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Séries fondatrices : Capitaine Flam · Goldorak · Dragon Ball Albator · Lady Oscar · Berserk · Chevaliers du Zodiaque

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Sept séries fondatrices — Capitaine Flam · Goldorak · Dragon Ball · Albator · Lady Oscar · Berserk · Chevaliers du Zodiaque

Dossier · Sept séries fondatrices de l'animation japonaise

Capitaine Flam · Goldorak · Dragon Ball
Albator · Lady Oscar · Berserk
Chevaliers du Zodiaque

Sept séries. Sept studios, sept créateurs, sept époques. De 1975 à 1997, ces œuvres ont dessiné la carte de l'animation japonaise telle que le monde occidental — et particulièrement la France — l'a découverte, aimée et internalisée. Ce dossier les retrace avec précision : production, diffusion, réception, héritage.

I — Série TV · 1978-1979 · Toei Animation · NHK · 52 épisodes

Capitaine
Flam

キャプテン・フューチャー · Captain Future · Kyaputen Fyūchā

L'adaptation japonaise des pulp novels américains d'Edmond Hamilton, un an après la mort de leur auteur. La seule série anime diffusée sur NHK — et l'une des premières à conquérir la France, l'Allemagne, l'Italie et le monde arabe simultanément. Toei + Katsumata = space opera à l'état pur.

Titre JPCaptain Future
Titre FRCapitaine Flam (Capitaine Futur en VO)
Diffusion JP7 nov. 1978 → 18 déc. 1979 · NHK
StudioToei Animation · Monte Carlo Productions
RéalisateurTomoharu Katsumata
Épisodes52 épisodes de 30 min + 1 spécial
Manga sourceRomans pulp Edmond Hamilton 1940-1944
Diffusion FRRécré A2 · Canal J · France.tv / Okoo
LanguesFR · DE · IT · ES · AR pas d'anglais complet

En 1978, un an après la mort d'Edmond Hamilton (le 1er février 1977), Toei Animation adapte en 52 épisodes les romans pulp américains Captain Future, publiés entre 1940 et 1944 par Better Publications. Le personnage avait été créé avant même la première Worldcon de SF par les éditeurs Mort Weisinger et Leo Margulies. La série est la seule production anime majeure diffusée sur NHK (chaîne publique nationale) dans cette période — toutes les autres grandes séries Toei passent sur Fuji TV ou Yomiuri TV.

La réalisation est confiée à Tomoharu Katsumata, alors au sommet de sa carrière après Goldorak (1975-77). La musique est composée par Yuji Ohno pour la version japonaise — thème jazzy aux accents 70s qui deviendra une signature. En France, la version VF est entièrement réenregistrée avec une musique originale différente.

L'invention du nom « Capitaine Flam »

En France, le personnage est connu sous le nom de Capitaine Flam — déformation phonétique populaire de l'original « Captain Future » (parfois orthographié « Futur » dans les documents officiels). La série est diffusée sur Antenne 2 dans Récré A2, puis sur Canal J, avant de revenir en 2023 sur France.tv et Okoo — réédition remasterisée confirmant sa longévité culturelle.

Captain Future était l'une des premières vagues de mangas diffusées en France à la fin des années soixante-dix, avec Goldorak et Albator. Elle a été doublée en français, et maintenant que j'en ai revu la plupart des épisodes, je réalise que le doublage et la traduction sont assez pauvres. Mais à l'époque ça n'avait aucune importance.

— Critique IMDB, utilisateur français ayant regardé Capitaine Flam à sa diffusion originale · imdb.com

La diffusion internationale — succès sans l'anglais

La série est doublée en français, allemand, italien, espagnol et arabe — mais jamais intégralement en anglais (seulement 8 épisodes). Ce paradoxe résume le marché anime des années 70-80 : l'Europe et le monde arabe étaient les vrais marchés d'exportation, pas le monde anglophone. En France, en Allemagne et en Italie, la série crée une génération entière de fans de SF animée. En Allemagne, où elle passe sous son titre original Captain Future, elle devient un phénomène de nostalgie durable — Phil Fuldner y consacrera un single disco en 1999.

La version arabe, titrée Faris al-Fadha'a (Le Chevalier de l'Espace), est diffusée de nombreuses fois dans les années 80 et connaît un succès considérable au Moyen-Orient. En 2025, une bande dessinée officielle Capitaine Flam — L'Empereur Éternel est publiée aux éditions Kana, avec l'aval de Toei Animation — preuve que la franchise reste commercialement active 47 ans après sa création.

