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Robot Carnival – ロボットカーニバル

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Robot Carnival — SAKUGAART

OVA anthologique · A.P.P.P. · 1987 · huit signatures

Robot
Carnival

Titre japonais : ロボットカーニバル (Robotto Kānibaru) · OVA omnibus produit par A.P.P.P. · sortie vidéo le 21 juillet 1987

Un dessinateur de manga, huit animateurs et une seule règle : un robot doit apparaître quelque part. De cette consigne naît, en 1987, une anthologie où chacun signe son propre court métrage, d'Ōtomo à Morimoto, de Nakamura à Umetsu. Ce dossier reprend segment par segment qui a fait quoi, ce que les sources permettent d'affirmer et ce qu'elles laissent dans l'ombre.

Titre japonais (Robotto Kānibaru)
Sortie21 juillet 1987 · vidéo (VHS)
FormatOVA omnibus · 91 min selon la plupart des bases
ProductionA.P.P.P. · producteur Nomura
Composition7 courts métrages · plus ouverture et fermeture
Mise en scène généraleYukio Suzuki · Hideki Tono
MusiqueJoe Hisaishi · Isaku Fujita · Masahisa Takeichi
Première occidentalePortland (Oregon) · 25 au 31 janvier 1991, Streamline
Édition françaiseDVD Pathé · 19 septembre 2006

— I —

Une idée de producteur

Tout commence par une question de producteur. D'après la Wikipédia japonaise, Kazushi Nomura , producteur chez A.P.P.P., demande à Hiroyuki Kitakubo s'il n'aurait pas envie de monter un nouveau projet. La notice japonaise de Kitakubo décrit la même scène : Nomura, producteur de POP CHASER, lui propose de soumettre une idée, et Kitakubo devient ainsi l'un des initiateurs de l'anthologie.1, 2 Yūichirō Oguro , dans sa chronique du site Webアニメスタイル, donne la même origine, tout comme le compte rendu d'une projection-débat tenue en juillet 2026 à Ikebukuro.19, 20

L'idée de départ est celle d'un enchaînement de clips musicaux confiés à plusieurs animateurs. Elle évolue vers un recueil de courts métrages d'auteur, où chaque animateur choisit son sujet et réalise lui-même l'animation de son segment.1, 19 Le projet réunit finalement un dessinateur de manga, Katsuhiro Ōtomo, et huit animateurs : la formule revient telle quelle dans la Wikipédia japonaise et dans la chronique d'Oguro.1, 19 La seule contrainte tient en une ligne, que la Wikipédia japonaise formule ainsi :

« Le motif commun est le robot ; pourvu qu'un robot apparaisse d'une manière ou d'une autre, chaque réalisateur peut faire ce qu'il veut. »

— Wikipédia japonaise, article ロボットカーニバル, traduction de la rédaction · ja.wikipedia.org

Oguro rapporte la règle dans les mêmes termes : tout ce qui comportait un robot était admis, le reste restait libre.19 Le recrutement se fait de proche en proche. Selon la Wikipédia japonaise, Kitakubo et Kōji Morimoto sollicitent les participants, et c'est ainsi que Ōtomo, Yasuomi Umetsu, Hidetoshi Ōmori et Hiroyuki Kitazume rejoignent le projet.1 La notice de Kitakubo précise qu'il joue un rôle de producteur et attire Ōtomo et d'autres animateurs en vue ;2 celle d'Umetsu confirme qu'il est invité par Kitakubo.4, 26

Une seule règle : un robot quelque part dans l'image. Tout le reste appartient à celui qui signe.

Ōtomo n'a pas le temps de fabriquer lui-même son ouverture et sa fermeture. Il prépare alors AKIRA : il fournit les planches de mise en scène, et l'exécution revient à Atsuko Fukushima et à l'équipe d'animation. Le programme du festival international du film d'animation de Niigata (2023) et la Wikipédia japonaise concordent sur ce point.1, 24

Note de la rédaction : plusieurs détails de la genèse ne reposent que sur une seule source et ne sont donc pas tenus pour établis. Le compte rendu d'Aniota ajoute que la demande initiale de Nomura aurait porté sur une suite de POP CHASER, que Kitakubo aurait refusée au profit d'une anthologie, et que le thème du robot aurait été proposé par Morimoto.20 La Wikipédia japonaise indique que la fabrication a duré deux ans et que la sortie est intervenue au moment où le courant du « créateurisme » s'essoufflait, d'où un accueil commercial limité.1 Oguro dit avoir exprimé des réserves sur le film dans un article d'Animage d'octobre 1987, avant de reconsidérer son jugement.19

