezuka, sort en salles en France le 20 avril 2005.

Tezuka en France, de son vivant

Peu de lecteurs le savent : Tezuka a bien connu la France. Du 27 janvier au 1er février 1982, il est l'invité du dixième festival de la bande dessinée d'Angoulême, où il se lie avec Mœbius ; en juillet suivant, il accompagne l'auteur français à Kyōto et Nara lors de sa venue au Japon. En juin 1983, le festival d'Annecy l'invite avec Les Mille et Une Nuits et Cleopatra ; il y revient en 1987. En juillet 1985, il donne à la Saline royale d'Arc-et-Senans, lors d'un sommet culturel franco-japonais, une conférence sur le manga comme langue commune ; en mars 1987, le ministère japonais des Affaires étrangères l'envoie parler à Nancy. Dès avril 1984, la revue Furansu, publiée à Tokyo par Hakusuisha pour les étudiants japonais en français, publie Black Jack en traduction française. En 1988, Mori no densetsu est primé par le jury jeune du festival de Bourg-en-Bresse.

L'édition française

Le manga de Tezuka arrive tardivement en librairie, avec la vague éditoriale des années 1990. Glénat publie Black Jack de 1996 à 2000 ; Tonkam lance Bouddha en 1997, dans une traduction de Sylviane Guyader, puis L'Histoire des 3 Adolf en 1998. Suivent Asuka, Kana (collection Sensei, avec Astro Boy), Soleil (Princesse Saphir), Isan Manga (Black Jack, édition de luxe, 2023-2026). Depuis 2019, Delcourt/Tonkam réédite ses titres majeurs en format prestige : Kirihito et Phénix en septembre 2019, Princesse Saphir en novembre 2025, avec sa suite Les Enfants de Saphir en 2026.

ŒuvreFranceRepère
Le Roi Léo (Susume Leo!)20 déc. 1972 · ORTFPremier anime documenté en France source faible
Princesse Saphirdéc. 1974 · TF1D'abord titré Prince Saphir source faible
Astro, le petit robot (1980)milieu des années 1980 · TF1Plaquette TF1 de 1985 à la BnF
Le Retour du Roi Léo (1965)17 sept. 1990Série originale source faible
Black Jack (manga)1996 · GlénatPremière édition française en volumes
Bouddha (manga)1997 · TonkamTraduction de Sylviane Guyader
Léo, roi de la jungle (film)20 avr. 2005Sortie en salles
Pluto (Urasawa, d'après Tezuka)janv. 2011 · AngoulêmePrix Intergénérations
Exposition Osamu Tezuka, Manga no kamisama25 janv.-11 mars 2018 · AngoulêmePremière grande exposition en Europe Officiel

En janvier 2018, pour les quatre-vingt-dix ans de sa naissance et dans le cadre de « Japonismes 2018 », le 45e festival d'Angoulême lui consacre au musée d'Angoulême, du 25 janvier au 11 mars, l'exposition Osamu Tezuka, Manga no kamisama, présentée comme la première grande rétrospective de son œuvre en Europe, avec de nombreuses planches originales. Pika publie le même mois la biographie dessinée de Toshio Ban, son ancien assistant, Osamu Tezuka, une vie en manga (930 pages). En 2011, Pluto, la relecture d'un épisode d'Astro par Naoki Urasawa, avait reçu à Angoulême le prix Intergénérations.

Note de la rédaction. Les dates de première diffusion du Roi Léo (20 décembre 1972) et de Princesse Saphir (décembre 1974) reposent sur un relevé de fans, recoupé pour l'année 1972 par la RTBF ; aucune archive de l'INA n'a été consultée. La date du 4 janvier 1986 parfois donnée pour Astro, le petit robot n'a pas été confirmée. La diffusion française de la série de 1963, mentionnée par Tezuka Productions, n'a pas pu être datée. Aucun prix décerné à Angoulême à une œuvre de Tezuka seul n'a été retrouvé.