La seule série anime diffusée sur NHK dans cette ère. Sans jamais avoir été traduite en anglais dans son intégralité. Et pourtant vue dans 20 pays.
52

52 épisodes produits de novembre 1978 à décembre 1979, basés sur 13 des romans originaux d'Edmond Hamilton sur les 17 publiés. Un spécial de 58 minutes, The Great Race in the Solar System, sort le 31 décembre 1978. En 2025, une adaptation manga française (Capitaine Flam — L'Empereur Éternel, Kana, scénario Runberg, dessin Tallone) reçoit la bénédiction de Toei Animation.

II — Série TV · 1975-1977 · Toei Dōga · Fuji TV · 74 épisodes

Goldorak —
UFO Robot Grendizer

UFOロボ グレンダイザー · Yūfō Robo Gurendaizā · Go Nagai · Fuji TV 1975

Le robot qui a ouvert la France à l'anime. Une audience de 20,9 % au Japon. Des records battus à Noël 1978 sur les rayons de jouets français. Et un nom inventé par la fille de huit ans d'un distributeur parisien. Goldorak est le choc fondateur.

Titre JPUFO Robo Grendizer
Titre FRGoldorak (aussi : Goldrake IT, Grandizer US)
Diffusion JP5 oct. 1975 → 27 fév. 1977 · Fuji TV
StudioToei Dōga · Dynamic Productions
RéalisateurTomoharu Katsumata (chef de série)
Épisodes74 épisodes · dim. 19h00-19h30
Créateur mangaGō Nagai 3e volet trilogie Mazinger
Diffusion FR3 juillet 1978 · Antenne 2 · Récré A2
Audience JP20,9 % — maintenue 74 épisodes

Le 5 octobre 1975, UFO Robot Grendizer diffuse son premier épisode sur Fuji TV — troisième volet de la trilogie Mazinger de Gō Nagai, commandé par Popy (filiale Bandai) qui voulait de nouveaux robots à vendre en jouets. La série est réalisée par Tomoharu Katsumata, avec un design de personnages de Kazuo Komatsubara (épisodes 1-48) puis Shingo Araki (épisodes 49-74). La musique — thème Tobe! Grendizer (Fly! Grendizer) — est composée par Shunsuke Kikuchi et chantée par Isao Sasaki.

Au Japon, la série obtient une audience stable de 20,9 % pendant ses 74 épisodes — honorable, mais sans l'hystérie de Mazinger Z. L'histoire est celle de Duke Fleed / Daisuke Umon (Actarus), prince de la planète Fleed réfugié sur Terre avec son robot géant Grendizer pour fuir l'Empire Vegan. Go Nagai lui-même déclare dans une interview que Grendizer était « un projet amusant à côté » — il avait de nombreux désaccords avec Toei et Shingo Araki sur la direction de la série, et surtout sur le paiement des droits d'auteur pour les diffusions étrangères — litige réglé par un accord judiciaire en 1986 qui contraint Toei à lui payer des royalties rétroactives.

L'invention du nom « Goldorak » — et l'été 1978 en France

C'est le distributeur français Jacques Canestrier qui importe la série en France en 1978. Pour trouver un nom accrocheur, il s'inspire du film James Bond Goldfinger et du personnage de BD Mandrake — obtenant « Goldanrak ». Mais sa fille de 8 ans prononce mal le mot et dit « Goldorak ». Canestrier adopte la version enfantine — plus simple, plus percutante. C'est ainsi qu'un nom historique est né d'une erreur de prononciation.

Lors de sa diffusion en France, le distributeur Jacques Canestrier sélectionna le nom « Goldorak » pour son caractère accrocheur. Il avait d'abord proposé « Goldanrak », inspiré du film James Bond Goldfinger et du personnage de bande dessinée Mandrake, mais sa fille de 8 ans le prononça mal : « Goldorak ». Il adopta cette version plus simple.