— II —

Neuf numéros, huit signatures : la liste exacte

Les décomptes varient, ce qui entretient la confusion. La Wikipédia japonaise et allcinema parlent de sept courts métrages encadrés par une ouverture et une fermeture, tandis qu'Anime News Network, la Wikipédia anglophone et Nautiljon annoncent neuf courts en séparant l'ouverture de la fermeture.1, 18, 25, 30, 44 Il s'agit du même film compté de deux façons : sept courts métrages d'auteur et un cadre signé Ōtomo, soit neuf numéros, ou huit « œuvres » si l'on réunit l'ouverture et la fermeture. Les signatures, elles, sont au nombre de huit : Ōtomo, Morimoto, Ōmori, Umetsu, Kitazume, Ōhashi (sous le nom de Mao Lamdo), Kitakubo et Nakamura, soit la liste des réalisateurs donnée par Anime News Network.1, 30 L'ordre de défilement japonais, tel que le donnent la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglophone, est le suivant : ouverture, Franken's Gears, Deprive, Presence, Star Light Angel, Cloud, le récit de l'ère Meiji, Chicken Man and Red Neck, fermeture.1, 25

Il faut aussi dissiper des doublons de titres. Starlight Angel et Star Light Angel désignent le même segment, simplement orthographié de deux façons. A Tale of Two Robots est le titre sous lequel la version américaine de Streamline Pictures a présenté le récit de l'ère Meiji, et Nightmare celui qu'elle a donné à Chicken Man and Red Neck. Anime News Network et la Wikipédia anglophone s'accordent sur ces équivalences.25, 30 Le tableau ci-dessous suit les intitulés japonais et les crédits relevés dans la Wikipédia japonaise et dans la base 作画@wiki, recoupés avec la Wikipédia anglophone et Anime News Network.

N°SegmentRéalisationRôles créditésDécors
1Ouverture
(Opening)
Katsuhiro Ōtomo Planches de mise en scène Ōtomo · Personnages, animation Atsuko FukushimaNizō Yamamoto
2Franken's Gears
(Franken no haguruma)
Kōji Morimoto Réalisation, scénario, personnagesYūji Ikehata
3Deprive
Hidetoshi Ōmori Réalisation, scénario, personnagesKenji Matsumoto
4Presence
(Purezensu)
Yasuomi Umetsu Réalisation, scénario, personnages, direction de l'animationYamakawa
5Star Light Angel
Hiroyuki Kitazume Original, réalisation, personnages, direction de l'animationYui Shimazaki
6Cloud
Mao Lamdo , pseudonyme de Manabu Ōhashi Réalisation, scénario, personnages, animation, décorsManabu Ōhashi
7Récit de l'ère Meiji (version Streamline : A Tale of Two Robots)
(Meiji karakuri bunmei kitan : Kōmōjin shūrai no maki)
Hiroyuki Kitakubo Réalisation, scénario, mise en scène · Personnages Yoshiyuki Sadamoto · Mécaniques Mahiro MaedaNon documentés de façon recoupée
8Chicken Man and Red Neck (version Streamline : Nightmare)
(Niwatori otoko to akai kubi)
Takashi Nakamura Réalisation, personnagesHiroshige Sawai
9Fermeture
(Ending)
Katsuhiro ŌtomoMêmes crédits que l'ouvertureNizō Yamamoto

Les crédits de ce tableau sont recoupés ainsi. Les décors de l'ouverture et de la fermeture : Wikipédia japonaise, 作画@wiki et notice de Yamamoto.1, 11, 16 Ceux de Deprive, de Star Light Angel et de Chicken Man and Red Neck : Wikipédia japonaise, 作画@wiki et Wikipédia anglophone.1, 16, 25 Ceux de Franken's Gears et de Presence : 作画@wiki et Wikipédia anglophone.16, 25 Les rôles de Kitakubo, d'Umetsu, de Kitazume, de Morimoto et d'Ōmori sont tirés de leurs notices japonaises respectives.2, 3, 4, 5, 6 Le rôle de Sadamoto est confirmé par sa propre notice et par 作画@wiki ; celui de Maeda par 作画@wiki et par la Wikipédia anglophone.9, 16, 25