— IX —

Europe et monde : Astro Boy, Kimba et la polémique Disney

L'internationalisation est inscrite dans le projet de Mushi Pro. En mars 1963, Tezuka se rend à New York pour négocier avec NBC ; une projection a lieu le 10 mars, un contrat de 52 épisodes est signé en mai, et la série est diffusée aux États-Unis à partir du 7 septembre 1963 sous le titre Astro Boy. Selon Tezuka Productions, elle est ensuite vendue au Royaume-Uni, en France, en Allemagne de l'Ouest, en Australie, à Taïwan, à Hong Kong, en Thaïlande et aux Philippines. Jungle Taitei, pensé dès l'origine pour l'exportation en couleurs, devient Kimba the White Lion aux États-Unis. En Chine, la télévision centrale diffuse Astro à partir du 17 décembre 1980, et Jungle Taitei en 1982 ; Tezuka participe à la campagne de lancement.

Kimba et Le Roi Lion

En 1994, la sortie du Roi Lion de Disney ravive la mémoire de Kimba : lionceau royal, babouin sage, méchant borgne, apparition du père dans les nuages. La mangaka Machiko Satonaka adresse au distributeur japonais de Disney une lettre ouverte demandant que quelques lignes rendent hommage à l'origine de l'histoire. Disney invoque Hamlet et Bambi et nie toute influence. Takayuki Matsutani, président de Tezuka Productions, déclare que les deux œuvres sont « absolument différentes » et que Tezuka, si Disney s'en était inspiré, en aurait été flatté. Aucune action en justice n'a été engagée. Frederik Schodt, traducteur et ami de Tezuka, a jugé certaines scènes trop proches pour relever de la coïncidence.

Tezuka vénérait Walt Disney, dont il visita les studios de Burbank en 1978. L'ironie de l'affaire Kimba est d'opposer Disney à son plus fervent admirateur.

Aux États-Unis, l'admiration est aussi institutionnelle : la série Buddha, publiée par Vertical, reçoit les Eisner Awards de la meilleure édition américaine d'une œuvre étrangère en 2004 et 2005, et Tezuka entre au temple de la renommée des Eisner. À San Diego, il reçoit dès 1980 un prix Inkpot pour Hi no tori 2772. En 2003, une nouvelle série Astro Boy accompagne la date de naissance fictive du robot, le 7 avril 2003 ; la même année, Naoki Urasawa commence Pluto, qui sera adapté par Netflix en 2023. En 2009, un long métrage hollywoodien en images de synthèse, Astro Boy, est produit par Imagi.

Note de la rédaction. Le nombre de signataires de la protestation de 1994 varie fortement : 82 artistes et des centaines d'admirateurs selon certaines sources, « plus de 1 100 » auteurs et lecteurs selon d'autres. La phrase de Takayuki Matsutani est rapportée en substance par la presse anglophone. Les Eisner Awards de Buddha et l'année d'entrée de Tezuka au temple de la renommée (2002, selon des sources secondaires) n'ont pas été vérifiés sur le site des prix. La date de la série Netflix Pluto (octobre 2023) et le film de 2009 reposent sur notre documentation générale et n'ont pas été recoupés pour ce dossier.

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Héritage : vers le centenaire de 2028

Le surnom de « dieu du manga » , qui lui était donné de son vivant, résume mal une influence plus diffuse. Fujiko Fujio, Shōtarō Ishinomori, Fujio Akatsuka, Mitsuteru Yokoyama, Hideko Mizuno, Masako Yashiro ou Moto Hagio comptent parmi les auteurs qui se sont formés à son contact ou à sa lecture. En 1971, il prend la tête du jury du prix Tezuka, créé par le Weekly Shōnen Jump de Shūeisha pour découvrir de jeunes auteurs. Sa grammaire, cadrages cinématographiques, découpage dynamique, récits longs et personnages récurrents d'une œuvre à l'autre (son « star system »), est devenue celle du manga tout entier.

Le 25 avril 1994, la ville de Takarazuka inaugure le musée municipal Osamu Tezuka, autour du thème de l'amour de la nature et du respect de la vie ; Tezuka Productions explique que Takarazuka s'imposait, tant la ville avait compté pour lui. Devant l'entrée, la statue du Phénix est devenue un symbole de la reconstruction après le séisme de Kōbe de 1995. En 1997, le journal Asahi Shimbun crée le prix culturel Osamu Tezuka, dont la statuette représente Astro ; en 2025, il distingue l'autobiographie dessinée de Rintarō, ancien de Mushi Pro. Le 9 février, jour de sa mort, a été proclamé « journée du manga » par la librairie Mandarake.