— Grokipedia — Grendizer, section « International » · grokipedia.com

La série débute sur Antenne 2 dans Récré A2 le 3 juillet 1978. Contre toute attente, elle bat des records d'audience estivaux. Les ventes de la figurine Goldorak de 60 cm produite par Mattel explosent à Noël 1978 — ruptures de stock dans toute la France. En 1979, un montage de 5 épisodes sort en salles françaises (Goldorak au cinéma) avec 922 964 entrées. La franchise génère un litige juridique majeur sur les DVD non licenciés en France : Manga Distribution et Déclic Images sont condamnés à rembourser à Toei 7,2 millions d'euros. Une édition officielle remasterisée sort finalement en 2013.

En 2024, Grendizer U — remake modern de la série — est diffusé au Japon. La boucle est bouclée.

Goldorak : le nom inventé par une fillette de 8 ans. L'anime le plus regardé de l'été 1978 en France. Le jouet le plus manquant de Noël 1978. Trois records, un seul robot.
III — Série TV · 1986-1996 · Toei Animation · Fuji TV · 444 épisodes (DB + DBZ)

Dragon
Ball

ドラゴンボール · Doragon Bōru · Akira Toriyama · Bird Studio · Fuji TV 1986

La franchise la plus rentable de l'histoire de l'animation japonaise. Inspirée de Jackie Chan et du roman chinois La Pérégrination vers l'Ouest. Diffusée dans 81 pays. Et créée par un homme qui avouait détester les combats — et qui s'en est libéré en faisant dessiner ses personnages à son équipe jusqu'à la fin de sa vie.

Manga sourceDragon Ball · Weekly Shōnen Jump 1984-1995
CréateurAkira Toriyama · Bird Studio
Dragon Ball TV26 fév. 1986 → 19 avr. 1989 · 153 éps.
Dragon Ball Z26 avr. 1989 → 31 jan. 1996 · 291 éps.
StudioToei Animation · Fuji TV
Diffusion JPFuji TV · dim. 9h30 puis samedi
Diffusion FRClub Dorothée (TF1) 1988-1996
Pays diffusion81 pays pour DB · encore plus pour DBZ
Toriyama décède1er mars 2024 68 ans · hématome sous-dural

La prépublication du manga Dragon Ball débute le 20 novembre 1984 dans le numéro 51 du Weekly Shōnen Jump. Akira Toriyama s'inspire des films de Jackie Chan pour les arts martiaux, et du roman chinois du XVIe siècle La Pérégrination vers l'Ouest (西遊記) pour le personnage de Son Goku et le MacGuffin des boules de cristal. L'adaptation animée commence sur Fuji TV le 26 février 1986 — soit seulement 15 mois après le début de la prépublication manga, une rapidité qui illustre le succès immédiat.

La série TV originale (Dragon Ball, 1986-1989, 153 épisodes) couvre les 194 premiers chapitres du manga et suit le jeune Goku dans un ton léger et comique. En 1989, Toei Animation et l'éditeur Shueisha décident de relancer la franchise sous un nouveau nom pour coïncider avec la partie adulte du manga : Dragon Ball Z (291 épisodes, 1989-1996) opère un virage radical vers l'action pure et les combats de super-héros. La distinction entre les deux ères — aventure joyeuse vs surenchère de combats — est cruciale pour comprendre la réception mondiale.

Akira Toriyama et l'épuisement créatif

Dans plusieurs déclarations publiques, Toriyama exprime son ambivalence vis-à-vis de Dragon Ball. À propos de l'arc Buu (fin de DBZ) : « C'est une série de combats si intenses que même moi, qui dessine des mangas, je les déteste. Maintenant que je suis un vieil homme souffrant d'hypertension artérielle qui aime la nourriture fade. » Il ajoute : « Après cela, j'ai perdu l'envie de dessiner des mangas sur les combats. » L'homme qui a créé la franchise de combats la plus regardée au monde n'aimait pas les combats.

Toriyama décède le 1er mars 2024, à 68 ans, d'un hématome sous-dural aigu — alors qu'il travaillait encore sur plusieurs projets Dragon Ball et sur la suite du manga Sand Land. Le Weekly Shōnen Jump publie des hommages de Masashi Kishimoto (Naruto), Eiichirō Oda (One Piece) et Yūji Horii (Dragon Quest). Le gouvernement français lui avait décerné le titre de chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres en 2019 — qu'il n'était pas venu chercher en personne, trop discret.