Note de la rédaction : Hideaki Anno ne figure dans aucun des crédits consultés (Wikipédia japonaise et anglophone du film, Anime News Network, 作画@wiki, base de données du staff). Ni sa notice japonaise ni sa notice anglophone ne mentionnent le film ; elles situent son activité de 1987 sur Les Ailes d'Honnêamise.15, 48 Son absence des crédits est confirmée par les autres sources.1, 16, 17, 25, 30 Nous ne le retenons donc pas parmi les réalisateurs, ni parmi les animateurs. Atsuko Fukushima est quant à elle créditée au personnage et à l'animation par la Wikipédia japonaise et 作画@wiki,1, 10, 16 mais AlloCiné, le programme du festival de Niigata et la base de données du staff la placent aux côtés d'Ōtomo comme réalisatrice ou coréalisatrice ;17, 24, 43 nous suivons les sources qui détaillent son rôle. Anime News Network transcrit le prénom du producteur « Kazufumi », alors que les sources japonaises écrivent sans donner la lecture ; nous retenons « Kazushi » avec réserve.1, 20, 30 La durée est de 91 minutes pour la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglophone et Anime News Network, de 90 minutes pour la fiche de l'édition 4K, de 93 minutes pour Stereo Sound.1, 21, 25, 30, 34

— III —

Les segments, premier acte : la caravane, le réveil, le héros, la fillette

Ouverture · Katsuhiro Ōtomo

Dans un village du désert, on annonce l'arrivée du Robot Carnival. Une immense machine à l'enseigne du spectacle traverse le village comme une troupe de cirque et le détruit. La Wikipédia anglophone et le programme de Niigata décrivent la scène en termes proches, et le critique Mike Crandol y voit un chapiteau monstrueux qui écrase tout sur son passage.24, 25, 32 Ōtomo signe la réalisation et les planches ; Atsuko Fukushima, dont la notice japonaise note le travail de personnages et d'animation clefs sur ce titre, dessine les personnages et les animations clefs ; les décors sont de Nizō Yamamoto.1, 10, 16 Ce dernier a rejoint le studio Ghibli en 1985 à l'invitation de Hayao Miyazaki, selon sa notice japonaise, et le site Review NE le présente lui aussi comme un nom associé à Ghibli.11, 46

Franken's Gears · Kōji Morimoto

Morimoto fait ici ses débuts de réalisateur, ce que disent à la fois sa notice japonaise et sa notice anglophone.3, 27 Le sujet tient en une phrase : un robot allongé se redresse. La Wikipédia japonaise insiste sur ce parti pris minimal, que Crandol résume comme un récit à la Frankenstein porté par une animation exceptionnelle.1, 32 Morimoto réalise, écrit et dessine les personnages ; Yūji Ikehata signe les décors.3, 16, 25 Comme la plupart des numéros, il se passe de dialogue intelligible : tout passe par le mouvement.25, 32

Deprive · Hidetoshi Ōmori

Deprive est le numéro le plus proche de l'animation d'action traditionnelle. Des robots hostiles attaquent une ville, un androïde se bat pour sauver une jeune fille : le résumé de la Wikipédia anglophone et celui de la Wikipédia japonaise concordent.1, 25 Ōmori réalise, écrit et dessine les personnages ; Kenji Matsumoto signe les décors.5, 16, 25 Les sources japonaises s'accordent sur l'esprit, de l'action héroïque assumée, mais divergent sur les modèles : la Wikipédia japonaise évoque l'hommage à l'héritage de Tatsunoko, Aniota rapporte qu'Ōmori voulait faire son Streets of Fire.1, 20 Chronic'art trouve à ce numéro et à Star Light Angel un charme délicieusement daté des années 1980.42

Presence · Yasuomi Umetsu

Presence est le numéro que la critique retient le plus volontiers. C'est la première réalisation d'Umetsu, qui en est aussi le scénariste, le dessinateur des personnages et le directeur de l'animation.4, 26 Le récit suit un homme et une androïde à l'apparence d'une jeune fille, sur plusieurs décennies. Lynzee Loveridge décrit pour Anime News Network un homme profondément défaillant qui cherche une forme précise de compagnie auprès d'une robote qui finit par remettre en cause le rôle qu'on lui assigne ; la Wikipédia japonaise parle d'un motif « homme d'âge mûr et jeune fille » délibérément choisi.1, 31 Mike Crandol note que c'est le plus long du film et celui que l'on juge le plus fort, et la critique du Fandom Post le range parmi ses préférés.32, 37