Une œuvre toujours active

En 2025, Tezuka Productions célèbre les soixante ans de la série Jungle Taitei, et en 2026 les cinquante ans de Unico. Depuis le 1er novembre 2025, la première série Tetsuwan Atom est rediffusée intégralement, sur quatre ans, par TV Saitama et proposée pour la première fois en ligne sur TVer. Le 8 août 2026, Netflix diffuse dans le monde The Ribbon Hero, long métrage de 108 minutes librement inspiré de Princesse Saphir, réalisé par Yūki Igarashi au studio Outline, et présenté au festival d'Annecy 2026. En juin 2026, une anthologie publie pour la première fois en volume la version originale de Ari to kyojin, récit de 1961 dont Tezuka avait redessiné toutes les pages à deux reprises.

Le 25 avril 2026, la ville de Takarazuka a installé le conseil chargé des célébrations du centenaire de sa naissance, le 3 novembre 2028, en partenariat avec Tezuka Productions. Pour le lecteur français, le moment est propice : l'essentiel de l'œuvre est désormais disponible en éditions soignées, et la part la plus singulière de son travail, ses films d'auteur, reste à redécouvrir.

Chronologie

DateÉvénement
3 nov. 1928Naissance à Toyonaka (Osaka)Japon
1er juil. 1945Entrée à l'école de médecine de l'université d'OsakaJapon
1er janv. 1946★Débuts avec Mā-chan no nikkichōJapon
janv. 1947★Shin Takarajima, avec Shichima SakaiJapon
nov. 1950Début de Jungle Taitei dans le Manga ShōnenJapon
1952★★Début de Tetsuwan Atom ; examen national de médecin (16 juillet) ; installation à TokyoJapon
1953Emménagement à la Tokiwa-sō ; début de Ribon no kishiJapon
4 oct. 1959Mariage avec Etsuko OkadaJapon
19 janv. 1961Doctorat en médecine (Nara)Japon
juin 1961Création de la future Mushi ProductionJapon
1er janv. 1963★★Diffusion de Tetsuwan Atom sur Fuji TVJapon
7 sept. 1963Astro Boy sur NBCÉtats-Unis
6 oct. 1965Jungle Taitei, première série japonaise en couleursJapon
1967Lion d'argent de Saint-Marc à Venise ; Hi no tori dans COMItalie
23 janv. 1968Création de Tezuka ProductionsJapon
14 juin 1969Senya ichiya monogatari (Animerama)Japon
20 déc. 1972Le Roi Léo sur l'ORTFFrance
1er nov. 1973Faillite de Mushi ProductionJapon
nov. 1973★★Début de Black JackJapon
22 juil. 1977Premier prix du manga KōdanshaJapon
janv. 1982Invité d'Angoulême, rencontre avec MœbiusFrance
1983Début d'Adolf ni tsugu ; invité au festival d'AnnecyJapon · France
15 juin 1984Jumping, Grand Prix à ZagrebYougoslavie
23 août 1985Onboro Film, Grand Prix à HiroshimaJapon
29 janv. 1988Prix AsahiJapon
9 févr. 1989★★Mort à 60 ansJapon
25 avr. 1994Ouverture du musée Osamu Tezuka de TakarazukaJapon
1997Création du prix culturel Osamu TezukaJapon
25 janv. 2018Exposition Manga no kamisama à AngoulêmeFrance
8 août 2026The Ribbon Hero sur NetflixMonde
3 nov. 2028Centenaire de sa naissanceÀ venir
Note de la rédaction. Ce dossier est la première version consacrée par SAKUGAART à Osamu Tezuka. Restent à établir : les dates exactes des premières diffusions françaises (archives de l'INA), l'éventuelle diffusion de la série de 1963 en France ou en Belgique, les crédits précis des collaborateurs de Mushi Pro sur chaque film, et la liste officielle des distinctions posthumes. La chronologie japonaise de ce dossier s'appuie d'abord sur le site officiel de Tezuka Productions. Les lecteurs qui détiennent des documents sur les diffusions françaises des années 1970, sur les séjours de Tezuka en France ou sur Mushi Production sont invités à écrire à la rédaction.
SAKUGAART · Dossier créateur · Osamu Tezuka · 手塚治虫Rédacteur : M. El Uasti
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