La France — le Club Dorothée comme vecteur

En France, Dragon Ball est diffusé à partir de 1988 dans le Club Dorothée sur TF1. L'émission — animée par Dorothée (Frédérique Hoschedé) et son équipe — est le principal vecteur de popularisation de l'anime en France dans les années 88-96. Dragon Ball Z y est diffusé dans des versions censurées (morts atténuées, sang réduit). Ces censures créeront une culture de connaisseurs qui découvriront des années plus tard les versions intégrales japonaises — et mesureront l'ampleur des modifications.

Toriyama détestait dessiner des combats. Il avait créé la franchise de combats la plus regardée au monde. Il a passé trente ans à faire ce qu'il n'aimait pas — avec une maîtrise absolue.
444

444 épisodes entre Dragon Ball (153) et Dragon Ball Z (291), auxquels s'ajoutent Dragon Ball GT (64 éps., 1996-97), Dragon Ball Super (131 éps., 2015-2018), Dragon Ball Daima (2024-2025), 20+ films, et Dragon Ball Kai (remontage 2009-2015). 250 à 300 millions d'exemplaires de manga vendus dans le monde. Franchise évaluée à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

IV — Série TV · 1978-1979 · Toei Animation · Yomiuri TV · 42 épisodes

Albator —
Capitaine Harlock

宇宙海賊キャプテンハーロック · Uchū Kaizoku Kyaputen Hārokku · Leiji Matsumoto · 1978

Un pirate de l'espace individualiste, romantique et mélancolique. Une philosophie de la résistance contre toute forme de conformisme. Un nom français inventé en mémoire d'un ami mort. Albator n'est pas seulement une série — c'est un état d'esprit qui a défini une « Génération Albator » en France.

Titre JPSpace Pirate Captain Harlock
Titre FRAlbator, le corsaire de l'espace
Diffusion JP14 mars 1978 → 13 fév. 1979 · Yomiuri TV
StudioToei Animation
RéalisateurRintaro
Épisodes42 épisodes
CréateurLeiji Matsumoto · manga Play Comic 1977-79
Diffusion FRAntenne 2 · 1980 puis rediffusions Récré A2
Nom «Albator»Inventé par Éric Charden en mémoire d'un ami

Le 14 mars 1978, Space Pirate Captain Harlock (宇宙海賊キャプテンハーロック) commence sur Yomiuri TV au Japon. La série est réalisée par Rintaro — qui vient de quitter Mushi Production et s'impose ici comme l'un des grands réalisateurs de sa génération avec un style distinctif : compositions dramatiques, utilisation des split-screens hérités de Dezaki, un sens du tragique chevaleresque qui épouse parfaitement l'univers de Leiji Matsumoto. La musique — orchestrale, enregistrée par le Philharmonique de Tokyo — est une autre signature de la série.

L'histoire : dans un futur où l'humanité a sombré dans l'apathie, Captain Harlock refuse la défaite et mène son équipage de marginaux à bord de l'Arcadia, un cuirassé spatial de l'espace, pour combattre les Mazon — une race de femmes végétales venues reconquérir la Terre qu'elles avaient explorée dans les temps mythiques. La dimension philosophique — Harlock incarne la résistance individuelle contre le totalitarisme et l'indifférence collective — dépasse largement le cadre du space opera pour enfants.

Le nom « Albator » — une histoire d'amitié et de phonétique

En France, le personnage ne peut pas s'appeler « Capitaine Harlock » — trop proche du Capitaine Haddock de Tintin. Le chanteur et producteur Éric Charden — qui conçoit la version française de la chanson d'ouverture de la série 1978 — propose le nom Albator en mémoire d'un ami dont le nom de famille était Balator, surnommé « l'Albatros » et dont le profil psychologique ressemblait à celui de Harlock.

En France et au Québec, Captain Harlock est connu sous le nom d'Albator, le corsaire de l'espace, pour éviter la confusion avec le personnage tout à fait différent du Capitaine Haddock. Le nom « Albator » a d'abord été proposé par Éric Charden, qui a conçu la version française de la chanson d'ouverture de la série 1978, en mémoire de l'un de ses amis dont le nom de famille était Balator, parfois surnommé l'Albatros, et qui avait un profil psychologique proche de celui de Harlock.