La distribution japonaise fait appel à Kōji Moritsugu , que la Wikipédia japonaise du film et la notice de l'acteur associent à son rôle de Dan Moroboshi dans Ultraseven, ainsi qu'à Junko Machida et à Keiko Hanagata .1, 14, 18, 25 Il s'agit, avec le récit de l'ère Meiji, du numéro où la parole joue un rôle, l'essentiel du film passant par l'image et la musique.25, 32

Note de la rédaction : plusieurs points de détail de ce chapitre ne reposent que sur une source. Le compte rendu d'Aniota attribue à Morimoto une double inspiration pour Franken's Gears (le Fire-Ball d'Ōtomo et le Cabinet du docteur Caligari) et dit qu'Deprive est le premier segment achevé.20 Selon la Wikipédia anglophone, la créature de Franken's Gears imite les gestes du savant et le tue en reproduisant sa chute.25 La notice japonaise d'Umetsu raconte qu'il a accepté la proposition de Kitakubo comme une revanche après un travail jugé insatisfaisant sur Megazone 23 Part II.4 La durée de Presence est de quinze minutes pour Crandol et d'une vingtaine pour Aniota, qui cite aussi l'éloge de Mamoru Oshii ; Aniota donne pour ce segment le titre erroné ラビリンス (« Labyrinthe »), qui ne correspond à aucun autre document : nous y voyons une erreur de transcription.20, 32

— IV —

Les segments, second acte : le parc, le nuage, l'ère Meiji, la nuit des machines

Star Light Angel · Hiroyuki Kitazume

Deux adolescentes passent la journée dans un parc d'attractions. L'une d'elles, bouleversée, fuit dans une zone onirique du parc où un jeune homme costumé en robot vient à son aide : la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglophone concordent sur ce canevas.1, 25 Kitazume signe l'original, la réalisation, les personnages et la direction de l'animation ; Yui Shimazaki dessine les décors.1, 6, 16, 25 La Wikipédia japonaise décrit un numéro à l'esthétique de vidéo promotionnelle, destiné à un public d'adolescentes.1 C'est aussi le segment qui divise : Crandol le juge le plus faible de l'ensemble, tandis que le Fandom Post en fait l'un de ses préférés.32, 37

Cloud · Mao Lamdo (Manabu Ōhashi)

Derrière le pseudonyme de Mao Lamdo se trouve l'animateur Manabu Ōhashi : sa notice japonaise et son site officiel le disent sans ambiguïté.8, 23 Né en 1949, entré à Toei Animation à quinze ans, réputé pour sa façon d'animer les nuages, les vagues et les phénomènes naturels, il est mort en 2022.8, 23 Cloud s'appuie sur un livre d'images qu'il avait publié lui-même, Kumo to shōnen , « Le Nuage et le garçon », selon la Wikipédia japonaise du film et son site officiel.1, 23 Un jeune robot avance à travers des nuages qui se transforment ; la Wikipédia anglophone y voit un voyage dans le temps, Crandol un conte abstrait de persévérance.1, 25, 32 Ōhashi dirige, écrit, dessine les personnages, anime et peint lui-même les décors ; la musique est d'Isaku Fujita.8, 22, 25 Chronic'art y voit un objet à part dans l'anthologie.42

Meiji karakuri bunmei kitan · Hiroyuki Kitakubo

Au début de l'ère Meiji, un étranger, Jean-Jacques Vockerson III, lance contre Edo un automate géant à moteur électrique, « Ma bien-aimée Tinker Bell » (traduction de la rédaction), et les habitants lui opposent leurs propres machines de bois. Le synopsis d'allcinema et la Wikipédia anglophone concordent, et Chronic'art le décrit comme une farce réjouissante située dans le Japon du XIXe siècle.18, 25, 42 Kitakubo réalise, écrit, storyboarde, met en scène et dirige l'animation de son segment ;2 il confie les personnages à Yoshiyuki Sadamoto et les mécaniques à Mahiro Maeda.9, 16, 25 Kazuaki Mōri, Yūji Moriyama et Kumiko Kawana sont crédités à la collaboration à l'animation.16, 25 Parmi les voix, Kaneto Shiozawa joue Denjirō et Toku Nishio joue Daimaru.12, 13, 25 La Wikipédia japonaise voit dans ce numéro le seul résolument tourné vers le divertissement, tandis que Crandol le juge le plus impressionnant de l'ensemble.1, 32

Chicken Man and Red Neck · Takashi Nakamura

Une métropole nocturne et déserte, des machines qui s'animent et mènent une fête monstrueuse, un seul témoin humain, et l'aube qui laisse les machines incrustées dans les gratte-ciel : c'est le résumé de la Wikipédia anglophone, et Chronic'art parle d'un cauchemar mécanique envahissant Tokyo.25, 42 Nakamura réalise et dessine les personnages ; Hiroshige Sawai signe les décors.1, 16, 25 Sa notice et la Wikipédia japonaise du film relèvent l'empreinte du dessin animé américain classique, Disney et Fleischer, dans les personnages et le mouvement.1, 7 Nakamura sera ensuite directeur de l'animation d'AKIRA : il a notamment pris en charge la séquence de Shinjuku au temps suspendu, selon sa notice japonaise, et Anime News Network le cite parmi les artisans d'AKIRA présents dans l'anthologie.7, 31

Fermeture · Katsuhiro Ōtomo

La fermeture reprend la caravane : la machine finit ruinée dans le désert, puis un petit automate danseur apparaît. Cette trame est commune aux résumés consultés.1, 25

Note de la rédaction : les résumés divergent sur l'objet qui contient l'automate danseur (boîte à musique dans la Wikipédia anglophone, sphère argentée dans les résumés de la page japonaise) et sur son sort. Nous ne tranchons pas. Plusieurs détails n'ont qu'une source : la Wikipédia anglophone rapproche Star Light Angel du clip Take On Me de a-ha et signale des clins d'œil à AKIRA dans ses décors ;25 Aniota rapporte que le récit de Kitakubo se passait d'abord dans le Tokyo contemporain avant d'être déplacé à l'ère Meiji, que l'animateur y manie des personnages et des robots qui ne sont pas les siens, et que Nakamura aurait employé des images d'actualité agrandies et décalquées ;20 la Wikipédia japonaise dit que Fujita avait vingt et un ans au moment de Cloud ;1 la notice de Nakamura fait de Chicken Man and Red Neck sa première réalisation.7

— V —

Fabrication, musique et voix du sakuga

La fabrication de Robot Carnival repose sur un principe inhabituel : chaque réalisateur anime aussi son segment, d'où des mains et des styles qui restent lisibles à l'écran.1, 19 Ōtomo, lui, ne livre que des planches. La Wikipédia japonaise, le programme de Niigata et le site Pixiv Encyclopédie rappellent qu'il est alors absorbé par AKIRA.1, 24, 47 La direction d'ensemble, au sens de la mise en scène générale, est attribuée à Yukio Suzuki et Hideki Tono par la Wikipédia japonaise, 作画@wiki et Stereo Sound.1, 16, 21

Ce qu'on peut appeler les voix du sakuga, ce sont d'abord ces signatures de mouvement. Morimoto mise sur la dynamique d'un corps de machine qui se redresse ; Nakamura prolonge le dessin animé américain classique ; Ōhashi se consacre aux nuages et aux phénomènes naturels ; Umetsu vise une construction de film ; Kitakubo choisit la comédie d'animation populaire.1, 7, 8, 23 Les critiques ont comparé l'ensemble à Fantasia, comme Crandol et le synopsis d'AlloCiné, et y ont vu un film fait par des animateurs, comme Chronic'art.32, 42, 43

Production
Kazushi Nomura
A.P.P.P. · producteur
Mise en scène générale
Yukio Suzuki · Hideki Tono
Direction du son
Yasunori Honda
本田保則
Direction de la photographie
Toshiaki Morita
森田俊昭
Couleurs
Kazuko Murakami · Sachihiro Maehara
村上和子 · 前原幸弘
Effets sonores
Jun'ichi Sasaki
Animation Sound Production
Musique
Joe Hisaishi
avec Isaku Fujita et Masahisa Takeichi