— Space Pirate Captain Harlock Wiki / Toki No Wa Fandom · tokinowa.fandom.com

Albator débute sur Radio-Canada Télévision en 1979, puis sur Antenne 2 en France en 1980. L'impact est immédiat et durable : une « Génération Albator » se définit en France, désignant ceux qui ont grandi avec la série. Une suite, Albator 84 / Endless Orbit SSX (1982-83, 22 épisodes), est diffusée en France à partir de 1984. Le film Arcadia of My Youth (1982, réal. Tomoharu Katsumata) est le long-métrage le plus ambitieux de l'univers Harlock — et un chef-d'œuvre de mélancolie SF.

Harlock se bat « pour personne — seulement pour quelque chose qui est au profond de mon cœur ». Cette phrase résume une philosophie qui a marqué plus d'une génération française.
V — Série TV · 1979-1980 · TMS Entertainment · NTV · 40 épisodes

Lady Oscar —
La Rose de Versailles

ベルサイユのばら · Berusaiyu no Bara · Riyoko Ikeda · 1972 → TMS 1979

L'anime le plus français de l'histoire de l'animation japonaise — set à Versailles, pendant la Révolution française, adapté du manga le plus vendu du Japon en 1972. Et la seule série dont Osamu Dezaki prend la direction à mi-chemin, transformant l'œuvre de l'intérieur.

Titre JPVersailles no Bara (Rose de Versailles)
Titre FRLady Oscar
Diffusion JP10 oct. 1979 → 3 sep. 1980 · NTV
StudioTMS Entertainment (Tokyo Movie Shinsha)
RéalisateursTadao Nagahama (éps 1-18) · Osamu Dezaki (éps 19-41)
Épisodes40 éps. + 1 spécial compilation
Manga sourceRiyoko Ikeda · Margaret 1972-1973
Character designShingo Araki · Michi Himeno
Diffusion FR8 sep. 1986 · Antenne 2 · Récré A2

En 1972, Riyoko Ikeda commence la sérialisation de Versailles no Bara dans le magazine shōjo Margaret de Shueisha. Le manga — inspiré de la biographie de Marie-Antoinette par Stefan Zweig (1932) — devient immédiatement un phénomène au Japon. L'adaptation en comédie musicale par la revue Takarazuka (1974) précède l'anime. C'est TMS Entertainment qui adapte la série pour la télévision en 1979, avec un staff d'exception : character design de Shingo Araki (futur character designer de Saint Seiya), musique de Kōji Makaino.

La production connaît un drame mi-parcours : le réalisateur Tadao Nagahama — à qui l'on doit les 18 premiers épisodes — meurt brutalement. Osamu Dezaki reprend la direction à partir de l'épisode 19. Ce changement est fondateur : Dezaki impose son style personnel — angles hollandais, split-screens, utilisation symbolique des couleurs — et transforme la seconde moitié de la série en quelque chose d'artistiquement bien plus ambitieux que la première. Les deux moitiés de Lady Oscar sont presque deux œuvres différentes.

L'importance historique — féminisme et androgynie

Oscar François de Jarjayes, femme élevée en homme par un père voulant un héritier militaire, est l'une des protagonistes les plus complexes de l'histoire du shōjo manga. Déchirée entre son devoir de servante de la monarchie et sa compassion pour le peuple, entre son identité de genre imposée et ses désirs propres, Oscar représente une interrogation sur le genre et le rôle social bien en avance sur son époque (1972). Deborah Shamoon (universitaire) analyse le personnage comme une figure qui « questionne les postulats de la romance hétérosexuelle et des rôles de genre à travers son androgynie ».

L'animateur Shingo Araki, décédé fin 2011, a assumé le character design et la direction de l'animation, insufflant à la série un souffle épique demeuré légendaire.

— Centre Pompidou, programme de diffusion Lady Oscar · centrepompidou.fr

En France, la série est diffusée à partir du 8 septembre 1986 sur Antenne 2 dans Récré A2 — soit sept ans après sa diffusion japonaise. Elle est rediffusée en 1989 sur Antenne 2, en 1998 sur France 3, en 2004 sur France 5 et en 2005 et 2011 sur Mangas. En 2025, MAPPA produit un film d'animation pour les 50 ans du manga — sorti en salles au Japon le 31 janvier 2025, réalisé par Ai Yoshimura, avec Miyuki Sawashiro dans le rôle d'Oscar.