Musique

La musique est créditée à Joe Hisaishi, Isaku Fujita et Masahisa Takeichi par la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglophone précisant que les deux premiers composent et que le troisième participe aux arrangements.1, 25 La fiche de l'album, publiée par le site Hibiki Hajime (discographie de Joe Hisaishi), précise la répartition : Hisaishi compose la majeure partie des plages et Fujita en compose quelques-unes ; Takeichi n'y figure qu'à l'arrangement de trois plages.22 Une bande originale est parue en 1987 : la Wikipédia anglophone consacrée à la discographie de Hisaishi la date du 21 mars 1987, soit avant la sortie vidéo, ce que confirme la fiche d'Hibiki Hajime ; nous ne l'expliquons pas.22, 29

Voix

Le film parle peu. Dans la version japonaise, on retient la distribution de Presence (Moritsugu, Machida, Hanagata) et celle du récit de l'ère Meiji, où Shiozawa et Nishio sont crédités.12, 13, 18, 25 La version américaine de Streamline Pictures a fait doubler ces deux numéros en anglais, avec notamment Michael McConnohie, Lisa Michelson, Bob Bergen, Kerrigan Mahan, Tom Wyner et Steve Kramer, d'après Anime News Network et la Wikipédia anglophone ; la critique du Fandom Post ajoute que Carl Macek et Jerry Beck ont supervisé ce doublage et que Discotek a conservé cette piste.25, 30, 37

Note de la rédaction : la Wikipédia anglophone attribue d'autres rôles japonais (dont Kei Tomiyama en Sankichi, Chisa Yokoyama et Katsue Miwa) ; la notice japonaise de Tomiyama que nous avons consultée ne mentionne pas le film, et nous ne reprenons donc pas ces attributions.25, 49 Pour les musiques, le détail par plage (nombre de plages, répartition exacte) n'est donné que par la fiche d'Hibiki Hajime.22

— VI —

Décors et métiers invisibles

Les décors de Robot Carnival sont confiés à des peintres différents pour chaque numéro, ce qui ajoute au contraste des univers. Nizō Yamamoto peint le désert et la machine de l'ouverture et de la fermeture ; Yūji Ikehata, l'espace nu de Franken's Gears ; Kenji Matsumoto, les villes de Deprive ; un peintre crédité Yamakawa, Presence ; Yui Shimazaki, le parc de Star Light Angel ; Hiroshige Sawai, la nuit des machines.1, 16, 25 Pour Cloud, Ōhashi peint lui-même : les nuages sont à la fois son sujet, son personnage et son décor.8, 25

Dans un film presque sans parole, les décors portent une grande part de l'atmosphère. Cette lecture est la nôtre : elle s'appuie sur les crédits et les résumés cités plus haut, non sur un entretien avec les peintres, qu'aucune source consultée ne rapporte. On peut seulement constater que les huit univers visuels du film sont chacun confiés à un peintre différent, et que le désert de l'ouverture et de la fermeture, la ville nocturne de Nakamura ou les nuages d'Ōhashi n'ont presque rien en commun.

Les métiers invisibles

Le film compte aussi des métiers que l'affiche ne cite jamais. Le chef de la photographie est Toshiaki Morita, la direction du son est de Yasunori Honda, d'après 作画@wiki et Anime News Network.16, 30 Les couleurs sont confiées à Kazuko Murakami et Sachihiro Maehara, nommées par la Wikipédia japonaise, 作画@wiki et la base de données du staff.1, 16, 17 Les effets sonores sont crédités à Jun'ichi Sasaki, de l'Animation Sound Production, par la Wikipédia japonaise et la Wikipédia anglophone.1, 25 La base de données du staff recense en outre des équipes d'intervallistes, de finition et d'effets spéciaux dont la liste complète dépasse le cadre de ce dossier.17

Note de la rédaction : les décors du récit de l'ère Meiji ne sont attribués que par la Wikipédia anglophone (Hiroshi Sasaki) ; la Wikipédia japonaise et 作画@wiki ne les citent pas, et nous les laissons donc de côté.1, 16, 25 Le nom du peintre de Presence est écrit par 作画@wiki, que la Wikipédia anglophone transcrit « Hikaru » ; la lecture du prénom n'est pas établie. Le nom de Sawai est transcrit « Hiroshige » par la Wikipédia anglophone, sans confirmation japonaise de la lecture. La photographie par Trans Arts, les artistes d'effets spéciaux (Toyohiko Sakakibara, Satoru Abe, Shinji Teraoka) et l'inspectrice Yoshiko Takiguchi ne figurent que dans la page japonaise du film ; le laboratoire Tokyo Laboratory n'est cité que par Anime News Network.1, 30

— VII —

Sorties : Japon, États-Unis, France

Au Japon

L'OVA sort en vidéo le 21 juillet 1987, date donnée par la Wikipédia japonaise, la Wikipédia anglophone, allcinema et la chronique d'Oguro.1, 18, 19, 25 Une édition DVD paraît en 2000, chez Beam Entertainment selon la Wikipédia anglophone, ce que la fiche d'un revendeur français de l'importation confirme à une date proche mais non identique.1, 25, 45

Aux États-Unis

La première hors du Japon a lieu au Cinema 21 de Portland, dans l'Oregon, du 25 au 31 janvier 1991, par Streamline Pictures : le récit de Fred Patten pour Cartoon Research, Anime News Network et la Wikipédia anglophone le disent de concert.25, 30, 35 La sortie vidéo suit en décembre 1991, dans la collection « Video Comics », selon Patten et la Wikipédia anglophone.25, 35 Streamline a retitré deux numéros (A Tale of Two Robots et Nightmare) et réorganisé l'ordre de défilement ; Crandol relève ce réagencement dans la version américaine, que la Wikipédia anglophone explique par la commodité de bobines de 2 000 pieds, alors que Crandol y voit un souci de rythme.25, 32 Discotek reprend ensuite le film en DVD le 1er septembre 2015, avec l'essai de Mike Toole « Automata Saturnalia », puis en Blu-ray le 27 mars 2018.25, 31, 33, 37

En France

Nous n'avons trouvé aucune trace d'une exploitation en salles en France : AlloCiné ne donne pas de date de sortie.43 L'édition de référence est le DVD de Pathé, dans la collection « Asian Star », paru le 19 septembre 2006 : Nautiljon et Manga-news concordent sur l'éditeur et la date, et Manga-news précise la collection.40, 41 Le disque est en 16/9 et propose une version japonaise et une version française, avec sous-titres français selon Nautiljon ; Manga-news indique une VF et une VOSTF.40, 41 La critique de Julien Bastide pour Chronic'art, datée du 14 octobre 2006, voit dans le film une œuvre d'animateurs, où la variété formelle l'emporte sur la portée conceptuelle.42 Pour les titres, AlloCiné et Nautiljon emploient ceux de la version américaine (Nightmare, A Tale of Two Robots) ; nous n'avons relevé aucune traduction française des titres de segments.43, 44

Note de la rédaction : la date américaine de la sortie vidéo diverge : Crandol évoque une importation en 1992 et une réédition en 1993, quand Patten et la Wikipédia anglophone donnent décembre 1991.25, 32, 35 La date du DVD de Beam est donnée au 25 novembre 2000 par la Wikipédia anglophone et au 25 octobre 2000 par le revendeur ; nous gardons « 2000 ».25, 45 Patten ajoute que Streamline a montré des extraits au Comic-Con de San Diego en août 1990 et que Lumivision a sorti un laserdisc en décembre 1993 ; la Wikipédia anglophone mentionne un laserdisc japonais de JVC en 1987 ; ces faits n'ont qu'une source chacun.25, 35, 36 Les modifications de la version américaine (lignes de dialogue ajoutées, référence à l'ouverture du Japon en 1854 retirée) ne figurent que dans la Wikipédia anglophone.25 Nous n'avons pas pu voir le DVD de Pathé : nous ne savons pas si l'ordre des segments y suit la version japonaise ou la version américaine.