Lady Oscar est l'anime le plus français de l'histoire — set à Versailles, pendant la Révolution. Créé au Japon. Redécouvert en France sept ans après sa diffusion originale.
VI — Série TV · 1997-1998 · OLM (Oriental Light and Magic) · Nippon TV · 25 épisodes

Berserk

剣風伝奇ベルセルク · Kenpū Denki Beruseruku · Kentarō Miura · Young Animal 1989

Le manga de dark fantasy le plus influent de sa génération. Une adaptation animée au budget modeste qui a, par sa qualité narrative brute, ouvert la voie à toutes les adaptations suivantes. Un épisode final — l'Éclipse — qui reste l'une des expériences les plus traumatisantes de l'histoire de l'animation.

Titre JPKenpū Denki Berserk
Manga sourceBerserk · Kentarō Miura · Young Animal 1989
Diffusion JP7 oct. 1997 → 31 mars 1998 · Nippon TV
StudioOLM (Oriental Light and Magic) Team Iguchi
RéalisateurNaohito Takahashi
Épisodes25 épisodes · arc Age d'Or (tomes 3-14)
MusiqueSusumu Hirasawa Forces · Tell Me Why
Miura décède6 mai 2021 54 ans · dissection aortique
Note IMDb (2025)8,7/10 sur 71 900 évaluations

En 1989, Kentarō Miura commence la publication de Berserk dans Monthly Animal House (devenu Young Animal) chez Hakusensha. Le manga suit Guts — mercenaire solitaire armé d'une épée surnaturellement grande — et Griffith, chef charismatique de la Troupe du Faucon dont Guts intègre les rangs. La relation entre les deux hommes, et sa destruction dans un événement cataclysmique appelé l'Éclipse, est l'une des arcs narratives les plus puissantes et traumatisantes de l'histoire du manga.

L'adaptation anime de 1997 est produite par OLM (Oriental Light and Magic) — le même studio qui produira Pokémon la même année. Le réalisateur Naohito Takahashi travaille avec le compositeur Susumu Hirasawa — dont les morceaux Forces et Tell Me Why deviennent des œuvres musicales indépendantes de grande importance dans la culture anime. La série se concentre exclusivement sur l'arc Age d'Or du manga (tomes 3-14), couvrant la jeunesse de Guts au sein de la Troupe du Faucon.

Les limites du budget — et la force narrative

La série 1997 souffre de contraintes budgétaires visibles : animation parfois raide, répétitions de séquences, frames statiques dans les premiers épisodes. Les critiques contemporains reconnaissent unanimement ces limitations — et soulignent également que la force narrative brute de l'histoire compense largement les défauts visuels. Le Grokipedia note : « Les scènes émotionnelles et intimes, comme le duel intense entre Guts et Griffith dans l'épisode 19, se distinguent par leur intensité brute et l'utilisation efficace de l'animation limitée pour transmettre la tension psychologique. »

La série conclut avec les épisodes 23-25 — l'Éclipse — qui restent parmi les séquences les plus choquantes et bouleversantes jamais produites en animation. Leur impact est tel que la communauté anime désigne encore en 2026 cet arc comme référence de la narration tragique.

Kentarō Miura et la continuation posthume

Miura décède le 6 mai 2021 d'une dissection aortique aiguë, à 54 ans. Il était en train de dessiner Berserk. Son ami d'enfance Kōji Mori et les assistants du Studio Gaga reprennent la publication en juin 2022, sur la base des notes et des directives laissées par Miura. En août 2025, le tome 43 paraît. La version française est éditée par Glénat (42 tomes parus en juillet 2024).

Berserk a été bien reçu par les fans et les critiques, qui ont souligné ses qualités de narration, ses personnages, son cadre et sa bande originale par Susumu Hirasawa.

— Wikipedia EN — Berserk (1997 TV series) · en.wikipedia.org
25 épisodes. Un budget limité. Une bande originale de Hirasawa. Et l'Éclipse — l'une des séquences les plus traumatisantes de l'histoire de l'animation mondiale.
VII — Série TV · 1986-1989 · Toei Animation · TV Asahi · 114 épisodes

Les Chevaliers
du Zodiaque

聖闘士星矢 · Seinto Seiya · Saint Seiya · Masami Kurumada · Shōnen Jump 1986

Un samouraï en armure inspirée des constellations grecques, protégeant une déesse dans un monde baigné de mythologies mêlées. Grand Prix Animage 1987. Diffusé dans 75 pays. Et en France, le symbole par excellence du mercredi après-midi au Club Dorothée.