— VIII —

Restauration, éditions récentes et héritage

L'édition la plus récente est celle de Discotek Media, en 4K Ultra HD, publiée le 28 décembre 2021 : la Wikipédia anglophone, Anime News Network et le site HD Report concordent.25, 34, 38 Elle repose sur une restauration réalisée à partir des négatifs originaux, d'après les fiches d'Anime News Network et de HD Report ; Stereo Sound, qui présente l'importation au public japonais, précise qu'il s'agit du négatif caméra 35 mm, avec un étalonnage HDR.21, 34, 38 Le disque propose le film en 4:3 et en 16:9, un documentaire inédit, « The Memory of Robot Carnival », et des comparaisons entre storyboards et images finales.21, 34, 38, 39

Le critique Tyler Treese, pour ComingSoon, note que cette édition présente le film mieux que jamais et dispense de chercher d'anciennes importations japonaises épuisées.39 Aux États-Unis, l'anthologie est également proposée en ligne : Anime News Network et Anime Backlog citent notamment Crunchyroll.30, 31

L'héritage

La Wikipédia anglophone situe Robot Carnival dans une famille d'anthologies d'auteur qui comprend Neo Tokyo (1987) et Memories (1995), Anime News Network note que Memories suit le film de près d'une décennie, et la notice anglophone d'Ōtomo présente sa participation, deux segments, comme la suite directe de Neo Tokyo.25, 28, 31 Les carrières des participants se lisent a posteriori : Morimoto réalisera Magnetic Rose, premier épisode de Memories, et participera à The Animatrix ;3, 31, 39 Umetsu signera A Kite ;4, 31 Nakamura dirigera l'animation d'AKIRA ;7, 31 Sadamoto concevra les personnages d'Evangelion.31, 46 La Wikipédia japonaise reconnaît au film une influence sur des créateurs venus après lui, au Japon comme à l'étranger.1

Note de la rédaction : la maison qui a réalisé la restauration n'est nommée par aucune source consultée, pas plus que la nature de la numérisation (par exemple scan du négatif en 4K). La durée de 22 minutes du documentaire n'est donnée que par ComingSoon, et l'influence du film n'est affirmée que par la Wikipédia japonaise.1, 39 Des projections récentes ont lieu au Japon (Niigata en mars 2023, pour l'ouverture et la fermeture ; Ikebukuro le 19 juillet 2026, pour le quarantième anniversaire) mais chacune n'est attestée que par une page.20, 24

— IX —

Zones d'ombre

Ce dossier s'arrête là où les sources se taisent ou se contredisent. Voici ce que nous ne pouvons pas établir.

Le nombre de segments (sept, huit ou neuf) dépend de la façon de compter l'ouverture et la fermeture. La paternité d'Ōtomo sur ces deux numéros est solide, mais le rôle exact d'Atsuko Fukushima, créditée au personnage et à l'animation par certaines sources et à la réalisation par d'autres, reste à préciser. Hideaki Anno, que l'on pourrait attendre parmi les animateurs de cette génération, n'est crédité nulle part dans les documents consultés.1, 10, 15, 17, 43

Les décors du récit de l'ère Meiji n'ont pas de source recoupée. La lecture de plusieurs noms de peintres (Yamakawa, Sawai) reste incertaine. La répartition précise de la musique entre Hisaishi, Fujita et Takeichi n'est documentée que par la fiche de l'album, et la date de 1987 de cet album précède de quatre mois la sortie vidéo, sans explication.22, 29

En France, nous ignorons si l'ordre des segments du DVD de Pathé suit la version japonaise ou la version de Streamline, et si une exploitation antérieure à 2006 a existé. Les durées publiées (90, 91 ou 93 minutes) ne sont pas réconciliées. Les dates américaines de 1991 et de 1992 s'opposent. Les entretiens d'époque avec les réalisateurs ne sont pas accessibles en ligne, et les chroniques de Webアニメスタイル consacrées à chaque segment n'ont pu être lues que pour la première d'entre elles, la 395e.

Points non vérifiés ou ouverts : motifs de l'ordre de défilement de la version américaine ; maison de restauration de l'édition 4K ; présence éventuelle d'un laserdisc japonais ; détails de fabrication (rotoscopie de Nakamura, inspirations de Morimoto, scénario initial de Kitakubo) rapportés par une seule page. Les témoignages de ceux qui ont travaillé sur ces segments, des peintres de décors aux photographes, sont ce qui manque le plus.

SAKUGAART souhaite documenter précisément ces trajectoires. Si vous avez travaillé sur Robot Carnival, chez A.P.P.P. ou chez les studios partenaires, ou si vous conservez des documents, des cellulos ou des souvenirs de la fabrication, la rédaction serait heureuse de recueillir votre témoignage, dans le respect de vos souhaits de confidentialité.

SAKUGAART · DossierRédacteur : M. El Uasti
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