Manga sourceSaint Seiya · Masami Kurumada · Weekly Shōnen Jump jan. 1986
Diffusion JP11 oct. 1986 → 1er avr. 1989 · TV Asahi
StudioToei Animation
RéalisateursTomoharu Katsumata · Kōzō Morishita · Kazuhito Kikuchi
Épisodes114 éps. + 31 OVA (arc Hadès, 2002-2008)
Character designShingo Araki · Michi Himeno
MusiqueSeiji Yokoyama
Diffusion FR6 avr. 1988 · TF1 · Club Dorothée
DistinctionsGrand Prix Animage 1987 · 75 pays

Le manga Saint Seiya débute en janvier 1986 dans le Weekly Shōnen Jump de Masami Kurumada — qui avait déjà créé Ring ni Kakero et Fūma no Kojirō. L'anime Toei démarre dès octobre 1986 sur TV Asahi — une mise en production record de moins d'un an. Le character designer est Shingo Araki, dont le style expressif et élaboré — costumes complexes, expressions dramatiques — définira l'esthétique de la série. Araki avait déjà travaillé sur Goldorak, Lady Oscar et Ulysse 31.

L'univers de Saint Seiya est un syncrétisme culturel extraordinaire : mythologie grecque (les 12 Olympiens, les 88 constellations), nordique (Asgard, Odin), bouddhiste, shintoïste, hébraïque et chrétienne — le tout mélangé dans un cadre shōnen de combat entre adolescents en armures samouraïs inspirées des constellations. Ce syncrétisme, qui aurait pu paraître incohérent, crée au contraire un univers riche qui stimule la curiosité culturelle de jeunes spectateurs du monde entier.

Tomoharu Katsumata comme réalisateur principal

Saint Seiya est co-réalisé par Tomoharu Katsumata (chef de série, créditeur principal) en alternance avec Kōzō Morishita et Kazuhito Kikuchi — Katsumata étant alors à la fin d'une carrière qui avait déjà produit Goldorak, Hokuto no Ken et Captain Future. La série confirme sa place comme le réalisateur le plus productif de Toei Animation dans l'ère des séries shōnen grand public.

La musique est composée par Seiji Yokoyama — l'un des compositeurs les plus prolifiques de l'anime japonais des années 80-90. Sa partition orchestrale, dramatique et mémorable, a été rééditée en plusieurs coffrets CD et continue d'être jouée en concerts en 2026.

France — Club Dorothée et la génération mercredi

En France, Les Chevaliers du Zodiaque arrivent le 6 avril 1988 sur TF1 dans le Club Dorothée — le mercredi après-midi, lors de la pause scolaire hebdomadaire. Un épisode par semaine. La frustration de l'attente, la culture de la discussion à l'école du lendemain, le générique français (Prêts pour le combat) — tout contribue à une expérience collective qui cimente l'identité d'une génération. La série est rapidement critiquée par des associations de parents pour sa violence — sang, mutilations, morts de personnages. Ces critiques alimenteront les débats sur la censure des anime en France qui marqueront les années 90.

Après le Japon, Saint Seiya fut diffusé en premier en France en 1988 sur TF1 dans le Club Dorothée, sous le titre Les Chevaliers du Zodiaque — titre qui a inspiré les traductions dans d'autres langues — et la série devint rapidement populaire.

— Wikipedia EN — Saint Seiya (TV series) · en.wikipedia.org

La série est exportée dans plus de 75 pays. Le manga a dépassé les 50 millions d'exemplaires vendus dans le monde. Les OVA du chapitre Hadès (2002-2008, 31 épisodes) concluent l'arc manga original. En 2019, Netflix produit un reboot en CGI — accueilli avec réserve par les fans de la série originale.

Un épisode par semaine, le mercredi. L'attente comme rituel. Le générique comme hymne. Saint Seiya n'est pas une série — c'est un moment de vie pour une génération entière.
75

75 pays de diffusion. Grand Prix Animage 1987. 50 millions d'exemplaires de manga vendus. 114 épisodes TV + 31 OVA Hadès + 5 films + Saint Seiya Omega + reboot Netflix 2019 + Saint Seiya Soul of Gold + 3 films en CGI. Une franchise qui n'a jamais vraiment cessé depuis 1986.

SAKUGAART · Dossier sept séries fondatrices Capitaine Flam · Goldorak · Dragon Ball · Albator · Lady Oscar · Berserk · Chevaliers du Zodiaque
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